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Au temps de Botchan, tome 1

 
 

Résumé

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Planche de Au temps de Botchan, tome 1«Au temps de Botchan» est la première bande-dessinée que je lis de Jiro Taniguchi et Natsuo Sekikawa, son scénariste. Et je dois avouer que je suis agréablement surpris.

Kinnosuke Natsume, dit Sôseki, est un célèbre auteur japonais (peut-être toujours le plus lu, mais Mishima le talonne) de l'ère Meiji; son oeuvre reflète mieux que toute autre cette période où le Japon, déjà un état moderne, se rêvait encore tel qu'il était il y a alors quarante ans... Japon ancien, celui des auberges et des courtisanes, celui dont les romans de Kafû («Du côté des saules et des fleurs», «Le bambou nain»...) reflètent les derniers instants avant sa mort.
Le Japon de Meiji fut déchiré entre ce passé qu'il transforma en mythe, et sa présente modernité empruntée à l'occident; il se demandait en quoi il était encore japonais et non pas une dérisoire copie de l'Europe. Ce déchirement se ressent dans l'oeuvre de Sôseki, et dans sa vie même, emmuré dans sa névrose et ne se supportant pas lui même, pétri qu'il était de culture anglaise. Et, ô joie, «Au temps de Botchan» est aussi marqué du sceau de ce déchirement entre passé et modernité.

Vous me direz donc (et à juste raison) que, aussi estimable soit-elle, la transcription du sentiment d'une époque en bande-dessinée n'intéresse guère de monde.
«Au temps de Botchan» marque par son atmosphère de flottement: alors que tout s'accélère autour d'eux, Sôseki et ses compagnons semblent vivre au ralenti; ils discutent, s'égaient, se saoulent, comme si le temps était suspendu.

Le dessin de Taniguchi, détaillé mais restant sobre (ses contours nets et marqués, et le peu d'effet d'encrage, ne sont pas sans rappeler la ligne claire), est d'une grande qualité, quoique un peu classique; il convient néanmoins ici parfaitement à une histoire elle aussi classique, la complétant et la renforçant. Ses effets de lumière (brume, fumée, lumière vive ou matinale...) sont particulièrement travaillés: les ombres sont représentées en pointillés, la lumière fait varier l'intensité du gris et «perce» le dessin de sa blancheur lorsqu'elle est crue.

Pour finir, on peut sans conteste dira qu' «Au temps de Botchan» est une bande-dessinée forte, marquée par une ambiance et un graphisme soignés; néanmoins son thème particulier, son scénario recherchant le ton de la biographie, ne le destine à priori pas à la majorité du public, qui plus est européen.

«Mon seul travail consiste à lâcher les personnages dans cette atmosphère [celle du Tôkyô gagné par la modernité]. Ensuite ils n'ont plus qu'à y nager à leur guise... de fil en aiguille, les lecteurs et l'écrivain vont être conquis par l'atmosphère... Tout sera ordinaire. Je ne provoquerais rien d'insolite.»


Chronique rédigée par Kolik le 27/01/2003
 
 
Avis de :Un bon moment de lecture ! Note de l'album : 3,50
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 3,50 Note générale
  • Originalité : 3,00 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 3.06
Dépôt légal : Novembre 2002

Avis des lecteurs

8 internautes ont donné leur avis sur l'album Manga Au temps de Botchan, tome 1, lui attribuant une note moyenne de 3,06/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

10 11 2007
   

C'est un livre documentaire, une sorte de liste exhaustive.
Un catalogue, en quelque sorte, du mouvement artistique de l'ère Meiji au Japon, au début du 20ème siècle.
Tanigushi au dessin, Sekikawa au scénario, ça donne un ensemble riche, complet, homogène et agréable.
Ma lecture s'est déroulée fort agréablement, et l'épopée de ces jeunes gens, la genèse d'un ouvrage important, tout ça m'a séduit.
Par contre, il y a vraiment beaucoup de personnages et le trait de Tanigushi, pas forcément différentié pour les personnes ne m'a pas aidé à m'y retrouver.
C'est un peu l'écueil principal, et la rançon de l'exhaustivité dont je parlais au début.
Mais quand on a le souci de l'exactitude, c'est comme ça !

J’ai envie de faire une pause, puis de m’attaquer à la suite de ce livre à connaître, bien sûr.

C’est un pari original tenté par les auteurs, un manga littéraire ! On le sent, le ton est différent, mais appréciable, de mon point de vue, poétique presque, tellement différent et hors du temps.
Ne sont-ce pas des qualités, ça ?

