46 429 Avis BD |20 122 Albums BD | 7 880 séries BD
Accueil
Tome 1 : Grasse carcasse
 

Blast, tome 1 : Grasse carcasse

 
 

Résumé

Blast, tome 1 : Grasse carcasseAfin d'acceder au résumé de Blast, tome 1 : Grasse carcasse, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de Blast, tome 1 : Grasse carcasse«Grasse Carcasse» est le premier des cinq tomes de cette nouvelle série de Manu Larcenet ("Le Combat ordinaire", "Les Entremondes", "Les Cosmonautes du futur","Nic Oumouk", "Dallas cowboy", "Le Retour à la terre", "Presque", "Chez Francisque").

Ce somptueux pavé de 200 pages débute par un interrogatoire dans un commissariat de police. Si la culpabilité du suspect ne fait aucun doute, les motivations de son acte barbare demeurent inconnues. Le casier judiciaire de Polza Mancini, 38 ans, est certes imposant, mais pas autant que sa masse corporelle. Physiquement, l’homme obèse et répugnant n’a rien pour plaire, mais dans le fond, cet écrivain de profession a quelque chose de poétique et de touchant. Au fil des pages, ce personnage hors norme se livre et l’empathie s’installe. A coup de flashback, le lecteur découvre la lente descente aux enfers de cet homme qui a abandonné son foyer pour se mettre en marge de la société, à la recherche du BLAST !

Des retours en arrière qui invitent à accompagner l’errance d’un individu en rupture avec la société et qui, depuis sa "tendre" enfance est mis à l’écart. Et puis, page 22, le choc, une image totalement surréaliste, mais d’une force incroyable : la carcasse toute frêle de ce père hospitalisé, en phase terminale, aux portes de la mort. Une vision qui fait froid dans le dos et qui est à l’origine du premier BLAST de Polza Mancini et de ce long voyage introspectif à la recherche du prochain BLAST, cet instant magique où il s’est évadé de son corps pour entrer en communion avec le monde, ce sentiment de plénitude qui, un bref instant, l’a libéré de tous ses maux. Usant d’une narration proche de la perfection, l’homme se livre, partage ses angoisses, ses divagations, ses malaises vis-à-vis de la société et ses réflexions sur le sens de la vie. Un parcours (sur)prenant qui permet à l’auteur d’aborder des thèmes qui lui sont chers, tels que la mort paternelle, l’angoisse et la dépression.

Graphiquement, nuançant le noir et le blanc avec brio, Manu Larcenet livre une ambiance sombre et glauque et des personnages répugnants, mais d’une grande expressivité. Si les dialogues lors de l’interrogatoire sont accrocheurs et les monologue du personnage central prenant, les moments plus contemplatifs et les silences proposés par l’auteur allient force et splendeur. Et que dire de ces dessins d’enfants, tout en couleurs, qui viennent interrompre le ballet grisâtre pendant les BLAST ? Merveilleux !

A la fin de ce premier volet, le lecteur demeure dans l’ignorance concernant l’acte de Polza Mancini et ses raisons, avide de poursuivre le voyage de ce personnage hors du commun et de connaître la suite de ce véritable chef-d’œuvre.


Chronique rédigée par yvan le 12/11/2009
 
 
Statistiques posteur :
  • 2374 (58,34 %)
  • 1123 (27,60 %)
  • 572 (14,06 %)
  • Total : 4069 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
Acheter neuf : 21,38 21,38 21,38
Acheter d'occasion : 12,64
Modifier
 
Devenez fan de la page Facebook de Coin BD pour suivre notre actualité !
 
Note moyenne de l'album : 4.35
Dépôt légal : Novembre 2009

Avis des lecteurs

13 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Blast, tome 1 : Grasse carcasse, lui attribuant une note moyenne de 4,35/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

6 5 2019
   

Au premier abord cette série ne m’attirait pas du tout. Je n’aime pas particulièrement le dessin de Larcenet d’autant qu’ici c’est du noir et blanc du début à la fin ou presque. Le format énorme pavé ne m’emballait pas non plus. Par contre, les séries de l’auteur m’ont toutes plu, en tout cas celles que j’ai lues.

