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Tome 3 : Les trois doublons
 

Achab, tome 3 : Les trois doublons

 
 

Résumé

Achab, tome 3 : Les trois doublonsAfin d'acceder au résumé de Achab, tome 3 : Les trois doublons, merci d'activer Javascript.

 

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Planche de Achab, tome 3 : Les trois doublonsVoici donc la suite tant attendue à cette superbe préquelle au célébrissime roman d’Herman Melville. En imaginant la jeunesse d’Achab avant qu’il ne devienne le terrible capitaine du Péquod, Patrick Mallet livre une aventure humaine envoutante qui respecte à la lettre l’esprit de ce chef-d’œuvre de la littérature et qui continue d’alimenter le mythe de cette célèbre baleine blanche, dont le nom suffit à faire trembler les marins les plus téméraires : Moby Dick !

Suite à la dernière attaque du monstre blanc, on retrouve Achab Hawthorne et son ami Elie Coffin, à la dérive au large des îles Marquise. Le développement psychologique du héros de Melville au fil des tomes et des années est remarquable. Les épreuves qu’il est amené à traverser, ne font que renforcer son obsession vis-à-vis de celui qui décima une grande partie de sa famille. Une obnubilation qui le fait lentement sombrer dans la folie, au détriment de sa vie affective et de ses proches. Au fil des pages, la quête vengeresse et sa détermination s’intensifient, alors que les combats inégaux entre mammifères marins et pêcheurs rythment admirablement cette aventure maritime. Chaque apparition du célèbre cachalot vient augmenter la force de ce récit humain, tragique et captivant. Cette alternance entre développement psychologique et scènes d’action, combiné au réalisme et la crédibilité de la description des mœurs et coutumes des habitants de ce lieu entièrement dévoué à la chasse à la baleine, font d’"Achab" une série intelligente, parfaitement maîtrisée et incontournable.

Si la voix-off, alimentée par les écrits d’Achab et d’Emily, est beaucoup plus fournie lors de ce troisième volet bien bavard, l’ennui n’est cependant jamais au rendez-vous. Les dessins de Mallet, superbement mis en valeur par la colorisation de Laurence Croix qui, à l’aide de tons pertinents, contribue également à installer ce récit dans une ambiance adéquate, valent également le détour et créent une atmosphère qui n’est pas sans rappeler celle de l’excellente saga de Mathieu Bonhomme ("Le Voyage d'Esteban").

Bref, vous l’aurez compris, "Les Trois doublons" est à nouveau un excellent tome et nul doute que le suivant, intitulé "La jambe d'ivoire" et expliquant de quelle manière Achab a perdu sa jambe, sera du même acabit. Notons d’ailleurs que cette fin de genèse devrait déjà sortir avant la fin de l’année. Il ne restera alors plus qu’à attendre la cerise sur le gâteau, ce petit tome supplémentaire qui viendra couronner cet hommage à Melville : l’adaptation de son roman. Car, au sein d’un neuvième Art marqué par de nombreuses adaptations littéraires, "Achab" s’inscrit clairement parmi les extensions réussies d’œuvres connues.

Bref, pour ceux qui sont un peu lent à la détente ou trop fainéants pour lire l’entièreté de cet avis, un seul mot : INDISPENSABLE !!!


Chronique rédigée par yvan le 16/07/2010
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
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Note moyenne de l'album : 4.25
Dépôt légal : Juin 2010

Avis des lecteurs

2 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Achab, tome 3 : Les trois doublons, lui attribuant une note moyenne de 4,25/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

15 1 2015
   

Mallet est un véritable artiste et trouve dans la littérature de Melville les petits éléments dans lesquels il va s'insinuer pour développer son histoire. Ainsi, dans Moby Dick, il est indiqué, comme rappelé en 4ème de couverture, que le Capitaine Achab aurait vécu chez les cannibales. Qu'à cela ne tienne, c'est justement après le naufrage dans le tome précédent que Mallet a décidé de faire vivre cette aventure à Achab. En effet, dérivant avec son ami Elie, transformé, il échoue sur une plage où il sera fait prisonnier par une tribu cannibale. Toute cette aventure nous est contée au travers du carnet de voyage d'Achab et prend donc une teinte terriblement réaliste. Même si ces passages sont assez verbeux, ils se justifient par le fait qu'il ne parle pas la langue des indigènes, et que son compagnon d'infortune tient des propos incohérents : une autre narration aurait pu sembler bien vide et ennuyeuse. Achab goûte ainsi à l'exotisme, pendant qu'à Nantucket, Emily fait sa vie, croyant son fiancé décédé. Et tout le talent de Mallet est là : les années passent sous sa plume, sous ses crayons, sans que l'on s'en rende vraiment compte, sans que l'on ait l'impression de perdre quelque chose. Les vignettes muettes, qui font les allers retours entre cette île de cannibales et celle de Nantucket sont bien choisies et permettent avec peu, d'en faire comprendre beaucoup.

Puis vient le temps où Achab réussit à s'échapper, à rentrer à Nantucket, à être embarqué sur un baleinier, où il fera ses preuves, tellement qu'il deviendra lui-même Capitaine. Un capitaine heureux, qui aura retrouvé Emilie, et qui l'emmène avec lui. Encore une fois, c'est avec une facilité déconcertante que les années passent et qu'on a pourtant l'impression de ne rien manquer. Tout cela pour faire ressurgir cette obsession d'Achab pour Moby Dick, une obsession qui se transforme en folie, pour conduire forcément à un final dramatique sur une eau rougeoyante sous les rayons du soleil levant, qui n'est pas sans rappeler tout le sang versé.

Et puis, ce que j'ai apprécié, c'est que depuis que le père d'Achab a tué les membres de la famille de Moby Dick, il y a cette rumeur qui indique que Moby Dick cherche à se venger. Depuis le début de la série, on met cette croyance sur le dos de la superstition des marins, on l'évacue d'un revers de mains car au final, Moby Dick ne cherche pas Achab, c'est le contraire qui se produit. Et pourtant, pourtant, ici, il y a cette vignette d'une baleine blanche gobant un linceul, venant ébranler toute nos certitudes, venant donner à l'animal ce qu'il n'est pas censé avoir, à savoir un esprit de vengeance... C'est subtil, mais c'est prenant.

Cet album est super dense, et très intense, et les personnalités sont parfaitement étudiées, où les dialogues ou textes hors bulles sont exemplaires, témoins d'une histoire mais également d'une époque. Pour moi, ca frise la perfection, mais je n'arriverai jamais, je pense, à totalement apprécier le graphisme réservé aux personnages. Si les environnements sont superbes, notamment grâce aux détails et aux jeux de couleurs particulièrement réussis dans cet album, les visages des protagonistes me semblent ratés et les personnages ne sont pas très joliment représentés.

"Achab" est une jolie série, et qui sait se détacher suffisamment de l'oeuvre de Melville pour ne pas être assomante, tout en y puisant les éléments d'aventure et de personnages nécessaires à la construction d'un scénario solide à la narration presqu'impeccable.