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Tome 2 : L'apocalypse selon saint Jacky
 

Blast, tome 2 : L'apocalypse selon saint Jacky

 
 
 

Résumé

Blast, tome 2 : L'apocalypse selon saint JackyAfin d'acceder au résumé de Blast, tome 2 : L'apocalypse selon saint Jacky, merci d'activer Javascript.

 

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Planche de Blast, tome 2 : L'apocalypse selon saint JackyCe nouveau pavé de 200 pages, deuxième volet d’une série qui en prévoit cinq, poursuit l’interrogatoire de Polza Mancini, toujours en garde à vue pour les méfaits qu’il a commis. Les policiers tentent de reconstruire le puzzle des événements et si la culpabilité du suspect ne fait aucun doute, les motivations de son acte barbare demeurent cependant inconnues.

A coup de flashbacks, le lecteur poursuit le compte-rendu de cet homme qui a abandonné son foyer pour se mettre en marge de la société, à la recherche du BLAST, cet état second qui lui permet de s’évader d’une réalité qui ne lui a jamais vraiment souri. Une descente aux enfers certes rythmée par la prise d’alcool, de médicaments et de drogues, mais également accompagnée d’une bouffée de liberté et d’une communion avec la nature et marquée par quelques rencontres surprenantes. Dans ce deuxième volet, c’est surtout la rencontre avec Jacky Jourdain, un dealer SDF, qui va intéresser les policiers et procurer un nouveau BLAST à Polza, suite à une consommation d’héroïne.

Manu Larcenet prend à nouveau tout son temps pour narrer l’histoire de son personnage, alternant des passages muets pourvus d’une grande force évocatrice et des passages plus verbeux où chaque mot semble néanmoins pesé. Une justesse narrative qui permet de toucher à la personnalité de cet homme et d’aller bien au-delà de sa grasse carcasse, créant énormément d’empathie envers cet homme au casier judiciaire presque aussi imposant que sa masse corporelle. Physiquement, l’homme obèse et répugnant n’a rien pour plaire, mais dans le fond, cet écrivain de profession a quelque chose de poétique et de touchant. C’est avec grand intérêt que le lecteur accompagne l’errance de cet individu en rupture avec la société et qui, depuis sa "tendre" enfance est mis à l’écart. Un long voyage introspectif à la recherche du prochain BLAST, cet instant magique où il s’est évadé de son corps pour entrer en communion avec le monde, ce sentiment de plénitude qui, un bref instant, le libère de tous ses maux. Usant d’une narration proche de la perfection, l’homme se livre, partage ses angoisses, ses divagations, ses malaises vis-à-vis de la société et ses réflexions sur le sens de la vie. Un parcours (sur)prenant qui permet à l’auteur d’aborder des thèmes qui lui sont chers, tels que la mort paternelle, l’angoisse, la dépression, l’automutilation et le rejet de l’obésité.

Graphiquement, nuançant le noir et le blanc avec brio, Manu Larcenet livre une ambiance sombre et glauque et des personnages répugnants, mais d’une grande expressivité. Si les dialogues lors de l’interrogatoire sont accrocheurs et les monologues du personnage central prenant, les moments plus contemplatifs et les silences proposés par l’auteur allient force et splendeur. Et que dire de ces dessins d’enfants (les siens), tout en couleurs, qui viennent interrompre le ballet grisâtre pendant les BLAST ? Merveilleux !

Vivement le prochain BLAST !


Chronique rédigée par yvan le 21/04/2011
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.00
Dépôt légal : Avril 2011

Avis des lecteurs

7 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Blast, tome 2 : L'apocalypse selon saint Jacky, lui attribuant une note moyenne de 4,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

17 5 2019
   

Ce deuxième tome m'a autant passionné que le premier. Le dessin qui me semblait être le point faible, me parait maintenant évident. Larcenet fait passer les émotions et surtout la noirceur du récit dans son noir et blanc. Les rares touches de couleurs apportent toujours un réel plus.