En tout cas ce tome 1, après lecture, a su me séduire. Le dessin n’est toujours pas top mais le noir et blanc ajoute de la noirceur à ce récit « noir », parfaitement en adéquation avec l’histoire. Les touches de couleurs ajoute un réel plus. On sent aussi que Larcenet a voulu s’attarder sur les sentiments, notament du personnage principal, et petit à petits on ressent quelque chose pour lui, on est encore loin d’un attachement quelconque, mais plus près d’une petite forme de compréhension. Il faut dire aussi qu’on s’éloigne de l’horreur qu’il est censé avoir commis, puisqu’on ne nous en parle presque pas tout du long de ce tome 1.

J’avoue avoir eu un peu peur au début lorsque j’ai compris qu’on commençait presque par la fin, car ce système de long flash back est assez éculé, mais finalement la narration est bien faite et je m’y suis retrouvé.

A voir si la suite est aussi bien.

12 9 2014
   

Larcenet n'a jamais vraiment su me séduire avec ses dessins. Plutôt porté sur un style classique et réaliste, la graphisme de style Blog a du mal à me toucher. Ce fut encore le cas une fois ici, avec en plus un noir et blanc qui n'est pas des plus engageants. Les physiques des personnages sont parfois tellement caricaturaux qu'ils en deviennent incompréhesnibles. Les nez de Polza et de son père, d'une longueur largement exagérée, me semblent un peu too much. Bref, en début d'ouvrage, je n'ai pas de coup de foudre pour le dessin.

Le scénario quant à lui commence également bizarrement, avec ce Polza qui est interrogé par la police autour d'un crime dont on ignore tout de la victime et du modus operandi. Et voilà que Polza, commé de tout raconter, raconte vraiment tout : depuis sa prime jeunesse jusqu'à sa prise de poids, en passant par son mariage, par la tristesse de perdre son père, par son alcoolisme, jusqu'à cette expérience un peu spéciale, le Blast. Et finalement, la sauce prend bien, et on s'intéresse au destin de ce personnage. On en oublierait presque qu'il est interrogé par la police et on s'attache à suivre le parcours de ce personnage hors du commun. Ce qui a particulièrement retenu mon attention, c'est la qualité de la narration, c'est le réalisme des réflexions de Polza, entre résignation et réalisme, entre cynisme et critique.

Ce sont les textes qui m'ont embarqué, bien plus que le dessin ou encore que cette histoire de crime commis par Polza, sur lequel on n'en saura pas plus en fin d'ouvrage qu'au début. Grâce à eux, je suis arrivé au bout de ce série, chose qui n'était pas forcément gagné, car j'ai vraiment eu du mal à apprivoiser le dessin très personnel de Larcenet.

7 4 2014
   

Du grand Larcenet à tous les niveaux.

D'abord, parce qu'il nous emmène dans une histoire profonde à l'aide d'un personnage à la fois répugnant, sauvage et poétique. Un physique hors-norme, une morale hors-norme et un regard sur le monde hors-norme. A travers ce personnage, Larcenet prend son lecteur aux tripes et l'emmène dans un voyage dont la destination n'est pas encore définie. A mi-chemin entre un polar noir et une oeuvre philosophique sur la condition humaine.

Et puis cette narration qui vous laisse dans un mystère volontaire tout en nous promenant entre passé et présent, entre cette salle d'interrogatoire et cette Nature à la fois hostile et réconfortante. Et dans cette promenade, on fait la connaissance d'autres personnages tantôt développés, tantôt esquissés mais qui sont à chaque fois d'une justesse étonnante.

