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Avis BD de yvan

 
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Tome 1 : Sélection Naturelle

Non non, ceci n’est pas la réédition du tome 1 de la série "American Vampire" par Urban Comics, mais une mini-série spin-off en cinq épisodes, qui se déroule en parallèle de l’histoire principale. Aux manettes de ce premier récit complet intitulé « Survival Of The Fittest », on retrouve le désormais incontournable Scott Snyder. Après les deux excellents tomes de "Batman – Sombre Reflet" et à l’aube du lancement de "Batman – La cour des hiboux", l’auteur a décidemment la cote chez Urban Comics.

On quitte donc cette série mère, qui invite à suivre l’histoire d’une nouvelle race de vampires tout en parcourant différentes périodes de l’histoire des Etats-Unis, pour un récit qui se déroule après les évènements relatés dans les deux tomes édités par Panini Comics. Le lecteur retrouve d’ailleurs Felicia Book et Cash MgCoogan, deux personnages de la série régulière. En lançant ce tandem à la poursuite d’un remède contre le vampirisme, dans une Roumanie occupée par les nazis, Scott Snyder situe non seulement son récit de l’autre côté de l’Atlantique, mais propose également une aventure d’espionnage particulièrement efficace qui prend place durant la deuxième guerre mondiale.

C’est donc dans une ambiance mêlant espionnage et fantastique, que le lecteur suit les déboires de ce commando de deux personnes partis affronter le 3ème Reich et son armée de créatures surnaturelles dans une forteresse roumaine qui cache bien des secrets. Ce récit qui joue la carte de l’action permet d’approfondir le mythe vampirique, tout en s’intéressant à la relation entre les deux personnages principaux.

Visuellement, le style de Sean Murphy est assez éloigné de celui d’Albuquerque sur la série principale, mais son dessin sied parfaitement au récit, tout en s’inscrivant parfaitement dans l’ambiance sombre du label Vertigo. Il insuffle beaucoup de rythme à l’histoire et la colorisation de Dave Stewart est somptueuse, comme d’habitude !

Superior, tome 1 : Le voeu magique
ajouté le 14/05/2012
Tome 1 : Le voeu magique

Cet album reprend les épisodes #1 à #4 de la saga US "Superior", écrite par Mark Millar et dessinée par Leinil Francis Yu.

À l’instar du très bon "1985", Mark Millar livre une sorte d’hommage aux super-héros de l’âge d’or et à Superman en particulier. Alors que Chrisopher Reeves est devenu tétraplégique après avoir incarné le héros, Millar imagine un postulat inverse. Son héros est un jeune ado en chaise roulante qui a l’occasion de devenir « Superior », un super-héros has-been du grand écran.

La construction de ce récit qui passe par la découverte des pouvoirs, les premières interventions super-héroïques et la médiatisation croissante, est certes assez classique, mais l’histoire de ce petit garçon handicapé qui retrouve une liberté physique totale en acquérant les pouvoirs de son idole est finalement très attachante. De plus, le rôle joué par cet étrange petit singe cosmonaute procure un fond très mystérieux à l’intrigue, ainsi qu’un cliff-hanger qui donne sacrément envie de connaître la suite.

Mark Millar a pour habitude d’alterner le moins bon et le très bon (comme "Ultimates" ou "Wolverine - Old Man Logan"), mais suite à cette mise en bouche prometteuse, ce récit a pour l’instant tendance à se classer dans la deuxième catégorie. Visuellement, on retrouve le style très reconnaissable d’un Leinil Francis Yu qui livre à nouveau de l’excellent boulot.

Vivement la suite !

Massacre au pont de No Gun Ri
ajouté le 10/05/2012

Massacre au pont de No Gun Ri est un manwha qui témoigne de la tragédie qui s’est déroulée durant la guerre de Corée.

Cette brique démarre pourtant sur un ton paisible et si la guerre est très vite annoncée, l’horreur met cependant du temps à nous atteindre. Il y a d’abord les autorités qui se veulent rassurantes et puis cet exode massif vers le Sud qui se met tout doucement en route. Et alors que les conséquences de l’invasion des troupes nord-coréennes et de l’arrivée des troupes américaines se font progressivement ressentir, Park Kun-Woong vient frapper le lecteur de plein fouet en détaillant mort par mort, ce massacre perpétré sur des civils coréens réfugiés sous l’arche d’un pont. Les témoignages rapportés par les quelques survivants de cette tuerie qui dura plusieurs jours deviennent vite insupportables et le sort de ces familles meurtries dans l’obscurité et confrontés à des choix et des événements indescriptibles est plus qu’inhumain.

Si je ne suis pas trop fan du dessin, en multipliant les tons sombres, celui-ci parvient néanmoins à conserver un peu de pudeur en dissimulant quelque peu l’horreur des scènes derrière des traits aussi sombres que cette page de l’Histoire.

Édifiant !

