
Attention, ouvrage ovni !
Cet tome, qui traite du travail des deux attachants mangaka croisés dans 20th Century Boys, est un album concept complètement déjanté, déconnecté de l'histoire principale, et qui présente les différents travaux de ces auteurs farfelus qui tentent d'arriver à la perfection sans vraiment comprendre la manière d'y parvenir, ces derniers ayant un peu de mal avec la prise de recul et l'auto-critique.
L'espace d'un album, 20th century boys se transforme donc en shonen ecchi de qualité, empruntant tous les codes du genre (de la petite culotte aux hypertrophies mammaires, en passant par l'indispensable saignement de nez du héros-puceau trimballé malgré lui dans des aventures le dépassant complètement).
Il fallait oser, et c'est tout simplement génial de l'avoir fait !
On lit ce spin-off comme une sorte de défouloir bienvenu, une manière de faire tomber la pression et de tomber dans l'humour basique et franchement fendard parfois - quelle fraicheur !
Mais le gros morceau, c'est surtout le dessin d'Urasawa, qui à l'instar d'un Giraud / Moebius trompe complètement son monde : lorsqu'il dessine les travaux des deux mangaka, son trait connait une mutation incroyable, rendant méconnaissable son style, du moins aux premiers abords. Evidemment, les spécialistes de l'auteur retrouveront son talent de la mise en scène, ses décors travaillés (un poil trop pour du shonen commercial de base) et quelques signes distinctifs laissant percevoir le "style Urasawa" en arrière-plan - mais quelle surprise !
Sans s'étendre sur le scénario, surtout prétexte à un bon gros délire comme on n'en connaissait pas chez cet auteur, c'est donc surtout le fun décomplexé qui prime ici. Et ne serait-ce que pour celà, l'album mérite toute votre attention.
Toutefois, si vous cherchiez un complément à l'histoire de base... la déconvenue risque d'être sévère. Vous êtes prévenus !

Ca démarre doucement, mais surement !
En effet, Urasawa prend le temps de mettre en place son petit monde, nous présentant les différents personnages de sa série (qui sont bien plus nombreux que ceux de Monster), et nous fait découvrir l'innocence de leur enfance, source de l'intrigue présente.
Les passages d'une époque à une autre coulent de source, et les parallèles semblent plus qu'évidents.
Amusant de retrouver les références de la fin des années 60 (Woodstock et ses 500 000 spectateurs, qui feront rêver les petits garçons, mais aussi - et surtout - le premier pas sur la Lune ! Incroyable pour l'époque), perçues par des enfants qui refont le monde dans leur petite planque au fond d'un pré, près d'un vieil arbre, qui deviendra beaucoup plus tard un Bowling, enterrant par la même occasion leurs souvenirs...
Le rythme, bien qu'un peu lent, est régulier et permet la découverte des traits psychologiques de chacun des petits/grands héros, partie qu'Urasawa ne néglige surtout pas, tant chacun des tomes de ses séries est une étude du genre humain.
Le dessin, quant à lui, est très propre, et d'inspiration européenne, très différent de se que l'on a l'habitude de lire dans le monde du manga. Dynamique (les passages de courses de Donkey sont vraiment très drôles, tout comme le personnage, d'ailleurs :)) quand il le faut, son style varie suivant la situation, pour s'adapter au récit.
Un bon premier tome, qui promet beaucoup !

Mais cette série est fantastique... mais cette série est géniale... inventive... originale.... et c'est surement pas le cinquième tome de 20th Century Boys qui me fera mentir !
A l'inverse des tomes précédents, l'auteur a ici cindé l'histoire en deux parties distinctes : l'une se situant lors du réveillon du 31 décembre 2000, peu de temps avant la fin du monde annoncée, et la seconde en 2014.
On voit les personnages principaux évoluer et nous dévoiler petit à petit leur vraie personnalité (le changement psychologique des deux jumeaux est plutôt suprenant !), on découvre encore de nouveaux personnages secondaires, et l'on oublie l'espace d'un instant la bande de Kenji pour suivre la vie de Kanna... en 2014 !
Une fois de plus, tout est remis en cause, et Urusawa s'amuse avec un naturel déconcertant à nous remettre en question, nous faire réfléchir sur l'univers de ce manga qui n'est pas si simple qu'il ne parait.
Le dessin, si particulier de l'auteur, alterne les genres pour devenir dynamique lors des scènes d'actions, plus posé le reste du temps... son trait est variable, ce qui donne à l'ensemble un style vraiment net et propre.
20Th Century Boys entre pour moi dans le panthéon très fermé à mes yeux des mangas cultes par le biais de cet album... à lire !