Enfin, ce dessin magistral. Larcenet au sommet de son art. Un trait noir et blanc d'une expressivité sans limites. La ville, la campagne, la nuit, le jour, les hommes, les animaux. Rien ne fait peur à Manu. Rien. Les pleines pages sont à couper le souffle : les branches dans la nuit, l'herbe d'un champ, tous ces détails qui transpirent et derrière lesquels on sent des heures de travail et une technique de malade. Et si c'est pas vrai, c'est juste que ce mec est un génie du crayon alors... dans tous les cas, moi, je reste sans voix.
Et l'idée d'intégrer les dessins de ses gamins en couleur pour illustrer le Blast, cette sensation qui est à l'origine de toute l'histoire (et du monde ?), c'est pas du génie ça ?

Bref, on pourra le dire 1000 fois. On pourra le lire 1000 fois. Ce premier tome de "Blast" est une tuerie totale. Un chef d'oeuvre au sens littéral du terme. Je sais que le terme est galvaudé aujourd'hui, mais là, c'en est un. Un vrai.
De l'art.

29 1 2013
   

Un chef d'oeuvre graphique et littéraire qui vaut le détour. Du grand Manu Larcenet. Il a cette sensibilité nécessaire à la création d'une bande dessinée tant dans la plume qui écrit que dans le stylo qui croque un paysage ou un personnage en quelques traits. J'attends avec impatience de pouvoir lire la suite et de découvrir l'édition des rêveurs.

8 12 2012
   

J'ai peut être eu un peu de mal à rentrer dans cet univers décalé oú seules les scènes plus réalistes dans le commissariat me séduisaient véritablement. Et puis au fil de ces 200 pages, je me suis laissé littéralement embarqué, notamment grâce à un style graphique singulier et particulièrement esthétique, et depuis je n'ai qu'une hâte : découvrir la suite.
Les dessins en noir et blanc sont absolument fabuleux et l'utilisation en parcimonie de dessins colorés d'enfants est du plus bel effet.
À découvrir absolument...

5 3 2012
   

C'est clair je suis plus septique sur "Blast" que les posteurs avant moi. En effet, la dernière série de Larcenet, auteur que j'aime beaucoup, avec ces deux tomes adulés aurait du moi aussi énormément me plaire... Ce ne fut pas le cas.

Le premier point, c'est que j'adore le dessin. Je le trouve magnifiquement esthétique, synthèse parfaite de tous les autres styles de toutes les autres BDs de Manu Larcenet. Les policiers ont de bonnes têtes de personnages humoristiques ("Le sens de la vis", "Le Retour à la terre", "Nic Oumouk", "Bill Baroud", "Donjon Parade"), le personnage principal se rapproche du style du "Combat Ordinaire", enfin les décors et le style général sont beaucoup plus torturés ressemblant aux séries parus chez les rêveurs ("On fera avec").
Toutes les planches sont magnifiques (surtout lorsqu'on connaît la technique de l'auteur pour l'album, où il fait plusieurs dessins sur une feuille et a organisé le tout en planche sur ordinateur). Tout comme l'histoire, c'est très sombre et torturé, mais magnifique ; les animaux sont ultra-réalistes et vivants, les décors fait avec un lavis d'encre sont ultra maîtrisés. Je considère Blast comme la BD la plus aboutie de Manu Larcenet au niveau du dessin.

Mais le scénario est loin d'être passionnant. Sans m'être vraiment ennuyé, je dirais que je l'ai lu sans rentrer vraiment dans l'histoire, que j'étais un peu dans la même situation que les policiers (même si c'est un personnage charmant, Polza m'ennuie à force de parler et de ne pas venir au fait). Oui, car l'histoire n'avance pas d'un iota, et on ne sera pas forcément plus avancé à la fin des 200 pages.
Et même si le côté littéraire et poétique de Polza est plaisant, ses idées auto-destructrice m'en font, pour l'instant, un personnage dur à être attachant...
Si on a lu des interviews de Larcenet sur Blast, on sait aussi que dans la plupart de ses BDs, ses persos lui ressemblent ("Le sens de la vis", "Le Retour à la terre", "Le Combat ordinaire", "On fera avec"), au moins physiquement (mais ce n'est pas de l'auto-biographie), et honnêtement, le fait qu'il se focalise sur ses "problème de poids" à travers Polza n'a pas réussi, pour l'instant, à me toucher.

