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Les avis de yvan sur la série "Daredevil (100% Marvel)"


Moyenne posteur : ( 3.93 /5)
Moyenne site : ( 3.78 /5)


BD Daredevil (100% Marvel), Tome 1 : Sous l'aile du diable (Smith (Jeff) / Quesada / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.1 : Sous l'aile du diable (4.14/5)

   

Catégorie : Super Héros
Scénario : Smith (Jeff)
Dessin : Quesada
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 21/05/2003

Les deux premiers tomes de Daredevil dans la collection 100% Marvel forment une histoire entière et regroupent huit épisodes publiés aux Etats-Unis entre novembre 1998 et septembre 1999 (Daredevil V.2 1 à 8), et dessinés par Joe Quesada.

Une histoire qui m’a permis de découvrir l’univers de Matt Murdock, alias Daredevil, ce personnage créé par Stan Lee (également l’inventeur de "Spiderman" et Les "Fantastic Four") et relancé par le talentueux Frank Miller ("Sin City") à la fin des années 70.

Le côté un peu trop "quête spirituelle" de ce héros bon chrétien qui doute de sa foi à cause des différents malheurs qui l’ont frappé, peu rebuter au début, mais permet également à des novices comme moi d’en apprendre un peu plus sur l’univers et la vie de Daredevil.

Mais, une fois que Daredevil se voit confié la garde de l’Antéchrist, le démon d'Hells Kitchen fera tout pour éviter que l’humanité soit détruite par l’Apocalypse et le lecteur sera vite pris par l’ambiance biblique et la tension montante.

Côté graphisme, j’ai beaucoup apprécié les cadrages et les jeux d’ombres maîtrisés du dessinateur Joe Quesada. Kevin Smith a peut-être parfois tendance à mettre un peu trop de texte dans certaines planches, mais visuellement le tout est une belle réussite.

Bref, à côté d’une histoire prenante, ce tome m’a permis de découvrir pas mal de choses sur l’univers de Daredevil, sans être largué par l’univers comics.
 

BD Daredevil (100% Marvel), Tome 2 : Chemin de croix (Smith (Jeff) / Quesada / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.2 : Chemin de croix (4.00/5)

   

Catégorie : Super Héros
Scénario : Smith (Jeff)
Dessin : Quesada
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 21/05/2003

Avec l’intervention du Docteur Strange, la deuxième partie de cette première aventure de Daredevil dans la collection 100% Marvel s’éloigne du côté biblique-mystique qui pouvait rebuter en début de premier tome, pour transposer le récit au milieu d’un complot machiavélique visant à rendre Daredevil fou.

Avec ce deuxième tome Kevin Smith lève donc le voile sur le mystère de l’Antéchrist et conclut brillamment ce premier récit. On en apprend encore beaucoup plus sur le passé de Dardedevil, tout en faisant la rencontre d’autres personnages intéressants comme le Docteur Strange, Bullseye, Mysterio, Méphisto et Spiderman.

Malgré les nombreuses références aux histoires antérieures du démon d'Hells Kitchen, je n’ai vraiment eu aucun mal à suivre ce scénario accrocheur qui tient la route et qui est admirablement servi par le dessin de Joe Quesada.
 

BD Daredevil (100% Marvel), Tome 3 : Jaune (Loeb (Jeph) / Sale (Tim) / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.3 : Jaune (3.60/5)

   

Catégorie : Super Héros
Scénario : Loeb (Jeph)
Dessin : Sale (Tim)
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 14/07/2003

Ce troisième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe six épisodes publiés aux Etats-Unis entre août 2001 et janvier 2002 (Daredevil Yellow V.1 à 6). Après deux premiers tomes dans cette collection scénarisés par Kevin Smith et dessinés par Joe Quesada, ce sont maintenant Jeph Loeb et Tim Sale qui vont revisiter les origines de ce super-héros.

Comme file conducteur pour cette rétrospective, qui emballera certainement plus les néophytes comme moi que les fans assidus de Daredevil, les auteurs utilisent une lettre posthume de l’homme sans peur à sa bien-aimée Karen.

