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Avis BD de CoeurDePat

 
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Kuklos
ajouté le 10/08/2005

Sans faire de jeu de mots hasardeux, on peut dire que "Kuklos" est un album très noir. On commence par suivre le narrateur lors de son adolescence et sa découverte du Ku Klux Klan. Celle-ci se fait très naturellement : c'est pour lui à peine une découverte, c'est juste... logique. Et puis le temps passe, et on le retrouve trente ans plus tard, toujours au sein du KKK, mais dans une situation plus élevée.

Ce qui frappe dans "Kuklos", c'est le côté narratif de la chose. A aucun moment il n'y a de véritable réflexion, de dénonciation ou d'approbation du racisme, de la violence... L'histoire est juste racontée, montrée, de façon finalement assez détachée malgré la violence qui pourtant suinte de partout. Et les personnages sont violents. Tous. C'est d'ailleurs à mon avis un des points forts de cet album que de se concentrer là-dessus, le résultat est une haine omniprésente, sans fondement, sans tentative d'explication, rien que de la haine qui se nourrit d'elle-même.

Le ton de sylvain Ricard est décidément très particulier, très sombre, plus encore que dans "Banquise". J'ai parfois un peu regretté le dessin, par moment pas assez fort ou dynamique à mon goût, mais à dire vrai il participe pour beaucoup à l'histoire et à sa réussite.

Seul petit reproche, les passages narrés par la voix off, denses et importants pour l'histoire, qui créent une cassure dans le récit. Mais sans doute étaient-ils nécessaires pour faire tenir "Kuklos" en un tome (80 pages, quand même).

Les deux du balcon
ajouté le 10/08/2005

Tombé sur cet album vraiment par hasard, c'est avec une certaine curiosté que je l'ai abordé, essentiellement à cause de son graphisme du genre gravure, mettant en scène une ville un peu psychédélique façon Fred, qui me paraissait intéressant...

Et sinon l'histoire, c'est quoi ? Eh bien justement, c'est là que se situe en grande partie l'originalité de cet album, l'histoire c'est un texte à caractère scientifique ou artistique, enfin bref à la base sérieux (comprenez chiant), on le découpe pour le mettre dans la bouche d'un des personnages pendant que l'autre s'extasie (Oh, ah, mais..., etc) ou énonce quelques contre arguments, ou au contraire encourage le développement du discours par de petites questions, et voilà.

Ca fait sourire la première fois, mais toutes les histoires sont construites sur le même principe, c'est lourd. D'autant plus lourd quand on lit vraiment tout le texte...

Bref, on m'a laissé entendre que J.C. Menu adorait Masse, moi j'aime bien J.C. Menu (enfin ce que je connais de ce qu'il fait, pour être précis), mais là je n'aime pas "Les deux du balcon". :(

Le Sommet des dieux, tome 4
ajouté le 11/04/2005
Tome 4

Le tome 3 délaissait quelque peu l’alpinisme pour suivre de très près l’enquête de Fukamachi sur les traces de l’appareil photo de Mallory. S’ensuivait l’enlèvement de Ryoko et une tentative de chantage mettant en jeu ce même appareil. Certes rythmé et trépidant, il se détachait assez nettement des tomes précédents en proposant un suspense d’un genre plus policier, ainsi que plus d’action et de course-poursuite…

Ce quatrième et avant-dernier tome au graphisme toujours aussi superbe remet les pendules à l’heure. Si l’un des vilains fait encore son apparition, c’est pour être éliminé dans les dix premières pages. Restent donc 300 pages d’escalade. Habu Jôji se lance dans son ascension de l’Everest. En hiver. Sans oxygène. Par le chemin le plus difficile. Et Fukamachi, en reporter et alpiniste amateur qu’il est, va essayer de le suivre le plus longtemps possible.

Mais ces 300 pages parviennent surtout à faire toucher du doigt une aventure humaine. Car l’escalade, on s’en ficherait presque. Pourquoi Habu Jôji cherche-t-il donc à accomplir cet exploit ? Pour vaincre la montagne ? Non, bien sûr. Pour la gloire ? Non plus. Comme il le dit lui-même, il n’est rien, il n’a aucune idée de ce qu’il doit faire de sa vie. Sans la montagne il n’est qu’un déchet, un rebut, personne. Alors il grimpe pour être un alpiniste, pour être. Parce qu’en accomplissant cela, non seulement il prouve son existence, il lui trouve un sens, mais tout simplement il devient.

Fukamachi, moins aguerri, le suit de loin, difficilement. Face au manque d’oxygène, aux chutes de pierres, aux difficultés de l’escalade, aux douleurs et à la fatigue, le découragement le gagne. Et pourtant il continuera. La montagne n’apporte aucune réponse, aucune raison de vivre, car la réponse est ailleurs. En l’homme. Et pour parvenir à ce sommet l’homme doit se dépasser, aller au-delà de ce qu’il est. Ainsi le titre de la série prend-il tout son sens.