Un magnifique dessin pour un scénario un peu décevant, je suis curieux de lire la suite pour y voir l'évolution.

1 1 2012
   

Pour un blast, ce fut un Blast ! Que comprendre dans ce jargon ? Juste que je suis positivement bouleversé après la lecture de ce premier tome.
Ma culture Larcenet se résumait jusqu’à présent au « Combat ordinaire » et au « Retour à la terre » que j’avais vraiment appréciés. Ici, dans un style radicalement différent, totalement épuré d’humour ou presque (abstraction faite de quelques réparties « live » durant l’interrogatoire), l’auteur tente d’explorer une personnalité des plus tourmentées.
Il m’est, dès à présent, important de distinguer la forme et le fond.
Le forme tout d’abord : une bd dans des dimensions peu classiques, tant par son format que par son épaisseur, c’est intriguant. On l’ouvre et on reçoit un premier choc (j’essaie de varier en francisant…). Le dessin est lui aussi assez particulier : tout en « contrastes délavés », terne, sommaire, présentant des visages difformes (mon dieu, ces nez…), bref, rien de particulièrement accrocheur en ce qui me concerne. C’est donc rempli d’interrogations que je suis entré dans la première planche pour ne lever les yeux qu’au terme de la 200 ième. Car ce qui m’a principalement plu c’est l’immersion dans le scénario. J’ai adhéré à 100% au récit véritablement passionnant de Polza. Les dialogues, par leur spontanéité et leur profondeur apparente (cette nuance m’est chère ! – ref ci-dessous), ont également fait mouche.
Le fond est plus discutable. Toutes les digressions de Polza nous éloignent toujours plus de l’interrogatoire et j’imagine aisément le désarroi dans lequel doit se trouver l’inspecteur. Si le lecteur est clairement invité à faire preuve d’une certaine compassion pour Polza, j’avoue que mon degré de tolérance est parfois dépassé. Je dois honnêtement reconnaître pencher pour le cartésianisme des « flics ». Et à cet égard, je reconnais un certain mérite à Larcenet de ne pas inciter à une prise de position trop tranchée. Les remarques des policiers restent pertinentes, certes un poil dogmatiques, mais pas inlassablement caricaturales.
Par ailleurs, sur le fond, les dialogues sonnent parfois comme de la philosophie à la petite semaine. Mais qu’importe car Larcenet n’a pas pour vocation de donner la répartie à Kant ;)
Je m’empresse donc de poursuivre la lecture des pérégrinations de Polza, qui m’est, à ce stade, aussi sympathique qu’antipathique. Une bd à lire comme on observe une goutte d’encre qui se disperse aléatoirement et harmonieusement dans un verre d’eau (sans aucune allusion à un monde éventuellement étriqué), et dont on observe les formes qui se façonnent.

31 8 2011
   

On ne sait pas pourquoi il est dans ce commissariat. Pas encore. On le devine, on suppose une vérité poisseuse et terrible derrière ces atermoiements et ce récit qu'il accepte de faire de lui-même. Polza se raconte aux policiers, pour les laisser comprendre sa vérité et son cheminement jusqu'aux actes qu'on lui reproche. Il est là pour ce qu'il a fait à Carole. Et il en profite pour montrer son monde à un duo d'enquêteurs tour à tour perplexes, éberlués, agacés.

"Grasse carcasse" est le premier tome, volumineux et débordant comme son personnage principal, de "Blast". Laissons au lecteur la surprise de découvrir ce qui se cache derrière ce titre énigmatique. Au fil des pages réalisées au lavis, Larcenet déroule le fil d'une intrigue étrange, dérangeante, organisée autour d'un obèse que le monde a vite rejeté. Pas étonnant qu'en retour, il ait lui aussi vomi le modèle imposé par une société qui ne lui ressemble pas. La folie perce derrière le discours philosophique auquel on se laisserait presque prendre : la démence sait se draper dans une sagesse apparente.

