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Manteau de neige
 

Blankets : Manteau de neige

 
 

Résumé

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avis bd

Planche de Blankets : Manteau de neigeSelon Neil Gaiman, Blankets est "probablement le meilleur roman graphique depuis Jimmy Corrigan" et pour son collègue Brian Michael Bendis, l'album "confirme la place de Craig Thompson parmi les maîtres de la bande dessinée" ! Il est vrai que le scénario est bien construit et les personnages particulièrement attachants. Pour ma part, je n'ai pas eu besoin de me forcer pour être touchée par cette histoire pleine de sensibilité et de romantisme.

En revanche, je conseille à ceux, qui comme moi, sont plutôt réfractaires aux doctrines religieuses, de passer les nombreux passages concernant les questionnements spirituels du narrateur qui sont, par ailleurs, largement illustrés de représentations et d'extraits de la Bible.

Le dessin, comme bien souvent dans la bande dessinée anglo-saxonne est tout en noir et blanc. Il arrive que les visages soient à peine ébauchés ou que les traits deviennent excessivement géométriques, comme taillés au couteau. Les nez, par exemples, sont triangulaires ou rectangulaires la plupart du temps. Les formes féminines, en revanche, sont toutes en courbes, pleines de douceur. Certaines planches, enfin, offrent une profusion de détails : les logos imprimés sur les vêtements des personnages, les affiches musicales (Nirvana, Pixies...) dans la chambre de Raina, etc.
On ne trouve pas de copier/coller à la Brian Michael Bendis et peu de cadrages audacieux. L'originalité de cette oeuvre tient plutôt au format (600 pages!) et au thème traité (une BD initiatique). Enfin et surtout, Craig Thompson a su créer un univers très personnel : neigeux, tantôt froid ou féerique.

NB: L'album paraîtra en France le 10 Mars 2004. Ma critique s'appuie donc sur la version originale, parue chez l'éditeur américain Top Shelf Productions. En attendant, on peut trouver quelques informations supplémentaires sur le site officiel de Craig thompson : http://www.dootdootgarden.com/


Chronique rédigée par esperluette le 19/02/2004
 
 
Avis de :Un bon moment de lecture ! Note de l'album : 3,00
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Statistiques posteur :
  • 49 (87,50 %)
  • 7 (12,50 %)
  • Total : 56 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 3,00 Note générale
  • Originalité : 3,00 Originalité
  • Scénario : 3,00 Scénario
  • Dessin : 3,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.84
Dépôt légal : Mars 2004

Avis des lecteurs

19 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics Blankets : Manteau de neige, lui attribuant une note moyenne de 3,84/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

24 6 2018
   

L'histoire est simple : un premier amour, accompagné de souvenirs d'enfants fortement marqués par une éducation religieuse. Le livre est un peu long mais se lit très rapidement, même si finalement il y a peu de rebondissement dans le déroulé de l'histoire. Peut-être pas le chef d’œuvre que certains décrivent mais un agréable moment de lecture avec deux protagonistes plutôt attachants.

26 2 2012
   

"Blankets", c'est une douce gifle qu'on prend, pour un peu qu'on veuille se souvenir du temps qui passe, de cette enfance qu'on idéalise une fois qu'elle est loin derrière nous, pour peu qu'on accepte de faire le bilan de sa vie, une fois devenu adulte et pas encore vieux...
Une histoire intime, qui m'a vraiment touchée par l'authenticité avec laquelle Craig Thompson nous livre une partie de sa vie, une partie de sa personnalité et la façon dont elle s'est construite.