Et, il est vrai que le titre de l’album a beau être «Jaune», faisant référence à la couleur initiale qu’arborait le démon d'Hells Kitchen en hommage à son père, le contenu est plutôt noir. En plus d’une narration en voix-off à l’amie décédée de Matt Murdock et de Froggy Nelson, ce récit nostalgique va également remémorer la mort du père de Matt.

D’un autre côté, on va pouvoir assister à la naissance de ce nouvel héros qui vient arpenter les rues de Hells Kitchen, avec un Daredevil encore jeune et fougueux, ainsi qu’à une apparition amusante des "Fantastic Four" et à la première intervention du Hibou.

Le graphisme plus sombre de Tim Sale, par rapport à celui de Joe Quesada, colle parfaitement à la mélancolie qui se dégage du scénario. De plus, de nombreuses double-pages splendides viennent, par moments, accélérer la lecture de ce récit en voix-off.

Bref, un tome très intéressant pour ceux qui, comme moi, n’ont jamais connu Daredevil en tenue jaune.
 

BD Daredevil (100% Marvel), Tome 4 : Underboss (Bendis (Brian Michael) / Maleev (Alex) / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.4 : Underboss (3.50/5)

   

Catégorie : Super Héros
Scénario : Bendis (Brian Michael)
Dessin : Maleev (Alex)
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 20/04/2003

Ce quatrième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe six épisodes publiés aux Etats-Unis entre décembre 2001 et mai 2002 (Daredevil Vol.2 26 à 31 Underboss). Après les premiers tomes du duo Kevin Smith - Joe Quesada et une période de transition consacrée à une rétrospective sur le passé de Daredevil par Jeph Loeb et Tim Sale (Joe Quesada se retrouvant éditeur en chef de Marvel), ce sont maintenant Brian Michael Bendis et Alex Maleev qui reprennent les aventures du démon d'Hells Kitchen au sein de cette collection.

En mettant Matt Murdock face au crime organisé de la cité new-yorkaise, Bendis ("Torso", "Jinx") enfonce le diable rouge encore un peu plus dans l’univers sombre d’Hells Kitchen. Le meurtre du Caïd et une tentative d’assassinat sur notre avocat aux sens hyper développés, viennent bouleverser l’équilibre fragile de la pègre newyorkaise.

La construction non-linéaire du récit est parfois un peu perturbante et nous fait voyager dans le passé et le futur proche afin d’expliquer les événements du début de tome. Par contre, Bendis, qui a parfois la mauvaise habitude d’abuser de dialogues, parvient à se maitriser et nous livre même un chapitre entièrement muet (tout arrive).

Le graphisme d’Alex Maleev ("Batman", "Sam and Twitch") est bien loin de celui des premiers tomes dessinés par Joe Quesada, mais colle parfaitement à ce scénario de plus en plus sombre. Personnellement, malgré le talent indéniable d’Alex Maleev, je trouvais les dessins des premiers tomes bien plus agréables à regarder.

Au final, je trouve ce tome un peu moins bon que les précédents, même si la fin promet de venir bouleverser le quotidien de l’homme sans peur.
 

BD Daredevil (100% Marvel), Tome 5 : Le Scoop (Bendis (Brian Michael) / Maleev (Alex) / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.5 : Le Scoop (4.00/5)

  

Catégorie : Super Héros
Scénario : Bendis (Brian Michael)
Dessin : Maleev (Alex)
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 13/01/2007

Ce cinquième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe six épisodes publiés aux Etats-Unis entre juin 2002 et novembre 2002 (Daredevil Vol.2 32 à 37).

Ce deuxième récit du duo Brian Michael Bendis et Alex Maleev, consacré aux nouvelles aventures de Daredevil, fut également nominés dans la catégorie "Prix de la série" à Angoulême en 2005.