Graphiquement, c'est très bon. Larcenet a déjà beaucoup d'albums à son actif, dans des genres différents. Le style semi-réaliste pour lequel il a opté fonctionne parfaitement, avec de longues scènes sans dialogues qui installent une ambiance graphique dans laquelle le lecteur est immergé.

Alternant les scènes dans le commissariat et celles du passé de Mancini, le scénario est très bien construit. On ne sait pas ce qu'a fait le personnage, mais on en apprend de plus en plus sur lui et il apparaît de plus en plus inquiétant au fil des planches. Les 200 pages se lisent très facilement, et l'on pressent un deuxième album plus grave encore, où les événements risquent de s'obscurcir.

Manu Larcenet est définitivement devenu un auteur majeur de la bande dessinée. Lisez "Blast" en sachant que l'album ne vous laissera peut-être pas indemne.

20 5 2010
   

Blast, ça sonne comme une grosse claque, et c'est le cas.
Dès les premières secondes de prise en main, on soupèse la bête, on admire cette superbe édition, on lit les quelques lignes du 4ème de couverture, et on sait déjà qu'on a affaire à une œuvre d'exception, qu'il va falloir lire bien tranquille au coin du feu, en prenant son temps...
Ou l'histoire d'un gars atypique qui raconte ce qu'il a dans la tête, et ce qui l'a amené à commettre le pire, et où, comme dans le Combat Ordinaire, l'auteur nous donne un peu de ce qu'il a en lui, tout en conservant son humour grinçant et son autodérision.

C'est sombre, profond, puissant, la réflexion intense, complexe, passionnante, et le dessin magnifique, tout en conservant sa force expressive : Larcenet s'impose de plus en plus comme un des acteurs majeurs de la très grande Bande Dessinée, et frappe très fort avec ce nouvel ouvrage.

Ça aurait été un chef d'œuvre total, un immense coup de poing, si ça avait pu être lu d'une seule traite.
Mais Larcenet a visiblement beaucoup de choses à nous raconter, donc le seul truc frustrant, c'est qu'on va devoir attendre la suite, et espérer qu'elle soit à la hauteur...

23 12 2009
   

BLAF !! Je l'avais pas vu venir celui-là. Un uppercut direct au menton, et j'ai bien failli ne pas m'en relever.

Blast, dans le lignée du «Combat ordinaire» nous montre que Manu Larcenet n'est pas juste un génial auteur comique. C'est un vrai touche à tout, capable de nous transmettre une somme incroyable d'émotions. Et avec très peu de choses en plus. Une histoire presque ordinaire, narrée à la perfection, sans supercherie, sans maquillage. Un dessin simple, sombre, qui colle avec le scénario.

Blast, c'est l'histoire d'un marginale, sympathique au demeurant, qui va raconter comment et pourquoi il se retrouve sur le banc des accusés. Comment la vie peut faire de vous un criminel. Comment de petites sources de bonheurs peuvent-être addictives et salutaires quand tout va mal.

Blast, c'est aussi une façon de traiter le dénie, la justice, l'addiction, le rejet, la misère.

Bref, Blast c'est convainquant, prenant et émouvant. On reste presque sur notre faim quand on arrive au bout des 204 pages tellement ce bouquin ce dévore vite. Et tout ça, avec quasiment rien. L'intrigue du début n'avance pas d'un iota. On ne sait pas pourquoi Grasse Carcasse est là, pas ce qui fait de lui un accusé, on le connaît juste un peu mieux.

Un des très très grand album de cette décennie.

23 12 2009
   

Un choc pour le lecteur, voilà comment je pourrais qualifier Blast de Manu Larcenet à mon niveau.