Son éducation religieuse, culpabilisante à souhait alors même que ses parents sont pétris de bonnes intentions, ses relations fluctuantes avec son frère (entre complicité et rivalité) et bien sûr, sa poignante première histoire d'amour. Pour moi, ce récit intimiste a joué à plein pour ce qui est de l'identification. En fait, j'ai pris en pleine tronche un paquet de sentiments qu'on a tendance à enfouir au plus profond de nous... Parce qu'ils renvoient à ce qui n'existe plus, parce qu'ils ont beau être des souvenirs heureux, ils provoquent aussi la nostalgie: celle qui touche à la naïveté perdue, à l'imaginaire de l'enfant qu'on a été, à la pureté et la puissance des premiers sentiments amoureux, à la complexité des relations familiales, au mal-être d'un adolescent qui ne ressemble pas beaucoup à ses camarades du collège...

"Blankets", c'est beau et sobre à la fois, à l'image du graphisme en Noir et Blanc. C'est profond sans être prise de tête, c'est intense sans être violent.

Je ne vais pas en dire beaucoup plus, si ce n'est que créer quasi 600 pages sans que la qualité baisse, c'est juste le signe que l'auteur est un monstre...

Voilà, je viens de reposer le bouquin, et j'aurais juste aimé qu'il puisse encore m'accompagner longtemps. Il fait maintenant partie de ceux que je préfère, de ceux que je n'oublierai jamais...

20 5 2006
   

Ce livre, d’une épaisseur notoire, contient bien des qualités. Sa longueur (près de 600 pages) n’est pas un handicap, loin de là, et j’ai bien aimé que l’auteur, Craig Thompson, s’étende poétiquement, sans concession de forme.
Il recèle d’excellentes trouvailles, avec des parcours de partage, avec son frère ou avec Raina, son amoureuse. Et nombre de passages sont très beaux, d’une atmosphère poétique rare.
On s’immerge volontiers dans ces complicités que l’on a connues, sous une forme proche, nous aussi.

Mais c’est là que je reste bloqué, à la sortie de ces rêveries, réussies, mais dispersées. Je trouve alors que le livre ressemble beaucoup à une suite de bons moments, de tableaux de félicité, sans un liant intense entre eux. Et les citations religieuses, trop nombreuses à mon goût, même si le narrateur n’y adhère que partiellement, m’ont aussi fatigué, un peu.

Ce seront mes regrets principaux, en plus du dessin, que je n’apprécie pas trop.
Certes, Craig Thompson apporte des pages artistiques, des cases remplies d’envol et de sensations, et ça me touche plus.
Mais, son trait de base, je m’y fais plus difficilement.

Donc, une ouverture au rêve, au retour à l’âge adolescent, ce passage si fort, si ardu à dépeindre ou à rendre sans mièvrerie. Ici, le traitement que lui réserve l’auteur est de qualité, bien produit.

Je me demande quand même toujours s’il ne s’agit pas d’un thème « facile » malgré tous ses problèmes, en raison des rappels, des nostalgies, des initiations qu’il véhicule, et qui nous marquent et qui calquent nos réactions futures.
C’est pour cette raison (et un peu pour le dessin) que je ne m’engagerai pas plus en avant dans les louanges au sujet de cet ouvrage.
Je lui refuse, c’est sûr, le classement dans la catégorie « chef d’œuvre » que son éditeur semble rapide à lui accorder, ne se refusant pas un petit jugement inique, à la fois juge et partie.
Cette autosatisfaction, totalement dans le style américain dans ce qu’il possède de plus détestable, cette assurance, nuancent encore plus mon appréciation.

29 3 2006
   

Une histoire toute simple qui tient en 600 pages.
Le début m'a pas mal accroché, mais ma lecture se faisant, j'ai ressenti une certaine lassitude.
Je ne remets pas en question les qualités narratives de l'auteur, ni même les dessins qui sont plaisants par certains aspects. Je vois ce qui est intéressant, mais ça ne me touche pas plus que ça au final.
Les critiques sont dans l'ensemble positives et je ne les remets évidemment pas en question. C'est sans doute moi qui suis passé à côté du sujet.
Mais je conseille tout de même la lecture de cette BD, qui a le mérite d'être différente de la production habituelle (style, fond, format etc...).