‘Le Scoop’ n’est pas un album bourré d’action d’un démon d'Hells Kitchen combattant le crime, mais le récit d’un Matt Murdock qui doit faire face aux révélations d’un quotidien concernant son identité secrète et qui viennent fortement perturber son existence et même hypothéquer sa carrière de super-héros.

Tout comme dans le tome précédent Brian Michael Bendis ("Sam and Twitch", "Torso", "Powers", "Goldfish", "Ultimate Spider-Man") va alterner omniprésence de bulles et abus de dialogues à des passages entièrement muets. A ce point de vue là, le passage consacré à l’escapade d’un Daredevil extériorisant sa colère et ses émotions sous une pluie battante est absolument splendide au niveau graphisme et scénario.

Mais Bendis ne va pas se contenter de nous montrer un super-héros extrêmement humain et essayant de (di)gérer cette intrusion brusque dans sa vie privée, il va également faire le procès de cette presse à scandale qui porte régulièrement atteinte au quotidien des vedettes, tout en intégrant le plus connu des reporter d’Hells Kitchen (Peter Parker alias Spiderman) à son récit.

Excellent !
 

BD Daredevil (100% Marvel), Tome 6 : Le procès du siècle (Bendis (Brian Michael) / Maleev (Alex) / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.6 : Le procès du siècle (3.50/5)

  

Catégorie : Super Héros
Scénario : Bendis (Brian Michael)
Dessin : Maleev (Alex)
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 24/01/2007

Ce sixième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe quatre épisodes publiés aux Etats-Unis entre décembre 2002 et mars 2003 (Daredevil Vol.2 38 à 41).

Dans les 3 premiers épisodes («Le procès du siècle»), Daredevil prend la défense d’un autre super héros et c’est ainsi qu’on retrouve le Tigre Blanc sur le banc des accusés alors qu’on s’attendait plutôt à suivre le procès entre Matt Murdock et le quotidien qui révéla son identité secrète.

Ce procès du Tigre Blanc permet à Brian Michael Bendis de s’immiscer encore un peu plus dans la vie privée de ces super-héros, tourmentés par un quotidien pas toujours joyeux et se retrouvant même accusés à tort face à un jury de simples citoyens. Les deux premiers épisodes dessinés par Manuel Gutierrez nous plongent dans une salle de procès assez sombre, avec beaucoup d’effets de contre-jour. Le troisième épisode dessiné par Terry Dodson manque par contre cruellement de détails et fait un peu tache au milieu des dessins de Gutierrez et Maleev.

Avec le quatrième épisode («Le petit maître») on quitte la salle de procès pour retrouver les rues dangereuses de Hells Kitchen et le dessin de circonstance d’Alex Maleev. Matt Murdock fait place à Daredevil, les plaidoiries font place à l’action, et avec l’apparition du Hibou, la suite de cette histoire s’annonce passionnante.

Bref, encore un excellent tome, malgré la petite déception au niveau du dessin du troisième épisode.
 

BD Daredevil (100% Marvel), Tome 7 : Le petit maître (Bendis (Brian Michael) / Maleev (Alex) / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.7 : Le petit maître (4.50/5)

  

Catégorie : Super Héros
Scénario : Bendis (Brian Michael)
Dessin : Maleev (Alex)
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 24/01/2007

Ce septième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe quatre épisodes publiés aux Etats-Unis entre mars 2003 et mai 2003 (Daredevil Vol.2 42 à 45).

Après une histoire dessinée à quatre mains on retrouve le graphisme d’Alex Maleev pour la suite du récit entamé dans le dernier épisode du tome précédent. On quitte donc les plaidoiries pour retrouver un équilibre parfait entre l’action Daredevilienne et la vie privée tourmentée de Matt Murdock.

Tous les événements engendrés lors des tomes précédents par le Hibou, le Tigre Blanc, Silke, Wilson Fisk (alias le Caïd) et le reste de la pègre newyorkaise viennent brillamment se regrouper dans cet excellent tome.

On retrouve la noirceur de l’ambiance de Hells Kitchen, une intrigue bien ficelée qui vient regrouper tous les morceaux du puzzle et des personnages dont la psychologie torturée est admirablement bien fouillée par un Brian Michael Bendis au sommet de son art, jouant avec les bulles de dialogue comme nulle autre.

