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Tome 4 : L'enfer, le silence
 

Blacksad, tome 4 : L'enfer, le silence

 
 

Résumé

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Planche de Blacksad, tome 4 : L'enfer, le silenceUn nouveau "Blacksad", c'est forcément un événement dans le milieu bédéphile. Les libraires ne s'y sont pas trompés : même quand on n'a pas suivi l'actualité des sorties, on ne peut pas passer à côté des présentoirs qui font la part belle à cette série. Donc, si vous revenez d'un long voyage dans une contrée fort fort lointaine, sachez que le tome 4 est dans les bacs.

On attendait les auteurs au tournant, parce qu'on se demande toujours si une série d'exception va parvenir à maintenir la barre suffisamment haut pour ne pas décevoir. Et pour ne pas vous faire davantage lanterner, je vous rassure : "L'enfer, le silence" n'est pas l'album maudit de la série qui la ferait plonger dans la médiocrité. Sous cette couverture bleutée qui place Blacksad au fond de l'eau se cache un nouvel épisode qui surnage au-dessus de la production BD.

On est donc encore séduit. Et sans surprise, c'est avant tout par le graphisme. Qu'est-ce que c'est beau ! Les mises en couleurs assurées par Guarnido sont extrêmement soignées, assurant des ambiances à elles seules (une scène éclairée, un dialogue sous l'ombrage de feuillus...). Certaines planches sont incroyables, comme cette mise en scène du carnaval où vous pourrez vous amuser à retrouver le héros et celui qu'il poursuit au beau milieu d'une foule dense et minutieusement dessinée. Les personnages ont beau être des animaux, ils sont extraordinairement expressifs et leurs attitudes sont d'une fluidité assez incroyable. En bref, Guarnido confirme son statut de dessinateur surdoué et devrait très vite faire école.

Certains lecteurs ont parfois reproché à Canales (pour le tome 1 en particulier) de livrer un scénario en-deçà des dessins. Ce n'est pas totalement infondé sans doute, mais son scénario est habile, efficace, privilégiant des atmosphères et livrant des dialogues ciselés. Comme pour les précédents albums, "L'Enfer, le silence" peut se suffire à lui-même, bien qu'on se demande si un certain sauvetage ne sera pas explicité dans un autre album (même si les lecteurs attentifs trouveront une explication quand ils auront fini leur album !).

C'est du bon, du beau, du solide. Alors ne boudez pas votre plaisir et ajoutez vite ce quatrième épisode à votre collection.


Chronique rédigée par Jean Loup le 29/09/2010
 
 
Avis de :Une excellente BD ! Note de l'album : 4,00
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 3,50 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.35
Dépôt légal : Septembre 2010

Avis des lecteurs

13 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Blacksad, tome 4 : L'enfer, le silence, lui attribuant une note moyenne de 4,35/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

17 11 2018
   

Encore un album plaisant à lire. Les dessins prennent des couleurs plus vives avec le déplacement de l'aventure en Louisiane mais sont toujours aussi réussies.

Le scénario est intéressant et moins linéaire que les albums précédents puisqu'il y a beaucoup de retours en arrière, l'histoire principale ne se déroulant finalement que sur une soirée. Cette fois, il est question de drogue, de scandale sanitaire mais aussi Nouvelle-Orléans oblige, de jazz et de carnaval.

10 6 2015
   

Presque cinq années entre le n°3 et le présent tome.
Mais on ne change pas « d’équipe » et c’est tant mieux.
Donc, ce matou malin est revenu en librairie ; dont la patte de Guarnido n’a pas, à mes yeux, changé.
Je reconnais que c’est un vrai talent, formé –ne pas l’oublier- dans les studios Disney. Jusque- là, c’est très bien.
MAIS c’est du côté du scénario que le bât blesse un peu. Car ce dernier est –pour moi- un tantinet chaotique et nuit à la lisibilité de l’ensemble.
N’empêche que : « promener » ce chat policier dans le monde du jazz où il aura affaires à un impresario, un héritier assez douteux, et quelques laissés-pour-compte de la vie, c’est quand même bon.
La Nouvelle Orléans est vraiment bien décrite, surtout quand je me retrouve dans des arrière-salles douteuses, qui « sentent », enfumées… C’est là que je peux admirer le graphisme de Guarnino, ainsi que des palettes de tons utilisées.
J’ai lu et vu un chouette opus, où mes regards se sont un peu perdus MAIS le tout n’est quand même pas très homogène.
N’empêche, c’est quand même bien réalisé.