Derrière le résumé énigmatique de ce 19ème tome se cache le grand retour "officiel" d'un personnage phare de la série. Rien que pour cela, cet opus mérite amplement d'être lu !
Mais c'est surtout pour sa découverte de l'"après fin du monde" que ce tome est indispensable. En effet, malgré le petit nombre de tomes qui nous séparent déjà de cet évènement, tout reste encore à découvrir pour le lecteur qui évolue dans un univers complètement inconnu.
Urasawa prépare au fil des tomes une fin très travaillée, alors que, malgré toute attente, le mystère autour d'Ami ne cesse de s'épaissir.
Pourtant, ne croyez pas à une série sans fin ! En effet, alors que le tome 20 est sorti au japon, la preview de fin d'album laisserait penser au combat final opposant nos héros à Ami... dans quelques tomes, nous connaitrons donc le dénouement de tout cela !
En attendant, on aime toujours autant se laisser guider par cet auteur au talant narratif et graphique évident. La forteresse qui protège Tokyo est digne d'un Miyazaki, complètement incongrue et visuellement très attirante.
Le monde de 20th century boys ne manque pas de ressources, et la lecture des tomes qui compose cette série incroyable est toujours aussi agréable... vivement la suite !

La fin est proche, on le sent à la lecture de ce vingtième tome.
Le groupe de héros se réunit une dernière fois, tous fermement décidés à en finir avec Ami, alors que Kenji refait surface et se rend à Tokyo pour lui aussi s'engager dans l'affrontement ultime.
Difficile de lire ce tome sans ressentir une pointe de nostalgie. Redécouvrir tous les personnages que nous avons aimé et que nous avions perdu de vue l'espace de quelques tomes est assez agréable, et promet beaucoup pour la suite, alors que Kiriko refait elle aussi son apparition et semble d'un intérêt décisif dans le sauvetage de l'humanité entière.
Comme toujours Urasawa tient son public, ne le lache pas. La narration est parfaite, le suspense haletant, et tout semble converger vers une fin de qualité.
De plus, le dessin de l'auteur, à la fois très japonais et très européen, colle parfaitement à la narration et permet des délires graphiques assez géniaux parfois (j'adore la manière dont sont représentés les différents forts de cette époque post-apocalyptique).
Maintenant, un TRES GROS bémol :
Sur le site de "La bande à Kenji" (http://labandeakenji.free.fr), une news semblent particulièrement alarmante datant d'avril 2006 :
"Les rumeurs vont bon train suite à la fin inattendue de la série, en effet d'après une note du magazine qui publie 20thCB, la suite de la série/seconde partie serait publiée au printemps 2007 (oui vous avez bien lu 2007) et Urasawa aurait décidé je cite "de disparaître quelques temps, en attendant de se revoir un jour prochain". [...] La fin de la série ne serait donc pas une véritable fin? ou alors seulement la fin d'un cycle? [...] Ou alors hypothèse qui circule actuellement sur le net : Urasawa était à cour d'idées pour fini 20thCB et toute cette "mise en scène" ne serait là que pour lui permettre de gagner du temps, de réfléchir pour trouver une fin correcte.
Le problème est que d'après ceux qui ont lu ce fameux dernier chapitre la fin de la série laisserait en suspend la majeure partie des questions posées par Urasawa depuis le début, ce qui évidement est une frustration énorme pour tous lecteurs assidus de 20thCB.".
Bref, sortie de la série qui semble inquiétante pour le moment.. mais qui ne doit en aucun cas entâcher votre lecture de cette admirable série, en espérant que tout se termine bien :)