9 3 2006
   

Volumineux (600 pages) !...
Craig Thompson nous y raconte sa jeunesse sous la forme d'une fiction. Son trait extrêmement souple s'adapte aux situations : tantôt caricatural, voire brutal, pour dépeindre les brimades et frustrations de l'enfance, il devient allégorique puis aérien au temps des premiers émois amoureux.
Certaines planches dépourvues de texte sont plus évocatrices que dix pages écrites. Découpé en chapitres, le récit est fluide et envoûtant. On s'attache aux personnages, malgré un environnement et un contexte qui sont loin de nous être familiers.
Une oeuvre forte, pleine de sensibilité et d'émotion, très bien saluée par la critique américaine.

4 1 2006
   

Blankets est un bien bel album. Plutôt que d’une œuvre autobiographique, il serait sans doute plus judicieux de parler "d’œuvre-inspirée-de-faits-réels-que-l’auteur-a-vécus". Mais au final, je conviens que ça ne change pas grand chose pour le lecteur. Impossible d’être indifférent à la jeunesse de Craig et à son premier vrai amour.

Craig fait passer beaucoup d’émotions dans Blankets ... malgré une certaine lenteur du récit, on ne peut décrocher. Bel ouvrage, beau récit mais qui agace un peu aussi par l’omniprésence de la religion. C’est vrai que c’est le reflet de l’Amérique puritaine et l’auteur ne fait que de la retranscrire. Cependant, on comprend mieux ce choix à la fin ... Sinon, j’ai apprécié tout particulièrement le trait de Craig qui est à la fois spontané, frais et "vivant".

4 1 2006
   

Bizarrement, je ne croyais pas au chef-d'oeuvre en roman graphique. Ou presque. Je ne pensais pas qu'il était possible de faire un "roman graphique" de cette ampleur, de cette puissance...
Oui, Blankets est un album superbe, une histoire simple aux accents confondants de sincérité, un parallèle assez fascinant, par moments, entre la découverte de la vie (et de l'amour) pour Craig, et son éveil à la création artistique. En lisant l'album, j'ai pensé à Jimmy Corrigan, mais surtout à L'Ascension du haut Mal. A lire absolument.

2 1 2006
   

Au moment où j'ai lu Blankets, je m'étais fait la remarque que la dernière BD à m'avoir autant touché, c'était "Quartier Lointain"; c'est dire si c'était un compliment pour Blankets.

Pour commencer, j'aime beaucoup le dessin. Je le trouve fluide, léger, agréable. C'est un vrai plaisir à lire à mon goût. Certaines planches décorées sur des motifs identiques à la fameuse "couverture" sont d'ailleurs très esthétiques.
Ensuite l'histoire est racontée d'une manière sympathique, très proche du lecteur, qui a su me plonger très vite dans l'histoire et me rapprocher du personnage principal. La narration est bonne, ponctuée de pensées du narrateur qui n'ont en rien entamé le rythme de ma lecture, et agrémentée de quelques passages poétiques et beaux qui ont su me plaire.
Quant à l'histoire, elle a su m'emplir de nostalgie, de souvenirs d'enfance et d'adolescence, d'émotions diverses et agréables. En lisant cette BD, j'ai ressenti l'impression d'être dans un cocon de chaleur et d'émotion, recouvert par la même couverture de neige et de beauté dont il est fait référence dans le titre. L'auteur a su me toucher, me transmettre les émotions de son premier amour, de son bonheur éphémère. J'ai parfois retrouvé la même émotion que lors de soirées de Noël de ma jeunesse, avec la chaleur dans le foyer et le froid, la pureté et la beauté au dehors. Il a surtout su me transporter dans mes propres souvenirs, retrouver des expériences similaires à ce qu'il a vécu et décrit ici ( Eh ! Il écoutait Dinosaur Jr lui aussi ! ). J'ai tout trouvé assez fin. La reflexion et le constat sur sa foi en l'Eglise et en Dieu est passée pour moi comme une lettre à la poste, d'autant que je l'ai trouvée intéressante et partie intégrante de ses souvenirs. J'ai trouvé également très touchante sa présentation de la famille de Raina et surtout de son beau-père bouleversé de voir son couple se déchirer.
J'ai vraiment trouvé le tout juste, beau, fort, plein d'émotion, et j'ai été complètement touché à ma première lecture (j'ai mis une heure à m'endormir après). Cette grosse BD est une vraie perle.