Manu Larcenet, j'apprécie son œuvre depuis des années maintenant, depuis Bill Baroud jusqu'au Combat Ordinaire, en passant par ses albums format italienne chez les Rêveurs.

Graphiquement force est d'avouer que Blast marque à nouveau un tournant dans la carrière graphique du monsieur. Cet imposant pavé de près de 200 pages est selon moi l'album le plus abouti graphiquement de l'auteur, sorte de jonction entre toutes ses expérimentations, de la ligne claire de "Donjon Parade" aux crayonnés nerveux de "Presque". C'est graphiquement très sombre mais aussi personnel que superbe, et on se prends facilement à bloquer sur certaines cases et planches au fil de la lecture.

Le scénario ne détonne pas par rapport au dessin, qui apparaît du coup comme son prolongement naturel. Polza Mancini est un personnage aussi effrayant que passionnant, par ses choix, sa manière d'assumer ce qu'il est, ses addictions et ses actions. Mais Polza ce n'est pas un personnage attachant, car son histoire et ses choix ont un côté grinçant qui met d'emblée une distance avec le lecteur.

On en sait certes peu au moment où s'achève l'album sur l'acte qui a conduit Polza en garde-à-vue, mais le personnage se dévoile peu à peu, dans un mélange d'onirisme, de folie, de mensonges et de rencontres qui donne corps à ce personnage hors-norme.

Un album inattendu, captivant, d'un auteur dont l'œuvre prend une incroyable richesse et profondeur au fil des ans.

12 11 2009
   

J'étais vraiment très intrigué par l'originalité et la beauté de la couverture, par le titre ainsi que par le résumé et cette notion de "Blast". Aussi n'ai-je pu résister à l'envie d'acheter cet épais premier tome. Mes attentes se sont révélées à la fois comblées et déçues.

Comblées car je trouve le dessin vraiment fascinant. A force d'expérimentations, Larcenet a fini par atteindre une belle maîtrise de l'encre et des ombrages qui mettent superbement en valeur son trait volontairement simple. Combien de fois me suis-je arrêté pour contempler une case ou une grande image en une planche, me demandant quelle technique l'auteur avait utilisée pour donner tel ou tel effet. Certes les tons sont trop sombres à ce que j'aime d'ordinaire, certes les visages des personnages ne sont pas toujours esthétiques, mais malgré cela, je trouve la majorité des pages de cet album tout simplement superbes.

Mais je suis plus mitigé pour le scénario. Son idée de départ est bonne mais malheureusement pour moi, je n'ai pas été touché comme j'aurais aimé l'être.
Je me sens très éloigné du personnage principal. J'ai le sentiment que Larcenet a fait le choix de ne pas le rendre sympathique, de lui donner de vrais défauts et une vraie humanité. Mais je n'arrive pas à comprendre cet anti-héros. Ses angoisses, ses divagations mentales, ses hallucinations et son alcoolisme sont trop éloignés de mon être pour que j'arrive à éprouver de l'empathie pour lui.
De même, le "Blast", que j'imaginais avant lecture comme une extase poétique, une libération de l'esprit, ressemble finalement davantage à une hallucination due à l'ivresse ou à quelque affection mentale. J'ai encore l'espoir que ce ne soit pas le cas mais Larcenet n'a pas réussi, pour le moment, à me transmettre les émotions qui me permettraient de le ressentir différemment. Sous cette forme là, ce "Blast" n'a pas su me toucher. Je n'arrive pas à le comprendre, à m'imaginer le ressentir personnellement, et du coup je n'arrive pas à saisir l'attirance intense qu'il a pour le héros.
En définitive, les pérégrinations du personnage principal m'ont paru empreintes de moins de poésie que d'égoïsme et du délire d'un homme qui sombre dans l'alcool et la maladie.

J'aurais aimé être davantage transporté. La beauté des planches y aurait presque suffi à elle seule, mais le scénario n'a pas encore su me toucher comme je l'aurais souhaité. Peut-être la suite me convaincra-t-elle davantage...