Bref, les grand maîtres Bendis et Maleev ont fait de ce «petit maître» un des meilleurs tomes de Daredevil au sein de cette collection 100% Marvel jusqu’à présent !
 

BD Daredevil (100% Marvel), Tome 8 : Hardcore (Bendis (Brian Michael) / Maleev (Alex) / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.8 : Hardcore (4.00/5)

  

Catégorie : Super Héros
Scénario : Bendis (Brian Michael)
Dessin : Maleev (Alex)
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 01/02/2007

Ce huitième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe cinq épisodes publiés aux Etats-Unis entre juin 2003 et octobre 2003 (Daredevil Vol.2 46 à 50).

Alors que Brian Michael Bendis avait magistralement évincé le Caïd du crime organisé de la cité new-yorkaise dans le quatrième volume (Underboss) de cette collection, voilà qu’il réintègre l’impressionnant Wilson Fisk dans l’underground de Hells Kitchen. Et afin de pouvoir reconstruire son empire mafieux impunément, le roi de la pègre, n’ayant plus d’emprise sur l’homme sans peur à travers son identité secrète, va faire appel à des vieux ennemis de Daredevil (Le Tueur et Typhoïd Mary) afin d’occuper ce dernier.

Les super-héros perdant une grande partie de leur raison d’être sans leurs plus grands ennemis, les comics ont parfois le vilain défaut de réintégrer continuellement les vilains récurrents d’une série. On pourrait donc reprocher à Bendis de tomber dans ce piège, mais d’un autre côté, on a beau retrouver les mêmes personnages, le vrai talent de Bendis est de tellement travailler sur la psychologie de ses personnages, que l’état d’esprit et les rapports psychologiques sont totalement différents.

La réintégration du Caïd est donc finalement une réussite, tout comme le fait de développer en parallèle l’histoire de ces deux personnages qui essayent de réintégrer leur place dans l’univers sombre d’Hells Kitchen. D’un côté, un Wilson Fisk plus déterminé que jamais, bien décidé à ne pas répéter les erreurs du passé, et de l’autre, un Matt Murdock traqué, faussement accusé, acculé au plus profond de son identité secrète et tentant de reconstruire une vie affective après la perte de ses grands amours (Elektra et Karen Page) dans les tomes précédents. Deux batailles physiques et psychologiques qui vont se rejoindre dans un affrontement final entre les deux ténors, avec Hells Kitchen comme enjeu.

Le retour du Tueur (Bulls Eye), même s’il est bref et donne l’impression de ne pas avoir été pleinement utilisé, est également plutôt réussi et quasi indispensable afin d’instaurer un climat de peur autour de la nouvelle relation affective qu’entretient Matt Murdock avec la jeune aveugle, Milla.

Par contre, l’arrivée de Typhoïd Mary tombe comme un gros cheveu dans la soupe et n’était vraiment pas indispensable au récit. Cette schizophrène aux pouvoirs de pyrokinésie dont les personnalités multiples (Mary la victime, Typhoïd la sociopathe et Bloody Mary la psychopathe) furent contenu grâce à l’hypnose, vient peut-être enflammer Matt Murdock, mais pas le lecteur. De plus, son apparition engendre également l’intervention des super-héros Luke Cage and Jessica Jones, créant une overdose de come-backs.

Côté graphisme, l’art ombragé d’Alex Maleev supplée à merveille les pensées de Bendis. Par contre, la participation de Gene Colan, Lee Weeks, Klaus Janson, John Romita Sr., Joe Quesada, Mike Avon Oeming et David Mack dans le cinquième épisode, a beau avoir un côté ‘guests-stars suprise’ intéressant, cette cassure au niveau du dessin à tout de même la fâcheuse tendance à nous sortir de l’histoire et de l’affrontement final entre Daredevil et le Caïd.