Le personnage de Polza a beau être noir, écœurant, ne serait ce que moralement si on fait abstraction du physique/hygiène, au bout de 2 tomes, je reconnais avoir un peu d'empathie pour lui. En tout cas, le suspens est bien amené puisque je voudrais bien connaître la fin.

Mais pour l'instant je me contente de lire cette œuvre qui prend le temps d'installer une ambiance, de décortiquer des personnages, de faire passer des émotions, plutôt que de faire dans l'action.

16 9 2014
   

J'ai trouvé ce deuxième album un petit mieux que le précédent. Il faut dire que j'ai désormais apprivoisé tout ce qui pour moi, pouvait représenter des obstacles à la lecture : un dessin à la mode blog, plein de noirceur, un personnage désabusé, et une quête initiatique peu commune. La narration reste quant à elle très incisive, très cynique, mais en même temps très optimiste. Polza continue d'errer en campagne et après l'été, une période propice à la vie en extérieur, vient l'automne puis l'hiver, des saisons qui poussent notre ermite à trouver un toit. Et avec ce dernier, Polza va faire une rencontre en la personne de Jacky. Introduire ce personnage est la bonne idée de ce second tome : on commençait peut-être à se lasser des réflexions intimistes de Polza et lui faire rencontrer quelqu'un, c'est surtout l'occasion de développer les dialogues. On ne se rapproche pas forcément des raisons qui font que Polza est interrogé par la police, mais il y a plus de rythme que précédemment D'autant d'ailleurs que le personnage de Jacky est complexe à souhait.... Par ailleurs l'un des grands intérêts de la série, appuyé dans cet ouvrage, c'est que l'on ne sait trop où se situer : le récit de Polza est plein de réalisme, et en même temps, toute cette histoire de Blast tient du délire d'un gars paumé, frappé de folie ou tout simplement dans un état second en permance par excès d'alcool et ici, de drogue.

C'est un récit avant tout original qui présente un personnage qui malgré sa puanteur, malgré sa folie, malgré ses actions, malgré son marginalisme, est de plus en plus attachant au fil des pages

8 3 2012
   

Je trouve cet album beaucoup plus réussi que le tome 1, qui n'avait pas vraiment su me toucher. Mais de là a considérer cet album comme le meilleur de l'année 2011 (comme l'a désigné la communauté CoinBD), il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas, préférant largement "En mer", "Quai d'Orsay" t.2 ou "Les ignorants", cette année.

Il y a un élément qui ne change pas, c'est le dessin. Je le trouve toujours autant magnifique. Subtil symbiose entre tous les styles que Larcenet a pu expérimenter avant cet album (et ça fait un paquet de livres). Comme si toutes les œuvres de Larcenet avant "Blast" n'étaient que des recherches ou des brouillons (de très jolis brouillons certes) avant d'arriver a un trait parfait. Ce qui est un peu dommage, c'est qu'il y a moins de représentation d'animaux ultra-réaliste que je trouvais très poétique dans le tome 1. Les décors aux lavis d'encres sont encore une fois sublimes, tout comme la scène du concert (même si les réactions de Polza ne sont pas celles que j'avais imaginé).

Le scénario a du mieux aussi. Je déplore quand même, moi aussi, que les Blast ne deviennent que de bêtes hallucinations du à la drogue dure, alors que le concept avait l'air beaucoup plus poétique (c'est un peu facile comme idée). Et joie, l'histoire sur cette certaine Carole avance un peu (bon on apprend juste qu'elle est décédée, mais c'est toujours plus que ce que l'on apprend sur elle sur les 200 pages d'avant). J'ai aimé voir de nouveaux personnages (le très ambigu, personnage de Jacky). De plus, il y a beaucoup plus d'humour dans ces pages (le personnage beau-parleur de Polza gagne en auto-dérision), et je me demande si la scène où Polza se fait tabasser pendant son sommeil par les autochtones n'est pas un clin d’œil au film "Easy Rider" (mais je ne suis sûr de rien).

Même si la BD n'a encore une fois, pas réussie à me toucher, je l'ai trouvé beaucoup plus intéressante et plus facilement lisible que le tome 1.

