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Asterios Polyp
 

Asterios Polyp

 
 

Résumé

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avis bd

Planche de Asterios PolypDavid Mazzucchelli est surtout connu pour son travail dans les années 80 sur les super-héros : Daredevil et Batman. Depuis les années 90, il a commencé un travail plus personnel exploitant parfaitement toutes les possibilités du medium bande dessinée. Cependant, Mazzucchelli n’avait encore jamais écrit de roman graphique aussi long. Il signe peut-être ici avec Asterios Polyp son chef d’œuvre. En 350 pages qu’il vaut mieux lire d’une traite, le dessinateur américain dépeint l'univers parsemé d'angoisses d’Asterios Polyp, architecte cinquantenaire névrosé, espèce de double fantasmé de l’auteur.

Mazzucchelli élabore une histoire riche, dense, pleine de réflexion philosophique. Le livre est paru l’année dernière aux Etats-Unis et a tout de suite été décrite comme l’œuvre la plus aboutie et surtout la plus personnelle de l’auteur.

Asterios Polyp est un architecte qui classe les hommes en deux catégories ceux qui sont faits de forme et ceux qui sont faits de ligne, sorte de déformation professionnelle. Le dessin traduit cette vision particulière de manière très cohérente. De plus, les teintes de couleur se superposent et se déplacent suivant le lieu et les personnages. La compagne d’Asterios une américano-japonaise du nom très symbolique de fleur prend ainsi une dominante rose. Les actions se passant dans la ville d’Apogee avec le bienheureux Stilfy bénéficient de teintes bleues et jaunes.

Livre complexe, livre de l’aboutissement, du dérèglement amoureux,de l’incommunicabilité, Asterios Polyp sait aussi jouer sur l’émotion dans ce qui font les livres rares et qui marquent.


Chronique rédigée par JAMES RED le 10/11/2010
 
 
Statistiques posteur :
  • 524 (95,27 %)
  • 20 (3,64 %)
  • 6 (1,09 %)
  • Total : 550 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 5,00 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.38
Dépôt légal : Octobre 2010

Avis des lecteurs

4 internautes ont donné leur avis sur l'album Comics Asterios Polyp, lui attribuant une note moyenne de 4,38/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

9 7 2012
   

Alors, non, ne vous trompez pas sur ma note.
En fait, cette BD est peut-être la première pour laquelle ma note ne reflète pas vraiment la passion ou l'intérêt que je porte réellement à cette œuvre.

J'ai attendu plus de deux mois avant de me décider à écrire cet avis en me demandant comment j'allais bien pouvoir m'en sortir entre mon avis objectif et mon avis subjectif.

Car, Astérios Polyp a été loin de créer en moi un élan de passion et d'intérêt qui m'aurait fait lire ce roman graphique sans possibilité de sortir ma tête de ses pages.
Si je me base sur le scénario, en fait, je me suis un peu ennuyé. L’histoire en elle même est à mon sens relativement banale. Une histoire d'amour qui tourne mal. Un homme égoïste, égocentriste, un peu trop sûr de toute sa théorie qu'il maitrise sur le bout des doigts. Un homme tellement inspiré par lui même qu'il a du mal a connaitre et reconnaitre d'autres que lui. Comment dans tout cela, aurait-il pu trouver l'amour.
Alors forcément quand celui ci frappe à sa porte, cet amour est son exact opposé. Son amie est instinctive, expérimentale, sentimentale, jouant de ses émotions et sentiments pour construire sa vie et son métier.
Jusqu'au jour où forcément cela ne colle plus et qu'Astérios se retrouve seul.

C'est à ce moment de sa vie que nous le retrouvons; Et c'est par flashback que nous apprendrons alors les détails de ce que je viens de raconter.

Bref, une histoire d'amour comme il y en a beaucoup.