Bref, malgré l’exagération des come-backs et les guests-stars de l’épisode final, cette nouvelle histoire permet à Bendis de nous abandonné dans un quartier de Hells Kitchen où règne un nouvel équilibre, avec un super-héros à la psychologie modifiée.
 

BD Daredevil (100% Marvel), Tome 9 : Le Roi de Hell's Kitchen (Bendis (Brian Michael) / Maleev (Alex) / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.9 : Le Roi de Hell's Kitchen (3.50/5)

  

Catégorie : Super Héros
Scénario : Bendis (Brian Michael)
Dessin : Maleev (Alex)
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 08/02/2007

Ce neuvième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe cinq épisodes publiés aux Etats-Unis entre mars 2004 et juillet 2004 (Daredevil Vol.2 56 à 60). Les quatre épisodes Daredevil Vol.2 51 à 55, écrits et dessinés par David Mack, et relatant une histoire autour du personnage de Maya Lopez, alias Echo, se retrouvent quant à eux dans la collection ‘Graphic Novel’ de Marvel Panini France, dans un album nommé “Echo”.

Matt Murdock s'étant proclamé nouveau roi de la pègre après avoir évincé Wilson Fisk, alias Le Caïd, on s’attendait peut-être à ce que Brian Michael Bendis dédie un tome à un Daredevil nettoyant le quartier de Hell’s Kitchen de ses criminels. C’est évidemment mal connaître Bendis qui préfère ici faire un bond d’un an pour montrer les conséquences psychologiques de ce nettoyage sur notre héros et ses amis.

L’idée de Bendis de faire de Daredevil le nouveau caïd de Hell’s Kitchen part du principe que quand on ne peut pas vaincre une organisation, il vaut mieux la reprendre. Finalement, un an après les faits, le lecteur va pouvoir mesurer les conséquences de cette reprise impulsive du quartier de Hell’s Kitchen par Daredevil.

D’un côté, le quartier déserté de ses criminels, va maintenant être convoité par des organisations criminelles externes et c’est ainsi que la pègre japonaise originaire de Philadelphie va tenter de mettre la main sur Hell’s Kitchen. Bendis va donc nous servir un affrontement entre Daredevil et 107 yakuza dans un style graphique inspiré de Matrix et Kill Bill, mais malheureusement surplombé d’une narration abusive.

La narration de ce tome est en effet principalement construite sur base d’un dialogue entre le journaliste Ben Urich (celui qui préserva l’identité secrète de Daredevil par le passé) et un interlocuteur dont Bendis tient initialement à préserver l’identité. Cette approche narrative va malencontreusement faire retomber Bendis dans une abondance de bulles et un abus de dialogues, et va surtout s’avérer incompatible avec les scènes d’action déployées.

D’un autre côté, Bendis va, comme à son habitude, nous livrer un travail en profondeur (dont il a le secret) sur les différents personnages. Tout en abordant les conséquences morales d’un super-héros qui franchi la barrière qui le sépare du rôle de défenseur à celui de ‘roi’ de Hell’s Kitchen, Bendis va également montrer les conséquences de ce nouveau statut sur Milla Donovan, Froggy Nelson et sur les autres super-héros qui ont l’habitude de croiser Daredevil dans son quartier.

Graphiquement, Alex Maleev, assisté par l’admirable travail de Matt Hollingsworth à la colorisation, nous livre un tome riche en émotions. Premièrement, il nous fait découvrir un Matt Murdock qui profite d’un moment de repos et d’introspection pour laisser libre recours à ses émotions enfouies. Mais il nous livre également quelques superbes planches, allant d’un Daredevil plus menacent que jamais, au jeune Matt Murdock penché au-dessus du corps de son père. Les scènes de combats valent aussi le détour, avec un Daredevil faisant appel à des renforts (Spider-Man, Luke Cage et Docteur Stephen Strange) pour faire face à cette véritable armée de Yakuza.