9 4 2014
   

On approche de la perfection dans cet album !!! Les dessins sont toujours aussi beaux, franchement c'est vraiment un sans faute, la palette des couleurs est vraiment bien choisie, les décors somptueux...

L'histoire est vraiment bien ficelée, l'ambiance jazz de la Nouvelle-Orléans est vraiment très agréable, j'ai vraiment aimé l'histoire d'amour qui finit mal, j'ai presque versé une larme dans la scène du tram... Ce qui est fou avec cette série, c'est qu'on en parle comme un film car c'est vraiment découpé tel quel....
Le seuls reproche que j'ai à faire, c'est qu'on a un peu de mal à s'y retrouver au niveau de la chronologie du scénario, et celui-ci est tellement riche qu'on ne doit pas perdre le fil.

26 5 2013
   

En prenant du recul, j'ai beau essayer de trouver une amorce pour donner mon avis le plus objectivement possible, mais je vois bien qu'avec Blacksad je n'y parviens pas. Et j'en suis désolé. Pourquoi?

Parce que le titre crée par le tandem Canales-Guarnido est toujours BEAU. Par son trait fin, très vivant, tout en fluidité et en volumes, rehaussé par des ton pastels qui collent parfaitement à l'ambiance d'un bon vieux polar. Avec Seigneur Guarnido (oui, j'ai dit seigneur, et alors?), nous sommes toujours en présence d'un storyboard de film soigné à l'extrême plus que d'une véritable bd, tant la mise en page est édifiante: les décors sont riches, foisonnants de détails et de références qui fait écho à une époque révolue. Et quel charme qui se dégage de ces pages!!
Et toujours, cette manière très intelligente d'utiliser des personnages anthropomorphiques en fonction de leur caractère... Essentiellement. Du coup, on continue de faire son petit pronostic sur le petit jeu "mais qui est le vrai méchant de l'histoire?"

Parce que l'histoire est toujours PUISSANTE. La narration subjective du héros nous plonge dans l'intrigue à ses cotés et qu'à chaque tome, un élément de l'enquête renvoie directement au passé de cher privé. Car même si Blacksad met toute la volonté du monde à rester professionnel, il ne peut s'empêcher de s'impliquer émotionnellement dans ses affaires. Ce qui nous permet d'en apprendre toujours un peu plus. Diaz Canales livre des enquêtes prenantes aux rebondissements dignes des meilleurs films noirs. Celle-ci ne fait pas exception. L'ombre d'Humphrey Bogart n'est pas loin.

Parce que lire Blacksad, c'est un peu revivre un pan de l'histoire d'une façon romantique, poétique... Une identité tellement forte et ancré dans cet univers si jazzy que l'on prend plaisir à survoler les pages, encore et encore!!

25 7 2011
   

Un cadre parfait pour ce nouvel opus : la Nouvelle Orléans et le milieu du Jazz des années 50. Encore un excellent album pour lequel le dessin fait énormément. De très beaux décors et surtout des personnages animaux/humains toujours parfaitement choisis. (Le pianiste "petite main" est mémorable).
Le sympathique Weekly bosse avec Blacksad maintenant. C’est une bonne chose ce duo.

J'insiste sur le fait que le dessin fait énormément sur l'appréciation de l'album car je donne une très bonne note alors que l'histoire, bien que très bonne dans le fond, est racontée d'une manière assez dure à suivre. Ce sont toujours des petits épisodes disparates, donnés au fur et à mesure de la progression de l'enquête mais en plus, certaines scènes ne sont pas dans l'ordre chronologique. Et comme il n'y a jamais de cartouche explicatif (genre "deux jours plus tard" ou "pendant ce temps"...) c'est parfois très difficile de reconstituer immédiatement l'histoire. Il y a même une scène ou deux que j'ai eu du mal à resituer (présent ou passé ?). Et même après lecture, on a du mal à replacer dans l'ordre le parcours du sachet de drogue frelatée par exemple.
Mais Canalès brouille exprès les pistes bien sûr. Il donne discrètement des éléments dans chaque scène et c'est à la fin qu'on se dit "Ah oui ! c'est pour ça que..."
La fin : Déconcertante et peu compréhensible quand même ! Blacksad rend l'argent au fils, qu'il n'aimait pourtant pas beaucoup. Et rien ne justifie vraiment qu'il change d'opinion sur lui. En plus ce dernier est un très riche héritier donc ce n'est pas cette modeste paye qui changera grand chose à ses recherches.
Mais malgré (ou grâce à) tout ça, je donne quand même un 4,5/5. C'est le charme Blacksad.