30 5 2007
   

Moi aussi je suis un grand fan de l'oeuvre de Taniguchi. Pas un fan aveugle, qui encense le moindre papier gras sur lequel il a gribouillé un visage menaçant, non, je sais reconnaître quand une oeuvre est mineure dans la production d'un auteur majeur. Nous voilà (peut-être, les tomes suivants viendront confirmer ou infirmer cette opinion) devant l'un de ces récits "mineurs".
L'ambition de Sekikawa, le scénariste, est simple : retranscrire l'ambiance d'une période charnière du Japon, la fin de l'ère Meiji, en particulier l'après-guerre avec la Russie. Une période ou artistes et intellectuels proposaient une société intéressante, encore très influencée par les traditions mais en même temps fortement tentée par le modernisme qu'offre l'Occident. Ce sentiment paradoxal est décrit en filigrane dans ce roman graphique, ou plutôt cette biographie qui peut se lire à plusieurs niveaux. Le premier niveau, c'est le processus d'écriture du roman "Botchan" par Soseki. Le second, c'est l'inscription de son oeuvre, mais aussi de lui-même, au sein d'une société en pleine mutation.
Le problème, c'est que le récit est tout sauf clair. On nous présente des tas de personnages, qui vont jouer des rôles plus ou moins importants dans la future société nipponne, mais ils ne font -pour la plupart- que passer dans ce premier tome. Résultat, on les oublie presque tous, et le récit perd une grande partie de sa force.

Reste le dessin de Taniguchi, toujours très bon, même s'il a du mal à réellement s'exprimer dans ce cadre urbain somme toute inintéressant.

6 1 2006
   

Je ne remplissais pas les critères majeurs préalables à la lecture de ce manga : je ne connaissais absolument pas ce livre qui s'appelle "Botchan" (c'est quoi comme bouquin ? C'est bien un bouquin d'ailleurs ?), je n'avais jamais entendu le nom de Natsume Sôseki et ce que je connaissais de l'ère Meiji, je le connaissais en partie grâce au film le Dernier Samourai : autant dire donc que je partais avec des bases bien vides pour lire un manga aussi précis et documenté que Au Temps de Botchan.
Car ce manga est véritablement une thèse historique, ou du moins une biographie réelle, précise et très bien documentée d'un écrivain précis, à une époque donnée et dans un entourage réel et issu en partie de livres d'histoires.
Et pourtant, autant je n'ai pas accroché à Kaze No Sho du même Taniguchi car j'ai été perdu dans la complexité et les références historiques nombreuses de ce manga-là, autant j'ai assez apprécié ma lecture de Au Temps de Botchan.
Taniguchi a un dessin vraiment excellent et que je trouve très occidental en fait, autant dans son style que dans sa mise en page. J'ai donc d'autant plus de facilité et de plaisir à lire ce manga.
Et Sekikawa et lui ont réussi à me faire pénétrer dans une époque dont je connaissais rien, avec une flopée de personnages historiques dont je ne connaissais rien et des anecdotes réelles et bien précises qui auraient eu tout lieu de me sembler rébarbatives si elles n'avaient pas été racontées avec talent.

Ce manga est un manga historique, bourré de références et de personnages célèbres (célèbres du moins pour ceux qui s'intéresse de près à la littérature et la politique du début du 20e siècle au Japon) : il est donc très très loin d'une histoire d'aventure qui pourrait captiver le lecteur lambda. C'est un manga sérieux, très travaillé au niveau de la documentation, à même de passionner l'amateur d'histoire littéraire du Japon (d'où le conseil d'achat) mais qui pourrait sans aucun doute ennuyer lourdement quelqu'un à la recherche d'un simple manga de divertissement.

10 2 2005
   

Complètement fan des dessins de Taniguchi, je lis petit à petit toutes ses œuvres. Me voilà donc en train de commencer Au temps de Botchan. Mais il est difficile de juger cet album. En effet, Sekikawa et Taniguchi ont eu la volonté de faire du littéraire. Pourquoi pas ? Ca a plu au Japon a priori. Cependant, je suis vraiment mitigée.

Au niveau du scénario, c’est assez lent et contemplatif. On assiste aux rencontres de Sôseki, futur auteur de Botchan, qui l’ont marqué et inspiré pour l’écriture de ce roman. Il en résulte quelques personnages secondaires et une multitude d’apparition de personnages célèbres de cette époque. Les personnages secondaires ont été assez difficiles à reconnaître et à distinguer. Je n’ai jamais réussie à retenir leur nom mais peut être n’étais je pas assez prises par cette histoire. Ensuite, les références aux personnages influents de cette époque au Japon sont très nombreux à croiser le chemin de Sôseki et cela m’a finalement embrouillé - chaque personnage qui apparaît a une note de bas de page pour le présenter, c’est un peu trop – je ne savais plus distinguer quelles étaient les personnages importants de l’histoire. Cependant, c’est une histoire qui se lit, sans passion mais dont on veut aller jusqu’au bout.

Le but des auteurs (aussi bien Sôseki que Sekikawa et Taniguchi) était de donner une représentation de l’ère Meiji. Je pense que sur ce point, c’est une réussite. Au niveau culture général, on y apprend pas mal de chose (mais est ce qu’on les retiens, c’est une autre question ;))

Au niveau du dessin, Taniguchi n’est pas encore dans son registre tel qu’on le connaît dans Quartier Lointain et Le journal de mon père où tous les personnages se ressemblent. Il nous offre ici des personnages aux physiques différents. Je ne sais pas s’il s’est inspiré de photos ou peintures de l’époque mais ça change. Et, s’ils sont peut être plus ressemblants aux personnes réelles, ils ont du coup moins de charme que ses personnages habituels. On retrouve en tout cas son dessin, en un peu moins joli, mais c’est peut être le thème qui le veut.

