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Tome 7 : Joker
 

Batman (DC Icons), tome 7 : Joker

 
 

Résumé

Batman (DC Icons), tome 7 : JokerAfin d'acceder au résumé de Batman (DC Icons), tome 7 : Joker, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de Batman (DC Icons), tome 7 : JokerCe nouveau tome de Batman dans la collection DC Icons de Panini est avant tout une belle réalisation de l'éditeur. Panini reste fidèle aux précédentes oeuvres de la collection.

On le comprend vite, si ce tome est un one shot de la série Batman, il est uniquement consacré à son pire ennemi le Joker. On suit cet énergumène dans sa course pour reconquérir sa ville. La pègre de Gotham le croyait foutu et s'est gentiment partagé le butin de ses actions passées. Il reviendra donc au contact de ses anciennes connaissances et leur montrera qu'il est prêt à tout pour reprendre ce qui lui revient de droit.

On redécouvre ici le Joker comme on l'adore: complètement détraqué et sans aucune pitié. Là où le scénariste fait fort c'est la narration qui se passe à travers les yeux de Jonny Frost, le nouvel homme de main du Joker. Il ne sait pas trop pourquoi il se rallie à lui mais il sait qu'il vaut mieux être avec plutôt que contre le Joker. Bonne déduction puisque le psychopathe n'a pas changé d'un pouce. Retrouver ses anciens contacts est une chose mais raviver le respect de la pègre en est une autre. On retrouve dans ce tome des personnages importants de Gotham tels que Killer Croc, le Pingouin, Double Face, le Sphinx, desquels le Joker a besoin pour se refaire, sans pour autant que ces derniers ne fassent de l'ombre au récit.

Côté dessin, ce one shot est une pure merveille. Le style est au réalisme, les personnages comme les décors collent parfaitement à l'histoire et l'encrage est d'une qualité rare. Une attention particulère est apportée au Joker, ce qui est normal et on en redemande, toutes ses expressions sont transmises brut de fonderie. N'oublions pas la colorisation qui n'a pas été prise à la légère et qui donne au dessin l'envergure de faire un excellent album.

Bref, j'ai un peu de mal à m'exprimer tellement ce tome m'a plu. Objectivement c'est vraiment un chef d'oeuvre pour un personnage qui n'en mérite pas moins. Ce titre est maintenant un incontournable pour les fans de l'univers de Batman.

En conclusion, le scénario tient bien, le récit est porté par un oeil étranger mais très proche et le personnage du Joker est montré dans toute la splendeur qui fait ce qu'il est. Le tout accompagné par un dessin et une colorisation soignés qui collent à la perfection que demander de plus?

A lire!


Chronique rédigée par Fa le 01/04/2009
 
 
Statistiques posteur :
  • 65 (36,72 %)
  • 96 (54,24 %)
  • 16 (9,04 %)
  • Total : 177 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,50 Note générale
  • Originalité : 3,50 Originalité
  • Scénario : 4,50 Scénario
  • Dessin : 4,50 Dessin
 
Acheter neuf : 16,63 16,63 16,63
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Note moyenne de l'album : 4.15
Dépôt légal : Février 2009

Avis des lecteurs

10 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics Batman (DC Icons), tome 7 : Joker, lui attribuant une note moyenne de 4,15/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

2 3 2014
   

J'en ai pas lu beaucoup mais je suis sur et certain que celui-là restera gravé, je ne vais pas me lancer dans un avis chirurgical de l'album, d'autres le font mieux que moi...

Mais j'ai adoré redécouvrir le Joker de cette façon un peu plus intime enfin quand je parle d'intimité, c'est peut être pas le meilleur choix de mot...

Mais il y a un moment ou on se prend presque de sympathie pour la clown.

J'ai moins aimé les apparitions de pingouin et de l'homme mystère que j'ai trouvé pas très convaincantes...

La fin est épique et cette planche page 10 !!!!! je m'en tirerais bien un poster !!!!

Bref du TRES TRES haut niveau.

