
Rappelez-vous l'adolescence : cette merveilleuse période entre poussée d'acnée et appareil dentaire... Souvenez-vous de l'angoisse des interros et de l'importance cruciale du top 50...Et que dire de l'envie d'étrangler votre mère qui persistait à vous parler comme à un enfant de 3 ans (et qui recousait les jean's que vous aviez savamment déchirés et usés) ?
Si tout celà ne vous est pas méconnu, alors, pour sûr, Agrippine vous permettra de revivre votre adolescence...et tout ce qui va avec, en prime, l'usage d'un langage strictement réservé aux jeunes de moins de 18 ans - au delà, de tout façon, on devient adulte donc périmé !!!
Le dessin naîf et simpliste propre à Bretécher va de pair avec le caractère des personnages...et, jeunesse oblige, on assiste à une colorisation très "in" et pourtant assez rare chez Bretécher : couleurs vives et acidulées respectent totalement le ton choisi.
Les petites confidences, les ragots et autres rumeurs sordides, les délires des mythos, les obsessions adolescentes sont toutes disséquées : tout y est on se marre de l'asburdité et des mesquineries propres à cet âge... (sans regretter d'être enfin adultes...!) ! c'est vraiment bien écrit, et en toute honnêteté, c'est très drôle ! J'en souris encore...

Agrippine c'est la magie -enfin, plutôt le cauchemar - de l'adolescence à nouveau à portée de main...
Le personnage de Bretécher est horrible d'arrogance et d'agressivité mais ce tableau si bien dressé dans le premier volume ne suffisait pas : la jeune fille se révèle également rancunière et jalouse, voire aussi un peu menteuse histoire de réécrire les choses à son bénéfice... et c'est tout son entourage qui fait les frais de sa mauvaise humeur chronique ! De son papa(-poule) à qui elle annonce être passée à l'acte, à sa mère qu'elle envoie systématiquement balader, personne ne semble échapper aux caprices d'Agrippine !
Bretécher ne nous déçoit pas de ce nouvel opus : Dessins toujours aussi schématiques, vifs et colorés, ton très incisif et environnement particulièrement bien analysé (jusqu'à la cour de récré avec les fameux "scoops"en tout genre et autres rumeurs autrement plus importantes qu'un cours de Maths où l'exercice le plus difficile mais surtout le plus capital consiste à se faire passer un mot sans se faire repérer du prof), l'album se lit d'une seule traite avec un sourire aux lèvres.
L'humour aussi est omniprésent : c'est avec la répartie et la mauvaise foi évidente qui caractérisent si bien l'adolescence que Bretécher nous embarque dans les petites mesquineries et autres petites trahisons de son héroïne. Les dialogues sont d'une efficacité cinglante et les expressions typique d'un langage dont l'utilisateur ne peut en aucun cas dépasser l'âge (canonique) de la majorité !
Bref, c'est un vrai plaisir !