Doña Hermine :Un bon moment de lecture ! Note de l'album : 3,50
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1 1 2006
   

Encore un auteur qui s'exprime à la première personne et en N&B. Ce n'est pas à proprement parler une autobiographie mais la relation de certains événements de l'enfance de Craig Thompson, qui l'ont marqué, ainsi que son premier amour, sur fond d'éducation chrétienne ultra rigide. Le récit est plein de sensibilité et merveilleusement secondé par un dessin original, inventif, et d'une sinuosité très sensuelle. On est emporté dans le tourbillon de patchwork des souvenirs, des images et des sentiments de Thompson, et on voit pas le temps et les 582 pages passer. En même temps, une fois le bouquin (peut-on parler d'album ?) refermé, si on reste bluffé par sa virtuosité graphique, et son indéniable poésie, on se dit aussi que ce n'est que la banale première histoire d'amour d'un ado rêveur et solitaire.

14 11 2005
   

A travers un récit autobiographique, Graig Thompson nous décrit la complexité de ses premiers amours d’adolescent. Dû à son éducation très catholique il se retrouve face à cet amour comme face à une pleine enneigé. Seul, face à une surface immaculée qu’il foulera d’abord en essayant de ne pas trop s’enfoncer, sans laisser trop de traces et s’arrêtant à chaque craquement sous ses pas. Puis finalement, il se couchera dans cette neige, laissant une trace temporaire dans la neige, mais éternelle dans son cœur et son esprit.

Mais cet album n’est pas seulement une belle histoire d’amour, c’est également l’aperçu d’une Amérique profonde puritaine et intolérante face à l'homosexualité, à l'avortement et au sexe. C’est vrai qu’on pourrait reprocher à cet ouvrage les nombreux passages faisant référence à la Bible et à la religion, mais peut-on reprocher à Graig Thompson d’être né dans un pays où l’on parle même de Dieu sur les billets de banque (in God we trust)?

C’est cet environnement ultra catholique, qui explique les hésitations de Graig face à l’amour et sa culpabilité face au sexe. C’est cependant grâce à cette aventure amoureuse qu’il parviendra à relativiser les contraintes morales, mais c’est surtout grâce à cette éducation ultra catholique et à un père autoritaire que Graig Thompson va se réfugier dans le dessin et ça, on peut difficilement s’en plaindre.

Le dessin est très doux, parfois détaillé mais se limitant chaque fois strictement à ce qui est nécessaire à l’histoire. Le décor enneigé est couvert par la chaleur d’une histoire d’amour, qui finira par fondre au même moment que la neige au soleil. La narration est fluide et les non-dits omniprésents.

Bref, même si la vie de Graig Thompson n’avait rien d’extraordinaire, c’est avec brio qu’il partage les moments forts de son enfance et de son adolescence, son premier amour, ses relations familiales et ses convictions religieuses.

Et après lecture, on peut facilement excuser le fait que l’auteur ait apparemment oublié de parler de sa sœur dans ce récit autobiographique, et que Raina serait inspirée de deux filles et non d’une.

3 10 2005
   

Pas de doute, Blankets est une très bonne BD dans le genre autobiographique. Si vous aimez ce genre d’histoire, foncez, vous ne serez pas déçu. Ca se lit facilement malgré le nombre de pages, c’est rempli de tendresse, de tristesse, de souvenirs d’enfance, de joies, bref toute la panoplie des histoires « où l’auteur raconte sa vie » est utilisée.