Tome 3 : La vengeance de Garance

Après une sortie scolaire en direction de la Fête de la Bûche, les acteurs de ce slasher burlesque et parfois bien trash, réintègrent le décor du premier tome. Les gentils petits écoliers reviennent donc dans leur petite classe accompagnés de Mlle Plébaire, mais…. Aaarrrgggg… Norman manque à l’appel !!! Rassurez-vous, notre apprenti tueur en série va vite refaire surface lors de ce nouveau tome riche en hémoglobine et délicieusement déjanté.

Cette suite permet donc de retrouver les charmants bambins de la classe du petit Norman, ainsi que leur maîtresse d’école. Dès la première planche, Stan Silas donne clairement le ton et propose un récit parodique qu’il installe confortablement dans le genre horrifique. Le petit Bader, ce petit costaud aux lunettes particulièrement solides, a d’ailleurs un compte à régler avec le petit Norman et force est de constater que l’affrontement entre les deux ne se termine pas en eau de boudin. La scène est drôle, les dialogues sont percutants et l’horreur est à nouveau abordée de manière moins explicite et plus intelligente. Une petite oreille par-ci, une dent par-là, l’auteur parsème son récit de détails gores qui font bien rire.

Au menu de ce troisième volet, il y a donc de la saucisse maison et une foule de personnages hauts en couleur, voire déchiquetés. L’auteur livre des personnages extrêmement expressifs et le fait d’utiliser des enfants pour les rôles principaux renforce encore un peu plus le côté caustique de la farce. Si les bouilles des enfants sont très réussies, les rares adultes qui apparaissent dans cet album ne sont pas en reste. La maîtresse d’école, tyrannique, alcoolique et dépressive est à ce titre un véritable régal et la leçon de pédagogie qu’elle étale au milieu de ses collègues est à pouffer de rire.

Et puis, il y a à nouveau ce délicieux décalage entre la forme et le fond, qui constitue l’une des principales forces de ce récit qui multiplie les références horrifiques. Le contraste entre le scénario sanguinolent et le graphisme faussement naïf, presque enfantin, pourvu de personnages cartoonesques aux grosses têtes, fonctionne à merveille. Si les dessins très ludiques et le trait tout en rondeur donnent l’impression de parcourir un album jeunesse, rien n’est moins vrai, car cette série n’est pas à mettre entre toutes les mains et l’air mignon des petits copains de classe de Norman est donc carrément trompeur !

Tome 2 : Volume 2

Charley’s War est un chef-d’œuvre de la bande dessinée britannique, paru sous forme d’épisodes dans la revue britannique Battle entre 1979 et 1986. Excepté quelques épisodes publiés dans les magazines “Bengali” et “Pirates”, cette histoire réalisée par Pat Mills et dessinée par Joe Colquhoun n’avait pas encore réussi à franchir la Manche. Grâce au nouveau label Delirium, fruit d’une collaboration entre les éditions Ça et Là et 360 Media Perspective, c’est maintenant chose faite… et de bien belle manière !

Alimentée par des faits authentiques, ce récit qui traite de la guerre 14-18 invite à suivre les aventures de Charly Bourne : un jeune « Tommy » de 16 ans qui, en mentant sur son âge, se retrouve au front, à quelques jours de la terrible bataille de la Somme. Le fait de suivre les pas de ce jeune britannique un peu stupide, mais courageux et foncièrement bon, permet non seulement de plonger le lecteur dans le quotidien de la Première guerre mondiale, mais surtout de lui faire découvrir le point de vue anglais.

Après un premier tome, qui se déroulait entre les mois de juin et août 1916, le lecteur retrouve Charlie au milieu des horreurs du front. Courant dans les tranchées pour aller prévenir les lignes arrières qu’ils sont en train de pilonner leurs propres troupes, Charlie va découvrir que l’ennemi ne se trouve pas uniquement de l’autre côté du No Man’s Land. Du bombardement de leur camp par leur propre bombardier à la célèbre « field punishment No.1 », en passant par des officiers pourris, cette seconde intégrale dénonce l’injustice et l’inhumanité de certaines actions qui se déroulaient dans le camp des alliés.

Après les attaques au gaz du tome précédent, ce deuxième volet va mettre en avant une seconde arme inventée par l’être humain pour détruire encore plus et encore plus vite : les tanks. Pour les hommes, passer de l’insalubrité des tranchées au huis-clos suffocant de ces engins crachant le feu, n’est pas vraiment une promotion et les chances de survie toujours aussi minces.

Si le réalisme de ces scènes tirées de faits réels impressionne, c’est surtout l’humanité dégagée par cette œuvre qui fait mouche. Au sein de la Grande Histoire, Pat Mills invite en effet à découvrir les petites histoires de simples soldats. Multipliant les détails et les anecdotes, Pat Mills restitue la dureté du conflit avec grand brio. Le graphisme noir et blanc de Joseph Colquhoun fourmille de détails et contribue également à dépeindre le quotidien des tranchées avec énormément de réalisme.

L’une des meilleures bandes dessinées jamais écrites sur la guerre et un troisième volume prévu en octobre 2012.

Sept, tome 9 : Sept personnages
ajouté le 10/05/2012
Tome 9 : Sept personnages

Le second volet de la deuxième saison de cette collection au concept commercialement séduisant, basé sur le chiffre 7 (7 tomes, 7 missions à haut risque, 7 équipes de 7 hommes décidés à réussir, et surtout un défilé de 7 scénaristes et 7 dessinateurs assez alléchant), est confié à Fred Duval et à Florent Calvez.