Au final, un album dont je ne suis pas vraiment déçu vu les échos que j’avais eut avant de le lire mais dont je lirais la suite non pas empressée de connaître l’histoire mais plus pour ma culture personnelle.

3 9 2003
   

Un vrai coup de cœur, en trois étapes.

Un, la couverture et la qualité de l’édition m’ont immédiatement attiré le regard ; deux, le dessin de Taniguchi toujours aussi superbe ; trois, la lecture.

Le rythme de "Au Temps de Botchan (vol.1 )" est lent. On prend le temps de faire connaissances avec les nombreux personnages. De s’habituer à la désillusion de Natsume Soseki, le personnage principal. Puis toujours lentement, le récit prend corps. On comprend mieux la désillusion de Soseki sur le présent et l’avenir du japon, sentiment partagé par grand nombre de ses contemporains.
Le japon vit une période très importante de son évolution. Sous l’ère Meiji (1853 / 1945) le pays s’ouvre aux étrangers après des années d'isolement (sous la pression des Américains). Une partie de la population se trouvent confronté à un paradoxe culturel, du fait du choix d’accepter la modernité occidentale au détriment d’une culture ancestrale. Décision prise sous la peur d’être colonisé comme d’autre pays.

C’est dans ce contexte historique et culturel que Natsuo Sekikawa met en scène l’histoire de Soseki et de ses amis dans un japon en pleine mutation. Le récit est construit par subtile imbrication de scène autour de l’écriture du roman de Botchan. Ecriture que Soseki entreprend comme une thérapie, entre rêve et réalité.

Taniguchi et Sekikawa nous offre une lecture marquée par une ambiance nostalgique, une ambiance automnale. Le dessin proche de la ligne clair joue magnifiquement sur les nuances lumineuses. Les blancs très présents participe grandement à l’atmosphère si particulière du récit.

« Au temps de Botchan » est une bande dessinée riche, poétique. Je conçois que sa lecture puisse laisser certains lecteurs sceptiques. On est de plus, loin de l’univers de « Quartier Lointain », mais l’émotion et le plaisir de lecture sont aussi intense.

25 6 2003
   

Ben là je n'ai pas été agréablement surprise... Cela fait quelques jours que j'ai terminé Quartier lointain et je l'ai trouvé fantastique alors je me suis dit que je pouvais lire une autre oeuvre illustrée par Jiro taniguchi... et bien pour vous faire part de mon sentiment général je dois dire que je n'ai pas du tout apprécié cette oeuvre.

Je vais commencer par le dessins ce qui m'a le plus plu dans ce manga. Les traits sont soignés, c'est précis, trés rigoureux. Ce n'est pas désagréable à regarder au contraire. Donc pour les planches je n'est rien à redire. De plus j'ai fort apprecié les dessins des prises de judo qui été superbement réussi on a vraiment cette impression de force, de poussée et de traction des adversaires.

En ce qui concerne le scénario et bien je me suis ennuyé du debut jusqu'a la fin surment parce que je ne suis pas une fada de l'histoire, et de la littérature du Japon. Il est vrai que ça donne envie de connaître tout ces personnages et de savoir ce qu'ils ont fait... mais cette lueur d'intérêt soudain s'éclipse assez rapidement je doit dire.

C'est donc une oeuvre qui peut représenter de l'intérêt pour des lecteurs qui ont soif de connaissance sur le Japon de 1905, mais pour les autres je ne peux la conseiller à part pour le dessin de jiro.

20 3 2003
   

Ah... Voilà, j'hésitais à le poster celui-là, mais bon, puisque c'est fait...
Ce manga, qui se veut littéraire (j'ai même vu ici ou là "le premier manga littéraire"...), dessiné avec talent par Taniguchi dont le style est ici tout de même quelque peu différent d'oeuvres comme "Le Journal de mon père" ou "Quartier Lointain", m'a laissé dubitatif et quelque peu sceptique... Tout d'abord, le nombre des personnages est assez imposant, et ils sont difficiles à distinguer les uns des autres, ne serait-ce que par leurs noms... Ensuite par l'écriture même de cette oeuvre : les scènes sont souvent courtes, entrecoupées, hachées, s'intercalent les unes entre les autres. Et puis il faut bien dire que leur cohérence, leur à-propos et leur signification est parfois difficile (dans mon cas et pour l'instant parfois impossible) à trouver.
Bref, j'ai trouvé "Au temps de Botchan" assez fouilli et incompréhensible, et de surcroît peu intéressant dans ses préoccupations : un écrivain qui écrit, bon ben voilà quoi...
Alors bon... Tout le monde lui trouve plein de qualités, c'est qu'il doit en avoir, mais à 1ère lecture elles ne me sont pas vraiment apparues...