13 9 2010
   

J'ai envi de parler de chef d'œuvre. Ce comics est juste magistrale, poussant à fond le concept qu'il porte. Ce concept, c'est le crade, le bon gros dégueulasse qui tache. Car oui, dans cet album tout est dégueulasse : personnages, ville, dessins, scénario, réactions, couverture. Bon sang, qu'elle est horrible cette couverture, ce sourire ignoble qui annonce la couleur ! Pourtant, ce dégueulasse là tient du génie. Ce n'est pas facile de faire du "sale" sans tomber dans le bêtement gore. C'est donc avec une grande maestria que ce comics est réalisé.

Côté scénario, c'est assez simple. Joker sort de l'asile et essaye de reprendre sa ville. J'ai adoré la façon dont est décrite la psychologie du joker, tout en contradiction. Surtout dans sa relation avec Batman, on sent une vraie peur mêlée de fascination et respect pour l'homme chauve-souris. Autre personnage fantastique, le petit Johnny-Johnny qui évolue d'une façon tout à fait splendide au fil des pages. Un mot enfin sur Harvey Dent, torturé à merveille tout au long de l'album. C'est là la vraie force de ce scénario, on ne peut pas dire que l'intrigue soit trépidante, mais la présentation des protagonistes suffit. Je n'ai pas souvenir de beaucoup de livres, BD ou films où les gens sont aussi bien décrits, où l'on entre aussi profondément dans leurs esprits. Fa-bu-leux.

Le dessin est grandiose. En osmose avec les personnages, avec tous les côtés les plus noires de Gotham. Un niveau de détail assez hallucinant, un trait d'une précision extrême, le tout pour donner des planches à tomber à la renverse. Même le style évolue, pour s'adapter à la situation. Si un jour on m'avais dit que je passerais du temps à contempler de telles horreurs je ne l'aurais pas crus. Et les couleurs ! Resplendissantes ! Toute la gamme y passe, pour donner un réalisme ahurissant. Même le découpage est superbe, il permet des effets simples et efficaces. Et pour finir, la chauve-souris : splendide. Une des case représentant Batman est, selon moi, une des plus belles cases qu'il m'est était donner de voir en bande-dessinée.

Alors certes, il faut avoir le cœur bien accroché pour venir à bout de ce bouquin. Mais dans un monde où tout est très édulcoré, cela fait un bien fou d'être confronté à des horreurs pareilles. Car, ne nous leurrons pas, ce qui est le plus dégueulasse dans cet album c'est son réalisme. Il nous confronte à des réalités du quotidien poussées à leur paroxysme.

Bref, un album déconseillés à ceux qui ont une âme de Bisounours. Pour tous les autres, un régal, une merveille, à n'éviter sous aucun prétexte.

Le frère de Superjer :Une excellente BD ! Note de l'album : 4,00
Avatar de Reflet de l'avatar de
20 8 2010
   

J’ai voulu lire cet album parce que l’ambiance avait l’air intéressante.


Le scénario est original, un peu trop glauque, tout comme le graphisme. J’ai aimé, parce que, pour une fois, l’histoire était basée sur un méchant. Cet univers mafieux est intéréssant même si certains personnages sont inutiles.
J’ai apprécié les dessins. Ils sont réalistes même si je n’aime pas la bouche du Joker.

Je conseille cette BD même si elle est un peu glauque.

14 8 2010
   

Une BD particulière que ce "Joker"…
Je connaissais un peu l’univers de "Batman" grâce notamment, aux séries animées de ces 20 dernières années et à un jeu vidéo, mais je voulais entamer l’univers de Batman en BD. J’avais le choix : j’ai décidé de prendre cette BD, bien noté en général, plutôt que, par exemple, le must reconnu presque universellement : "Batman - The Dark Knight".

