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Tome 3 : La tête la première
 

Blast, tome 3 : La tête la première

 
 

Résumé

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Planche de Blast, tome 3 : La tête la premièreCe nouveau pavé de 200 pages, troisième volet d’une série qui n’en prévoit plus que quatre, poursuit l’interrogatoire de Polza Mancini, toujours en garde à vue pour les méfaits qu’il a commis. Les policiers tentent de reconstruire le puzzle des événements et si la culpabilité du suspect ne fait aucun doute, les motivations de son acte barbare demeurent cependant inconnues.

A coup de flashbacks, le lecteur poursuit le compte-rendu de cet homme qui a abandonné son foyer pour se mettre en marge de la société, à la recherche du BLAST, cet état second qui lui permet de s’évader d’une réalité qui ne lui a jamais vraiment souri. Une descente aux enfers certes rythmée par la prise d’alcool, de médicaments et de drogues, mais également accompagnée d’une bouffée de liberté et d’une communion avec la nature et marquée par quelques rencontres surprenantes. Après sa rencontre avec Jacky Jourdain, un dealer SDF, lors du tome précédent, Polza Mancini poursuit son errance auto-destructrice. Une descente aux enfers qui passe par un séjour à l’hôpital psychiatrique et par sa rencontre avec Roland Oudinot et ses merveilleux Moaïs, mais qui le rapproche surtout de Carole… celle qu’on le soupçonne d’avoir tuée.

Manu Larcenet prend à nouveau tout son temps pour narrer l’histoire de son personnage, alternant des passages muets pourvus d’une grande force évocatrice et des passages plus verbeux où chaque mot semble néanmoins pesé. Une justesse narrative qui permet de toucher à la personnalité de cet homme et d’aller bien au-delà de sa grasse carcasse, créant énormément d’empathie envers cet homme au casier judiciaire presque aussi imposant que sa masse corporelle. Physiquement, l’homme obèse et répugnant n’a rien pour plaire, mais dans le fond, cet écrivain de profession a quelque chose de poétique et de touchant. C’est avec grand intérêt que le lecteur accompagne l’errance de cet individu en rupture avec la société et qui, depuis sa « tendre » enfance est mis à l’écart. Le but de ce long voyage introspectif est la recherche du prochain BLAST, cet instant magique où il s’évade de son corps pour entrer en communion avec le monde, ce sentiment de plénitude qui, un bref instant, le libère de tous ses maux. Usant d’une narration proche de la perfection, l’homme se livre, partage ses angoisses, ses divagations, ses malaises vis-à-vis de la société et ses réflexions sur le sens de la vie. Un parcours (sur)prenant qui permet à l’auteur d’aborder des thèmes qui lui sont chers, tels que la mort paternelle, l’angoisse, la dépression, l’automutilation et le rejet de l’obésité. Un tome qui permet de plonger dans la noirceur de la nature humaine, dans la spirale auto-destructrice d’un homme privé d’amour paternel et vite qualifié « hors norme » par une société qu’il cherche de plus en plus à quitter… la tête la première.

Graphiquement, nuançant le noir et le blanc avec brio, Manu Larcenet livre une ambiance sombre et glauque et des personnages répugnants, mais d’une grande expressivité. Si les dialogues lors de l’interrogatoire sont accrocheurs et les monologues du personnage central prenant, les moments plus contemplatifs et les silences proposés par l’auteur allient force et splendeur. Et que dire de ces dessins d’enfants (les siens), tout en couleurs, qui viennent interrompre le ballet grisâtre pendant les BLAST ? Ces quelques passages en couleur sont distillés avec justesse et parcimonie. Des collages réalisés par Polza à l’hôpital psychiatrique aux tableaux qui semblent exprimer sa propre souffrance, Larcenet livre un album visuellement exceptionnel.