Dans la prison
ajouté le 08/04/2005

Deuxième manga d'Ego Comme X (après L'homme sans talent), et deuxième choix remarquable.

Exposant le quotidien au sens strict du terme de l'auteur durant son séjour de trois années en prison, cette oeuvre se révèle assez fascinante de part le souci poussé du détail (parfois assez incongru quoique pertinent dans le sujet, comme l'utilisation des toilettes) et le ton très particulier qu'elle véhicule. On a en effet plutôt l'habitude des prisons à l'américaine, avec des clans, une violence latente prête à exploser à tout instant, des haines fortes, un climat malsain, des gardiens souvent gratuitement méchants. Rien de tout ça ici. Le quotidien de cette prison japonaise semble fait d'un calme cotonneux rendant lointain et irréel le monde extérieur. Comme le laisse souvent entendre l'auteur, il s'agit là presque d'un cocon où l'on finit par se trouver bien, à l'abri des tracasseries... pour autant qu'on respecte les règles extrêmement strictes du lieu. Rangement des objets, manière de s'adresser aux gardiens, façon de marcher dans le couloir, tenue vestimentaire, tout, jusqu'au moindre détail, est réglementé ! C'en devient quasi obsessionnel pour les détenus qui en viennent logiquement à intégrer ces règles strictes. Dans ce quotidien quasi intemporel, ce sont les repas qui rythment le temps qui passe. Très variés, abondants et de bonne qualité, l'auteur les décrit souvent en grand détail... Ca donne l'eau à la bouche mais on les passe volontiers.

Le ton de cet album est vraiment particulier. Tout y semble paisible, dépassionné au sens éthymologique [*] du terme. Pourtant l'auteur y glisse de nombreuses connotations [*] : humour, ironie, critique. La peine de prison semble pleinement assumée, les détenus s'entendent plutôt bien ensemble, tous semblent collaborer pour que tout se déroule le mieux possible... Tout cela a un côté un peu enfantin, comme des gosses qui essaieraient de bien se tenir, craintifs de se faire gronder.

Le dessin de Hanawa est assez excellent. Assez "veille école", peu de trames, beaucoup de hachures, décors souvent fouillés, réaliste et précis et légèrement caricatural pour les personnages et les visages, on y touve aussi des intégrations de figures de styles ilustrant très bien le propos (fermeture éclair à la place de la bouche, personnage prenant la forme d'une pyramide, etc.).

Témoignage très intéressant et résolument original quant à sa forme et sa nature, "Dans la prison" pose une foule de questions non seulement sur cette vie carcérale, mais également à travers elle sur notre société et son fonctionement. D'une lecture très riche derrière sa sobriété apparente, cette oeuvre me semble mériter amplement un culte, quoique particulier, l'album étant très atypique. La seule chose qui me fait hurler, c'est son prix. 25€, même pour un livre de grande qualité au niveau du contenu et de la fabrication, ça fait mal.


Notes sur l'objet : papier épais de très bonne qualité, blanc cassé. Couverture superbe, agréable au toucher. Dos résistant à l'ouverture de l'album à condition de ne pas insister (sinon il peut se casser). Notes très abondantes, essentiellement culinaires. Adaptation graphique (traduction des idéogrammes intégrés au dessin) bonne (sous-titrage sous les cases la plupart du temps) quoique pas toujours commode ; parfois intégrée au dessin par manque de place (double page 146-147, particulièrement chargée, assez pénible à lire). Quelques coquilles et fautes.


[*] J'm'escuze de parler riche, m'sieurs dames...

Tome 1

Manga sombre et violent datant de 1980, Satsuma présente un aspect historique pour l'instant très poussé, plus encore que dans "Lone Wolf & Cub". S'il ressemble un peu à ce dernier, le propos est plus vaste puisqu'il traite d'une époque, d'un climat social, d'une révolte. Les parenthèses (encore plus) historiques sont d'ailleurs multiples, parfois un peu complexes (les termes japonais ne facilitant pas la compréhension immédiate) mais pas pesantes pour autant, au contraire.

La "réalité" de l'époque est très bien décrite, ainsi que l'état d'esprit de la population. Par moments ce manga aurait presque un aspect documentaire, comme lorsque l'auteur décrit les différents métiers exercés par les samouraïs (p.60-71), qui montre un souci poussé de documentation et qui apprend pas mal de choses sur ces métiers et façons de faire.

La première scène, en grande partie muette et assez longue (60 pages), fait preuve de violence, presque de cruauté. Très dynamique, sa lisibilité n'est pas toujours parfaite (alors que dans le reste de l'album tout est très fluide), mais elle donne bien le ton. Le dessin présente très peu de trames, et ressemble parfois beaucoup à celui de "Lone Wolf & Cub", dynamique et vraiment agréable. Un point noir tout de même : la police de caractères quand les personnages crient, toute distordue, et surtout assez illisible...

