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Batman - L'asile d'Arkham
 

Batman - L'asile d'Arkham

 
 

Résumé

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Planche de Batman - L'asile d'ArkhamPour commencer, je dirais ATTENTION, cette BD est à réserver à un type de lecteurs particuliers : ceux qui non seulement apprécient l'esthétisme de Dave Mc Kean mais qui également connaissent bien voire très bien l'univers de Batman.

Concernant Dave Mc Kean, je craignais d'avoir du mal à apprécier une BD entière faite par lui. Car autant je trouve les couvertures de Sandman esthétiquement belles, autant je voyais mal un récit séquentiel et linéaire pouvoir prendre forme avec un tel style.

Et pourtant, j'ai bien, voire beaucoup aimé cet album visuellement parlant. Bon, la plupart des visages sont souvent dans l'ombre ou masqués empêchant une lecture que je qualifierais de "claire et simplifiée" de la BD, mais la narration visuelle est tout à fait lisible, permettant une lecture aisée.

Et même avec cette contrainte de la narration, Dave Mc Kean a su faire ressortir son esthétisme si particulier et esthétisant. Je trouve qu'une majorité des planches de cet album sont très belles voire vraiment prenantes graphiquement parlant et surtout parfaites pour un tel scénario.

L'histoire, justement, est assez rapidement résumée : Batman est "invité" à se rendre dans l'asile d'Arkham qui est aux mains de ses pensionnaires, aussi fous qu'ennemis de Batman. On peut s'en douter, la chauve-souris va rencontrer successivement la quasi totalité de ses vieux ennemis mais non pas pour les combattre, plus... comme une rencontre, une redécouverte... Et c'est en cela qu'il faut vraiment bien connaître l'univers de Batman car dans cette foule de personnages rencontrés, la quasi totalité n'est tout simplement pas présenté ni par son nom ni par quoi que ce soit et il faut vraiment savoir qui Batman a en face de lui pour bien apprécier la rencontre, les dialogues ou les actions qui s'en suivent. Et moi-même qui aie quand même lu quelques Batman, il y a 1 ou 2 personnages que je n'ai pas su reconnaître et qui sont donc tout autant de moments de lectures tombés à plat pour moi.

Par ces rencontres et par cette présentation de l'asile d'Arkham, de son créateur, de ses patients, c'est bien sûr une réflexion sur la folie qui est faite, folies des psychopathes emprisonnés, mais aussi de leurs médecins traitants et bien sûr la folie même de Batman qui une fois de plus se demande si sa place n'est pas entre les murs d'Arkham.

Une histoire toute en ambiance, qui tient dans ses personnages et dans leur traitement visuel et psychologique.

J'ai apprécié la force de cette œuvre même si je ne la conseillerais pas à tous et même si le scénario n'est pas vraiment exceptionnel.


Chronique rédigée par Ro le 04/01/2006
 
 
Statistiques posteur :
  • 941 (79,08 %)
  • 165 (13,87 %)
  • 84 (7,06 %)
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 3,50 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.17
Dépôt légal : Juin 2004

Avis des lecteurs

3 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics Batman - L'asile d'Arkham, lui attribuant une note moyenne de 4,17/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

27 3 2010
   

De tous les albums de Batman que j'ai pu lire, "L'asile d'Arkham" est le plus sombre et le plus angoissant, celui qui met aussi le mieux en scène la folie de l'univers du Justicier de Gotham.
Avoir placé au centre du récit un hôpital psychiatrique en est la meilleure preuve. L'asile a une histoire ; sa fondation elle même est placée sous le sceau des souffrances et de l'obsession de la vengeance. C'est un fil conducteur qui relie tous les personnages, y compris celui de Bruce/Batman. Son histoire qui le hante, ses traumatismes, la violence qui résulte de son statut d'orphelin sont autant de fragilités psychologiques qui ne demandent qu'à se réveiller...
Une fois de plus, Le Joker apparaît comme celui qui, finalement, le connaît et le comprend le mieux. Sa familiarité avec Batman se décline comme une complicité qu'il aimerait développer... On y retrouve son humour cinglant et sanglant.

