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Avis BD de yvan
 

Avis BD de yvan sur Barracuda (Jérémy)


Note moyenne de Coin BD sur la série Barracuda (Jérémy) Moyenne Coin BD : 3,84/5
Note moyenne de yvan sur la série Barracuda (Jérémy) Moyenne de yvan : 3,75/5
 
Note de l'album : 4,00
Tome 1 : Esclaves

« Pas de pitié ! Pour personne... jamais ! »

C’est la devise des pirates du Barracuda, un navire commandé par l’impitoyable capitaine Blackdog, qui a pris en chasse un vaisseau espagnol. Après un combat aussi rapide qu’inégal, les quelques passagers qui semblent valoir plus vivants que morts, sont capturés afin d’être vendus aux enchères comme esclaves. Dans les cabines du galion arraisonné, Dona Emilia Sanchez del Scuebo, une veuve issue de la noblesse, sa fille Maria et un jeune garçon qui doit son salut à un déguisement de fille, échappent ainsi momentanément à la mort pour être vendues au plus offrant. Alors qu’un avenir bien sombre se dessine pour les trois rescapées, le capitaine reprend la mer à la recherche du plus gros diamant du monde, celui du Kashar, dont la légende dit qu’il est maudit…

Les récits de piraterie ayant le vent en poupe au sein du neuvième art, c’est à présent le premier tome d’une trilogie signée Jean Dufaux au scénario et Jérémy (Petiqueux) au dessin, qui prend d’assaut les vitrines des librairies spécialisées.

Même si le récit débute par un abordage en bonne et due forme et que les héros finissent par se lancer à la poursuite d’un fabuleux trésor, l’aventure se déroule majoritairement sur la terre ferme et invite à suivre le destin de trois adolescents, retenus sur l’île de Puerto Blanco. Les auteurs tournent donc le dos à la mer et invitent le lecteur sur une île aux paysages paradisiaques, infestée de pirates sans foi ni loi. Malgré une approche plus terrestre, les canons du genre tournent tout de même à plein régime et les amateurs de flibusterie ne ressortiront pas déçus : chasse au trésor, passes d’arme, bataille navale, beuveries, boucaniers aux faciès marqués et femmes au caractère bien trempé sont bel et bien au rendez-vous.

Porté par une narration experte et voguant à un rythme soutenu, ce premier volet peut également s’appuyer sur des personnages bien campés. Outre Blackdog, dont le visage balafré orne cette superbe couverture, l'intrigue s'intéresse surtout aux destinées de Raffy, le fils revanchard et fougueux du capitaine, Maria, dont la force de caractère n’a d’égal que sa beauté, et Emilio, dont la dualité et l’ambigüité ne manquent pas d’intérêt.

Après s’être fait un nom en tant que coloriste de Philippe Delaby sur les séries "Murena" et "Les complaintes des Landes Perdues", Jérémy cherche à se faire un prénom en tant que dessinateur. Au côté d’un scénariste déjà bien ancré dans le milieu, le jeune talent fait preuve d’une maturité surprenante lors de ce premier solo graphique. Dans un style réaliste clairement influencé par son mentor, il propose un dessin de grande qualité, des décors soignés et des personnages d’une expressivité étonnante et confirme au passage son savoir-faire au niveau de la colorisation.

Amateurs d’histoires de pirates ; "Barracuda (Jérémy)" s’avère être une raison supplémentaire pour passer à l'abordage de votre librairie favorite !

Note de l'album : 3,50
Tome 2 : Cicatrices

Après un premier tome très prometteur, la couverture de ce deuxième volet séduit d’emblée. Dévoilant son affreuse balafre, ce nouveau personnage particulièrement sombre attire immédiatement le regard et fait admirablement écho au titre de cette suite tant attendue.

L’apparence particulièrement réussie de ce flibustier qui en jette dès la couverture démontre une nouvelle fois la capacité de Jérémy (Petiqueux) à livrer des personnages bien campés et d’une expressivité impressionnante. Après s’être fait un nom en tant que coloriste de Philippe Delaby sur les excellentes séries «Murena» et «Les complaintes des Landes Perdues», Jérémy parvient donc à se faire un prénom en tant que dessinateur. Au côté d’un scénariste déjà bien ancré dans le milieu, le jeune talent fait preuve d’une maturité surprenante lors de ce premier solo graphique. Dans un style réaliste clairement influencé par son mentor, il propose un dessin de grande qualité, des décors soignés et confirme au passage son savoir-faire au niveau de la colorisation.

Au niveau du scénario, Jean Dufaux effectue un bond de trois ans par rapport aux événements du tome précédent, mais continue de s’intéresser au destin des trois adolescents livrés à eux-mêmes sur cette île infestée de pirates. L’arrivée de Morkam, le beau garçon qui orne la couverture, permet également de découvrir l’histoire du mystérieux capitaine Flynn. Si l’intrigue demeure assez classique et que certains passages semblent un peu faciles (la haine de Raffy qui se transforme trop subitement en amour, le changement d’attitude peu crédible du richissime marchand d’esclaves malgré ce « trou » de trois ans et cet âne de Flynn qui trébuche trois fois sur la même pierre), le scénario s’avère très divertissant et parfaitement maîtrisé. C’est surtout en tournant le dos à la mer et en proposant un huis-clos sur une île aux paysages paradisiaques, mais infestée de pirates sans foi ni loi, que Dufaux parvient à sortir des sentiers battus du genre. Même si le premier volet débutait par un abordage en bonne et due forme, l’aventure se déroule donc majoritairement sur la terre ferme et invite à suivre le destin de Raffy, Maria et Emilio/a. Les lecteurs qui s’attendaient donc à embarquer à bord du navire de l’impitoyable Blackdog à la poursuite du plus gros diamant du monde, devront donc se contenter de la terre ferme de Puerto Blanco. Mais qu’ils se rassurent vite car, malgré une approche plus terrestre, les canons du genre tournent tout de même à plein régime et les amateurs de flibusterie ne ressortiront pas déçus. Chasse au trésor, passes d’arme, beuveries, boucaniers aux faciès marqués et femmes au caractère bien trempé sont donc bel et bien au rendez-vous de cette aventure qui était initialement prévue en trois albums, mais qui, succès oblige, sera finalement plus longue.

Les amateurs d’histoires de pirates ne s’en plaindront certainement pas et auront bien raison de saisir chaque nouvelle occasion de passer à l’abordage de leur librairie favorite !