Par contre je m’attendais à une simple histoire d’amour, et je trouve que ça parle plutôt d’éducation religieuse et de tous les problèmes que cela peut engendrer chez les jeunes (culpabilité, exclusion, manque de confiance en soi...). L’histoire d’amour est finalement presque secondaire... en tout cas moi je l’ai perçu comme ça. Alors, reste à voir si ce sujet vous botte. Moi j’ai trouvé ça intéressant, mais un peu énervant (oui la religion, ça m’énerve).

Il faut aussi signaler que l’ensemble reste très très classique. La vie de l’auteur n’a apparemment pas toujours été facile, mais n’est pas non plus des plus excitantes (indécision quant à sa carrière professionnelle, amour d’adolescence qui ne dure pas, éducation religieuse qui le perturbe, puis perte de sa foi quand il grandit, regret de ne pas être plus proche de son frère...). Certes c’est bien raconté, mais je n’ai jamais été vraiment soufflé ou troublé comme je l’avais été avec d’autres œuvres du même genre ("Pilules Bleues" par exemple).

Bon bref, ce n'est pas la BD de l’année pour moi, mais je le répète, si vous aimez le genre, achetez, ça reste quand même un très bon moment de lecture. En plus l’éditeur nous gâte avec un prix d’édition inférieur au prix de l’édition originale !

15 2 2005
   

Découvert et acheté sur les conseils de CoinBD, Blankets est une pure merveille. Très peu habitué à ce type de format de BD (gros pavé de 600 pages), j’ai commencé la lecture de Blankets avec un peu d’appréhension… Celle-ci a due disparaître après à peine une dizaine de pages tellement on est pris par l’histoire.

Craig Thompson nous dévoile son univers, ses rêves, sa foi (même si je suis un peu allergique à ça, cela ne m’a pas du tout dérangé : au contraire, la vision des choses de Craig sans sa foi, ne serait pas du tout la même), son enfance, son amour de jeunesse… Et tout ça est fait avec une telle sincérité, une telle émotion que je me suis totalement mis à la place de Craig tout au long de la lecture. Un livre vraiment bouleversant, attendrissant, parfois amusant et qui arrive souvent à bien nous nouer l’estomac.

Au niveau des dessins, j’appréhendais aussi le noir et blanc par manque d’habitude à ce style… Mais je dois bien dire que les dessins de Thompson m’ont séduit voir troublé au point qu’au final, je ne sais plus très bien si j’ai lu une BD, un roman ou tout simplement rêvé.

Une découverte à tout point de vues que je ne regrette absolument pas. Je m’en vais même de ce pas acheter cet album pour ma « belle-maman » (instit’ à la retraite assez réfractaire aux BD) afin de lui prouver que la BD ce n’est pas que Tintin.

3 10 2004
   

J'ai dévoré les 600 pages. Je n'ai pas trouvé cette oeuvre ennuyante bien au contraire.

Blankets manteau de neige nous fait découvrir la vie d'un jeune adolescent qui est à la recherche de son identité, qui remet en question ses convictions, et qui rencontre son premier amour.

J'ai trouvé cette oeuvre belle dans tous les sens du terme.

Le dessin en noir et blanc est magnifique, tantôt simple, tantôt travaillé de façon complexe. On a l'impression que les gestes des personnages sont fluides.
Le dessin laisse entrevoir beaucoup de délicatesse et de tendresse.

La lecture est tout aussi agréable et intéressante. Le narrateur nous parle aussi de lui lorsqu'il était enfant, de son dilemme face à la religion et à son art.
A la lecture, on ressent différentes émotions comme de la mélancolie, de la joie aussi car il y a des passages amusants, et des émotions bien plus complexes qui sont difficiles à retranscrire.