Très bien pour l'instant, assez passionnant (même s'il établit surtout l'ambiance, le climat et l'état d'esprit des différentes classes), ce premier tome augure d'une suite prometteuse.

Et en plus la jaquette est très belle et les notes de fin de volume intéressantes et enrichissantes. Aucune raison de s'en priver, donc.

Zipang, tome 1
ajouté le 08/04/2005
Tome 1

Je trouve étonnament peu de choses à dire sur ce premier tome. Une fois qu'on a dit que le sujet est le même que celui de Nimitz, retour vers l'enfer -- à savoir un bâtiment de guerre moderne, ici japonais, qui se retrouve pris dans une tempête et est renvoyé en pleine guerre du Pacifique, avec tous les problèmes et possibilités que cela comporte -- tout est dit. O_o

Le sujet est porteur, prenant, et son traitement efficace. Pas de temps mort, un bon équilibre entre quelques scènes assez intenses et des passages au rythme beaucoup plus lent où les personnages se demandent quoi faire. Le découpage est agréablement fluide et le dessin bon, en contraste avec Spirit of the Sun, du même auteur, qui lui présentait de gros manques sur ces deux points. Les personnages sont un peu perdus, et on sent une comparaison possible à faire avec L'école emportée.

En tout cas ce tome s'avale. La série traine par contre sur 17 tomes pour l'instant au Japon (série en cours, donc), de quoi redouter une baisse d'intérêt au fil des tomes...

L'arbre au soleil, tome 1
ajouté le 08/04/2005
Tome 1

Attention, pavé ! 320 pages assez denses font de ce volume une looongue lecture. Les ingrédients principaux de cette histoire sont pour l'instant la médecine, le sexe, et l'Histoire.

La médecine avec une rencontre assez brutale des médecines japonaises et occidentales. La première ayant une confiance aveugle en sa pérennité et une méfiance exacerbée envers ce qu'elle perçoit comme une invasion. Se cachent surtout là-dessous nombre de jeux de pouvoir. On assiste à des actes de chirurgie très réalistes, et Tezuka (qui a fait des études de médecine, rappelons-le) est aussi précis et passionné que dans un "Black Jack".

Le sexe -- et c'est tout nouveau pour le lecteur français de Tezuka -- car le jeune médecin (Ioya Tezuka) fréquente assidument les maisons closes. Rien de très chaud là-dedans, mais certaines scènes sont franchement sympas. Voir que le père et le fils ont le même "harem", voir l'apprenti médecin essayer de "guérir" la mutité d'une femme en la faisant hurler de plaisir, ça m'a bien fait rire.

L'Histoire avec un grand "H" enfin, car tout cela se déroule en 1855, sur fond de l'arrivée à grands pas de l'ère Meiji qui verra le Japon connaître un bouleversement sans précédent qui marquera les mentalités pour longtemps.

Pour l'instant tout cela est encore un peu confus. Tezuka (l'auteur) traite ses deux personnages principaux de manière inégale (la plus grande partie du volume est consacrée à Tezuka -- le personnage), et donne plutôt le ton qu'il ne livre une histoire millimétrée.

Ce tome paraît donc encore un peu désordonné, mais est tout de même agréable à lire. Sur huit tomes prévus, on peut ésperer que ça va démarrer assez vite quand même.

Rien à dire sur le découpage, toujours aussi excellent, ni le dessin, si ce n'est qu'il me semble être du ** bon ** Tezuka.

Transparent, tome 1
ajouté le 08/04/2005
Tome 1

Une petite série bien sympathique basée sur une idée de départ à la fois originale et attirante. Le mélange des genres fait qu'il est difficile de classer "Transparent", qui par quelques aspects rappellerait presque certains shonens, mais qui reste tout de même largement du seinen, de par ses préoccupations somme toute assez psychologiques.

Pour l'instant rien de très profond ou d'exceptionnel, mais on se prend très facilement au jeu et on rit même de bon coeur à certains passages. Le traitement sous formes de petites histoires assure une bonne dynamique à l'ensemble. Le dessin est plutôt dépouillé mais pas désagréable. A lire pour passer un bon petit moment.

(La suite que je ne posterai pas devient un peu répétitive, par contre).

Tome 2 : La ferme des animaux

Faisant fortement référence à "La ferme des animaux", de Georges Orwell, ce tome met en scène une révolution des fables non humains, qui assimilent le fait de devoir rester cachés aux yeux des humains normaux à un emprisonnement. Division, conflit sanglant, refrain révolutionnaire... Les auteurs jouent ici une gamme très intéressante, et qui plus est avec brio. Boucle d'or et son activisme radical, la manière dont cette révolution naît, se déroule et porte en elle les germes de sa destruction, sonnent très juste, et confèrent au récit une force et une crédibilité réelle (et paradoxale, puisqu'on est justement en plein conte. Admirez le tour de force des auteurs !)

