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Tome 1 : Les amazones de Bassaïev
 

Amère Russie, tome 1 : Les amazones de Bassaïev

 
 

Résumé

Amère Russie, tome 1 : Les amazones de BassaïevAfin d'acceder au résumé de Amère Russie, tome 1 : Les amazones de Bassaïev, merci d'activer Javascript.

 

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Planche de Amère Russie, tome 1 : Les amazones de BassaïevCe diptyque signé Aurélien Ducoudray ("The Grocery") et Anlor invite à suivre les pas d’une mère au foyer russe qui tente de retrouver son fils soldat, fait prisonnier par les hommes du chef tchétchène Bassaïev.

Les auteurs dressent le portrait attendrissant d’une mère-courage qui remue ciel et terre pour récupérer son fiston. Au fil des pages et d’un voyage regorgeant de dangers et de rencontres surprenantes, le lecteur s’attache inévitablement à ce petit bout de femme qui allie courage et naïveté. Armée d’une obstination maternelle à toute épreuve, cette héroïne atypique ne manque en effet pas de séduire.

Cette quête humaine jonchée d’obstacles sert également de prétexte pour s’intéresser au conflit intestin qui oppose la mère Russie au peuple tchétchène. Si l’auteur ne manque pas de pointer du doigt l’absurdité de cette guerre civile, tout en intégrant des éléments historiques, tels que ces femmes snipers évoquées dans le titre et auxquelles un bonus de plusieurs pages est consacré en fin d’album, l’ancrage historique se retrouve très vite en arrière-plan de cette incroyable aventure humaine. L’innocence de cette maman particulièrement attachante et les cabrioles de son petit chien contribuent également à insuffler un brin d’humour au récit, atténuant ainsi l’horreur de cette guerre que l’auteur décrit de manière non partisane, la barbarie n’étant pas le fruit d’un seul des deux camps.

Visuellement, le dessin semi-réaliste d’Anlor accompagne avec brio le scénario de Ducoudray. Proposant des personnages expressifs et hauts en couleurs et restituant avec grande efficacité les décors dévastés par le conflit, la dessinatrice livre un véritable sans-faute.

Vivement la conclusion de ce récit qui mêle émotions et action sur fond historique.


Chronique rédigée par yvan le 07/08/2014
 
 
Statistiques posteur :
  • 2374 (58,34 %)
  • 1123 (27,60 %)
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.00
Dépôt légal : Juin 2014

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Amère Russie, tome 1 : Les amazones de Bassaïev, lui attribuant une note moyenne de 4,00/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

1 12 2015
   

Rien que le titre me fait réagir. On joue sur les mots et la promesse de protection bienveillante d'une "mère Russie" prend une tournure nettement moins optimiste. Parce que le sujet de cet ouvrage, c'est la guerre, et pas n'importe laquelle : celle de Tchétchénie dans les années 1990. Et pas une guerre vue par des militaires, des états majors, ou des espions. Non, une guerre vue par les yeux d'une mère, une vraie, qui part à la recherche de son fils. Une mère Russe qui se substitue à la mère patrie : elle n'a pas la même connaissance du terrain, elle n'a pas les mêmes moyens, mais elle a cet amour qui est au centre de son action. Elle est touchante, cette petite mère, qui plaque tout (c'est à dire pas grand chose) sur la simple promesse d'un inconnu : si elle va elle-même en Tchétchénie, elle pourra récupérer son fils prisonnier. Pour elle l'amour pour un fils la rend un peu aveugle de la réalité et la voilà partie pour un périple en pleine zone de combats, dans laquelle elle se retrouve déplacée.

Mais au-delà de cette confrontation touchante, et parfois amusante, d'une mère à la recherche de son fils, le récit va au-delà. Parce que, lorsqu'elle arrive en Tchétchénie, elle est accueillie par les habitants de cette région qui comme elle, se retrouvent en pleine zone de guerre. Sauf que ces habitants n'ont pas eu le choix. Et pourtant, ces représentants des deux peuples, russes et tchétchènes, arrivent à s'entendre sur les fondamentaux, bien loin des dicours politiques ou de propagande de leurs pays respectifs. Encore une fois, même si le scénariste joue sur un décalage amusant, les sujets de fonds de cette guerre pas si lointaine, ni temporellement, ni géographiquement, sont largement abordés avec une certaine gravité. Enfin, le récit prend une autre dimension lorsque l'on part à la rencontre de ces amazones, ces femmes snipers techétchénes, héritières d'une longue tradition de femmes soldats, comme nous l'apprend le dossier documentaire en fin d'ouvrage.

Ainsi tout est mélange : fiction et Histoire, sentiments d'amour pour sa famille et haine entre les peuples, facéties du chien Milyi et d'Ekatarina et dure réalité des villes tchétchènes dévastées. Le scénariste, en prenant cet axe de vue, permet d'aborder un sujet grave avec une certaine légéreté, le tout rempli de sentiments divers et variés.

Quant aux dessins, Anlor est aux commandes. Son trait, déjà très expressif et touchant dans "Les innocents coupables", vient donner un coup de fouet sentimental à ce scénario. Le dessin, qui joue à la fois sur la caricature et la pleine réalité, accompagne de façon admirable ce scénario qui mélange gravité et légéreté.