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Les avis de yvan sur la série "30 jours de nuit"


Moyenne posteur : ( 3.67 /5)
Moyenne site : ( 3.44 /5)


BD 30 jours de nuit, Tome 1 : 30 jours de nuit (Niles (Steve) / Templesmith (Ben) / Delcourt)
 

30 jours de nuit


T.1 : 30 jours de nuit (3.50/5)

   

Catégorie : Fantastique
Scénario : Niles (Steve)
Dessin : Templesmith (Ben)
Editions : Delcourt

Avis posté par yvan Le 07/09/2004

Avec "30 jours de nuit", de Steve Niles et Ben Templesmith, l'amateur de gore peut se mettre à saliver.

Le postulat de départ de ce récit de vampires est extrêmement efficace. Là où les victimes potentielles attendent généralement d’être sauvées par le gong d’un soleil se levant avec la régularité d’une horloge suisse, dans la petite ville de Barrow, Alaska, l’aube se fait souvent désirer. Dans ce trou perdu de l'hémisphère nord, la nuit polaire offre aux chasseurs de sang 30 jours consécutifs d’obscurité : plus de temps qu’il n’en faut pour dévorer cette communauté isolée au milieu d'un désert glacé. Ce terrain de chasse, sans espoir pour les autochtones, est un véritable vivier de nourriture pour Marlow et sa meute.

Enchaînant à grande vitesse les scènes de carnage de ce véritable buffet sanguinaire, Steve Niles ne s’attarde jamais sur la mise en place des personnages, au profit d’un rythme endiablé et d’un one-shot sans longueurs. Passant d’un endroit à un autre, sans véritable notion du temps, le lecteur est totalement immergé dans le chaos installé par les êtres de la nuit : au milieu d’appels à l’aide, de babines sanguinolentes et de scènes de dépeçage, il partage la détresse des habitants de Barlow. Les seules constantes au milieu de ce désordre sont la peur, l’incompréhension et l’abandon. Le seul espoir, lui, n’arrive que dans 30 jours !

La griffe de Templesmith frappe à nouveau très fort dans cet album. Une puissance graphique qui sort de l’ordinaire et accentue l’ambiance macabre, oppressante et malsaine développée par Steve Niles. Un dessin au caractère particulier, assez déconcertant, qui plante un décor approximatif, restituant parfaitement le côté angoissant du scénario. Une ambiance glauque, un monde d'ombres qui semble filtrer la lumière et l’espoir et qui baigne le tout dans un brouillard aux couleurs tamisées. Une pénombre qui oblige le lecteur à se focaliser sur les détails importants et d’où surgissent régulièrement des crocs acérés effrayants et des giclées d’hémoglobine. Des traits hachurés, torturés, irréguliers et des teintes travaillées qui permettent au dessinateur australien de mettre l’horreur en scène avec grande maestria.

Un comics d’ambiance au graphisme atypique et au rythme soutenu, dont l’adaptation cinématographique sort demain en France.
 

BD 30 jours de nuit, Tome 2 : Jours sombres (Niles (Steve) / Templesmith (Ben) / Delcourt)
 

30 jours de nuit


T.2 : Jours sombres (3.33/5)

   

Catégorie : Fantastique
Scénario : Niles (Steve)
Dessin : Templesmith (Ben)
Editions : Delcourt

Avis posté par yvan Le 21/01/2008

Après plusieurs années d’attente (malgré une parution des épisodes de «Dark Days» aux Etats-Unis dès 2004), les amateurs francophones d’ouvrages gores ont deux raisons de se réjouir. Il y a d’abord l’adaptation cinématographique du carnage de Barrow (mise en scène par David Slade) qui vient de sortir en France, mais également la publication par Delcourt de cette suite imaginée par le duo Niles/Templesmith.

L’efficacité du volet précédent reposait fermement sur un postulat de départ extrêmement original : là où les victimes potentielles attendent généralement d’être sauvées par le gong d’un soleil se levant avec la régularité d’une horloge suisse, l’aube se faisait désirer pendant près d’un mois à Barrow. En quittant ce terrain de chasse angoissant pour les uns et paradisiaque pour les autres, ce nouvel album replace les vampires dans une configuration plus classique. Souverains en Alaska, la survie de ces monstres ne repose maintenant plus que sur l’incrédulité des gens qui, afin de se rassurer, refusent pertinemment de croire en leur existence malgré les preuves.

En mettant en scène les femmes/mères des protagonistes principaux de l’histoire précédente et en reprenant son final, cette suite sans véritable raison d’être donne l’impression de vouloir rouvrir une hémorragie qui semblait sous contrôle. S’il est amusant de voir les anciens traqueurs pourchassés dans cette suite moins violente, le cadre plus traditionnel, composé de ruelles sombres, cimetières et maisons hantées, souffre de la comparaison avec son prédécesseur. De plus, avec l’apparition du traître Dane, les créatures de la nuit perdent en bestialité, pour retomber partiellement dans un rôle d’êtres romantiques et torturés.