Bon, autant le dire tout de suite, je n’ai vraiment pas aimé cet album et il y a plusieurs raisons à cela.

Si cette collection dirigée par David Chauvel et inspirée des films « Les 7 Samouraïs » et « Les 7 Mercenaires » permet d’alterner les genres, elle se frotte ici au littéraire et ce n’est déjà malheureusement pas trop ma tasse de thé.

L'idée de base de cet hommage à Molière n’est pourtant pas mauvaise et le fait de donner vie aux personnages de ses pièces pour enquêter sur son empoisonnement présumé me paraissait assez intéressante. Malheureusement, on ne croit pas une seconde à ce rassemblement entre ces sept personnages issus des comédies de Molière (Scapin, Harpagon, Alceste, Argan, Agnès, Tartuffe et Dom Juan), qu’ils reviennent d’entre les morts ou non.

Si le groupe des sept ne convainc pas, l’intrigue n’a rien de vraiment emballant non plus. L’histoire n’avance pas et l’on se contente de suivre le va-et-vient des personnages, sans véritablement entrer dans l’histoire. Reste alors le dessin, qui parvient certes à restituer l’ambiance de l’époque, mais qui propose des personnages un peu trop figés.

Bref, je n’ai pas aimé !

Tome 1 : Nettoyage de bilan

Near Death est une nouvelle série écrite par Jay Faeber et dessinée par Simone Guglielmini, dont le premier tome vient de paraître chez Atlantic BD.

Ce premier volet reprend les cinq premiers épisodes de la saga US et permet de faire connaissance avec le personnage principal et l’univers dans lequel il évolue. Le point de départ de cette saga peut paraître surprenant : suite à une blessure par balle, un tueur à gages professionnel se retrouve aux portes de l’Enfer en compagnie de toutes ses victimes. Pas trop emballé par cette vision, il décide de se racheter du mieux qu’il peut en sauvant dorénavant des vies.

L’univers brutal et sombre de Near Death et l’ambiance polar noir font inévitablement penser à Criminal, véritable référence en la matière. Ce récit qui se déroule dans la ville de Seattle, invite donc à suivre la nouvelle quête d’un héros froid, méthodique et sans pitié. Chaque épisode a sa propre intrigue et contribue à faire évoluer la quête de Markham, ainsi que les personnages secondaires. L’ensemble est parfaitement maîtrisé et le scénario devient de plus en plus intéressant au fil des pages, le personnage principal se faisant progressivement rattraper par son passé.

Visuellement, le travail de Simone Guglielmini est également très efficace. Les planches sont très lisibles et collent parfaitement au ton sombre du scénario.

Un bon petit polar et un twist final qui laisse présumer d’une suite.

Tome 6 : Le dernier des innocents

Chaque nouvel album de "Criminal" peut se lire indépendamment des autres, construisant au fil des tomes une saga incontournable. Si cette série s’inscrit comme l’une des références en matière de polar noir, le talent d’Ed Brubaker n’y est sans doute pas pour rien. Grand habitué du monde du crime ("Gotham central", "Sleeper"), déjà couronné deux fois aux Eisner Awards à titre personnel (Best Writer en 2007 et 2008) et une fois pour cette série (en 2007), il pilote cette saga avec grande maestria.

Contrairement aux tomes précédents, le scénariste n’installe plus son récit dans les bas-fonds d’une grande ville américaine, où chacun passe son temps à flirter avec les règles du Milieu, souvent du mauvais côté de la loi, mais invite le lecteur à découvrir la sympathique petite ville de Brookview. Même le personnage principal ne semble pas avoir le profil de l’emploi pour pouvoir venir jouer un rôle principal au sein de cette saga sombre et pessimiste. Riley Richards est non seulement riche, mais il a en plus une femme canon. Heureusement, les apparences sont trompeuses car il a contracté quelques dettes de jeu, son beau-père est un véritable trou du cul et sa femme le trompe avec un type qu’il ne supporte pas, originaire de Brookview, sa ville natale. Alors, quand il revient à Brookview pour l’enterrement de son père, qu’il renoue des liens avec son meilleur pote d’antan et avec une amie d’enfance, Riley a subitement envie de démarrer une nouvelle vie… mais changer de vie a évidemment un prix !

Ed Brubaker nous livre à nouveau un classique du genre, parfaitement huilé et prenant de bout en bout. Le travail effectué sur le développement psychologique des personnages est une nouvelle fois phénoménal. Il y a d’abord ces flash-backs qui permettent de découvrir son passé et ses relations affectives avec les autres protagonistes, mais il y a également cette narration en voix-off qui scrute dans les pensées les plus sombres du héros et lui procure énormément de profondeur.

