
Ah, le bel album que voilà. J'ai été attiré en premier lieu par la couverture, et par le titre. L'un et l'autre sont franchement inhabituels. Le dessin de la couverture représente ce que je saurais être plus tard un Voulf, mais avec un effet de contre champ, ou de vue par en dessous, saisissant. L'éclairage, qui vient manifestement d'un feu de camp qu'on ne voit pas, ajoute à l'intensité de la scène et amplifie l'action. Les personnages, enfin : un animal, un vieillard, un bébé, une scène étrange qui donne envie d'en savoir plus.
Alors on feuillette, et on découvre un scénario surprenant : un bébé né sans bras et sans jambes, qui va récupérer ses membres un par un. C'est pour le moins original ! Par contre le dessin est assez inégal, on dirait du mauvais Moebius en début de tome (ce qui n'est déjà pas si mal), et devient de plus en plus personnel au fil des pages. Et cette originalité progressive sur un dessin très plaisant, avec des monstres mignons tout plein, et une ambiance qui tourne beaucoup plus à la science fiction qu'à de la simple fantasy. Le cocktail semble prometteur.
Les autres tomes annoncés (Le prince manchot, le roi borgne ...) nous mettent l'eau à la bouche, en espérant que le scénario se stabilise un peu. C'est le seul reproche que je peux faire à ce tome, c'est que le fil conducteur paraît très mince, parfois même flou, comme si les auteurs avaient changé d'idée en court de route. Un superbe album à découvrir.

Et donc, convaincu par Hogl qu'il va conquérir le monde avec l'aide de Diamante, notre Alef-thau part combattre une foultitude de guerrier pour aller féconder la proto reine. Hum, j'ai déjà lu ça quelque part, dans "L'Incal", non ? Ah bon, c'était aussi du Jodorowsky ? Alors, tout s'explique. Au passage, notre prince est non seulement manchot, mais borgne et cul-de-jatte. Enfin, ça faisait peut-être un titre un peu long.
Il y a de plus en plus d'invraisemblances dans le scénario, surtout par rapport au thème de départ, on sent que certains détails ne collent pas, en fait. Mais il faut avouer que c'est vachement bien raconté quand même. La sauce prend, c'est indéniable. Et puis Diamante, ah ! Quelle belle fille, surtout dans son costume de reine noire, qui ne cache presque rien de son anatomie ! C'est un peu bestial comme critique, mais c'est tellement vrai ! Tiens, on a aussi droit à une épreuve de sagesse "Quand est-ce que la main t'attrape sans te retenir", ça m'a fait penser au "Lama blanc". Ah ben, c'est aussi du Jodorowsky, alors !
En résumé, les fan du grand Jodo apprécieront tout son art de conteur, retrouveront certains clins d'oeil qui ont fait sa réputation, et les dessins d'Arno sont magnifiques. Aaah, Diamante .....

Rien ne va plus au royaume de Mu-Dhara ! Diamante à trahi Alef-Thau et ne l'aime plus, Malkouth et amoureuse d'Alef, mais lui s'en fout. Une scène parfaite pour le théatre de Marivaux, un jour où ce dernier aurait un peu trop forcé sur la bouteille. Mais Alef-Thau va trouver l'épée de crystal avec laquelle il peut tuer Diamante. Faudra t-il donc qu'il la tue pour se rendre compte qu'il l'aime quand même. Ah, la la, quelle histoire, les amis !
Et bien donc j'ai trouvé ce tome un peu en dessous des deux premiers. Je ne comprends pas bien ce que vient faire Malkouth (son nom viendrait de la dernière sphère kabbalistique, je crois) dans cette histoire. L'histoire de l'ectoplasme d'energie et du corps astral me rappelle trop le "Lama blanc". Un clin d'oeil, ça va, mais là c'est un peu de la ressuçée, quand même ! Et le sacrifice du deuxième oeil d'Alef rends cette histoire abracadabrante. Un héros aveugle, c'est limite, mais qui se bat à l'épée comme si de rien était, y'a de l'abus.
Sinon, les dessins sont toujours aussi plaisants, et font passer beaucoup de choses. Comme pour le second tome, il y a beaucoup de défauts, mais la sauce prends quand même. On veut savoir la fin, on veut savoir comment, on veut se laisser emporter par cette magie et rêver, encore et toujours. Alef-Thau, un e drogue dangereuse dont on ne peut plus se passer .....