On ressort de cette oeuvre avec le coeur gonflé d'émotions et l'esprit rêveur.

30 9 2004
   

J'avais un peu d'appréhension à m'attaquer à ce pavé de 600 pages mais après tout j'ai bien adoré "Pilules Bleues" qui est également assez épais (tout de même deux fois moins gros) et il parait que le trait de Thompson rappelle celui de Peeters. C'est pas une comparaison forcément extravaguante mais à aucun moment je n'ai retrouvé la légèreté du dessin de Peeters ni n'ai été envouté, comme dans "Lupus", par la poésie qui s'en dégage.

Ma note ne remet pas en cause l'intérêt de l'oeuvre, le coeur ou la sincérité que l'auteur a mis dans cette autobiographie romancée. Je comprends même pourquoi cela plait. C'est profond, ça parle d'amour, de la vie, de la mort, la narration est brillante et l'auteur joue avec la temporalité avec succès. Mais le fond reste d'un ennui mortel.

Grosse déception pour moi, dans un concert unanime de louanges.

26 9 2004
   

Indéniablement Blankets est une oeuvre à part dans le monde de la BD. Pour moi, jeune initié à la BD intimiste autobiographique, cet ouvrage a été l'objet de la découverte du vrai sens du terme souvent usité par certains de mes congénères : "roman graphique" et qui avait su jusque là préserver une opacité digne d'une oeuvre de Faulkner.

Pour tout dire j'avais l'impression que ces deux mots étaient en fait un oxymore. C'est vrai, comment peut-on relier dans une même expression deux termes qu'on tache depuis toujours à dissocier dans la bande dessinée. Celle-ci, souvent considérée comme un hybride, nage entre deux eaux. D'un côté le dessin, qui sans être de l'art est au service du texte qui n'est pas de la littérature.

Craig Thompson dans Blankets tente de faire oublier à son lecteur qu'il lit une bande dessinée (ma foi bien épaisse). Son style d'écriture se détache de la prose platonique, sèche et n'ayons pas peur des mots stylistiquement pauvre et laide qu'on peut couramment lire dans des mangas ou BD. L'auteur se permet d'introduire une part de contingence indispensable (moi aussi je fais dans l'oxymore) à sa narration. Effectivement, il y quelque chose de dispensable qui devient indispensable pour élever le texte à la hauteur de la littérature. Ce qui peut paraître inutile c'est bien sûr la narration à la première personne qui s'alterne avec les dialogues et le silence. Mais cette dernière installe une dimension lyrique digne d'un romantique du XIXe siècle. C'est paysage de neige qu'il contemple c'est René de Chateaubriand qui observe la nature. C'est tout le mythe de le végétation qui est à nouveau développé à travers cette histoire d'amour moderne.

Car si la narration peut paraître fraîche, salvatrice, et savoureuse; on peut en dire autant pour la justesse dont fait preuve l'auteur pour raconter une histoire en somme assez banale. Evidemment, certains pourraient dire qu'on tombe parfois dans des clichés : l'ado solitaire, rêveur, artiste... Vivant dans un monde fantasmagorique, reflet d'un désir d'échapper à la réalité. Je ne nie pas tout cela, mais Craig Thompson fait continuer le rêve durant 6 chapitres. On pourrait croire qu'en rencontrant la belle jeune fille, il s'épanouirait, sortirait de ses rêves. Cependant il rentre dans une autre dimension onirique où Raina devient sa muse. Le deux derniers marquent les esprits tant ils sont durs. Le réveil est brusque et douloureux !

A travers de Craig, on retrouve un petit bout de soi. On se rappelle de ces moments heureux qu'on a vécus. Ces moments qu'on savourait et dont on connaissait l'issu mais qu'on s'évertuait d'oublier. On laisse quelques marques sur la neige, on les croit immuables. Elles disparaissent immanquablement... Mais aussi, ces moments qui vous changent d'un jour ou l'autre, qui laissent une trace Thompson souffle toutes les saisons, il nous fait frissonner avec son air glacial, ses paysages enneigés et il nous réchauffe avec une histoire d'amour allant au-delà des saisons, qui permet de ne pas sentir les effets de cette saison morte.

