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Vent de mémoires
 

Ardalén : Vent de mémoires

 
 

Résumé

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Planche de Ardalén : Vent de mémoiresPrado est un auteur de BD peu prolixe mais très apprécié. Son "Trait de craie" (que je n'ai pas lu, il faudra corriger ça) date déjà de 20 ans.

"Ardalén" est une histoire envoutante. Un roman graphique qui fleure bon le voyage, la nostalgie mais aussi le fantastique. Attention, quand je parle de fantastique, ne vous attendez pas à du Lovecraft, évidemment. C'est un fantastique qui lorgne vers le psychologique, le rêve et l'onirisme.
De toute façon, tout est dit dans le sous-titre : "Vent de mémoires". L'Ardalén est un vent imaginaire qui naîtrait sur les côtes américaines et mourrait dans le sud-ouest européen. Et avec lui, voyageraient les souvenirs et la mémoire des gens. C'est ainsi qu'on fait connaissance de Fidel, un vieil homme que les hommes du village qualifient au mieux d'allumé. Et pour cause, c'est une éponge à Ardalén. Il est le réceptacle de tous ces souvenirs apportés par le vent. Réalité ? délires de vieux fou ? peu importe, il voit tous ces personnages qu'il a croisés ou non : Rosalia, une prostituée noire de La Havane, Ramon, un ami disparu lors d'un naufrage (Fidel a suvécu à trois naufrages dans ses "souvenirs" confus... ou peut-être n'était-ce pas lui ?), une fée qui lui rapporte le bruit de la mer avec son coquillage etc... Et quand il allume sa vieille radio, Fidel entend le chant des baleines, et il les voit surgir de la forêt. Et c'est beau (on pensera à "Broussaille" pour les baleines et la poésie).

En plus de cet aspect fantastico-poétique, le livre est un roman graphique dans sa plus pure tradition. Au village, une étrangère va venir : Sabela. Elle sort d'une séparation et elle est en quête d'identité. Elle fait des recherches sur son grand-père qui a été occulté par toute la famille car n'ayant plus donné de nouvelles après être parti en Amérique ou à Cuba pour chercher fortune. Et Fidel, avec tous ses souvenirs, pourrait bien l'aider à en savoir plus. Mais tout est tellement mélangé dans sa tête ! quoi qu'il en soit, une amitié pleine de tendresse va naître entre ces deux personnages. Tout en subtilité.
Ajoutez que pour faire redescendre le lecteur, et le ramener à la réalité, le village est constitué de vieux blaireaux, prêts à tout pour mettre la main sur un vieux magot supposément gardé par Fidel. De là, vont se tisser un réseau de relations qui alternent entre la douceur du rêve et la dureté du réel. Au niveau narratif, c'est un véritable sans faute. Le livre est d'ailleurs également parsemé de documents complémentaires qui finissent de perdre le lecteur qui ne sait plus s'il doit choisir entre le rêve ou la réalité : des articles sur la mémoire, des conptes-rendus psychiatriques sur notre bon Fidel, des visas d'immigration pour Cuba ou le Venezuela. C'est vraiment très riche.

Au niveau graphique, là aussi, attention les yeux ! Prado a un talent évident. Son trait, presque pictural et cette colorisation en couleurs directes vous feront peut-être penser à du Bilal. Penser seulement : ce n'est pas une simple copie. Prado a un style, son style, et c'est merveilleux. Chaque case est superbe et contribue à l'ambiance contemplative du livre. Et chaque case semble être composée pour vous raconter une histoire. Réussir à dessiner, à montrer graphiquement la friabilité de la mémoire est, j'imagine, un exercice compliqué. non seulement c'est réussi, mais en plus, c'est beau. Chapeau l'artiste.

Après tous ces compliments, pourquoi ne pas mettre la note maximale ? en effet, on n'est pas loin du chef d'oeuvre. Mais deux choses m'ont légèrement gênées : d'abord, il y a quand même quelques petites longueurs dans le récit. Pas grand-chose, mais quand même. Et surtout, et là, l'auteur n'y peut rien, le texte français est bourré de fautes de grammaire surtout au niveau des participes passés. Et ça pique les yeux ! Casterman quand même ! on n'est pas chez Loulou Editions !!! ils n'ont pas de correcteur ou quoi ? vraiment dommage pour un travail de cette qualité qui aurait mérité un texte impeccable.

Je terminerai ma chronique par une citation du 4e de couverture : "C'est pour cela que se souvenir n'est pas sans danger. Mais celui qui n'a pas de mémoire, n'a pas non plus de vie." Et bien Prado nous offre plusieurs vies dans une même histoire, histoire dont je me souviendrai longtemps. On dirait bien que l'Ardalén a soufflé jusqu'à moi...


Chronique rédigée par david le 30/05/2013
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,50 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 5,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.00
Dépôt légal : Mai 2013

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Ardalén : Vent de mémoires, lui attribuant une note moyenne de 4,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

16 6 2013
   

Miguelanxo Prado n’est pas l’auteur espagnol le plus prolifique et il aura donc fallu attendre plus de cinq ans après cette belle brique de plus de 250 pages. Avec Ardalén, l’artiste propose cette fois de plonger dans les méandres de la mémoire…

Cet album relate la quête d’une femme, Sabela, qui recherche des informations à propos de son grand-père. Ce dernier, comme beaucoup d’Espagnols, avait quitté son pays pour chercher son bonheur à Cuba, mais n’était jamais revenu. Armée de quelques photos et objets de son aïeul, la jeune femme débarque dans un petit village de montagne à la recherche de quelqu’un qui pourrait l’avoir connu. Elle tombe sur Fidel, qui pourrait probablement l’aider à en savoir plus, mais dont la mémoire est plus que vacillante…

Ardalén relate donc la rencontre entre une femme en quête d’identité et un vieil homme qui perd progressivement la sienne. Vivant dans un monde peuplé de figures oniriques, hanté par quelques fantômes et parsemé de souvenirs qui ne sont pas forcément les siens, le vieil homme est tout heureux de voir que quelqu’un prête encore attention à ses dires. Elle, ivre de renseignements, est prête à faire le tri des souvenirs, dans l’espoir de retrouver une trace de son grand-père.

"C’est pour cela que se souvenir n’est pas sans danger. Mais celui qui n’a pas de mémoire, n’a pas non plus de vie."

Mais, l’Ardalén est aussi un vent du large, qui naît sur les côtes américaines et traverse l’océan, emmenant avec lui l’odeur de la mer et les souvenirs des marins disparus jusque sur le continent européen. Ce "Vent de mémoires" qui nourrit le quotidien de Fidel et alimente ses visions, contribue à plonger le récit dans une ambiance onirique envoûtante. Malgré ce mélange osé entre réalité et fantastique, la trame du récit demeure finalement assez accessible. De plus, Prado développe plusieurs petites intrigues parallèles qui nourrissent brillamment l’intrigue et permettent de découvrir des fragments de vie de personnages secondaires. L’auteur insère également des articles scientifiques, des rapports hospitaliers, des extraits d’état civil, des visas d’immigration et autres documents qui contribuent à ancrer cette histoire onirique dans la réalité.

Visuellement, chaque case dessinée par Prado invite au voyage et contribue à baigner l’histoire dans les souvenirs de Fidel. Alliant onirisme et beauté, ce graphisme somptueux rend tout texte superflu et contribue à l’ambiance contemplative de l’ensemble.