Il y a un dernier truc que j'ai bien aimé : c'est l'intrigant "chat sauveur" tatoué. Il laisse entendre qu'il a déjà rencontré le héros, on ne comprend pas bien...Et à la dernière page de garde on le voit sauvant un enfant de la noyade ! Certainement Blacksad enfant. Et on se prend à rêver d'un futur album nous éclaircissant sur sa tumultueuse jeunesse. (Le prof. du tome 3 avait déjà levé un petit coin de voile...)

29 12 2010
   

Blacksad fait partie de ses rares séries survolant la production massive actuelle et dont la sortie d'un nouvel album est toujours un mini-évènement pour les adeptes du 9° art que nous sommes.

Dans ce nouveau tome, notre chat détective part à la recherche d'un pianiste de jazz et va mettre à jour d'anciennes magouilles. Le scénario est un peu en deça des 3 autres tomes. Sans être mauvaise, l'histoire ne m'a pas tenue en haleine. L'auteur ne s'est pas vraiment servi du fait que ses personnages soient des animaux, ce qui faisait un peu le charme de la série jusqu'à présent. Par contre, Weekly prend de l'importance et c'est un personnage auquel je suis particulièrement attaché donc ça m'est plutôt plaisant.

Par contre, je n'ai pas put lâcher l'album avant la dernière page, et si ce n'est à cause du scénario, c'est bien parce que le dessin est toujours aussi sublime. Au niveau des couleurs, des ambiances, des détails... toutes les planches sont des délices visuelles.

En conclusion, c'est encore avec grand plaisir que j'ai retrouvé mon matou policier préféré et son acolyte à poils roux.

20 10 2010
   

Cinq ans après un polar sur fond de nazisme et d’anti-communisme, John Blacksad débarque à la Nouvelle Orléans, pour une histoire policière, baignant dans le jazz et parfumée de vaudou.

Cette ville hétéroclite bercée par la musique, l’alcool et la drogue, s’avère une nouvelle fois particulièrement propice au développement d’un polar. Malgré une intrigue construite sous forme d’allers-retours fréquents, le scénario de ce quatrième volet s’avère cependant de nouveau assez classique. Cette intrigue très musicale ne révolutionnera certes pas le genre, mais elle s’avère une nouvelle fois parfaitement ficelé, sur un rythme qui sait alterner avec brio les moments d’action et de respiration. John Blacksad est à nouveau très charismatique et les déboires de son acolyte, le journaliste furet Weekly, apportent un penchant comique très réussi à l’enquête.

Le graphisme proposé par Juanjo Guarnido se place une nouvelle fois au diapason de l’histoire imaginée par Juan Díaz Canales. De cette scène attablée sous une lumière filtrée par les arbres à l’atmosphère vaudou de l’antre de Madame Gibraltar, en passant par l’inévitable parade du Mardi gras, le talentueux espagnol étale une nouvelle fois tout son talent. Le dessin, le découpage et le choix des animaux afin d’accentuer le caractère des personnages demeurent excellents. Les expressions et les mimiques des animaux sont utilisées à la perfection et les scènes d’action et de mouvements sont magistralement dessinées (le passé de Guardino chez Disney oblige). Quant à la voix off, qui dès le départ nous plonge dans ce polar noir, elle est utilisée avec grande maîtrise et humour.

Un polar classique, mais indispensable !

7 10 2010
   

Ce nouvel épisode de Blacksad est globalement une réussite à mes yeux pour plusieurs raisons.
Il nous plonge dans une ambiance tout aussi désenchantée que ses prédécesseurs, ambiance que l’on savoure tant la Nouvelle-Orléans de l’époque semble fidèlement reconstituée. On se croirait en pleine période des « jug & washboard bands » et l’on en arrive presque à regretter que l’objectif reste braqué sur le cœur d’un sujet assez banal et ne fasse pas d’avantage la part belle à quelques escapades dans des rues animées et festives.
Le scénario reste classique (c’est plus valorisant que banal !) mais ce n’est pas pour me déplaire. Non, la seule chose que je n’ai pas appréciée, c’est sa construction. Elle dégage une impression de « fouillis » qui ne s’imposait pas, comme si l’auteur avait cherché à complexifier artificiellement une trame très (trop ?) simple pour lui donner de la profondeur. Tout ceci pour terminer par la reconstitution, en toute fin d’ouvrage, d’un puzzle que j’aurais aimé voir s’emboiter pièce par pièce au fur et à mesure de ma lecture. Sans être rédhibitoire sur mon avis général, j’ai trouvé cela dommage.
Enfin, et l’on garde en quelque sorte le dessert pour la fin, le dessin est du « made by Guarnido », traduisez, la perfection même ! J’apprécie tous ces petits détails, des quelques (rares) scènes de rue lors du Carnaval jusqu’au zoom sur le petit objet insignifiant qui donne un cachet particulièrement savoureux et immersif.
La sempiternelle question se pose alors : ce Blacksad est-il fidèle au standing de la série ? Je répondrai « oui » sans hésiter tant les 13€ dépensés en valent largement la chandelle. Mais je n’en perds pas pour autant le sens critique et reproche sans concession un scénario trop alambiqué, trop engoncé, qui aurait largement gagné à être plus fluide, servi par une construction plus aérée, libérant ainsi de l’espace pour profiter d’avantage de l’atmosphère que cette ville de l’époque aurait pu nous offrir. Un album incontournable néanmoins.