Le dessin de Buckingham est plaisant, même si la mise en couleurs -- assez flashante -- ne l'honore pas à sa juste valeur. Et regardez les croquis en fin d'album, ils sont absolument magnifiques; et les crayonnés des couvertures par James Jean encore plus !

Bref, très bon tome. La série s'annonce vraiment excellente.

Colombe et la Horde
ajouté le 10/01/2005

Etonnant !

Comme souligné dès les premières pages (jolie auto-explication), le ton de l'album est totalement partagé entre la naïve candeur de Colombe d'une part et l'affreuse réalité d'autre part. Le trait est forcé (volontairement, c'est important), et pas mal de personnages sont donc "un peu trop" : Colombe trop naïve, la horde trop horrible, Etienne (le membre du Chass' Foune Club) trop macho, les gendarmes trop j'menfoutistes... Mais à la lecture cette exagération semble couler de source et elle emporte le lecteur dans ce petit monde si étrangement ressemblant au nôtre. Le partage entre rêves / espoirs et réalité est assez superbe... Jusqu'à la fin on ne sait pas comment tout cela va évoluer tant le tiraillement est fort des deux côtés.

En plus de ce double aspect basé sur Colombe et la horde, il y a bien sûr Edmond et Cécile, les deux collégiens (lycéens ?), qui apportent une autre sorte d'histoire d'amour, et donc un autre parallèle, lui aussi un peu exagéré mais d'une grande beauté.

Le dessin de Hureau n'est pas vraiment aguichant quand on feuillette l'album, mais il se révèle petit, précis, clair et fouillé, et séduisant à la lecture. La bichromie avec du jaune peut paraître déconcertante mais elle est vraiment de toute beauté.

Colombe et la horde, c'est réel et c'est exagéré, c'est beau et c'est laid, c'est triste et c'est joyeux. Et c'est à lire et à lire !

Le seul affreux point noir de cet album, c'est page 14 : il est dit que Pi = 3,141592724071106... alors que tout le monde sait bien que Pi = 3,141592653589793...

Tome 1 : Courtney Crumrin et les choses de la nuit

Courtney Crumrin, c’est en quatre histoires toutes les horreurs qui traînent la nuit dans votre grenier, sous votre lit, dans votre manoir tricentenaire. C’est des gobelins qui mangent des enfants, des changelings [1], une espèce de blob capable de prendre votre place… C’est aussi un ton à l’humour un peu acide, car si on sait que les choses vont bien finir pour Courtney, il n’en reste pas moins que des enfants se font effectivement manger, et que le bébé humain enlevé sera effectivement vendu aux enchères…

On remarquera un point fondamental de ce petit univers : si Courtney arrive à se débrouiller avec ces monstres (normal, son grand-père est sorcier), c’est nettement moins le cas avec ses camarades de classe (humains, eux). Ce point, traité de façon un peu cynique, donne évidemment lieu à des passages assez savoureux.

Le dessin de Ted Naifeh est particulier. Presque maladroit, dirait-on parfois (certains visages…). Mais pourtant il dégage un charme certain et participe complètement à l’ambiance. Regardez les camarades de classe de Courtney, avec leur regard vide par exemple, on comprend en un coup d’œil qu’ils ne sont que secondaires, ne font que partie du décor (on se demande même si ce ne serait pas eux les créatures imaginaires, et les monstres la réalité). Un regret par contre : au vu de la couverture, on se prend à rêver de ce qu’aurait pu être l’album en couleurs…

Bref (attention, pub), Akileos ils ne publient pas beaucoup, mais ils publient plutôt bien.

En plus les deux autres tomes publiés pour l'instant aux Etats-Unis sont encore meilleurs. A ne pas manquer, donc, c'est une presque aussi bonne surprise que Fables.


[1] un changeling est un bébé fée échangé (sans la connaissance des parents…) par les fées contre un bébé humain

Tome 1 : Transports amoureux

Absolument incroyable.

Cet album est impossible à résumer simplement. Et même si on le pouvait, ce serait un crime. Parce qu'il est complètement farfelu, totalement adorable, pétillant continuellement d'un humour léger, débordant d'une incroyable tendresse. C'est bien simple, je n'ai JAMAIS vu quelque chose de semblable. De Crécy parvient même à établir un étonnant parallèle entre l'amour et la mécanique. Pour le coup, ceux qui pensent que la bd c'est souvent la même chose vont se prendre... non, à ce niveau là ce n'est même plus une baffe dans leur gueule, ils vont se retrouver carrément KO.

En plus, sur 46 pages on a droit à 13 planches d'une chute ébouriffante, absolument superbe, et malgré ça l'histoire parvient à être d'une étonnante richesse.