Visuellement, Sean Philips ("Sept" Psychopathes, Sleeper) nous réserve également une belle surprise. On retrouve évidemment son dessin réaliste, à l’encrage solide, mis en valeur par un jeu d’ombres et une colorisation qui contribuent à faire ressortir toute la noirceur du récit et des personnages. Mais lors des flash-backs, il propose également un graphisme qui rend hommage aux Archie Comics. Ce style enfantin qui semble destiné à un public plus jeune permet de séparer les pensées actuelles du personnage principal de ses souvenirs. Un exercice de style qui s’avère particulièrement efficace.

Bref, encore un tome phénoménal signé Ed Brubaker et Sean Philips ! J’attends d’ailleurs avec grande impatience les prochains albums de ce duo : un tome d’Incognito, mais surtout une nouvelle série intitulée "Fatale".

Daytripper : au jour le jour
ajouté le 06/05/2012
au jour le jour

Récompensé du prix du meilleur album aux Eisner Awards 2011, Daytripper fait partie des œuvres à ne louper sous aucun prétexte. De plus, Urban Comics a l’excellente idée de publier les dix épisodes de cette saga des frères jumeaux brésiliens Gabriel Bá et Fábio Moon en un seul volume.

L’album invite à suivre Brás de Oliva Domingos, un écrivain de chroniques nécrologiques, à différents moments de sa vie. Chacun des dix chapitres se concentre sur un événement important de la vie du personnage et est ponctuée de sa propre nécrologie. Cette mort métaphorique du personnage à la fin de chaque épisode donne encore plus d’importance au moment vécu et invite à profiter encore deux fois plus de ce que l’existence lui réserve par la suite. Sans respecter la chronologie de la vie du personnage, le récit aborde des questions existentielles autour de l’amitié, de la filiation, de l’amour, de la mort, de l’enfance, de la famille, de la vieillesse, de la paternité et du travail. Fait d’une multitude de petits riens, l’album s’attarde sur les détails de la vie, accentue leur importance et démontre finalement la richesse de l’existence de chacun.

Dès la couverture, cet ouvrage à quatre mains installe un ton totalement différent du caractère assez violent du reste de la production Vertigo et plonge le lecteur au sein d’un voyage onirique particulièrement humain. La justesse du récit est prolongée au niveau du graphisme délicat et soigné, le tout étant rehaussé par la colorisation experte d’un Dave Stewart que l’on ne présente même plus. Du grand art !

Ce petit chef-d’œuvre qui incite les lecteurs à vivre leur vie pleinement est d’ailleurs recommandé par Cyril Pedrosa ("Portugal") et Craig Thompson ("Habibi") : rien que ça !

La douceur de l'enfer, tome 1
ajouté le 06/05/2012
Tome 1

Voulant exaucer le dernier vœu de sa grand-mère mourante, Billy Summer s’envole pour Séoul afin de participer à une cérémonie commémorative donnée en l’honneur des vétérans de la guerre de Corée. De plus, c’est pour lui l’occasion rêvée de prendre le temps de réfléchir à sa relation avec Émily, tout en essayant d’en apprendre un peu plus sur ce grand-père tombé au front un demi-siècle plus tôt. Pensant assister à la décoration à titre posthume d’un héros de guerre, il va cependant vite découvrir d’autres vérités sur cet aïeul qu’il n’a jamais connu.

Édité dans la superbe collection Signé du Lombard, ce premier album réalisé en solo par Olivier Grenson aurait également fait bonne figure au sein de celle des éditions Dupuis ("Secrets"), ayant pour thème de lourds secrets de famille. Si l’auteur choisit de s’appuyer sur cette guerre oubliée, magistralement abordée dans le manhwa "Massacre au pont de No Gun Ri", le véritable propos de ce diptyque est en effet une intrigue familiale riche en surprises.

Sur fond de cette tragédie sanglante qui fit près de trois millions de morts et qui divise encore aujourd’hui les deux Corées, Olivier Grenson invite donc à suivre la quête initiatique d’un jeune américain hanté par des souvenirs douloureux. Au fil de flash-backs savamment dosés, il développe progressivement la psychologie de son personnage central : des douleurs d’antan à sa relation sentimentale délicate, en passant par l’incroyable destinée de son ancêtre. Faisant preuve d’une grande maîtrise narrative pour ses débuts en tant que scénariste, il prend son temps pour construire son récit en emmène habilement le lecteur vers un cliffhanger de format, qui donne indéniablement envie de connaître le fin mot de cette histoire.

Loin d’être un débutant au niveau du dessin, Olivier Grenson ("Carland Cross", "La femme accident", "Niklos Koda") étale une nouvelle fois tout son talent artistique. Si les planches dégagent à nouveau une élégance presque mélancolique, qui tranche admirablement avec la dureté de ce conflit abordé en toile de fond, ce sont véritablement les scènes oniriques somptueuses, issues de l’imaginaire de Billy lorsqu’il était enfant, qui permettent au lecteur de s’évader d’une réalité qui ne fait que peu de cadeaux tout au long du récit.

Une première partie de voyage efficace et de toute beauté !

Doggybags, tome 2
ajouté le 05/05/2012
Tome 2

Après un excellent premier tome, Run continue de prendre son pied au sein de ce Label 619 des éditions Ankama et propose trois nouvelles histoires complètes d’une trentaine de pages pour ce deuxième exemplaire de "Doggybags" mêlant thriller, frisson et horreur !