Bref, malgré une narration excessive et parfois inadaptée, Bendis va une nouvelle fois au plus profond de ses personnages, à l’aide d’un graphisme splendide et en parvenant à lier son récit à l’univers riche de Marvel grâce à l’intervention efficace et non-dépourvue d’humour de quelques guest-stars.
 

BD Daredevil (100% Marvel), Tome 10 : La Veuve (Bendis (Brian Michael) / Maleev (Alex) / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.10 : La Veuve (3.50/5)

  

Catégorie : Super Héros
Scénario : Bendis (Brian Michael)
Dessin : Maleev (Alex)
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 14/02/2007

Ce dixième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe cinq épisodes publiés aux Etats-Unis entre août 2004 et novembre 2004 (Daredevil Vol.2 61 à 65). Les quatre premiers épisodes (Le Veuve) sont consacrés au retour de Natasha Romanov, la Veuve Noire, aux côtés de Daredevil, alors que le cinquième épisode (L’univers), illustré par de nombreux autres artistes, est un bonus célébrant les 40 ans d'existence du Diable Rouge.

Le tome précédent nous avait abandonné en compagnie d’un Matt Murdock en pleine dépression, niant toujours sont identité secrète (qui ne semble pourtant plus être un mystère pour personne), et allant même jusqu’à remettre en doute la sincérité de son mariage avec Milla Donovan. C’est au milieu de ce fiasco émotionnel que Brian Michael Bendis décide de faire réapparaitre l’ancienne partenaire et compagne de Daredevil : la sexy Veuve Noire !

L’ex-agent soviétique, rappelée d’une mission pour le S.H.I.E.L.D. afin d’être extradée vers la Bulgarie pour y être ‘jugée’ pour d’anciens crimes, vient se réfugier dans les bras de son ex-compagnon vêtu de rouge. Le timing de cette belle rousse qui se retrouve avec un contrat sur la tête, n’est pas extra, tout comme celui du criminel Jigsaw, venu chercher misères à Matt Murdock au milieu de ce chaos fortement médiatisé.

Le retour de la Veuve Noire permet à Bendis de placer son super-héros au milieu d’une intrigue d’espionnage mondiale dans un univers de Marvel plus large, et il en profite donc pour faire apparaître le S.H.I.E.L.D., les vengeurs et madame Hydra. Les aficionados de l’univers Marvel se réjouiront peut-être de cette tournure scénaristique, mais personnellement je préfère quand Bendis se ‘contente’ d’histoires plus intimistes se limitant à Hell’s Kitchen.

Ces intrusions multiples de personnages Marvel semblent parfois un peu forcées et poussent certaines scènes intéressantes dans l’ombre, comme les sentiments affectifs de Matt Murdock partagés entre Milla Donovan et Natasha Romanov, ou l’intrusion de Jigsaw au domicile et au bureau de l’avocat aveugle le plus populaire de Hell’s Kitchen.

Le bonus ‘anniversaire’ permet, quant à lui, de revenir sur certains événements plus anciens de manière originale et par différents artistes (Michael Golden, P. Graig Russell, Phil Hester, Chris Bachalo, Jae Lee, David Finch, Frank Quitely) qui n’avaient pas encore illustrés Daredevil auparavant.

Cet ‘All-Star Spécial’ va ainsi revenir sur le point de vue de Spider-Man lors de la publication de l’identité secrète de Daredevil dans la presse (Tome 5 Le Scoop), mais également nous montrer quelques rencontres intéressantes entre Daredevil et d’autres super-héros (Nick Fury, Captain America, Dr. Strange), venus proposer leur aide au Diable Rouge lors de l’année écoulée.
 

BD Daredevil (100% Marvel), Tome 11 : L'âge d'or (Bendis (Brian Michael) / Maleev (Alex) / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.11 : L'âge d'or (4.00/5)

  

Catégorie : Super Héros
Scénario : Bendis (Brian Michael)
Dessin : Maleev (Alex)
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 02/04/2007

Ce onzième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe cinq épisodes publiés aux Etats-Unis entre décembre 2004 et avril 2005 (Daredevil Vol.2 66 à 70 - Golden Age).