Le dessin de De Crécy est magnifique, et ses découpage et cadrage, s'ils n'ont l'air de rien, sont d'une précision et d'une adéquation exemplaires ! Ce n'est même pas lui qui a fait les couleurs, et pourtant elles sont superbes, et participent très largement à la beauté de cet album.

J'en entends un là au fond qui dit "ouiii, mais on voit pas trop où ça mène". Ah ah, petit scarabée, pour un album d'une telle qualité, le cheminement est si incroyable que le but on s'en tape le popotin !

Duds Hunt
ajouté le 25/11/2004

Préjugé n°1 : Ki-oon est un nom qui sonne coréen, donc forcément les titres de cet éditeur vont encore être du manwha tout pourri.

Préjugé n°2 : la couverture fait un peu tape à l'oeil et la mise en couleurs n'est pas géniale.

Voilà, comme quoi c'est super facile de passer complètement à côté d'un bon titre ! Déjà il s'agit bel et bien d'un manga. Ensuite le dessin de l'auteur est assez superbe à sa façon, très lisse et net, et rappelle beaucoup la nouvelle génération d'animés tels que "Monster", "Planètes", ou "Read or Die". La petite Chihiro et sa mère surtout, ont de vrais visages d'ange, elles sont tout simplement adorables ! Certaines scènes sont d'ailleurs assez émouvantes.

Et pourtant, le sujet ne l'est pas, adorable. Ce jeu où tous les coups sont permis ne peut évidemment que mener au pire, ressemblant en cela à "Battle Royale" (le film, je n'ai pas lu le manga). Mais il comporte un background qui paraît nettement plus développé, pas forcément en terme de nombre de pages, mais en terme de ressenti du scénario : le fond est bien pensé et se laisse dévoiler à travers une histoire qui n'a a priori pas grand chose à voir avec lui. La deuxième référence évidente est "Fight Club" -- rien que ça ! -- avec lequel il présente quelques points communs...

La petite histoire de fin, d'ailleurs, "Rêves éveillés", très courte et pourtant découpée en 11 parties, s'en rapproche encore plus (allez, on va encore citer "Identity" comme référence). La variété graphique est impressionnante et... magnifique, tout simplement, et vraiment pas gâchée par la mise en scène, très intelligente. Pour le coup j'ai vraiment adoré !

Faire une telle histoire en un seul volume, la développer aussi bien, tenir autant le lecteur en haleine, proposer un graphisme si séduisant, et en plus se payer le luxe d'ajouter une petite histoire d'une telle qualité, je suis épaté ! Pour le coup je mettrais presque un 5/5.

Petit bémol tout de même, la fin est un peu décevante. Un peu facile peut-être, et certainement caricaturale. Mais ça n'enlève rien à la qualité de ce qui précède.

Au fait... Ki-oon est un tout petit éditeur : ils sont deux personnes pour tout faire, et la qualité de l'album est malgré cela excellente. En plus la deuxième histoire (une vingtaine de pages) est entièrement en couleurs. Par rapport à certaines autres maisons d'édition qui ont pourtant plus de moyens et qui font nettement moins bien, ça laisse rêveur.

Batman - Dark Knight : Dark Knight
ajouté le 27/10/2004
Dark Knight

Une des œuvres les plus célèbres de Frank Miller, il y a beaucoup de choses à en dire. A commencer probablement par sa célébrité parmi les fans du genre, qu'elle a en son temps (1986) révolutionné. Le Batman montré ici est vieux, il a pris sa retraite depuis dix ans déjà. Cependant ses démons hantent Bruce Wayne, et nuit après nuit, ne lui laissent guère de répit que dans un sommeil agité et dans l'alcool.

Le célèbre millionnaire est présenté ici comme un psychotique, un malade dont la névrose prend l'aspect de Batman, mais qui ne se limite pas à lui. Au contraire, elle prend l'allure d'un phénomène de société, avec ses effets sur les gens, suscitant diverses réactions, entre approbation et rejet. C'est également elle qui suscite des ennemis, tels que Harvey Dent ("Double Face") ou le Joker. Ce qui n'est au départ qu'une initiative individuelle, le combat d'un homme contre des criminels, est devenu un problème de société.

La chose est présentée de façon assez intéressante quoique plutôt brutale. Ici, le super héros pose problème, il n'est pas juste cette image enfantine qu'on adore, ce héros noble qui sauve et veille, mais un élément de la société, dans laquelle se pose le problème de son insertion, de son image, de sa perception. Ainsi, Batman protège les gentils et combat les méchants. Certes. Mais il se substitue de ce fait à la justice, recourt à une violence illégale, et son action est assimilable à celle d'une milice. Il se place au-delà de la loi, au-delà des hommes, et cela fait peur. C'est autour de ce thème que tourne "The Dark Knight Returns", traité également (mais plus en douceur) dans "Watchmen", ainsi que dans ce qui me semble être son successeur direct, "Kingdom Come".