Le principe demeure le même : En proposant un mix d’auteurs et un concept série B, axé sur la violence et l’horreur, “Doggybags” rend hommage au cinéma Grindhouse des années 60-70 et s’inspire du concept de Quentin Tarantino et Robert Rodriguez pour leur diptyque Boulevard de la mort (Death Proof) / Planète terreur (Planet Terror). Si les auteurs ont droit à un magnifique défouloir qui permet de laisser libre cours à leur créativité, le lecteur a droit à trois histoires bien trashs qui sortent des sentiers battus : des scénarios sans concession qui mêlent violence, humour bien macho, blondes pulpeuses, sexe et beaucoup d’hémoglobine.

La première histoire, intitulée « Elwood and the 40 bitches », écrite par Antoine Ozanam et dessinée par Kieran, invite à suivre un loser qui se fait draguer par une bombasse dans une station-service perdue dans un bled pourri. Une fois le décor planté, la belle nymphomane dévoile des tatous bizarres et notre plouc se transforme en justicier voulant sauver la planète d’une invasion extraterrestre à coups de pelle dans la gueule. S’il est un peu dommage d’abimer tant de beaux châssis à coups de pelle, ce récit qui s’amuse avec la réalité des choses respecte totalement l’esprit du tome précédent et a donc le mérite d’installer le lecteur immédiatement dans la bonne ambiance. We want more !!!

La deuxième histoire, intitulée « The Border », écrite par Run himself et dessinée par Guillaume “Blacky” Singelin, invite à suivre trois miliciens sans remords dans le désert de Sonora. Cette fois, ce ne sont plus des belles nymphomanes qui se font éclater, mais des clandestins mexicains qui, à défaut de vivre le rêve américain, se font dégommer en passant la frontière. Les auteurs font de l’excellent boulot au niveau de l’ambiance et proposent une fin surprenante qui installe un nouveau danger assez inattendu, issu des croyances mexicaines. Très bon !

La dernière histoire, intitulée « Vol Express 666 », à nouveau écrite par Run et dessinée par Bablet, propose un combat à 6000m d’altitude, inspirée d’un fait réel. Ce récit surprend car on a droit à un brin de développement psychologique, qui permet de comprendre pourquoi cet homme agressa trois pilotes d’un avion de la FedEx en plein vol. Mais rassurez-vous, si le personnage principal à droit à un peu plus de profondeur que les protagonistes des histoires précédentes, cela ne l’empêche pas de faire un véritable carnage bien sanglant à coups de marteau en plein vol, le tout au sein d’un huis-clos bien prenant. Il faut surtout souligner l’excellent travail de Bablet au niveau du graphisme.

Pour le reste, l’ambiance est à nouveau soignée jusque dans les moindres détails, de la maquette du livre au style rétro et usé de l’ensemble, en passant par les fausses publicités, les posters, les mini-coupons à découper ou ce vrai-faux courrier des lecteurs, qui sont insérés avec minutie dans l’album, rappelant au bon souvenir des vieux comics périodiques US.

Batman - Sombre Reflet, tome 2
ajouté le 05/05/2012
Tome 2

Si la couverture de cette conclusion accroche immédiatement le regard, il faut à nouveau souligner le travail d’édition remarquable effectué par cet éditeur qui a récupéré l’intégralité des droits de DC Comics. De cette frise chronologique de l’univers DC aux bonus, en passant par une présentation pertinente des personnages en début d’album, le travail éditorial est vraiment de qualité. D’ailleurs, pas besoin de relire le premier volet, car, même s’il n’est paru qu’il y a quelques semaines, l’éditeur a tout de même prévu un petit résumé des événements précédents. Du grand luxe !

Cette deuxième moitié de diptyque, qui reprend les épisodes #876 à #881 de Detective Comics, écrits par Scott Snyder et dessinés par Jock et Francesco Francavilla, confirme immédiatement tout le bien du tome précédent. Pour rappel, l’histoire se situe au moment où le costume de Batman repose encore sur les épaules d’un Dick Grayson (le premier Robin) venu suppléé le Dark Knight lorsque celui-ci a disparu de la scène. Si Bruce Wayne est revenu depuis, il passe néanmoins son temps à recruter de nouveaux alliés pour son projet Batman Inc et laisse son ancien acolyte s’occuper de la protection de Gotham City contre le crime.

Cette suite démarre par une scène d’ouverture pour le moins surprenante. Le cadavre d’un orque est en effet découvert dans le hall d’entrée de l’une des banques principales de la ville. Si l’enquête menée par Dick “Batman” Grayson s’avère assez classique, l’intrigue est cependant menée de main de maître et permet de raviver des souvenirs familiaux douloureux chez Dick. En parallèle à cette nouvelle enquête dans les bas-fonds de Gotham City, Scott Snyder continue évidemment de s’intéresser aux déboires de la famille Gordon suite au retour de James Gordon Jr, le fils psychotique du commissaire. La tension monte au fil des pages et le mélange entre développement psychologique et intrigue policière fonctionne à merveille. Quant au Joker, qui semble être fait pour illustrer des couvertures d’albums, il se mêle avec brio à l’histoire, brouillant les pistes, jouant son jeu favori et incarnant brillamment l’esprit malsain qui règne à Gotham City.

