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Aya de yopougon, tome 4

 
 

Résumé

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Planche de Aya de yopougon, tome 4Quel plaisir de retourner dans ce quartier populaire d’Abidjan, de plonger dans cette ambiance africaine de la fin des années 70, au temps où les ivoiriens n’avaient pas besoin de visa pour se rendre en France. Ah qu’il est bon de retrouver Aya, ses amis, sa famille, tous ces frères et ces tontons, de découvrir cette Afrique pleine de splendeur et de vie, tellement différente de celle qui baigne dans la misère, la famine, les guerres et le sida. Le dépaysement est garantit au milieu de l’insouciance africaine et de cette ambiance communautaire joviale où tout se partage, le bonheur comme les peines, … en cruel contraste avec nos habitudes sédentaires. Victime d’un chantage sexuel malsain, Aya a pourtant perdu un peu de sa joie de vivre. Mais, si les sujets se veulent plus graves et que le ton de cette chronique sociale s’assombrit légèrement, Marguerite Abouet parvient toujours à envelopper le tout d’humour et d’humanité. Régulièrement arrosée d'expressions ivoiriennes hautes en couleurs, de proverbes imagés désopilants et de dictons exotiques savoureux, cette grande fresque familiale parvient donc à garder toute sa saveur et sa spontanéité.

En exportant une partie de l’intrigue à Paris, la scénariste, arrivée en France à l’âge de douze ans, fait écho à sa propre histoire et emmène le lecteur sur les traces de ces exilés qui se retrouvent perdus en terre lointaine avec l’espoir de trouver une vie meilleure au bout du voyage. Sans fermer les yeux sur les difficultés d’adaptation, le désarroi face à la découverte d’un autre monde, les problèmes de logement, les patrons véreux et les différences culturelles, l’auteur porte résolument son message vers l’espoir et l’optimisme. Au milieu de la grisaille parisienne, l’innocence du jeune expatrié, les malentendus linguistiques et la solidarité de la communauté noire entretiennent la fraicheur et la légèreté de cette délicieuse saga africaine. En abordant le thème de l’immigration, Marguerite Abouet donne une nouvelle dimension à son récit et importe un peu de ce pays dont on aura rarement été si proche.

Au dessin, Clément Oubrerie continue de livrer un aperçu africain plein de charme et donne à nouveau vie à de nombreux personnages hauts en couleurs. Tout en intégrant plusieurs planches de roman-photo à son récit, c’est avec brio qu’il adapte son graphisme chaleureux au décor pluvieux qui accompagne l’aventure métropolitaine du coiffeur vedette de Yop.

Loin des fléaux qui touchent l’Afrique, les auteurs livrent une saga au rythme africain, débordante de péripéties pétillantes. Une bouffée d’air pur venant tout droit de la Côte d’ivoire. Et à la fin de l’album, le traditionnel bonus ivoirien permet aux lecteurs d’approfondir leur connaissance des termes locaux, tandis que des recettes de cuisine permettront même d’importer un peu de ce parfum, de cette joie de vivre et de cette fraîcheur dans leurs demeures en attendant la parution du cinquième voyage au sein de l’insouciance et de la spontanéité africaine.

Prix du meilleur premier album au Festival d’Angoulême 2006, cette série éditée dans la collection Bayou sera bientôt adaptée au cinéma par Autochenille Production.

Un incontournable du neuvième art dêh !


Chronique rédigée par yvan le 08/02/2009
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.00
Dépôt légal : Novembre 2008

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Aya de yopougon, tome 4, lui attribuant une note moyenne de 4,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

20 1 2011
   

Tiens ? Cette fois-ci, pas d'Aya en couverture ?

Et si on quittait Yopougon, pour le Paris bien français, gris et tristounet qu'on connaît dans cet album ? Ce serait bien, non ? NON !? Dommage (pas tellement en fait ;) ...). En tout cas, c'est ce que pensait Innocent, le "Michael Jackson" africain. En voilà un personnage qui paraissait assez mineur dans la série (en même temps, il n'est apparu que dans le troisième tome), mais il devient rapidement, pratiquemment le personnage principal dans ce tome.

Bon en théorie, c'est quand même pas une super idée de la part des auteurs de quitter temporairement l'Afrique si chaleureuse (à tous niveaux, température et personnes) et le dépaysement du lecteur qui va avec pour un univers triste et trop familier pour nous. Mais c'était sans compter sur le talent indéniable des auteurs... Et oui, ces scènes (dans Paris) sont aussi bonnes que le reste de la série, l'ingénuité d'Innocent face au monde occidentale (par rapport à son Afrique) nous fais sourire, on prend autant de plaisir (et on s'attache autant) à suivre Innocent qu'on le ferait pour Aya, Hervé, Rita, Jeanne ou encore Bonaventure.

Allez, pour le reste de l'album, on n'est pas dépaysé après trois tomes ; c'est toujours aussi joyeux, avec la ribambelle de personnages remplis de défauts mais tellement attachant qui ont quelques interactions entre eux. Peut-être on s'attachera plus à Aya qui pour la première fois depuis la début de la série est en difficulté ? Et Mamadou fait un retour en force dans ce tome.
Le dessin est toujours aussi bon, avec un encrage assez fin et pas toujours maîtrisé, mais une colorisation assez exceptionnel pour ce genre de BD.

Comme toujours, on a le droit à pas mal de bonus assez sympathiques en fin d'album, ici, quelques portraits en couleurs directes vachement jolis. en plus des habituelles recettes de cuisines et lexiques.

Un 4/5 pour une qualité constante, un dépaysement frais et assuré pour le lecteur. Les auteurs sont vraiment talentueux.