La couverture est glauque à souhait, magnifique et envoûtante, grâce aux couleurs appliquées sur ces dents pourries, et cette bouche peinturlurée de rouge…
J’étais prévenu que cette BD parlait principalement du Joker, et que l’on n’y voyait que très peu LE Batman, mais comme j’aime ce personnage de psychopathe, génie du crime, fêlé à l’humour noir et douteux ; ça ne me dérangeait pas…
La première claque du livre, qu’on on l’ouvre, c’est le graphisme. Je lis peu de comics (de super-héros) dits classique ("Watchmen" etc.…) car (mais pas que) le graphisme ne me plait pas plus que ça, je le trouve en général vieillot et dépassé.
Mais dans ce livre, les dessins sont de toute beauté, contemporains, alternant des pages avec des influences très comics classiques (normale), et d’autres qui ont un dessin beaucoup moins conventionnel.
Les couleurs sont parfaites, donnant une bonne ambiance à l’album, glauque, sombre et noire à souhait, j’étais vraiment fasciné par le dessin… Cela fait un premier bon point pour cette BD. La narration est assez plaisante, dommage qu’elle rend la compréhension de l'intrigue plus difficile.

Je suis plus perplexe sur le scénario…Avant de rentrer dans les détails, je tiens à préciser que cette BD est un bon divertissement, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire l’album, j’ai été happé de la première à la dernière page par l’histoire…Bref, cela me paraissait une très bonne BD.
Et puis, en y réfléchissant, pendant et après ma lecture, j’ai quand même tiqué sur certains points, ce qui a légèrement diminué mon plaisir : je n’ai jamais été trop polar, surtout que là il est bien noir (ce qui me plaît en peu plus), mais je dois avouer que l’ambiance glauque/rats/ivrognes/strip-teases/amphétamines/mitrailleuses/blattes/vodka/racket /prostituées est un peu lassante.

(attention, cette partie de l’avis révèle certains passages de la BD)…
Puis j’ai trouvé quelques incohérences. Tout d’abord, le fait que l’asile d’Arkham relâche le Joker, m’a un peu déplu. Un mec qui se maquille en triste clown, blanc, vert et rouge ne peut être, que (et encore) dérangé, et même si il ne l’était plus, avec son passé de bandit, il a commis assez de crime pour prendre perpét’ en prison, non ?!
Le second point qui m’a paru étrange, c’est que dans mes souvenirs, "Batman" veille sur Gotham city… J’aurai trouvé plus logique, que dès l’annonce de la sortie du Joker, Batman le surveille, pour pouvoir « s’occuper » de lui dès sa première « mauvaise action » :) !
A part ces éléments je trouve qu’il y a finalement beaucoup de zones d’ombres dans l’histoire, en vrac (il y a aussi peut-être des choses que je n’ai pas compris car, l’intrigue de base étant certes plutôt simple, les auteurs nous l’ont bien emberlificotés) : les raisons qui font dire aux médecins de l’asile pourquoi le Joker n’est plus fou (bon OK, ce mystère rajoute du charme à l’histoire), qu’à fait exactement Monthy, que veut exactement Pile-ou-face au Joker, qu’apporte le Sphinx au Joker, qu’il y a-t-il dans la valise que le Joker apporte à Harvey, qui est cet homme qui peut faire disparaître son contenu (je penche pour Batman) et finalement, comment le Joker pourrait tuer l’un des deux Harvey…
Ça fait quand même pas mal de questions et de mystères. J’ai l’impression que les auteurs nous ont bombardé d’énigmes pour donner une atmosphère plus mystérieuse au livre, sans réellement que cela fasse avancer l’histoire.
Le personnage du Joker maintenant. Il est dessiné sous les traits de l’acteur Heath Ledger dans le film « The Dark Knight : Le Chevalier noir » et dès le début il est attachant. En soi, j’ai toujours aimé le Joker (comme beaucoup) pour ses personnalités multiples et son caractère imprévisible. Mais il est vrai que cette version m’éloigne plutôt du Joker que je connaissais dans le dessin animé des années 1990 (le meilleur pour moi) ou le Joker avait un look à la Jack Nicholson dans le film de Tim Burton… Ici, il fait plus peur, il est plus sombre et plus dangereux. Moins rigolo aussi, moins bouffon. Même si, à chaque fois qu'il parle, il accentue ses "sentiments" (s'il en a) avec des mimiques grotesques digne de n'importe quel guignol. Et dès le début, il m’a semblé absolument sympathique voire à la limite, humain (la scène ou il pleure dans les bras d’Harley Quinn). Mais plus on avance dans l’histoire, plus on se rend compte qu’il est bel et bien définitivement fou, et à partir de la scène où le "Joker" viole Shelly et jusqu’à la fin de l’album (avec toutes les atrocités qu’il commet) j’ai commencé à vraiment le détester. Finalement, après réflexion, je me rends compte que j’ai adoré le détester :) …
(fin de la partie de mon avis qui révèle des passages importants)