Visuellement, cet album propose d’ailleurs une plongée particulièrement sombre dans les rues de cette ville qui installe à nouveau son atmosphère pesante au diapason du scénario. Francesco Francavilla et (surtout) Jock livrent des planches sublimes qui accentuent admirablement la noirceur de l’intrigue et retranscrivent avec maestria cette menace sombre et malsaine qui semble vouloir faire de Gotham City un personnage à part entière de l’univers de Batman.

Une excellente conclusion à un diptyque incontournable !

Pablo, tome 1 : Max Jacob
ajouté le 27/04/2012
Tome 1 : Max Jacob

C’est un long flashback qui ramène Fernande et le lecteur dans le Paris des années 1900. La vieille femme se souvient du Montmartre d’antan : un quartier en pleine effervescence culturelle, où les artistes se bousculent autour de l’Exposition Universelle.

À travers l’histoire de Fernande (Amélie de son vrai prénom), une jeune fille provinciale mariée de force qui parvient à retrouver sa liberté, le lecteur va multiplier les rencontres et faire la connaissance d’un jeune catalan surdoué et très productif. De l’arrivée de Pablo Picasso en France à sa rencontre avec Max Jacob, en passant par ses relations affectives et ses déboires professionnels, le lecteur découvre un jeune homme qui n’est pas encore le génie que tout le monde connaît. C’est surtout la rencontre avec le poète Max Jacob qui va influencer le style du jeune artiste, l’incitant à exprimer ses sentiments à travers ses toiles au lieu de peindre ce que les autres veulent.

Visuellement, je suis fan du graphisme de Clément Oubrerie depuis la lecture de "Aya de yopougon". Si les planches sont superbes, l’excellente mise en couleur contribue également à rendre l’ambiance qui régnait dans le Montmartre du début du XXème siècle.

Un tome introductif qui multiplie les rencontres et offre d’avantage un regard intéressant sur une époque qu’un portrait détaillé de Pablo Picasso.

Après avoir lu les séries plus commerciales d’Eric Corbeyran, j’avais découvert son côté plus intimiste en lisant "Elle ne pleure pas, elle chante". Convaincu par cette dernière lecture, je décide donc de m’attaquer à cet album au titre particulièrement intriguant.

Ce one-shot raconte tout d’abord l’histoire d’un écrivain en panne d’inspiration, un sujet qui ne déborde donc pas d’originalité. Lorsque Louis Levasseur, l’auteur à court d’idées, découvre le journal intime de son ancienne voisine dans un sac poubelle, le récit devient déjà beaucoup plus intéressant et la raison est toute simple : Léa, l’ex-voisine, est apparemment victime d’une étrange pathologie psychique. C’est l’envie de découvrir l’origine du traumatisme de Léa qui incite le lecteur à tourner les pages de cet album, espérant enfin découvrir pourquoi elle est victime d’une amnésie ménagère qui ne l’empêche pas seulement d’utiliser l’aspirateur, mais également le grille-pain ou la machine à laver.

Entretenant savamment le mystère à l’aide d’une narration particulièrement efficace qui effectue des allers-retours sans jamais perdre le lecteur, Corbeyran parvient également à prendre le lecteur à contre-pied, le temps d’un final habile qui donne une autre tournure au récit, tout en soulevant un problème de société grave.

Si Léa ne se souvient pas comment fonctionne l’aspirateur, l’auteur sud-coréen Gwangjo n’a par contre pas oublié comment dessiner. Même s’il trahit ses origines au niveau de mimiques parfois exagérées et d’insertions humoristiques assez inutiles, son crayonné distille parfaitement les émotions de personnages particulièrement expressifs, tout en insufflant beaucoup de mélancolie à l’ensemble.

Un très bon one-shot !

Tome 5 : L'empire

Cette cinquième intégrale reprend les épisodes #38 à #47 de la série US New Avengers (The Breakup (38), Echo (39), The Empire (40-47)), ainsi que l’épisode Avengers – The way things are… paru en mai 2009.

Si le quatrième volet, qui servait de prologue à "Secret Invasion", risquait de rebuter les néophytes, celui-ci va probablement leur procurer une indigestion. Au milieu de "House of M", "Secret Invasion", "Civil War", "Shadowland" et les réunions d’Illuminatis, le néophyte a intérêt à bien s’accrocher.

Ce tome qui se déroule en parallèle de "Secret Invasion" prolonge le climat de suspicion qui règne au sein des super-héros et l’idée que l’un d’entre eux puisse être un Skrull est au centre des débats et installe un climat de paranoïa et de méfiance tout au long du récit. Mais ce cinquième tome est également très riche en révélations et nous en apprend beaucoup plus sur le pourquoi et le comment de l’invasion Skrull. Très intéressant donc !