Cette dernière référence n'est pas innocente, car son histoire poursuit (des années après) celle racontée ici, qui reprend elle-même de nombreuses références à des histoires passées. Le tout tisse tout simplement une véritable mythologie autour du personnage, avec sa personnalité, les grands événement marquant sa vie, mais aussi ses choix. Je dois avouer n'avoir pas l'habitude de cette façon de faire (qui me semble d'autant plus atypique que Batman a été utilisé par de nombreux scénaristes), qui est pourtant loin d'être désagréable. Même si cela me semble un peu puéril par certains côtés (autant que d'épiloguer sans fin sur la vie supposée de Néron, Phèdre ou Ulysse…), le résultat présente une force certaine, ici largement amplifiée par la violence de l'œuvre.

Car Batman n'est pas tendre, et la violence est ici présente sous les formes physique, sociale et politique. Comme cela est montré, il punit brutalement. Son existence même suscite de fortes haines (celle du gang des mutants par exemple), et il ainsi accusé par le bouffon psychiatre de l'album, de créer toute cette criminalité, d'en être l'instigateur, l'origine. Cette thèse est appuyée par la réapparition (la rechute) de Harvey Dent et du Joker suite à la reprise d'activités de Batman.

On peut d'ailleurs remarquer que l'ouvrage en général est traité sur le mode "téstostérone only"… Après un tome de "Sin City", "300" et "Bad Boy", je vais finir par croire que c'est là une marque de fabrique de Frank Miller. La réflexion en tant que telle n'y a en effet qu'assez peu de place, au contraire de l'action. Les quatre comics originaux -- formant donc ici quatre chapitres -- voient en effet chacun un affrontement (assez titanesque, disons-le), le point culminant étant incontestablement Batman contre Superman. Eh oui, carrément. La vieille lutte entre l'intelligence rusée et la force un peu stupide… Ulysse contre le cyclope, puisqu'on parlait de mythologie précédemment.

Ces quatre chapitres paraissent un peu décousus entre eux, mais ils ont évidemment comme point commun l'évolution de Batman et sa perception auprès de la société et de ses instances. Miller a beaucoup fait appel à la télévision dans ses pages pour montrer cela, et représente les politiques sous la forme de bouffons, qu'il s'agisse du maire, un petit bonhomme obèse et sans opinion sauf lorsqu'un conseiller en communication se tient derrière lui, ou du président, un Ronald Reagan tout vieux à la limite du gâtisme le plus complet, parlant aux Américains comme à des enfants de trois ans. Même lorsqu'il met en scène un Batman en difficulté, malmené, rejeté, haï, on sent bien qu'il a choisi son camp et qu'il prend parti. En un sens c'est dommage, car développer plus intelligemment l'opposition à Batman aurait pu donner un résultat un poil plus intellectuel et approfondi. Ceci dit, l'ensemble est -- comme souvent avec Miller -- d'une grande efficacité, même si je me demande toujours ce que Carrie Kelley (le nouveau Robin) vient faire dans cette Batgalère.

Le dessin, brièvement, n'est pas le plus beau qui soit, et on a même parfois quelques petits problèmes à comprendre le déroulement de l'action. Cependant il est lui aussi d'une grande efficacité et d'une grande force, malgré la sobriété apparente de nombreuses pages, et certaines cases donneraient presque des frissons tellement elles sont bien composées. Le script en fin d'album donne également l'occasion de voir le chemin entre scénario et réalisation, et permet de se rendre compte que celle-ci a été faite très intelligemment, avec un important travail d'adaptation.

Loin de ressembler à "Watchmen", nettement plus premier degré bien que remettant complètement en cause le modèle classique du super héros, "The Dark Knight Returns" est une œuvre sombre, violente, tourmentée, débordant d'action, qui suscite des réactions fortes, et pousse à se poser quelques questions. Lecture conseillée à sa suite : "Kingdom Come".

Mariée par correspondance
ajouté le 27/10/2004

Après un "Pourquoi Pete Duel s'est-il suicidé" assez glauque, à la limite du déprimant, mais très bien rendu et très efficace dans son genre, on pouvait s'attendre à un album assez désespérant. Et effectivement, "Mariée par correspondance" ce n'est pas un roman à l'eau de rose ni la description d'une intégration réussie.

Les deux personnages principaux se sont mariés par correspondance et ne se connaissent donc pas. Une gène se fait donc sentir. Mais la gène en question ne va pas s'estomper. Les personnages ne vont pas apprendre à se découvrir. Ils ne vont pas composer. Au contraire, leurs différences vont se montrer de plus en plus clairement, et apparaître de plus en plus fondamentales aux yeux du lecteur. Qu'on pense à "La guerre des Rose", et on verra un peu le genre de mécanisme infernal qui se met en place. Divergence des intérêts qui deviennent divergence des personnalités. Désir de s'envoler mais pieds pris dans le ciment...

