
Le personnage est à la recherche d'un passé lointain, correspondant au vécu sur les rivages de son enfance. A la manière des récits de PROUST ( la madeleine du même auteur), le passé se mêle au présent. A noter une référence intéressante à MAIGRET, qui comme lui, procède à la même démarche quand il débarque à Saint Fiacre pour son enquête, et dont les souvenirs remontent à la surface à la vue des lieux où il a vécu tout jeune. Comme le personnage de SIMENON, il hume l'atmosphère et s'en imprègne, et la mémoire revient, quelquefois confuse; c'est une parenthèse difficile et ce retour- accouchement se révèle pénible dès le début, à la descente du train, ce train d'ailleurs toujours omniprésent qui représente une passerelle entre aujourd'hui et les événements d'hier. Une fois de plus le trait de BEZIAN qui nous décrit par le détail la géographie du lieu s'avère décisif, d'une finesse remarquable, au fusain, avec beaucoup de mouvement, jusqu'à l'emploi décisif des couleurs qui meuble le récit. Incontestablement une réussite majeure