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A la fin des années 60, Greg est rédacteur en chef du journal Tintin. Il scénarise une grande partie des histoires du magazine, comme "Bruno Brazil", "Comanche", "Olivier Rameau", "Luc Orient" ou "Bernard Prince". Cela donne un vrai coup de fouet au journal.
Parmi toutes ces séries, j’ai une préférence pour deux d’entre elles : "Comanche" et "Bernard Prince" dont le dessin est assuré par Hermann. Greg et Hermann vont constituer un des duos les plus explosifs de la bande dessinée.
Bernard Prince, c’est de l’aventure avec un grand A. Prince est un ancien agent d’Interpol. Il est accompagné par ses amis : Barney Jordan, sorte d’ancien navigateur baroudeur et Djinn un jeune adolescent. Bernard Prince a hérité d’un bateau le Cormoran. Avec ses complices, il sillone le monde affrontant moult danger.
Dans cet épisode, le Cormoran fait escale dans un pays imaginaire situé, sans doute, en Amérique Centrale. Comme souvent chez Greg ou Hermann, on reprend le thème des populations opprimées (Hermann reprendra souvent ce thème dans sa série "Jeremiah"). Les paysans de Coronado ont été spoliés par un certain Bronzen, une caricature de méchant qu’on rencontrait souvent dans les épisodes de James Bond ou d’OSS 117. Celui-ci veut constituer un véritable Empire de la viande au Coronado et s’en prend aux populations locales. L’histoire est très bien menée, même si, à mon avis, ce n’est pas encore la meilleure.
Greg livre un scénario plein d’actions, sans oublier de parsemer l’histoire de petites touches d’humour. Ainsi, Jordan passe la quasi-totalité de l’album avec son oreiller car on l’a libéré de prison quant il dormait. Les dialogues sont, comme toujours avec Greg, très ciselés. Quant au dessin d’Hermann, il n’est pas encore à son apogée, mais il montre déjà une grande maîtrise. On passe sans problème des scènes rurales avec les rebelles au bal dans le palais du gouverneur. Vous l’aurez compris cette série n’a pas pris une ride et mérite vraiment d’être redécouverte.
2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Bernard Prince, tome 2 : Tonnerre sur Coronado, lui attribuant une note moyenne de 3,25/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.
Voici B. Prince à nouveau aux prises avec Bronzen, le méchant du 1er récit du tome1. Deviendra-t-il l'ennemi attitré? suite de la réflexion dans la critique du tome 3...
A nouveau, un scénario d'"A"venture assez classique du prolifique et efficace Greg, réhaussé par le dessin superbe de Hermann. Ce dernier paufine son style viril et énergique très identifiable. Mais il a encore du mal avec le visage de Prince.
Il ne produit presque que des visages taillés au burin. Mais il excelle dans les décors sauvages, crasseux, les villages aux cabanes miteuses. Dès que c'est du propre (palais, belles maisons) c'est trop lisse, trop clean, un peu comme les vêtements de Prince qui semblent hyper amidonnés et infroissables. Ca m'a toujours fait tiquer.
Ce héros est une véritable gravure de mode, même en pyjama, comme c'est le cas dans une grande partie de ce récit, il semble être en costard. Ce qui n'est pas le cas de Barney Jordan dont je préfère nettement le débraillé.
Par contre, à mettre au crédit d'Hermann, ses "belles" maisons et leur mobilier sont toujours d'un modernisme visionnaire digne d'un architecte designer.
Dans cette aventure, Barney transporte un oreiller tout le long, comme par inadvertance. Pas très crédible (comment monter à la corde avec un oreiller?) mais une idée de dernière minute de Hermann, comme pour montrer que tout ça n'est pas bien sérieux, c'est que de la BD.