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Tome 1 : Dans l'intimité des terres
 

Abdallahi, tome 1 : Dans l'intimité des terres

 
 

Résumé

Abdallahi, tome 1 : Dans l'intimité des terresAfin d'acceder au résumé de Abdallahi, tome 1 : Dans l'intimité des terres, merci d'activer Javascript.

 

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Planche de Abdallahi, tome 1 : Dans l'intimité des terresEn se basant sur les carnets de voyage de René Caillié, alias Abdallahi, Christophe Dabitch et Jean-Denis Pendanx nous livrent une adaptation romancée du périple de cet homme qui a risqué sa vie afin de réaliser son rêve.

Nous sommes au début du XIXème siècle, l’Europe a pris pied sur les côtes africaines et les différents pays européens se lancent à la conquête de l’intérieur des terres du continent noir. Au milieu de ces assauts militaires peu fructueux, un français débute un pèlerinage esseulé de 4500 kilomètres à pied en 2 ans, des côtes du Sénégal à Tanger, sans aucun soutien de la nation et en se faisant passer pour un Egyptien musulman.

Cet album commence avec la naissance d’Abdallahi, le serviteur de Dieu. Fraîchement converti à l’Islam, René Caillié, Charentais fils de bagnard, va initialement surtout vouloir servir sa gloire personnelle en devenant le premier Européen à revenir vivant de Tombouctou, ville interdite aux Blancs.

C’est une aventure périlleuse que l’on suit au sein d’un continent africain encore vierge de colonisation. Une aventure qui va confronter Abdallahi et le lecteur aux beautés non souillées de l’Afrique, une quête qui ouvre les yeux sur l’Islam, les coutumes de tribus locales et la colonisation meurtrière. Un choc de cultures dans un passé qui paraît bien lointain, mais qui résonne encore aujourd’hui tout en incitant le lecteur à la réflexion tout au long de ce voyage passionnant.

Une première partie de ce diptyque biographique qui est de toute beauté, avec 88 pages peintes avec des couleurs directes. Des vignettes qui respirent l’atmosphère d’une Afrique poussiéreuse à la chaleur palpable. Une colorisation magnifique, brûlante et brillante. Des peintures dignes de peintres impressionnistes et que l’on aimerait bien accrocher à ses murs.

Tout comme le "Photographe", on vit un magnifique voyage au milieu d’un continent, dont on prend plaisir à découvrir la culture et la religion sous un angle différent, sous l’angle de personnes qui ont repoussé leurs propres limites et nous ramènent la pureté, la richesse culturelle et la chaleur humaine des pays qu’ils ont croisés, mais qui nous ramènent également une réflexion qu’il est bon de tenir. Une compréhension de l’autre qu’il est toujours bon d’avoir et qui incite au respect, qu’il s’agisse d’une autre culture, d’une autre période, d’une autre religion ou d’une autre personne.


Chronique rédigée par yvan le 29/03/2006
 
 
Statistiques posteur :
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Ajout d'avis

 
  • Note du chroniqueur : 5,00 Note générale
  • Originalité : 4,50 Originalité
  • Scénario : 5,00 Scénario
  • Dessin : 4,50 Dessin
 
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Note moyenne de l'album : 4.08
Dépôt légal : Février 2006

Avis des lecteurs

6 internautes ont donné leur avis sur l'album BD Abdallahi, tome 1 : Dans l'intimité des terres, lui attribuant une note moyenne de 4,08/5. La chronique BD ci-dessus est prise en compte dans le calcul de cette moyenne.

26 5 2014
   

C'est l'histoire d'un voyage, d'un pari fou, d'un rêve de voyageur qui veut réussir là où tant d'autres ont échoué : être le premier blanc à rentrer et surtout, à revenir, de Tombouctou. René Caillé se donne les moyens de cette expédition, mais son seul paquetage, ce sera le mensonge qu'il monte : il feint d'être musulman, il apprend une religion, il apprend une langue, il apprend une attitude qui lui permettra de se fondre dans le décor, et d'être accepté toujours plus loin dans son voyage. A mesure que le récit avance, René s'enfonce dans son mensonge et pour le lecteur, il y a cette peur constante qu'il se fasse repérer et démasquer. Une belle tension, ou plutôt, une belle intensité enveloppe ce récit, soulignée par des aquarelles qui rendent toute l'aridité de la géographie, toute la méfiance des peuples, tous les délires d'un homme malade. Abdallahi ne fera pas le chemin seul : il sera accompagné d'Arafamba et entre les deux hommes très différents, qui ont en commun un goût pour les faux semblants, il y a un respect qui se dégage et bientôt une amitié qui naît. A l'intensité des situations s'ajoute celle des sentiments. Avec tous ces éléments, le lecteur vit l'expédition de René plus qu'il ne la lit. Il y a bien quelques longueurs, notamment lors des délires de René, mais dans l'ensemble, l'oeuvre est assez forte. On lui reprochera toutefois un manque de clarté dans les motivations des uns et des autres, qui rend certains passages inaccessibles.