J’ai également bien aimé l’histoire développée autour de la relation entre Luke Cage et Jessica Jones. Depuis les événements de Civil War et l’application de cette fameuse loi de recensement, Luke Cage s’est réfugié dans la clandestinité et ne souhaite qu’une chose : protéger sa femme Jessica Jones et leur fille Danielle. Mais cela risque bien de changer avec cette suite imaginée par Brian Michael Bendis, dont le début renvoie un peu à l’ambiance de la série "Alias", alors que la fin nous abandonne sur un cliffhanger de format.

Si j’ai plus de mal à trouver de plus-value à la présence du dernier épisode, visuellement, dans l’ensemble, c’est toujours très agréable à suivre, avec une petite préférence pour les dessins de Jim Cheung et David Mack.

Birdy's : L'alternative
ajouté le 27/04/2012
L'alternative

Ce one-shot étonnant invite le lecteur à suivre une bande de drôles d’oiseaux, à la recherche de plumes dans un monde régi par des règles aussi strictes qu’étonnantes. Ce périple initiatique, dont on découvre progressivement les raisons, débute dans un univers grisâtre et conduit nos joyeux lurons au pied d’un arbre recouvert de plumes aux couleurs chatoyantes. C’est ce Graal, nommé Gwez-Meur, qui est au centre de la cérémonie que Nolwen nous propose de partager et qui permettra à l’un des « Birds » de devenir « Passeur ».

Si les personnages s’avèrent immédiatement extrêmement attachants et que le scénario propose une jolie métaphore sociétale, doucement bercée par une bonne dose d’absurdité, j’aurais cependant aimé en apprendre un peu plus sur ce monde aussi original qu’intéressant.

Derrière cette superbe couverture légèrement matelassée, le lecteur découvre en effet un univers envoûtant et terriblement poétique. À l’instar de l’excellent "La saison de la couloeuvre", la couleur joue un rôle primordial au sein de l’intrigue, prenant progressivement le dessus sur un univers plutôt terne à la base. Multipliant les planches peu bavardes, l’album se lit certes à grande vitesse, mais n’est cependant pas dépourvu de quelques longueurs, que le lecteur s’empressera néanmoins d’oublier suite à une chute aussi originale qu’attendrissante.

Tome 15 : Le Sens de la chute

Ce quinzième tome reprend les épisodes US #76 à #83 (Le sens de la chute (76-79), Un choix à faire (80) et Tarentula (81-83)) de cette série phare de Vertigo, prévue en 100 épisodes dès le départ.

Malgré la reprise du catalogue DC/Vertigo par Urban comics, le nouvel éditeur ne perd pas de temps et gâte d’entrée son nouveau lectorat comics. Il propose non seulement une réédition des premiers tomes en version cartonnée, mais propose également la suite de cette saga dans le même format souple que Panini. Le quatrième de couverture de ce quinzième opus rappellera d’ailleurs aux lecteurs qu’il ne reste plus que trois tomes à sortir. Cette formidable aventure touche donc tout doucement à sa fin et il est grand temps pour tous les protagonistes de choisir leur camp.

Brian Azzarello continue donc de bouger ses pions sur le gigantesque échiquier qu’il a mis en place depuis le début de cette saga. Les Minutemen, l’agent Graves et le Trust continuent donc de se repositionner suite aux derniers événements, dans un tome à nouveau riche en machinations, magouilles, alliances et trahisons. Cette partie d’échecs politique assez complexe que l’auteur développe en toile de fond est à nouveau portée par une avalanche de personnages extrêmement charismatiques qui se croisent avec maestria au fil des pages, dans un ballet de dialogues savoureux.

Si l’heure est aux règlements de comptes entre les différents Minutemen, le lecteur devra sérieusement s’accrocher dans ce tome qui fait converger un grand nombre de personnages croisés lors des tomes précédents. Entre ceux qui ont choisi leur camp et les indécis, le lecteur devra effectivement tenter de ne pas se perdre. Si l’on retrouve Remi et Ronnie, les deux frangins issus du tome précédent, Wylie, Victor, Dizzy, Loop, Lono, Jack, Mr. Branch, Benito, Cole Burns et l’agent Graves sont également de la partie. Cela fait effectivement beaucoup de monde pour un seul tome, mais Brian Azzarello s’intéresse surtout au sort de Dizzy, suite à l’assassinat de Shepherd. Si, au passage, l’auteur revient également sur les débuts de Shepherd et Graves, il développe également une histoire de tableaux d’art en Italie en deuxième moitié d’album. Vous l’aurez donc compris : c’est un menu très copieux qui nous est proposé dans ce quinzième tome, mais comme la qualité est à nouveau au rendez-vous, l’on est bien loin d’être rassasiés.

Visuellement, le travail de l’argentin Eduardo Risso (“Je suis un vampire”) demeure irréprochable, tout comme celui de Patricia Mulvihill à la colorisation.

Les Seigneurs de Bagdad
ajouté le 27/04/2012

Déjà paru sous le nom de "Pride of Baghdad" chez Panini, cette réédition d’Urban Comics, rebaptisé “Les Seigneurs de Bagdad” pour l’occasion, narre l’histoire de quatre félins s’échappent du zoo de Bagdad au printemps 2003.