5 10 2010
   

Un album qui est meilleur que le précédent... Et on parle ici d'un "Blacksad", c'est dire le niveau. Graphiquement, ce tome est un régal, on en prend plein les yeux à chaque vignettes : les jeux d'ombres et de lumières, les couleurs plus ou moins vives, les impressions de fluidité dans les mouvements, cette ambiance de la Nouvelle-Orléans, dans les rues et dans les clubs... Je me suis délecté de chaque instant graphique que proposait cet album. Bien que l'on soit habitué, les animaux anthropomorphiques font toujours une forte impression, tant par la justesse des expressions que des postures. Les ambiances très pessimistes côtoient des déjeuners sur l'herbe où respire la joie de vivre, et c'est dans ces atmosphères que les auteurs touchent le lecteur. Vraiment, c'est un joli travail, encore une fois, qui nous est présenté et ça fait plaisir de voir ce genre d'albums.

Le scénario me semble également plus maîtrisé que précédemment et chose étrange, la deuxième lecture permet d'apprécier davantage le scénario que lors de sa découverte. Certains raccourcis sont pris, c'est au lecteur de combler les manques, ce qui peut parfois nous perdre en cours de lecture. Pour ma part, je ne suis pas sûr d'avoir tout compris, ce qui me gêne un peu. J'ai toujours du mal à relier l'histoire de la maladie d'un personnage au reste de l'histoire des quatre copains dans le vent. C'est cette petite réserve qui m'empêche de mettre la note maximale à cet album. Car si c'est très bien réalisé, si c'est d'une très grande maturité, il manque quand même un plus grande fluidité dans le déroulé du scénario.

Encore une fois un album bluffant par son graphisme. Il ne manque pas grand chose au scénario pour que l'album atteigne la perfection.

30 9 2010
   

Ce quatrième tome est avant tout le grand retour de l'incroyable palette de Guarnido, qui, j'avoue, m'avait un peu déçu lors du troisième opus, surtout sur les premières pages chargées de vert et d'orange.

Ici, on retrouve sa très grande maîtrise et son assurance.. mais surtout des prises de risques géniales. Tout le monde parle de la scène du déjeuner à l'ombre des arbres, fantastique... Le carnaval est un spectacle pour les yeux... Les expressions de ces animaux sont criantes de réalisme.

Graphiquement, c'est le summum pour moi de ce qu'il se fait en BD européenne (en BD tout court) depuis de longues années !

Le scénario, quant à lui, est supérieur au tome 3, mais reste en retrait de l'incroyable tome 2 de la série. La narration fait apparaitre nombre d'élipses qui rendent obligatoire une relecture pour en saisir les subtilités... relecture délicieuse bien entendu !

Les dialogues font mouches, les relations entre les différents protagonistes sont toujours dures et distantes.. ce qui donne beaucoup de force à la narration.

La Nouvelle Orléans inspire très fortement nos deux auteurs, on le sent dès la première case de la première page. Blacksad invite à un superbe voyage dans le temps, dans le polar pur et dur des années 50. Un joyau de plus sur la couronne Blacksad, un album à lire à tout prix !

Hec-Tor :Une BD culte ! Note de l'album : 5,00
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30 9 2010
   

Lorsque j’ai demandé à mon libraire un avis sur « L’enfer, le silence », il m’a répondu « Pas de quoi fouetter un chat ! »… On rit tous les deux puis il me déverse tout le mal qu’il pense de Blacksad. Je lui achète tout de même le tome mais j’ai changé de boutique depuis. Je ne peux pas écouter un vendeur qui n’est pas objectif.