Chronique rédigée par yvan le 26/10/2012
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.63
Dépôt légal : Octobre 2012

Avis des lecteurs

4 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Blast, tome 3 : La tête la première, lui attribuant une note moyenne de 4,63/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

19 6 2019
   

Excellent !!!

Bon, il faut aimer les histoires noires, parce que là nous sommes en plein dedans. Ce 3eme tome m'a semblé en effet, plus profond, plus glauque et du coup certainement plus noir que les autres.

Avant dernier tome et on rencontre enfin Carole, celle que Polza est supposé avoir assassiné. Avant cela il faudra passer par le tabassage, l'enfermement en hôpital psychiatrique du personnage principal. Tout cela n'est pas de toute gaité, et j'ai eu l'impression de rentrer dans le cerveau dérangé de ce marginal alcoolique qu'est Polza.

Les personnages secondaires sont aussi du même acabit, en hôpital psychiatrique les rencontres de ce type sont légion. C'est noir, c'est glauque, et les personnages sont chelou(x), et pourtant j'ai été happé encore une fois par ces 200 pages. Il y a aussi quelques passages poétiques, ou rêveurs, ou on pense comprendre ce que ressent Polza, l'empathie joue alors un grand rôle, et c'est pour cela que cette série, qui ne s'adresse peut être pas à tout le monde, est pourtant si réussie.

5 3 2015
   

Nouvelle avancée de l'errance. Et plus on en sait sur Polza, moins on y voit clair sur ce qu'il a exactement fait.

En prenant de l'épaisseur psychologique, l'obèse qu'on avait détesté dans le premier tome paraît au moins autant à la dérive que dans une supposée folie meurtrière. Cette troisième partie du récit se centre sur le passage de Polza dans un hôpital psychiatrique et sur ses conséquences. On ne dévoilera rien des événements mais Larcenet n'égaye en rien son récit, sans doute le plus sombre qu'il ait réalisé à ce jour. Polza arbore un air goguenard et provocateur mais se traîne des casseroles qu'on ne souhaiterait pas à son pire ennemi.

Comme dans les deux premiers albums, Larcenet prend son temps pour raconter cette histoire qui évoque le remarquable "Garde à vue" où Michel Serrault jouait le rôle du suspect détestable. On ne sait pas à ce stade si Larcenet prévoit une fin comparable au film qui surprenait son monde. Mais il maîtrise les silences, les planches sans phylactères, les dessins en pleine page et les dialogues avec le duo de policiers qui interroge Polza. On est totalement pris dans l'histoire, et graphiquement c'est très réussi.

Inutile de s'étendre davantage. "Blast" est une série haut de gamme et cette troisième livraison ne fait pas baisser le niveau. Allez-y de notre part. Vous n'en reviendrez pas indemne.

18 9 2014
   

Ce qui est exceptionnel dans cette série, c'est qu'à l'issue de 3 tomes de 200 pages, on aborde à peine le début des raisons pour lesquelles on a fait la connaissance de Polza, en début de série, dans un commissariat, soumis à un interrogatoire pour meurtre. Et pourtant, le rythme nous entraine toujours autant. Grâce notamment à cette succession d'états de notre personnage principal, qui passe ici en hôpital psychiatrique avant de retrouver une liberté, puis ce qui ressemble pour lui à un foyer. Grâce également à cet attachement que l'on développe bien malgré nous envers ce personnage atypique, au comportement marginal qui fait si peur, aux expériences du BLAST qui ressemblent plus à des délires de poivrot/drogué/dépressif/fou qu'à de véritables moments de plénitude. Un attachement tel que la tension qui monte encore d'un cran dans cet album nous fait palpiter. Un attachement tel que l'on ne peut que compatir aux malheurs de Polza. Malgré un dessin très particulier, malgré un "style Larcenet" dont je me méfie, l'auteur à su me toucher, m'impliquer, et me rendre tout cet univers très réel. L'alternance entre moments muets presque contemplatifs, entre récits au verbe nombreux mais ciselé et soigné, donne à la narration toute ses lettres de noblesse.