Mais si cet aspect occupe la majeure partie de l'album, c'est bien la fin qui m'a convaincu, puisqu'elle échappe justement à ce mécanisme. Elle rappelle un peu certains films asiatiques ("Old Boy", par exemple, puisqu'il vient de sortir) où les personnages ne sont pas exactement ce qu'ils paraissent à première vue et où les personnalités se brouillent de façon étonnante.

C'est noir, oui, mais c'est tellement vrai.

L'humanité moins un
ajouté le 27/10/2004

Comment utiliser la philosophie en bd, de façon amusante et intéressante, pour réussir un album original et qui vous remue les neurones ? Sfar le fait déjà avec entre autres "Le Chat du rabbin" et "Le Minuscule mousquetaire", mais ici le sujet est beaucoup plus explicite. Alors oui, la philo j'ai toujours trouvé ça chiant en tant que matière scolaire, mais on peut aussi voir ça -- et heureusement -- de manière ludique. C'est un peu le cas ici où les situations mettant en scène un groupe de six personnes se multiplient, et à chaque fois un choix doit être fait : une voiture dont les passagers doivent choisir qui écraser, des élèves pour savoir s'il faut ou non dénoncer l'un des leurs, des naufragés qui s'affrontent pour désigner celui qui sera mangé, etc.

Mais cette philosophie là n'est pas morte. Elle ne traîne pas dans une vitrine, oeuvre glaciale et figée, intouchable. Car elle se mèle à la psychologie, au quotidien et à l'absurde. Elle argumente, de façon parfois superbe, mais il y a toujours une échappatoire. Elle intrigue, pose une foule de questions, et les réponses qu'elle apporte ne sont aucunement définitives. Et si cela ne suffit pas, la trouvaille de la page 54, aussi capillotractée que surprenante, vaut vraiment le détour.

La seule chose qui me retient de mettre un 5/5 c'est un manque de liant entre certaines histoires, mais bon ce livre assez exceptionnel est vraiment jouissif.

Zetman (nouvelles) : Zetman
ajouté le 27/10/2004
Zetman

Recueil de quatre nouvelles, la première d'entre elles met en scène "Zetman", qui donnera d'ailleurs naissance à cette autre série "Zetman", du même auteur, également publiée chez Tonkam (comment foutre le bordel dans le base de données, application concrète par Masakazu Katsura...). Hormis l'apparence, ce Zetman-ci a peu de chose à voir avec son homonyme plus récent puisqu'il résulte en fait de la matérialisation d'un jeu vidéo dans la réalité... On y trouve une réflexion sur la justice et le super-héros, pas inintéressante [1].

En fait, j'avoue, je l'ai trouvé d'occasion par hasard et je ne l'ai pris qu'à cause de cette homonymie... Il faut dire que Katsura n'a pas réalisé que des trucs qui me plaisent ("DNA²", oh mon dieu ! "Vidéo Girl Aï", "I''s"... Gaaah !).

Eh bin vous savez quoi ? Ce Zetman là il est vachement bien ! Les nouvelles sont toutes pétillantes d'ironie, de second degré et de malice, c'en est un vrai bonheur ! Même quand on voit les petites culottes des nanas (car on les voit, n'en doutez plus), c'est présenté avec humour et dérision (et une culotte ça peut être très dérisoire). On retrouve des passages quasi-dragonballzedesque, avec Shin-O-Shin, dont les cheveux se dressent de colère, condamnant l'attitude indigne des méchants.

On pourrait dire plein de choses sur ce bouquin. Entre autres que c'est du shônen, de l'humour, de l'action, du fantastique et de la SF, mais à vrai dire on s'en fout. C'est surtout complètement délirant et on est carrément mort de rire parfois. J'adore.



[1] petite, la réflexion, ce n'est pas non plus le propos de Katsura, même si on se dit que Batman et toute la problématique qui va avec n'est pas loin.

Tome 1 : Biographie 1928-1945

Ca m'arrive rarement, mais j'ai envie de réagir par rapport à l'avis de Cha. En fait, en lisant ce tome je lui ai trouvé plein de défauts. Mais pas de petites choses, non, des défauts dans sa conception même. Et de voir qu'ils n'ont pas été relevés me fait craindre le pire (genre qu'un fan de Tezuka aime ce bouquin plus qu'il ne le mérite ^__^ ).