12 8 2011
   

C'est après avoir lu "Jeronimus" que j'ai appris l'existence de ces deux albums, qui ont fait aussi l'objet d'une Intégrale. Et vue la claque infligée par l'histoire de l'apothicaire voyageur, je n'ai eu aucune hésitation à me procurer cette biographie romancée de René Caillié.
Une autre histoire de voyage, une autre histoire marquante d'un homme poussé vraissemblablement par un désir de rédemption, son père ayant été bagnard, par une ambition qui l'a ravagé et à la fois fait vivre : être le premier blanc à revenir vivant de Tombouctou, la ville légendaire décrite alors comme celle aux cours d'eau charriant or et rubis...
Et quelle gifle à nouveau ! J'avoue ne pas savoir si j'admire plus les récits épiques de Dabitch ou les magnifiques peintures de Pendax, mais une nouvelle fois, la lecture de volume m'a subjugué.
Magnifique !

27 9 2006
   

Une très belle BD.
J’avoue que j’ai lu cet album avec un a priori un peu méfiant, tant le côté « auteurisant art & essai » de Futuropolis me fait un peu peur. Mais plus je lis des BD de cet éditeur, plus mes convictions s’émoussent.
"Abdallahi" est donc un récit sous forme initiatique, qui nous emmène sur les pas de René Caillié, qui décida en 1924 de devenir l’un des derniers grands défricheurs de territoires en Afrique. Si l’intrigue manque un peu de souffle, il faut reconnaître qu’elle ne manque pas d’ambition. Bien écrite, bien découpée, elle bénéficie en outre du dessin très inspiré de Jean-Denis Pendanx. Proche de la peinture, celui-ci nous permet de découvrir une autre Afrique, chaleureuse, riante, mais aussi dure, avec ses propres lois.
Ne vous fiez pas à sa couverture un peu austère, "Abdallahi" est probablement un futur classique.

13 5 2006
   

René Caillé est le premier Français a être entré dans Tombouctou, la ville mythique. La cité y était interdite aux blancs et, surtout, aux infidèles.
C'est pourquoi René entreprit de se convertir, de s'intégrer dans une tribu de bédouins. C'est cette histoire, inspirée des carnets de ce "routard" du 19ème siècle, que les auteurs nous propoqsent.
Si certaines planches font penser à une sorte de "vie de Jésus", elles n'en possèdent pas moins une réelle chaleur, dues le plus souvent à la technique de coloriage qu'au désert.
L'album est soigné et très beau visuellement mais il soufftre de certaines lenteurs.

28 4 2006
   

Une attraction langoureuse et puissante m'a poussé à acheter cette BD. La couverture et le nom m'ont hypnotisé par leur poésie, le style graphique est époustouflant de beauté. Il n'y a pas beaucoup à rajouter pour que vous deviniez que je suis tombé sous le charme de cet album.

Je ne reviendrai pas sur l'histoire qui est extrèmement bien présentée par Yvan dans son résumé et son avis. Je m'attarde sur toutes les émotions et pensées qui m'ont assaillies à la lecture d'"Abdallahi".

Les dessins sont autant d'invitations aux rêveries tant le style apparaît parfois comme onirique. On vit le récit à travers l'ambiance chaude de l'Afrique, parfois étouffante, parfois floue, oscillant entre ombres et clartés mais toujours splendide.

Ce dessin magnifique contraste souvent avec la violence des propos et des situations. Le contexte historique nous renvoie à la colonisation et à l'esclavage avec ses épisodes honteux, ceux où les blancs et les maures ont marqué à jamais l'histoire du peuple noir en l'asservissant.
Ce récit autobiographique relate les mentalités de l'époque: les peurs inspirées par l'étranger, la méconnaissance des coutumes de l'autre cristallisent les comportements autour de la violence. Rappelons nous qu'aujourd'hui encore il reste un long chemin à parcourir dans l'inconscient collectif dans ce domaine...

Le discours n'en oublie pas d'être léger de temps à autres, de véhiculer des valeurs de bonté et de partage. Cette incursion dans les terres africaines révèlent les richesses humaines et naturelles de ce continent.

Merci pour cette immersion dans un périple riche en réflexion et qui procure un sentiment d'évasion auquel j'avais rarement goutté dans une BD réaliste.