1 1 2012
   

Hélas, ce deuxième Blast a eu, sur moi, un effet beaucoup moins décoiffant. Moins psychologique que son prédécesseur, le périple de Polza en devient plus insipide.
Il se rend à des concerts de rock dans un rôle de rabatteur, va de squats en squats, un bien triste sort, en somme, comme diraient Les Négresses Vertes.
La rencontre avec le personnage de Jacky, obscur et insignifiant dealer des campagnes (et accessoirement souvent nu avec tout le dégoût qu’il m’a inspiré), va offrir à notre héros des « blast à l’origine plus conventionnelle ». Je suis vraiment déçu de désormais voir en Polza un banal junkie. Une évolution un peu comme si le Jean Gabin emphatique d’ « Un singe en hiver » était devenu le héros de Trainspotting… ; l’âge sans doute…
Et, pour en revenir au cœur du sujet, l’affaire Carole Oudinot n’a pas avancé d’un iota. Ou ne semble pas avoir avancé pour être plus nuancé car je doute (et n’espère pas ; auquel cas nous aurions eu un tome totalement inutile) que ce pauvre Jacky n’aura pas un rôle à jouer lorsque les nœuds auront été démêlés…
Enfin, je me suis totalement accoutumé au dessin que je trouve bien en adéquation avec cette sombre descente aux enfers.
Vous l’aurez compris, j’avais pourtant tendu la joue, mais je n’ai pas pris la claque que j’espérais. La sanction sera donc de deux étoiles par rapport à l’opus précédent.

1 9 2011
   

Le premier tome avait été une petite claque pour pas mal de lecteurs. "L'Apocalypse selon saint Jacky" était donc une bande dessinée attendue et Manu Larcenet parvient globalement à ne pas décevoir.

On peut tout de même commencer par émettre quelques menues critiques. 400 pages sont déjà passées et l'histoire n'est pas achevée : en fin de lecture de ce deuxième tome, on se demande si Larcenet saura tenir la distance et si son sujet saura lui-même supporter un traitement aussi long. "L'Apocalypse selon saint Jacky" a beau rester un très bon album, il a peut-être un peu moins de force que le premier. Le fait que toute la deuxième partie du tome porte sur un nouveau personnage (qui donne son nom à l'épisode) a quelque chose de frustrant et laisse un vague sentiment de dispersion. Larcenet est un bon scénariste, donc on accroche tout de même, mais on se questionne sur ce qui pourrait ressembler à une longue digression selon l'évolution du récit dans les tomes à venir.

Ne boudons toutefois pas notre plaisir : l'album est d'une très grande qualité. Les dessins sont toujours aussi maîtrisés, avec un lavis qui souligne la noirceur générale d'un récit où les irruptions colorées (les scènes de Blast) sont incongrues et traduisent l'état d'esprit du personnage. Polza est toujours fascinant et repoussant, sorte de monstre ingénu qui laisse les enquêteurs perplexes. Le lecteur a hâte de connaître le fin mot de l'histoire, d'autant que cet album brouille un peu les pistes : on le referme en se demandant si l'obèse est finalement coupable d'actes terribles ou si son errance mentale et physique n'en fait pas un simple paumé dépassé par les événements.

BD à suivre, vraiment, et qui s'annonce d'ores et déjà comme un futur classique du neuvième art. Ne passez pas à côté.

8 8 2011
   

Très bonne suite.
Le dessin est encore absolument époustouflant de beauté, de puissance expressive, chaque page vaut de s'y attarder rien que pour admirer le travail.
L'histoire poursuit son petit bonhomme de chemin, le personnage s'étoffe peu à peu, s'enrichit, se complexifie, s'humanise... à la manière d'un procès où la rencontre avec l'accusé permet souvent d'éprouver de l'empathie pour lui, de comprendre un peu mieux son geste, tout en relevant ses contradictions et en gardant en tête que tout ceci n'est peut-être que mensonge, manipulation, comme lui-même le dit en quatrième de couverture.
Personnellement j'aurais aimé un peu plus de rythme, un peu de nouveauté, là c'est vraiment la continuité du premier tome, mais je ne doute pas qu'à la fin nous aurons un véritable chef d’œuvre.