En fait, Astérios Polyp, ce n'est pas l'histoire qui nous intéresse. C’est le sujet et c'est sa construction. Astérios Polyp, ce n'est pas une histoire, c'est une œuvre graphique à part entière, presque poussée dans certains de ces derniers retranchements.
Astérios Polyp, ce n'est pas le développement d'une histoire, c'est le développement d'un visuel et d’une réflexion. Rarement, une BD aura aussi bien portée la définition de roman GRAPHIQUE.

Je reviens donc sur le scénario qui par sa banalité première et quelque ennuyeuse, propose en revanche un découpage excellent. Le parallélisme de sa vie actuelle et passée est maitrisé de belle manière. A aucun moment j'ai eu l'impression de manquer d'information et à aucun moment je n'ai eu l'impression d'avoir trop d'information ou d'information inutile. Le scénario, pour simpliste qu'il semble, est parfaitement maitrisé, pensé, conçu et rendu.

Mais le plus impressionnant encore est le dessin en lui-même et les inventions graphiques de David Mazzuchelli.
Le plus évident quand on feuillette ces pages est l’utilisation de la couleur minimaliste. Deux couleurs par pages me semble-t-il , je ne sais plus exactement (comme je l’ai dit j’ai lu cet album il y a plus de 2 mois). Des couleurs que l’on n’oserait pas toujours marier ensemble, jaune et bleu, rouge et bleu…les couleurs étant associées au temps de la narration et aux personnages. Cette couleur donne une âme à cette BD et des repères spatio-temporels inattendus mais terriblement efficaces.
Et puis, le trait de Mazzuchelli,, faussement naïf est d’une créativité déconcertante. En fonction des états d’âme de ces personnages, le trait utilisé variera, plus anguleux, plus doux, plus conceptuel comme le trait froid d’un architecte, plus rond comme l’inspiration rêveuse d’une artiste sculpteur. Ce n’est que vers la fin de l’album que je me suis aperçu que la forme même des phylactères variait en fonction des personnages : carré pour Astérios, rond pour Fleur sa femme et d’autres encore que je vous laisse découvrir.
Astérios est d’une imagination, d’une création et conception graphique hors norme.
Je suis sûr d’être passé à coté de nombreux détails.

Allez, et puis malgré tout, Astérios ceux sont aussi des rencontres et des personnages atypiques aux caractères surprenants, des dialogues ciselés reflétant la recherche et la mentalité des locuteurs. Derrière Astérios se cache une approche philosophique et idéologique plutôt fine et jamais rébarbative.

Voilà, Astérios, c’est tout cela et plus encore.

Une œuvre déroutante par son apparente simplicité et la richesse qui la compose : richesse graphique, richesse philosophique, richesse scénaristique (ben oui quoi, ce n’est pas parce que je n’aime pas qu’il n’y a rien).

Astérios c’est aussi une fin surprenante, à l’opposé de l’approche trop logique et de la pensée froide de son héro.
Ce clin d’œil cynique et ironique nous montre bien finalement que quoi qu’on en pense, notre destin n’est jamais vraiment dans nos mains et que le bonheur n’est pas là où on le pense.

Sur ce, je vais continuer à chercher moi…

2 1 2011
   

En attendant beaucoup, j'ai mis un certain temps avant de me lancer dans la lecture de ce gros album pour le faire dans les meilleures conditions. Au final, ce n'est pas la merveille annoncée à mes yeux mais c'est un bon bouquin, intelligent, bien foutu, et surtout original dans conception et sa narration.

J'ai apprécié les expérimentations graphiques dont il fait preuve, le dessin, le lettrage et les couleurs différentes selon le personnage et sa façon de voir le monde.
J'ai apprécié la façon dont il présente les personnalités différentes et intéressantes de la poignée de protagonistes ainsi que leurs relations.
J'ai apprécié la réflexion philosophique sur la vie et l'état d'esprit des personnages, son lent cheminement, les idées amenées par chacun, leurs confrontations.
Et surtout j'ai apprécié la fin qui ne m'a pas déçu comme a pu le faire celle de "Jimmy Corrigan" qui s'apparente à Asterios Polyp par sa créativité narrative et son attachement au caractère particulier du "héros". Certes la pirouette finale peut paraitre désappointante mais j'ai souri à l'humour ironique que j'ai cru y noter.