Seigneur, quelle désillusion que ce Seigneur des illusions ! Un tome entièrement consacré à la folie de Hogl, qui n'amène strictement rien au scénario, et qui nous fait languir inutilement. Quand aux dessins on ne peut pas leur reprocher grand chose, si ce n'est une double évidence : il n'ont rien à raconter, et donc l'auteur dessine tout le temps la même chose. Quelle déception !
L'idée de ramener Diamante en enfance n'est pas mauvaise en soi, mais bon, c'est Alef-Thau qui va s'en occuper, donc lui servir de père. Si c'est pour coucher ensemble par la suite, il y a queque chose là-dedans qui me gène un petit peu. Le passage dans le satellite me semble faible : on rentre et on sort là-dedans comme dans un moulin. La scène avec le vieil immortel détruit complètement les bases de l'histoire du premier tome, concernant l'enfance de Diamante, mais je l'ai déjà dit. La scène de Hogl bavant, crachant, vomissant est pathétique. On s'attend presque à le voir dire à Alef-Thau :"Ta mère couche avec des Voulfs en Enfer", façon l'exorciste. Et je ne parle pas du reste pour ne pas faire de Spoil.
Enfin, le dessin reste bon, très bon même, mais par manque de scénario, on a pas grand chose à se mettre sous la dent. Espérons que le tome suivant redresse la barre, sinon c'est pas la peine de continuer. Ah, pouah !

Ouf, on a vraiment eu peur pour ce tome après l'incroyable flop du tome précédent. Bien au contraire, celui repart tout en vigueur, comme le capitaine du navire en détresse qui redresse d'une main de fer la barre molle que son second lui rend avant d'aller vomir son petit déjeuner. Bref, c'est tout bon, on a eu raison de persévérer.
Le scénario est revenu à la hauteur d'un Jodorowsky au meilleur de sa forme, qui nous explique magistralement le pourquoi du comment des choses. Lecteurs de peu de foi, nous avions douté, nous avions accusé, mais le scénario nous montre encore qu'il peut nous réserver bien des surprises. Malkouth y gagne un rôle magnifique, Diamante redevient femme, Hogl nous la joue "le disciple a dépassé le maître", beaucoup de lieux commun tellement bien contés qu'on en redemande. Et Arno peut s'en donner à coeur joie, notamment pour dessiner un superbe Kraken sur un page entière.
Ce tome est l'avant dernier de la première époque, beaucoup de quêtes sont menées à bien, certains de nos héros quittent définitivement la scène, d'autre en profitent pour prendre de l'ampleur (notamment Bébé, Louroulou, et le splendide Holibanoum). On ne peut avoir qu'un avis favorable en refermant la dernière page, et languir d'avoir le tome suivant entre les mains.

Conclusion tant attendue de la saga d'Alef-Thau, cet album reste dans la moyenne de la série, ni plus ni moins. Quelques invraisemblances (dans le tome deux, le vieil immortel est à l'endroit sans que ça lui pose le moindre problème), de beaux dessins, une belle histoire qui s'achève par un total happy end, un petit rebond final qui laisse présager une suite, et voilà.
Il est difficile de parler de cet album sans parler de la série en général, puisqu'il la clôture, et que c'est l'aboutissement d'une fringale qui nous aura un peu laissé sur notre fin. Personellement, je ne pense pas être déçu, loin de là, mais je me demande si je n'attendais pas un peu mieux quand même. La grande satisfaction dans le scénario est sans conteste la bataille dans l'astéroïde, mais la conclusion manque un peu de détails.
Mais ce serait faire un procès injuste à une superbe série qui nous a tenue en haleine, avec un scénario sans doute fragile, mais en tout cas un dessinateur qui s'est affirmé un peu plus avec chaque tome, et qui malheureusement nous quittera trop tôt pour mener à son terme la suite de la saga d'Alef-Thau. Cette saga qui nous a enchanté, il faut bien le dire, grâce aux talents de conteur de Jodorowsky si bien mis en image par Arno. Une histoire magnifique d'héroic fantasy que vous devez posseder absolument.