Je rentre chez moi.

J’attrape la télécommande de la chaîne hi-fi pour laisser le jazz de Tom Waits envahir mon salon. Puis je glisse entre mes mains « L’enfer, le silence ». 30 minutes de lecture pendant lesquelles je suis transporté par le dessin, les couleurs, l’ambiance et l’histoire. Au terme des 54 pages, j’ai le sourire aux lèvres : Canales a pris des risques… et c’est réussi. L’histoire est décousue et le scénariste cherche plus à rendre hommage au Jazz et à la Nouvelle-Orléans que de créer une intrigue policière digne de « Arctic-Nation ».

Les bémols malgré la note de 5/5 : ce tome laisse l’impression que 54 pages, c’est bien trop peu pour cette histoire. La scène dont est tirée la couverture manque clairement d’impact.

Mais on ne peut pas nier que nos deux compères ont un talent monstrueux. L’ambiance de Blacksad est unique, après, on accroche ou pas.

Ce tome est réellement différent des 3 premiers et j’adore ça, je n’ai aucune envie que chaque tome soit un plagiat du tome 1 ou 2.

J’ai adoré ce tome 4, une histoire touchante, une ambiance exceptionnelle.

30 9 2010
   

En plein mardi gras, Blacksad pose ses valises à la Nouvelle-Orléans. Son fidèle Weekly lui trouve un job auprès d’un producteur de jazz mourant, un certain Faust. Sa mission est de retrouver une légende du jazz, le pianiste Sebastian, disparu depuis quelques mois en laissant derrière une femme et son futur enfant. Le problème c’est que Sebastian est un génie, mais surtout un drogué, mettant alors sa vie en danger …

C’est ainsi que le chat va se retrouver au milieu d’une affaire de drogue, de mensonges, de vaudou, le tout dans une ambiance mortelle.

Guarnido et Canales nous ont prouvé dans le passé qu'ils savent faire de la BD de qualité. En seulement trois albums, Blacksad est devenu une référence majeure du neuvième art. Alors forcément, la sortie de ce quatrième tome était très attendue. Et sur le plan du marketing, Dargaud a très bien joué le coup. Voilà plus d'un an qu'une unique planche circule sur la toile, énigmatique et superbe.

Ce quatrième opus est encore un grand cru. Plus la série avance, et plus on plonge dans un univers Nord-Américain du milieux du XXième siècle. Après le racisme, après la guerre froide, c'est la drogue et le jazz. Et qui dit jazz dit Nouvelle-Orlèans : c'est là-bas que le jazz est né. Et même si le sujet peut parraître moins lourd que dans les albums précédents, le scénario est une nouvelle fois de grande qualité. Les nombreuses ramifications tissent un sac de noeuds dans lequel on s'embourbe sans pour autant se perdre. Ainsi, les pistes sont nombreuses et il est difficile de deviner qui tire les ficelles et pourquoi. Cependant, cette fois cette richesse est un peu lourde : la lecture en devient fastidieuse et les retours dans les pages obligatoires pour réussir à tout bien suivre. Et surtout, toutes les questions soulevées ne trouvent pas réponses. Cela aurait pu être judicieux de supprimer certaines choses pour en approfondir d'autres. Mais bon, la trame principale est impeccable et bien menée, donc il n'y a pas de quoi se plaindre. Ajouter à cela de l'humour en dose suffisante et de l'émotion bien placée et on se rappelle alors pourquoi cette série est magnifique.

Guarnido livre un travail d'une qualité incroyable. Je ne reviendrais pas sur les élèments déjà soulevés dans les tomes précédents : précision du trait, richesse du dessin, maîtrise des visages et expressions ... tout cela on le sait déjà. Cette fois ce qui est marquant, c'est que le style gagne en maturité, et des choses nouvelles sont osées. Je pense surtout à une double page, ou l'action se passe sous les arbres en pleine journée : le jeu d'ombre et lumière est à couper le souffle. C'est une chose que l'on voit rarement en bande-dessinée. Même la façon de dessiner change dans les pages, pour symboliser un flash-back, avec un léger effet de flou. Le travail de colorisation, parfait lui aussi, vient sublimer la qualité visuelle de cet album.

Voilà ce que m'inspire ce quatrième album. Ce n'est pas le meilleure de la série, c'est même sûrement le moins bon, mais cela reste bien mieux que la plupart des BD qui ornent ma bibliothèque.