Puis, dans l’album apparaît plein d’autres super-méchants : Le Pingouin (pas très convaincant), Harley Quinn (déjà plus convaincante ;) ), Pile-ou-face, le sphinx (il manque juste Catwoman). A part Pile-ou-face, aucun de ces personnages n’est mémorable pour leur apparition ni ne sert l’histoire, mais ça fait plaisir de voire des têtes connues.

Il y a aussi le narrateur, Jonny Jonny, brigand sympathique et attachant. Sans avoir une personnalité trop approfondie, il contraste par rapport au Joker par ses sentiments humains. Sans oublier, le pratiquement absent de l’album : "Batman". Ce n’est pas le héros et ça se voit. A part la scène juste avant qu’il n'apparaisse (époustouflante pour le quiproquo entre le lecteur, Jonny, le Joker et Batman), rien sur lui n’est approfondi. Et je trouve que sa seule apparition et la fin de l’album sont assez frustrantes.

Bref, comme vous pouvez le voir, j’ai un avis mitigé sur cet album, mais, pour écrire un avis de cette longueur (il fallait bien ça pour mon premier "Batman"), il m’a marqué (en bien), même si je suis légèrement déçu. Je considère cette BD comme un bon divertissement (indispensable pour les fans de Batman) mais elle m'a quand même donné envie de découvrir cet univers (films + livres).
Ma note finale se rapproche finalement plus de 3.5/5 !

7 2 2010
   

Je suis arrivé sur le tard à l'univers de Batman. Mais je m'efforce de corriger cette lacune en me plongeant dans certaines lectures incontournables. Et je dois bien avouer que le dernier "Dark Knight" au cinéma, par son atmosphère oppressante, a éveillé ma curiosité concernant ce personnage au potentiel énorme.

Concernant ce "Joker", il y a plusieurs semaines que je lorgne sur sa couverture en librairie. En effet, celle-ci est une réussite totale. Sombre, glauque, horrifique... donc attirante. Elle donne d'emblée le ton.
Dans cet ouvrage, comme l'indique la belle dentition en couverture, ainsi que le titre, c'est bel et bien le Joker le héros. Batman ne faisant qu'une apparition furtive (mais musclée) en toute fin de tome.

Ici, les auteurs ont opté clairement pour une orientation polar noir et violent. Le Joker vient juste de sortir (encore une fois !) de l'Asile d'Arkham et sa première préoccupation va être de reconquérir son empire mafieux et SA ville : Gotham est à lui, et il compte le faire savoir à tout le monde.
Alors les puristes de Batman pourront être rebutés par ce Joker moins "plaisantin" et plus psychopathe. On est dans la droite lignée de l'interprétation extraordinaire de Heath Ledger dans le dernier film. Personnellement, je trouve cette relecture de la personnalité de l'alter ego négatif du Batman tout à fait pertinente et intéressante. Certes, le côté fantastique du personnage est délaissé. Mais à mes yeux, ça ne rend que plus crédible et donc plus effrayant. Sa folie, son nihilisme et son humour noir sont toujours là. Les blagues vaseuses ont disparu. En tous cas, cette transformation me plait.