Déjà il s'agit d'une biographie, et non d'une autobiographie. Celle-ci est réalisée par Tezuka Productions. Graphiquement ça ressemble beaucoup à du Tezuka, y compris au niveau des cadrages parfois étonnants et du découpage souvent vivant. Oui, mais ça ne fait qu'y ressembler. Car en y regardant bien, l'adéquation découpage / récit est franchement médiocre. Là où Tezuka réussissait avec une économie de moyen paradoxalement alliée à des choses étonnament novatrices, ici on n'a qu'une pâle copie sans le génie qui va avec. :(

Ensuite, cette biographie justement, est à peu près le pire de ce qu'on peut faire dans le genre. Si vous la lisez, vous ne pourrez qu'imaginer tout le personnel de Tezuka Productions en larmes et à genoux devant la statue de leur dieu. Car en effet cette biographie est désespérément admirative. Même les rédactions de sixième du petit Tezuka y sont décrites avec un commentaire du style "déjà on devinait son génie". :( Et c'est comme ça tout le long de ce tome.

Enfin, la narration assurée par l'Oncle Moustache (toujours le sourire aux lèvres) impose une distance énorme entre le lecteur et le récit. En particulier, impossible de s'identifier un tant soit peu à Tezuka.

En plus les épisodes courts s'entassent les uns sur les autres, et paraissent parfois très peu significatifs. Bon, c'est à double tranchant, car -- et là on en vient aux deux points positifs -- ce tome est très riche en informations (heureusement), et on apprend pas mal de choses sur l'origine de certains personnages, thèmes et idées récurrents dans l'oeuvre de Tezuka.

Le dernier tiers de l'album laisse espérer (pas trop quand même) que le ton des tomes suivants sera moins mièvre. Croisons les doigts, parce que 4 tomes comme celui-ci, c'est insupportable !

Say Hello to Black Jack, tome 1
ajouté le 09/09/2004
Tome 1

Voilà encore un manga particulier. Il ne s'agit pas d'un documentaire, mais d'une série dénonçant les problèmes et dérives du système hospitalier japonais, et c'est bien là que réside pour l'instant tout son intérêt. Car si en effet le sujet est intéressant et original, en revanche la lecture n'est pas particulièrement transcendante. Le héros en particulier, est d'une naïveté assez confondante, vraiment trop rempli d'illusions. Mais surtout, ce qui pèche à mon avis, c'est l'assimilation complète des personnages au point de vue qu'ils sont censés exprimer. En gros, 1 personnage = 1 point de vue, et ce sans véritable nuance... Personnellement je trouve ça pas très subtil, et même assez maladroit pour tout dire. :o|

L'histoire est également un peu trop au service du message, ça diminue le plaisir de la lecture. On ne peut d'ailleurs pas dire que ce tome 1 soit palpitant; même si ce n'est pas son propos, on aurait pu imaginer avoir une meilleure mise en scène, une histoire plus détachée de cette dénonciation...

Bref, pour l'instant c'est pas mal mais c'est tout. On peut espérer que la suite améliore ceci, puisque ce premier tome finit sur une espèce de rebondissement.

V pour Vendetta : Integrale
ajouté le 09/09/2004
Integrale

Aïe aïe aïe. Une si mauvaise note pour ce qui est considéré comme un des trois chefs d'oeuvre (avec "Watchmen" et "From Hell" pour ceux qui auraient un doute) d'Alan Moore ? Eh bien oui, et ce n'est même pas à cause du dessin (suffisamment repoussant pour avoir gêné ma lecture) ou des couleurs (hideuses, finalement la mise en couleurs du tome 2 de "Trop de Bonheur" n'est pas si mal que ça).

Non, il s'agit vraiment de l'histoire. Certes, l'idée de départ est aussi intéressante qu'ambitieuse, et cette dictature à la 1984 bénéficie d'un contexte historique agréablement travaillé. Sa solidité est loin d'être à toute épreuve et le personnage de "V" s'engouffre dans ses failles, la faisant vaciller d'une manière qui peut paraître artificielle, mais qui démontre ses limites.

Ce qui m'a véritablement rebuté en fait, c'est que tout cela est d'une épouvantable théâtralité. :(p Autant Moore est magistral dans la construction d'une biographie imaginaire d'un Jack l'éventreur, autant il est sublime dans son analyse de notre monde à travers les Watchmen, autant il en fait beaucoup trop ici. Les ficelles sont grosses, elles sont usées, et en plus il en rajoute : le personnage de "V" est proprement insupportable, on dirait presque le Arsène Lupin de Maurice Leblanc ! Son histoire également est dénuée de subtilité, et on voit effectivement venir la fin (même si elle est bien mise en scène) de loin.

Finir cet album a été pour moi un véritable calvaire. Autant je relirai les autres oeuvres d'Alan Moore avec plaisir (y compris ses séries plus "mineures"), autant là ce livre risque de rester fermé longtemps. Ceci étant dit, la célébrité et la renommée de cet album en font une bd culte de facto. A lire donc, ne serait-ce que pour la connaître.


PS : Ah oui, et lire cet album en VO est vraiment difficile, voire carrément pénible pour les différents accents (irlandais, écossais argotiques...).