Enfin, l'originalité du personnage de Craig vient de sa passion pour la Religion. On a l'impression qu'à travers sa BD, l'auteur cherche à exprimer le cheminement de sa pensée. Celle d'un ado élevé dans une famille ultra catholique, enfermée dans une petite ville des Etats-Unis où les préjugés priment. Ses rêves son dans un premier temps le moyen d'exprimer sa foi. Mais avec l'arrivé de Raina c'est une émancipation qui s'opère aussi bien envers sa famille qu'envers la religion. D'un point de vue assez terre à terre, le jeune homme se rend compte que le péché de luxure ne la pas encore foudroyé. Ce qui est peut-être décevant c'est qu'il condamne finalement totalement la religion. Il renie totalement sa foi, qui aurait pu selon moi être préservé avec un bémol. Car renier aussi rapidement la religion c'est comme partir d'un coup de tête, sans véritable argument. Effectivement la Bible est un vieux texte qui à travers ses différentes traductions à perdu de sa véracité mais il n'en demeure pas moins qu'elle pose les piliers d’une possibilité de l'existence humaine, voire de l'univers !


Le dessin est plus que jamais au service du texte et de l'idée. Le côté onirique est parfaitement exprimé avec des apparitions farfelues. Le trait gras, généreux, sensible de Craig Thompson est enchanteur. Il nous permet de se plonger dans le monde bien particulier qu'est le sien. Un mélange de poésie, de rêve, de douce cruauté... Le cadrage est époustouflant d'ingéniosité. Il fait la liaison obligatoire entre le texte, l'image et les sentiments. Ainsi je me vois tomber en larme dans les derniers chapitres avec un découpage inattendu. On glisse d'une vignette à l'autre en cherchant à faire le lien avec les mots, les phrases. Il a une réciprocité entre les deux éléments distincts que sont le texte et l'image : l'un permet d'expliquer l'autre et de le compléter.


Ma lecture de Blankets fut éprouvante et ludique.
Je sors comme j'aime sortir d'une oeuvre : époustouflé, ayant l'impression d'avoir ouvert une porte, d'avoir découvert quelque chose de nouveau.
Cette lecture et cet avis sont ma foi épisodique mais je fais comme Craig Thompson, « Quelle plaisir que de laisser des traces sur une surface immaculée. De tracer une carte de mes pas… peu importe si c’est temporaire. »

24 7 2004
   

C’est l’histoire émouvante d’un garçon, de son enfance avec son frère et de son premier amour, très beau, très pur.

Acheté lors de sa sortie française sur le conseil de mes libraires et parce que l’auteur était en dédicace, j’avais quelques doutes car c’est quand même un beau pavé, bien épais, bien lourd. Et bien de la dédicace à la lecture de l’album, je n’ai pas regretté un seul instant ce choix.

Le scénario nous fait ressentir toutes les émotions possibles. Drôle, passionnant, attendrissant, on s’émerveille sur la vie de Craig. Sa rencontre avec Raina et leur amour est idyllique et fait vraiment rêver sans être trop à l’eau de rose. L’histoire qui nous est racontée dans cet album est toute simple, remplie de scènes de tous les jours. Elle n’a rien d’extraordinaire, mais elle est vraie et belle.

Le dessin de Thompson, en noir et blanc, a son style propre. Il utilise parfois ce qui entoure les personnages pour exprimer leurs émotions. Sinon, les décors comme les personnages sont très jolis et donnent envie d’y être. Dans cet univers où les sentiments des personnages sont très importants, Craig Thompson a su par son dessin, l’attitude de ses personnages… nous le fait partager.