Du côté du scénario, rien de révolutionnaire : si vous avez vu "Le Parrain" ou "Les affranchis", vous serez en terrain connu. Par contre, c'est la narration qui est originale puisqu'on suit la reconquête de Gotham par le Joker à travers les yeux d'un de ses hommes de main dont l'ascension sociale va de paire avec les réussites de son patron. Evidemment, de multiples rebondissements vont venir égayer (le mot est très mal choisi) cette histoire et la folie du Joker se fera de plus en plus présente au fil des pages et des rencontres. A ce propos, notons les apparitions de tout le panthéon de méchants de l'univers Batman avec Double Face, le Pingouin etc... Ces personnages sont d'ailleurs relookés de fort belle manière selon moi et leurs apparitions ne sont pas du tout artificielles. Ceci est notamment dû à de bons dialogues entre les différents protagonistes.

Mais le véritable point fort de cette BD réside dans son graphisme. C'est sale, c'est glauque et ça convient à merveille au récit. Le trait de Bermejo est idéal. Tout est si poisseux qu'on a l'impression d'être plongés dans la ville. Le Joker est totalement effrayant, notamment grâce à une colorisation et à un encrage exceptionnels. Comment ne pas frémir, comment ne pas être attiré et effrayé en même temps à la première apparition de Harley Quinn, cette strip teaseuse totalement dévouée au Joker ? Comment rester de marbre devant cette image du Joker se mettant lui-même un pistolet dans la bouche ?
Quand le graphisme fait suinter la folie du personnage à travers les planches, la réussite ne peut être que totale.

Bref, tout ça pour dire que "Joker", c'est encore un comics indispensable. Même si vous n'êtes pas amateur de l'univers de Batman, vous pouvez vous lancer les yeux fermés dans la lecture de ce polar étouffant et poisseux. Du très bon !

5 1 2010
   

Consacrer une aventure au pire ennemi de Batman et ne faire figurer ce dernier qu'à la fin, dans une apparition aussi expéditive que punitive, c'est un pari osé. Oui mais voilà: Azzarello et Bermejo l'ont fait, et sacrément bien !
C'est sûr, il ne faut pas être fan du classicisme de la série pour apprécier cet épisode, mais quel plaisir de voir des auteurs sortir des sentiers battus. Prendre des risques est rarement apprécié des puristes, mais c'est aussi ce qui caractérise les artistes. Je fais partie de ceux qui sont friands d' œuvres anticonformistes et en cela cet album est une réussite.
Tout ça pour dire que je me fous complètement de voir le Joker ne plus distiller de blagues d'un humour douteux alors même qu'il est présenté sous un jour qui le modernise. C'est aussi la narration qui m'a séduite. Tout rappelle ici l'esprit du film Les affranchis: l'histoire nous est livrée à travers les souvenirs de Jonnhy Frost, second couteau qui vit, en devenant le chauffeur du Joker, ses heures de gloire en sa qualité de truand. C'est à travers son parcours qu'on va voir la ville mise à feu et à sang une fois le Joker libéré de l'asile d'Arkham.

C'est vrai, je l'avoue, j'aime passionnément les polars sombres, violents, voire bourrins, dans lesquels les pires salauds ont la part belle, qu'ils soient vaguement siciliens ou alors membres d'un quelconque gang, tueurs froids ou psychopathes... Forcément, j'ai eu ma part de plaisir avec la bande au Joker.
C'est vrai aussi que le dessin est ce que je retiens en premier lieu, mais là c'est du cinéma en planches qu'on vous propose, il ne manque plus que le DTX !
Les dessins de Berjamo, en particulier les portraits du Joker mais aussi les expressions qui animent chaque personnage sont saisissants. Mick Gray, à l'origine dessinateur industriel, a contribué avec brio à la description d'un Gotham plus mal famé que jamais, en se chargeant des décors (en particulier des bâtiments) et des véhicules.
Pour la couleur, c'est toute la palette qui irradie les pupilles: du clair-obscur caractéristique des comics aux effets numériques (quelle lumière dans la boîte à strip !).
Pour moi il s'agit d'un album à côté duquel on ne doit pas passer si on aime le monde du Dark Knight, même si son parti pris ne séduira pas les plus intransigeants car ce n'est pas le scénario qui se détache, mais l'atmosphère maffieuse et délétère qui imbibe cet opus.

