46 508 Avis BD |20 168 Albums BD | 7 885 séries BD
Accueil
Tome 2 : Flic ou Privé
 

Alack Sinner, tome 2 : Flic ou Privé

 
 

Résumé

Alack Sinner, tome 2 : Flic ou PrivéAfin d'acceder au résumé de Alack Sinner, tome 2 : Flic ou Privé, merci d'activer Javascript.

 

avis bd

Planche de Alack Sinner, tome 2 : Flic ou Privé«Flic ou privé», le présent album, a été réédité chez Casterman en deux tomes: «Mémoires d'un privé» et «Souvenirs d'un privé».Il est généralement considéré comme le meilleur volume d'Alack Sinner avec «Nicaragua»; on peut sans conteste dire que c'est un ouvrage mythique.

Je me suis longuement questionné avant de commencer une critique d' «Alack Sinner»; si cette oeuvre des argentins José Muñoz et Carlos Sampayo regorge d'idées, qu'elles soient graphiques ou scénaristiques, en faire une analyse si minable soit-elle, n'en est que plus difficile.

A la suite de la lecture du résumé, les personnes n'ayant pas déjà lu la série doivent se demander de quoi il en retourne, question naturelle. Elles se rendent bien compte que nous nous trouvons en face d'un polar urbain noir et violent, où une New-York digne de la Babylone biblique est la cité de tous les vices et de tous les maux, «salad bowl» d'ethnies ne cherchant pas spécialement à coexister entre elles.
Le problème est bien que la série ne peut se targuer d'avoir une intrigue claire et poursuivie tome après tome, si ce n'est la vie même d'Alack; emprunte d'un réalisme noir, cette dernière n'est qu'un bien maigre fil conducteur: comme toutes les nôtres, on pourrait y chercher des mois une raison et une finalité propre sans les trouver (...)

Peut-être qu'en réalité l'une des qualités de l'intrigue est là : dans un univers dur mais malheureusement assez réaliste, la vie du personnage principal n'échappe pas à la règle générale ; elle n'est idéalisée ni en bien ni en mal, on n'y trouve pas de grand méchant loup, et bref, c'est une suite assez décousue d'enquêtes et d'histoires où Alack n'est qu'un observateur.

L'atmosphère générale est plus que bien trempée; la violence et la misère y sont omniprésentes (et sans vouloir en déplaire à certains, il est amusant de remarquer que depuis la Cour des miracles pauvreté et violence sont associées; l'Ordre moderne ne serait-il qu'une conception esthétique où l'on frapperait le miséreux de peur que sa «maladie» ne vienne contager nos alignements de lotissements aux haies blanches, et la propreté de nos couloirs dignes de Gattaca? La question reste posée.): chicanos ostensiblement armés, putes sur les trottoirs, ivrognes gueulant rituellement à leurs portes... ce qu'on appelle le «règne de la nuit» semble avoir gagné les heures diurnes de New-York-sur-Loire.
Si la violence est omniprésente, c'est qu'on la voit sourdement: Alack déambule dans les quartiers populaires, et on la voit affichée sur les murs, le macadam; on sait qu'elle peut agir à tout moment mais elle ne le fait que rarement : le lecteur est d'autant plus tendu avant qu'elle n'entre en scène.

On peut dire qu'une des caractéristiques d' «Alack Sinner», est que la tension y est plus suggérée que réellement appliquée (on pourrait s'attendre à ce qu'elle soit visible réellement [fusillades, etc...] en arrière-plan de chaque case -ce n'est pas le cas, mais on la ressent pourtant... étrange sensation), un peu au contraire de «Sin City» de Franck Miller [à relativise, je n'ai pas d'autres exemples à l'esprit à l'instant] : on sent que la violence peut surgir à chaque instant, on est obligé d'en tenir compte car on la sent quotidienne, même s'il elle se fait parfois attendre...
C'est ce côté d' «Alack Sinner» qui nous rappelle les films noirs des années '50 (en plus, Alack, en privé éreinté et noyant son quotidien dans l'alcool, n'est pas sans évoquer d'autres figures du genre...) avec Humphrey Boggart notamment («The deep sleep», etc...) ou plus récemment «Taxi Driver», l'un des premiers Scorsese où De Niro est encore jeune.

Comme vous avez du le comprendre, le scénariste, Carlos Sampayo, maîtrise son ambiance et sa narration; qu'en au dessinateur, José Munõz, il est à son habitude formidable: son dessin hiératique, entrelacis de bandes noires et blanches, parfois difficile à lire mais ô combien singulier et subtil, reste sa marque de fabrique qu'il n'a cessé depuis d'explorer...
On ne peut donc s'étonner que cette paire, de plus soudée par l'amitié, soit devenue l'une des meilleures griffes de la bande-dessinée contemporaine.
«Alack Sinner» est un polar urbain noir, moderne et réaliste, à la violence quotidienne suggérée plus que mise en avant, au personnage de privé usé jouant avec les archétypes; bref une référence!



*On sait que Muñoz et Sampayo aiment le jazz, leurs univers baignent dedans, allez donc voir sur:
http://www.coconino-world.com/s_expo/index.html

*Je conseille d'écouter avec «Alack Sinner» du jazz (Charles Mingus, Hank Mobley, Joshua Redman ou Charlie Parker...) ou du rap (Cannibal Ox, A Tribe Called Quest, Cypress Hill...)


Chronique rédigée par Kolik le 02/03/2003
 
 
Statistiques posteur :
  • 27 (71,05 %)
  • 4 (10,53 %)
  • 7 (18,42 %)
  • Total : 38 avis
 

Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 4,00 Note générale
  • Originalité : 4,00 Originalité
  • Scénario : 4,00 Scénario
  • Dessin : 4,00 Dessin
 
Acheter neuf : 12,89 12,89 12,89
Acheter d'occasion : 5,00
Modifier
 
Devenez fan de la page Facebook de Coin BD pour suivre notre actualité !
 
Note moyenne de l'album : 4.50
Dépôt légal : Janvier 1983

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Alack Sinner, tome 2 : Flic ou Privé, lui attribuant une note moyenne de 4,50/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

9 12 2006
   

C'est un livre que j'ai feuilleté pendant un an où deux dans les bacs des vendeurs d'occases. Le dessin était rebutant, j'étais aussi assez jeune, j'avais 16 ou 17 ans. J'ai passé le pas un jour et en fait c'est maintenant une BD que je recommande à mes amis. Tout au moins à ceux qui ont lu déjà pas mal de BD et qui sont capables de laisser de côté leurs préjugés.

Les dessins sont très forts (plusieurs dessinateurs de BD citent Munoz comme une référence) et collent ou ajoutent encore à l'atmosphère de tristesse et de folie du récit. Il y a une évolution dans le livre. Les premières histoires sont plus conventionnelles puis les auteurs se libèrent et il y a un vrai souffle qui naît et qui se poursuit dans les autres titres de la série comme Le Bar à Joe, Viet Blues et Rencontres, que je recommande également.

PS Ma page préférée la 146 : "Ta tristesse" ....