A côté de ces qualités, je dois toutefois admettre que ce n'est pas tout à fait ma tasse de thé. Je suis satisfait de l'avoir lu mais je ne suis pas sûr de relire de sitôt cet ouvrage.
En outre, pour être très terre à terre, je n'apprécie pas le choix de faire une couverture d'album en carton carré et "ouvert" : je trouve cela trop fragile, trop à même de gonfler à la moindre humidité et, avec le poids de l'objet, les coins anguleux m'ont un peu fait mal à la lecture.

10 11 2010
   

La renommée internationale d’Asterios Polyp, architecte réputé et brillant concepteur, ne repose malheureusement pas sur ses réalisations, car aucun de ses édifices n’a jamais été construit. Un soir d'orage, alors qu’il se laisse dépérir, seul, dans son luxueux appartement new-yorkais, la foudre s'abat soudainement sur l'immeuble où il réside et déclenche un incendie. Dans la précipitation de l'évacuation, tandis que tous les souvenirs de son existence se mettent à brûler, il n’a le temps que de sauver un briquet, une montre et un couteau suisse. Accompagné d’un éclair qui illumine le ciel, cet élément déclencheur marque cependant le début d’une nouvelle vie. Contraint de quitter l’ancienne, il décide de prendre le bus vers une bourgade isolée du reste du monde ou, du moins, de celui qui était le sien. Engagé comme mécano, il prend le temps d’analyser son passé, afin de donner un sens à son futur.

Déjà reconnu pour son excellent travail sur Daredevil et Batman, David Mazzucchelli est méritoirement sorti grand vainqueur de la dernière cérémonie des Eisner Awards, avec pas moins de trois titres ("Best graphic album - New", "Best Writer/Artist" et "Best Lettering") pour cette petite perle issue d’un registre totalement différent de ses précédents ouvrages.

Le récit de cet homme qui part refaire sa vie est entrecoupé de nombreux flash-backs, qui permettent de dévoiler des bribes de l’ancienne existence de ce professeur d’architecture, replié sur lui-même dans un monde de grandioses théories et d’intellect. Poursuivi par le fantôme d’un frère jumeau mort-né et incapable de construire des relations stables avec les autres et en particulier avec sa femme, il s’isole lentement dans sa bulle, jusqu’à ce signe du destin qui ravage son cocon et provoque une renaissance inespérée du personnage. C’est donc un tout autre Asterios qui repart à zéro dans cette petite ville malicieusement nommée Apogée. Abandonnant son érudition et ses préceptes prétentieux, il se laisse maintenant guider par le hasard et découvre la joie de vivre tout en se remémorant ses erreurs. Au-delà de ce personnage complexe et intéressant, l’auteur livre également une réflexion philosophique extrêmement intelligente, abordant notamment les manières de percevoir la réalité qui nous entoure.

Le graphisme proposé par Mazzucchelli se place d’ailleurs au diapason de ce questionnement du réel et de cette interrogation sur la perception des choses. Faisant preuve d’une inventivité narrative à toute épreuve, il insuffle énormément de sensibilité à ses planches et, en liant intimement texte et dessin, il confère beaucoup de profondeur et de force à chacune de ses phrases. Afin d’appuyer le fait que chaque individu possède ses propres spécificités, il adjoint à chacun de ses protagonistes un style graphique personnel en jouant avec les phylactères, la topographie, les formes et les couleurs. Cette personnalisation graphique judicieuse, combinée à une colorisation clairvoyante faisant uniquement usage de bleu, de jaune et de rouge, permet d’imprégner les mots et les personnages d’énormément d’émotion. De l'art de jouer la sobriété pour décupler la portée d'un message.

Asterios Polyp est une œuvre intimiste, d’une richesse incroyable et d’une virtuosité narrative hallucinante !