10 5 2009
   

Au vu des commentaires lus ici et ailleurs, j'avais grande envie de lire cet album.
Mais j'en oubliais qu'il s'agissait d'un polar/thriller presque sans une once de fantastique, s'éloignant par là sensiblement des récits les plus courants de Batman. Or je ne suis pas un grand amateur de polar, d'autant moins quand ils sont noirs et violents.

Joker rend hommage au personnage du même nom mais en s'attachant davantage à la version remise au goût du jour par Heath Ledger dans le film Dark Knight qu'à celle des comics classiques. Le Joker y est représenté ici comme un pur psychopathe, dangereux et violent, mais nettement moins drôle et souriant que ce que je connaissais de lui. Où sont passées ses blagues, son humour, ses délires ? Certes il est très imprévisible, doté d'un dangereux humour noir et d'un esprit insaisissable, mais je le trouve nettement moins charismatique et attachant que celui qui en venait à faire rire jaune Batman dans Rire et Mourir. Il est ici plus proche des serial-killers sanglants des films américains modernes, avec en plus un soucis d'être à la tête d'un gang de maffieux façon gangster-raps qui l'éloigne de son jeu solo auquel je suis plus habitué.
Bref, une grande partie de ce comics me fait davantage penser à un pur polar qu'à une histoire dans l'univers de Batman. Qui plus est, outre le Joker, d'autres personnages m'y paraissent un peu dénaturés. Je n'ai pas reconnu le Sphinx notamment. Et je trouve que le Joker a les mains trop longtemps libres au cours de cette histoire sans que Batman n'intervienne. Le justicier de Gotham était-il en vacances ?
Je n'ai donc pas retrouvé l'univers que j'affectionne.

Malgré cela, Joker est un comics de bon niveau.
Le dessin n'est pas à mon goût mais il est soigné et il s'accorde bien à l'ambiance noire et un peu folle. La narration ne manque pas de force. Certains passages sont très efficaces.
D'autres par contre m'ont laissé circonspect. Certains non-dits ou dialogues un peu abscons m'ont laissé sur le carreau. Je n'ai pas bien saisi notamment le contenu de la discussion entre Dent et Joker quand ils se retrouvent face à face. C'est quoi cette histoire de femme et de contenu de valise ?
Quoiqu'il en soit, l'hommage au personnage de Joker façon Heath Ledger est parfaitement réussi. Le personnage est impressionnant, dangereux et on comprend comment il réussit à s'imposer dans la ville qu'il considère comme sienne. C'est sérieux, bien conté et assez prenant. Et j'ai eu un petit frisson à l'apparition, certes tardive, du Batman quand il se lance à sa poursuite. Dommage que la fin soit un peu abrupte.

4 4 2009
   

Excellent !
Brian Azarello nous livre une nouvelle interprétation du Joker, plus proche de celle de l'excellent film de Christopher Nolan The Dark Knight, mais aussi fidèle aux comics.
La plus grande originalité du récit est le fait que les évènements sont vus à travers les yeux d'un homme de main du Joker. Et ce dernier apparaît... différent. Différent de ce qu'on a pu voir de lui dans de nombreuses oeuvres telle "Batman - Rire et mourir". Certes, le personnage est toujours aussi dingue, mais son côté criminel, bandit, est bien mis en relief. Le Joker, c'est le parrain. Et sa sortie d'Arkham n'annonce rien de bon pour tous ceux qui ont mis la main sur "sa" ville. Sa reconquête du pouvoir nous offre l'occasion de visiter les bas-fonds de Gotham, et nous fait croiser la route de nombreux personnages connus comme Croc Killer, Two-Faces, le Pingouin, Enigma... Par ailleurs, certains comportements du Joker sont troublants : on a parfois l'impression qu'il apprécie son nouvel homme de main, qu'il l'estime... De même, ce dernier l'aperçoit en train de pleurer dans les bras de la somptueuse Harley Quin. Autant de détails, autant de questions suscitées dans cette exploration réaliste du banditisme à Gotham qui n'apportera pas toutes les réponses...
Quant aux dessins, ils sont tous simplement sublimes et correspondent parfaitement à l'ambiance.