Un très bel album à savourer du début à la fin.
J’allais oublier : une bonne partie de cet album montre l’éducation religieuse de Craig qui est assez surprenante et stricte. C’est très intéressant d’un point de vue culturel pour une comparaison entre la France et les Etats_Unis.

29 5 2004
   

Rarement un roman graphique ne m'avait scotché à ce point.

Blankets fait parti de ces séries atypiques qui donnent l'occasion à leurs auteur de se livrer au public, de faire partager leurs doutes, leur histoire, etc.

A travers Blankets, Craig Thompson revient en fait sur son enfance et son adolescence. Et nous suivons ainsi ses nuits d'enfants passées dans le même lit que son frère, leurs jeux d'enfants qui aboutissent souvent à l'enfermement de l'un d'eux dans le placard du cagibi, lieu de la punition suprême.

L'enfance de Craig c'est aussi celle d'un enfant différent, chétif et solitaire qui est continuellement brimé par ses camarades de classe. Mais c'est aussi un ouvrage d'initiation, où Craig adolescent finit par accepter sa différence en recherchant la compagnie de gens en marge. C'est dans ces conditions qu'il finit par rencontrer Raina, son premier amour, celui qui le marquera à jamais.

Mais Blankets c'est aussi l'apprentissage de la vie d'un jeune garçon qui hésite entre la Bible, fidèle représentante d'une enfance marquée du sceau de l'américaine puritaine, et le crayon. Le séminaire contre l'expression artistique, voilà le dilemne qui se pose à plusieurs moments de cet album pour le héros.

Graphiquement, on se retrouve avec entre les mains un vrai petit chef d'oeuvre graphique de 600 pages, un trait vif et puissant en noir et blanc qui sait se faire tout en rondeur pour les personnages féminins. Certaines cases, plus oniriques et métaphoriques, sont vraiment superbes.

Blankets est un album incontournable, un album qui rappellera à tous le premier amour, celui de l'insouciance et de l'état de grâce qui nous a tous marqué à jamais. Cet album dégage une mélancolie que je n'avais que très rarement ressentie dans une BD. Et au final, ces 600 pages de lecture passent vraiment bien.

A lire à tout prix, l'ignorer ce serait passer à côté d'un chef d'oeuvre du 9e art.

8 3 2004
   

Que ceux d'entre vous qui avaient oubliés ces douces sensations, ces bonheurs frivoles et ces peines douloureuses que tomber amoureux implique se ruent sur ce petit bijou du comics indépendant.

Cette autobiographie, tellement sincère dans ses propos, vous rappelera sans nul doute quelques souvenirs personnels enfouis au fin fond de votre mémoire...

Craig thompson nous relate son enfance très puritaine dans cette amérique chrétienne de la seconde moitié du 20eme siècle, ou il rencontra la superbe Raina, inaccessible en apparence, mais qui lui ressemble tellement.

C'est particulièrement touchant, très bien écrit, (et drôle, parfois ! la "bataille de pipi" entre Craig et son frère est un moment fa-bu-leux :D) et relaté avec une simplicité qui rend les différents personnages si proches de nous que les 576 pages de ce pavé s'écouleront le plus agréablement du monde.

Bien sûr, tout n'est pas rose, et la finalité peut sembler troublante... triste peut être, aussi... chacun le ressentira à sa manière, évidemment.

Le trait de Craig Thompson est particulièrement porteur d'émotions. Ce noir et blanc, très simple lui aussi, s'accorde à merveille à un récit très personnel, transposant avec perfection les sentiments des différents protagonistes.. sur certaines pages, je pense même qu'un peu plus de silence aurait pu être le bienvenu tant le dessin parle de lui-même.

Une très belle découverte, pour moi, qui me suis penché sur cet ouvrage lors du passage de l'auteur en dédicace à Lyon. Je vous le conseille donc tout particulièrement :)