Au niveau de la mise en image, la griffe de Templesmith ("Fell", "Criminal Macabre", "Silent hill") frappe à nouveau très fort dans ce comics d’ambiance au rythme soutenu. Une puissance graphique qui sort de l’ordinaire et accentue l’atmosphère macabre, oppressante et malsaine développée par Steve Niles. Un dessin au caractère particulier, assez déconcertant, qui plante un décor approximatif, restituant parfaitement le côté angoissant du scénario. Une ambiance glauque, un monde d'ombres qui semble filtrer la lumière et l’espoir et qui baigne le tout dans un brouillard aux couleurs tamisées. Une pénombre qui oblige le lecteur à se focaliser sur les détails importants et d’où surgissent régulièrement des crocs acérés effrayants et des giclées d’hémoglobine. Des traits hachurés, torturés, irréguliers et des teintes travaillées qui permettent au dessinateur australien de mettre l’horreur en scène avec grande maestria. Et en guise de dessert : six couvertures originales de toute beauté.

A l’inverse du premier récit aux airs de one-shot, «Jours sombres» démontre clairement l’irrésistible envie de vouloir à nouveau faire couler le sang. Avec «Retour à Barrow» et un quatrième album des mains de Bill Sienkiewicz, Steve Niles tiendra assurément ses lecteurs en haleine durant encore de nombreuses lunes.
 

BD 30 jours de nuit, Tome 3 : Retour à Barrow (Niles (Steve) / Templesmith (Ben) / Delcourt)
 

30 jours de nuit


T.3 : Retour à Barrow (3.50/5)

  

Catégorie : Fantastique
Scénario : Niles (Steve)
Dessin : Templesmith (Ben)
Editions : Delcourt

Avis posté par yvan Le 06/10/2008

Profitant de la sortie en DVD et Blue-ray disc de l’adaptation cinématographique du premier tome, Delcourt publie le troisième album de cette saga horrifique de Steve Niles et Ben Templesmith. Après le sacrifice d’Eben visant à sauver quelques habitants de l’attaque de Marlow et sa meute lors du premier volet, et la campagne de sa veuve Stella à l’encontre ces êtres sanguinaires lors d’une suite sans véritable raison d’être, «Retour à Barrow» va rouvrir une hémorragie qui semblait pourtant sous contrôle.

Poussés par l’irrésistible envie de vouloir à nouveau faire couler le sang, les auteurs retournent donc là où tout a commencé. Un comeback qui permet de réchauffer un postulat de base extrêmement original : là où les victimes potentielles attendent généralement d’être sauvées par le gong d’un soleil se levant avec la régularité d’une horloge suisse, l’aube abandonne systématiquement les habitants de ce désert de glace pendant près d’un mois. En réinstaurant ce terrain de chasse paradisiaque pour les suceurs de sang, Steve Niles plonge une nouvelle fois le lecteur au sein d’un huis clos angoissant. Si l’horreur est au rendez-vous et que les créatures horrifiques répondent présent en nombre, l’effet de surprise à malheureusement disparu. Dès la couverture cette histoire ravive les souvenirs de l’excellent premier volet aux allures de one-shot. La lecture du journal de William Kitka et des autochtones préparés à cette nouvelle course à l’aube sanguinaire, renforcent cet air de déjà-vu, tandis que les vampires, maintenant pourvus d’armes à feu, ont perdu un peu de leur "charme" et de leur authenticité.

Au niveau du graphisme, la griffe de Templesmith ("Fell", "Criminal Macabre", "Silent hill") continue de frapper là où il faut. Une mise en image qui sort de l’ordinaire et accentue l’atmosphère macabre, oppressante et malsaine développée par Steve Niles. Un dessin au caractère particulier, assez déconcertant, qui plante un décor approximatif, restituant parfaitement le côté angoissant du scénario. Une ambiance glauque, un monde d'ombres qui semble filtrer la lumière et l’espoir et qui baigne le tout dans un brouillard aux couleurs tamisées. Une pénombre qui oblige le lecteur à se focaliser sur les détails importants et d’où surgissent régulièrement des crocs acérés effrayants et des giclées d’hémoglobine. Des traits hachurés, torturés, irréguliers et des teintes travaillées qui permettent au dessinateur australien de mettre l’horreur en scène avec grande maestria.

Si le "Retour à Barrow" n’est pas indispensable, le fait d’y retrouver Ben Templesmith justifie amplement le voyage. Reste à savoir si le quatrième album, des mains de Bill Sienkiewicz, vaudra encore le détour.
 
 
     
 
 
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