Ce récit imaginé par Brian K. Vaughan part d’un fait réel, totalement anecdotique qui s’est déroulé durant l’invasion de l’armée américaine dans la capitale irakienne. Le scénariste de "Y : Le dernier homme" va se servir de cette tribu de lion qui retrouve la liberté suite à un bombardement américain, pour servir une réflexion intelligente sur la liberté. Cette formidable allégorie qui invite à découvrir la guerre à travers le regard d’animaux féroces se situe entre le récit d’aventure et l’essai philosophique.

Si les lions essayent surtout de survivre dans une ville ravagée par la guerre, ils s’interrogent également sur cette liberté qui s’offre à eux et sur le rôle joué par leurs ex-gardiens. Le parallèle avec le régime de Saddam Hussein est vite fait et donne une dimension supplémentaire à cet œuvre. Que signifie la liberté pour ceux qui en ont été privé depuis si longtemps ? Si certains ont connu un monde meilleur avant cette dictature, mais ont finalement perdu leur âme et la force de se rebeller, d’autres n’ont jamais connu autre chose que cette vie derrière les barreaux. Si certains vont découvrir le vrai visage de leurs geôliers, tous vont se rendre compte que la liberté a un coût.

Si le scénario est évidemment identique à la précédente version de Panini, visuellement l’édition d’Urban Comics est beaucoup mieux car elle respecte le format TPB original de l’œuvre et ne massacre pas les planches au niveau de la découpe. Et c’est important car le travail du jeune dessinateur québécois Niko Henrichon mérite le respect. Situant son récit au sein d’un décor apocalyptique, il propose néanmoins des planches très aérées qui ont une grande puissance évocatrice, le tout rehaussé par une colorisation informatique qui restitue parfaitement la chaleur et l’aspect poussiéreux de cette ville orientale.

Un excellent one-shot !

Superman - Superfiction, tome 1
ajouté le 27/04/2012
Tome 1

S’il y a deux super-héros DC qui ne pouvaient pas manquer à cette première salve d’albums éditée par Urban Comics, ce sont bien évidemment Batman et Superman. Après avoir lu l’excellent "Batman – Sombre reflet", je m’attaque donc à ce “Superman – Super fiction”, écrit par Joe Casey, dessiné par Derec Aucoin et reprenant les épisodes #610 et #612 à #616 de la série US « Adventures of Superman ».

S’il faut à nouveau souligner l’excellent travail éditorial d’Urban Comics, il faut également applaudir la rapidité avec laquelle ils nous proposent les suites. La preuve : j’ai à peine le temps de chroniquer ce premier tome que le second volet de ce diptyque, reprenant les épisodes #617 à #623, vient déjà de sortir.

L’originalité de ce récit se situe dans le fait que Superman doit y affronter des personnages issus d’un roman de Conrad, un ancien professeur de journalisme de Clark Kent. Tout le monde sait qu’aucun personnage issu de la réalité est capable de rivaliser avec Superman, alors, effectivement, pourquoi ne pas aller puiser dans la fiction ? L’intention est donc très bonne, mais à aucun moment le lecteur ne doute que Superman na va pas l’emporter.

Visuellement, Derec Aucoin livre un travail plus qu’honnête, avec un style légèrement rétro qui colle assez bien au ton du scénario.

Bref, une histoire inédite en France qui ravira les fans de Superman.

Percy Shelley, tome 1
ajouté le 27/04/2012
Tome 1

Cette nouvelle saga prévue en deux tomes s’attaque à deux auteurs phares de la littérature anglaise du XIXème siècle. Ce tome-ci est ainsi dédié aux frasques de Percy Bysshe Shelley (1792-1822), tandis que le suivant se concentrera sur sa femme Mary, fille du philosophe Godwin, auteure du célèbre Frankenstein et initiatrice du mouvement gothique.

Ce premier volet retrace quatre années de la vie de Percy Shelley, de la publication de son pamphlet « De la nécessité de l’Athéisme », qui lui vaudra son éviction de l’Université d’Oxford et poussera son père à le déshériter, à sa rencontre avec Mary Godwin. David Vandermeulen (lisez "Fritz Haber" !) survole les quelques années qui séparent ces deux évènements à très (trop) grande vitesse. Sa vie avec Hariet Westbrook, sa première épouse défile ainsi à grande vitesse, l’auteur choisissant surtout de mettre en avant la vie aventureuse et insouciante de cet anti-royaliste athée qui renie ses racines aristocrates pour vivre une existence faite de rébellion, d’amour et de poésie. En privilégiant une approche légère et dynamique, au détriment d’une analyse biographique approfondie, et en se concentrant principalement sur les frasques du dandy britannique, le lecteur n’apprend malheureusement pas grand-chose sur l’écrivain. Mais, à défaut d’être véritablement didactique, ce récit multipliant les péripéties se veut particulièrement divertissant.

Visuellement, le dessin de Daniel Casanave s’accorde parfaitement au ton léger et humoristique de cette biographie. L’aspect caricatural des personnages conforte encore un peu plus cette approche détachée du personnage.