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Avis BD de Chalybs
 

Avis BD de Chalybs sur 9 Tigres


Note moyenne de Coin BD sur la série 9 Tigres Moyenne Coin BD : 2,83/5
Note moyenne de Chalybs sur la série 9 Tigres Moyenne de Chalybs : 3,00/5
 
9 Tigres, tome 1 : Xiao Wei
ajouté le 26/02/2009
Note de l'album : 3,00
Tome 1 : Xiao Wei

Avec ce premier tome d'une nouvelle série, Vatine renoue avec le scénario. Dessinateur fabuleux des premiers tomes de l'incontournable "Aquablue", j'avoue que voir son nom sur cette BD à la très belle couverture m'a convaincu de l'ouvrir. Déjà rien que cette couverture laisse rêveuse. Tout le charme de l'asie transpire à travers elle. Mise en place des éléments, couleur rappelant le bambou…et beauté asiatique. De quoi attraper l'œil.

Mais attention, cette couverture sert de couverture à l'as de l'infiltration et de l'élimination. Elle n'est pas vraiment représentative du contenu de cette BD. A peine de son état d'esprit. Si l'Asie est au rendez vous avec une héroïne tout droit sortie de Chine qui cavale en Thaïlande, le calme et la volupté évoqué par la couverture n'est pas vraiment au rendez vous.

Le scénario relativement classique, à la limite de la caricature parfois s'inspire de maints films et autres productions pour composer l'histoire.

One ø Wan est la tueuse numéro un de la mafia Chinoise numéro un. N'allez pas autant imaginer qu'elle fait parti des numéros un de la mafia, elle n'appartient qu'au troisième cercle (ce qui est somme toute très bien vue son âge de 18 ans…)
Alors, elle va découvrir que son dernier contrat n'était autre que sa grand-mère qui s'est elle-même commanditée afin d'attirer One ø Wan à elle et pouvoir mourir de la main la plus chère d'Asie. Elle en profitera pour lui raconter sa vie et lui faire découvrir ses origines. Entre les clichés, le scénario se laisse lire. Bien ficelé, la bobine se déroule sans nœuds à la tête et on suit ses révélations sans férir. C'est à la fois un bon et un mauvais point. Bon point, parce que ce tome nous apporte d'emblée des révélations au sujet des protagonistes. Pas la peine d'attendre trois tomes avant de découvrir le comment du pourquoi. Mauvais point, parce que tout cela fait quand même rudement réchauffé. De plus certains éléments laissés vacants, certains indices parsemés de ci de là me font frémir si j'ai raison sur une suite où le final pourrait s'avérer catastrophique de banalité. Alors, certes, j'ose espérer Qu'Olivier Vatine va nous pondre un vrai scénario avec plus d'originalité qu'il ne nous le laisse pressentir, mais pour l'instant, je ne suis pas convaincu.
Pour autant, l'ambiance que Vatine impose m'a bien plu, alternant, action pure et dure, découpage au katana et mitraillage à la M60 et moment plus intime de recueillement et de délire dû au sevrage que subit notre jeune héroïne. Rien que ça, me fait dire que cette BD mérite un coup d'œil.

Mais surement que l'un des grands points fort de cet album, à mes yeux est le dessin et ses couleurs.
Dessiné ET mis en couleur par Jian Yi, celui-ci contribue plus que de nécessaire au succès de ce premier tome. Jian Yi né en Chine, commença à dessiner très tôt, pour parfaire sa formation ensuite à l'Institut des Beaux-arts. Produisant d'abord des illustrations, il va très vite rejoindre la génération montante de dessinateurs de manhua, pour finalement fonder son propre studio à Beijing.
Et son style réaliste bien qu'il se soit fortement modelé sur le concept de la BD Franco Belge s'en ressent. Alors que chez certains éditeurs, on prend des dessinateurs européens qui rendent des copies moyennes tendance manga, ici, c'est tout l'inverse et cela sent bon le véridique.
Le style est fin, à mi chemin entre l'école classique et ses décors classieux et l'école moderne Chinoise contribuant aux mangas. Moi, qui n'aime pas les mangas en général, j'aurai pu avoir peur, mais la composante classique semble prendre le dessus et l'ensemble très inspiré m'a charmé. Pourtant les premières cases m'ont fait peur, avec des cadrages risqués mais légèrement aléatoires et quelques postures mal maitrisées. Mais rapidement, tout rentre dans l'ordre. Jian Yi a du talent et on sent qu'il peut encore progresser dans la maitrise du découpage et du style propres à la bande dessinée franco Belge.
Son trait est magnifiquement rehaussé par de très belles couleurs. Pourtant, là encore ce n'était pas gagné tellement l'informatique m'a tout d'abord frappé. Et puis, les premières cases du rêve en jaunes m'ont là encore rapidement convaincu. Les couleurs jouant entre les couleurs vivent et les pastels plus classiques savent jouer avec les émotions, les lieux et actions. Joli. Comme quoi, quand on prend son temps et qu'on a un peu de talent on arrive à de bons résultats quelques soit l'outil utilisé.

Une bonne BD de série B. D'ailleurs, c'est écrit sur la couverture. Pas de mensonge, on sait à quoi s'attendre et on en a pour son argent. Rien de révolutionnaire, mais bien née.