Apparemment, il est difficile pour les auteurs de reprendre une série aussi brillante avec un scénario aussi captivant le premier. Et d'ailleurs, on se demande si c'était absolument indispensable. Alef Thau ayant récupéré son corps en intégralité, que lui manque t-il ? La réalité, semble t-il. Bon, c'est un peu mince, je trouve. Parce que du coup, le voilà qui construit une fusée pour partir à la recherche du monde réel, à grand renfort de philosophie à deux balles et de sentiments à la guimauve. C'est un peu léger pour lancer une suite.
Ce qui frappe beaucoup, c'est le changement radical que propose cette "deuxième saison". Il y a un changement certain dans le graphisme, plus rond, dans les couleurs, plus vives et moins dégradées (on a l'impression parfois que le coloriste travaille avec la palette 16 couleurs de Windows 3.1), et dans le scénario, beaucoup moins fouillé. Et les vignettes sont plus grande et moins travaillées, il y a un petit coté bâclé dans tout ça. Il n'en reste pas moins que l'univers est là, les personnages, les décors, bref, tout ce qui a fait notre bonheur lors de l'opus précédent.
Bien , ne jetons pas la pierre trop vite, faisons semblant de ne pas savoir que cette deuxième saga va tourner court au second tome (pour cause du décès d'Arno, hélas), et disons nous qu'il est parfois plus difficile de se succéder à soi-même que de réussir brillamment. Un tome, néanmoins, pas indispensable, à réserver aux collectionneurs qui souhaitent absolument posséder l'intégrale. Et puis, ça se laisse lire, tout de même ....

Et voilà, c'est fini. Une histoire qui tourne court, pour cause de disparition du dessinateur, et un deuxième tome qui achève (il n'y a pas d'autre mot) l'histoire et son héros. C'est bien dommage, parce que la première série était géniale. Ici, non seulement le scénario oppose le héros à une suite d'épreuves sans rime ni raison, mais la fin est tout bonnement extravagante. C'est un peu n'importe quoi, et je ne peux pas en dire plus pour ne pas gacher la lecture, mais ça me démange.
Covial prend le relais d'Arno avec talent, mais il lui manque un peu l'inspiration necessaire à mes yeux pour transcrire cet univers onirique. C'est un peu plat, ça manque de conviction, c'est académique, sans plus. Les couleurs sont honnêtes, il n'y a rien de vraiment surprenant. C'est un tome qui vient clôturer le cycle et puis voilà.
Bien sûr, on peut être déçu du résultat, surtout que Jodorowsky est toujours aux commandes du scénario, lui, et qu'il n'a pas lancé ce second cycle pour le bâcler en deux coups de cuillère à pot. Alors ? Faire des sous avec un album vite expédié ? Peut-être. ce serait étonnant de la part de Jodo. Lancer un petit jeune ? Covial n'en est pas à ses débuts. Rendre hommage à Arno ? Le résultat me semble maladroit. Mais bon.
Jugeons simplement le résultat : c'est médiocre. On peut penser que mon avis est influencé par la première série. C'est possible. Je persiste, on attendait mieux de cet album, surtout après quatre ans. Conclusion, si vous êtes fan, vous allez être déçu. Si vous ne connaissez pas encore la série, commencez par le début. Si vous avez déjà les sept premiers tomes ..... Bah, achetez-le ou faites vous le offrir, c'est sûr. Mais c'est un peu du gâchis .....