2 4 2009
   

Lentement la rumeur se propage dans les rues sombres de Gotham City. Le Joker serait libéré de l’asile d’Arkham ! A peine relâché du célèbre nid de psychopathes, le Joker se rend vite compte des conséquences de son enfermement prolongé : il est fauché ! Des types qui pensaient ne plus jamais le revoir se sont tout partagé. Il croyait avoir laissé sa ville entre des mains compétentes, mais elles lui ont tout pris. Mais, le plus célèbre des clowns revient sur les devants de la scène, bien décidé à mettre fin à ce cirque et …. une fois de plus, son rire risque bien de ne pas être contagieux. Pourtant, les autres super-vilains n’ont pas vraiment l’intention de lui rendre son territoire sur un plateau et Harvey Dent, le caïd des rackets, ne compte pas non plus montrer son meilleur profil.

Seulement quelques semaines après la parution du cross-over entre Batman et Deathblow sur le marché francophone, Brian Azzarello et Lee Bermejo consacrent un one-shot au plus célèbre ennemi de l’homme chauve-souris. Derrière cette couverture qui ne dénoterait pas dans la salle d'attente d'un cabinet dentaire, le Joker en met plein les gencives. A travers ce récit situé hors continuité, l’auteur de "100 Bullets" livre le portrait extrêmement sombre d’un personnage qui laisse libre cour à sa folie. Alors que l’incontournable "Batman - Rire et mourir" d’Alan Moore utilisait également une évasion du Joker afin d’explorer ses origines, Azzarello se concentre principalement sur la noirceur du personnage. A l’inverse de "Batman - Deathblow", il propose une histoire assez simple, basée sur la vengeance et se nourrissant des éléments classiques des films de gangsters. De la célébration de la sortie de prison à l’affrontement inévitable avec les gangs adverses, en passant par la négociation des parts de marché, cette vendetta baignant dans la violence ravira les amateurs du genre.

Au-delà de l’admirable représentation de l’ennemi juré du Dark Knight, le parcours sanglant du Joker met à jour les dessous peu appétissants de Gotham City, proposant par la même occasion une vision angoissante et délicieusement sinistre de la célèbre métropole. Le choix de suivre ce tourbillon de folie à travers le regard d’un petit voyou inconnu, souhaitant se faire un nom dans le milieu du crime, s’avère finalement assez judicieux. Le témoignage en voix-off de cette petite frappe transformée en témoin privilégié de la démence du Joker, rend presque palpable le danger qui émane de ce sociopathe vicieux. Accompagnée de quelques monologues révélateurs de la part de ce bouffon sanguinaire, cette narration intelligente transforme lentement toute forme d’adoration envers le personnage en crainte envers son imprévisibilité et instabilité. Alors que le scénariste intègre un à un les adversaires les plus aliénés du chevalier noir à son récit, le Dark Knight n’apparaît qu’à la fin de cette danse funèbre orchestrée par son antagoniste le plus souriant. Se contentant d’un rôle discret mais déterminant, l’unique Dieu de Gotham apporte délivrance et châtiment à ce Diable sorti une nouvelle fois de sa boîte pour mettre la ville à feu et à sang.

Plus que le scénario, c’est surtout le graphisme époustouflant de Lee Bermejo qui fait ressortir toute la vilenie du personnage principal et l’atmosphère pesante et lugubre de Gotham City. Proposant une version rafraichissante mais parfois assez personnelle des différents protagonistes (comme en témoigne les nouveaux looks de Croc et du Sphinx), il aligne des planches de toute beauté. Au détour de véritables peintures, son trait détaillé accompagne la cruauté gratuite et la psychose du personnage et plonge le lecteur au sein d’une ambiance envoutante.

Une œuvre à classer entre le comics d’Alan Moore ("Batman - Rire et mourir") et le récent film de Christopher Nolan (The Dark Knight), parmi les meilleures représentations du Joker.