La narration prend le parti pris d'être éclatée entre l'histoire du fondateur de l'asile et le parcours en son sein de Batman. Au fur et à mesure qu'on découvre le drame d'Amadeus et les sombres raisons qui l'ont amené à "soigner" son premier patient, le Chevalier Noir croise à nouveau la route de ses pires ennemis. Il y a Harvey Dent/Double Face dont le rôle est prépondérant, le Chapelier Fou, Killer Croc et d'autres encore, ce qui ravira les connaisseurs de la série...
Et puis il y a une foule de symboles qui renvoient à la psychanalyse : la place de la mère et celle de la fécondité (ce tunnel d'amour sanglant); la figure du Christ aux côtés de Batman ressemble à un jeu de miroirs (un thème que Pratt a aussi dévellopé dans son "Harvest Breed") : "je ne suis qu'un homme" et derrière lui le portrait du Christ, Ecce Homo...

Enfin, ce voyage au cœur de la folie est magnifiquement servi par le graphisme de McKean. Son mélange de techniques (aéro, surimpressions, peinture sur photos...) si particulier est encore plus abouti que dans "L'Orchidéee noire". C'est dingue d'être aussi brillant quand on plonge le lecteur dans les tons les plus sombres...

"L'asile d'Arkham" ne pourra pas plaire à tout le monde, tant il est éloigné des aventures classiques (ou meanstream pour reprendre un terme à la mode), mais son originalité et sa beauté graphique le placent dans le lot des aventures supérieures de Batman.

5 2 2007
   

Cet album, dont le graphisme rebutant fait finalement sa force, nous plonge dans une bande dessinée d’ambiance au plus profond des personnages de la série Batman dans un huis clos superbe.

L’histoire convie Batman et le lecteur au sein de l’asile d’Arkham, qui vient de tomber aux mains de ses dangereux pensionnaires. L’asile Elizabeth Arkham, nommée d’après la mère de son fondateur, Amadeus Arkham, est situé non loin de Gotham City et réservé à l’incarcération des malades mentaux et des prisonniers qui requièrent un emprisonnement sous conditions médicales inhabituelles. Grant Morrison et Dave Mc Kean vont profiter de la rébellion au cœur de ce nid de psychopathes pour aspirer Batman dans un tourbillon de folie.

Au fil du récit on finit par se rendre compte qu’un homme qui s’habille en chauve-souris et qui est à ce point obnubilé par la justice a peut-être sa place à Arkham. De plus, à force de dormir avec les chiens on finit par attraper leurs puces et la folie des ennemis de la chauve-souris semble plus contagieuse que jamais.

A l’aide de flashbacks, et parallèlement à cette psychanalyse de Batman et de ses adversaires les plus aliénés (le Joker, Pile-ou-Face, le Chapelier fou, etc), Grant Morrison va retracer le parcours d’un Dr. Arkham lentement consumé par la folie. Une incursion dans le passé familial tragique du fondateur de l’asile, parsemée de symboles familiers (carte de jeu, chauve-souris) qui semblent prédire ce moment de folie qui surgit une soixantaine d’années plus tard.

On peut peut-être juste reprocher à l’auteur de nous confronter à trop de personnages dans cet endroit restreint. De nombreuses rencontres que Morrison n’a pas toujours le temps de développer en profondeur et qui risquent de perdre les néophytes en matière de Batman.

Au niveau graphisme, Dave Mc Kean, que je connaissais seulement au travers de son travail sur les couvertures de la série "Sandman", étale ici son style particulier sur tout un album. Mc Kean fait admirablement ressortir la démence dégagée par l’asile d’Arkham. Des personnages aux contours vagues, une colorisation en dehors des lignes, un découpage original et des planches qui respirent la folie, pour un tout qui désoriente et dégage un sentiment de psychose claustrophobe.

Bref, du grand art, qui visuellement nous entraîne au plus profond de la psychologie du personnage de Batman.