Alexander Bont, l’ancien caïd de Hell’s Kitchen avant l’arrivée de Wilson Fisk, sort de prison à l’âge de 93 ans et est bien décidé à se venger de celui qui l’a mis derrière les barreaux : Matt Murdock, alias, Daredevil.

Brian Michael Bendis va profiter de la libération de cet ‘ancien’ pour naviguer de l’époque contemporaine à l’Age d’Or (fin des années 30 aux années 50), en passant par l’Age Marvel (les années 60). Un travail d’équilibriste qui va permettre à Bendis de nous en apprendre plus sur le passé du quartier de Hell’s Kitchen. Daredevil n’existant pas encore pendant l’Age d’Or, Bendis introduira d’ailleurs deux autres personnages (L'Ange et le Défenseur) pour cette époque.

Et même si Bendis se permet de nous montrer un Daredevil dont le physique semble échapper aux conséquences de ce voyage à travers les époques (à l’inverse d’Alexander Bont, qui prend un sacré coup de vieux), et qui arbore une tenue d’origine jaune qui ne respecte pas entièrement la chronologie vestimentaire de l’homme sans peur, ces voyages dans le temps démontrent une nouvelle fois l’énorme talent du scénariste à développer ses personnages et leur environnement.

De plus, profitant des différentes époques, Bendis ne va pas seulement inventer de nouveaux personnages, mais également en ressusciter certains (Melvin Potter, alias le Gladiateur) ou en créer d’autres, donnant ainsi une succession surprenante au Tigre Blanc. Jonglant avec les époques et ces personnages, Bendis va tout de même parvenir à livrer une histoire consistante qui abandonne le lecteur dans un univers encore plus riche qu’en début de tome.

Et que dire du graphisme d’Alex Maleev qui, tel un caméléon, va s’adapter aux sauts temporels de Bendis, avec un dessin noir et blanc sans fioritures pour l’Age d’Or et un procédé à effet de grain pour faire revivre l’Age Marvel. Nul doute que le talent de Maleev et la colorisation de Dave Stewart ne sont pas étrangers à l’Eisner Award venu récompenser ce magnifique travail sur Daredevil.

Bref, Bendis tourne une nouvelle fois le dos à l’action comics pure et dure, pour nous livrer un travail intelligent qui explore Hell’s Kitchen et son héros de long en large à l’aide d’un graphisme novateur et rétrospectif.
 

BD Daredevil (100% Marvel), Tome 12 : Le décalogue (Bendis (Brian Michael) / Maleev (Alex) / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.12 : Le décalogue (3.50/5)

  

Catégorie : Super Héros
Scénario : Bendis (Brian Michael)
Dessin : Maleev (Alex)
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 02/04/2007

Ce douzième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe cinq épisodes publiés aux Etats-Unis entre mai 2005 et septembre 2005 (Daredevil Vol.2 71 à 75 - Decalogue), et est l’avant-dernière aventure écrite par Brian Michael Bendis et illustrée par Alex Maleev.

Après l’auto-proclamation de Daredevil en tant que nouveau roi de la pègre après avoir évincé Wilson Fisk, alias Le Caïd, Brian Michael Bendis avait déjà réussi à nous surprendre en évitant de dédier le tome 9 de Daredevil (‘Le Roi de Hell's Kitchen’) à un Daredevil nettoyant le quartier de Hell’s Kitchen de ses criminels. A la place, Bendis avait préféré faire un bond d’un an, afin de montrer les conséquences psychologiques de ce nettoyage sur notre héros et ses amis.

Cette fois-ci, Bendis va enfin se concentrer sur les événements qui se sont déroulés l’année où Daredevil a repris le pouvoir à Hell’s Kitchen. Mais Bendis ne serait pas Bendis, s’il ne le faisait pas de manière originale et surprenante.

En effet, des résidents de Hell's Kitchen se réunissent à l’église locale afin de discuter des conséquences du couronnement de Daredevil en tant que nouveau Caïd et, c’est usant de ce procédé narratif original que Bendis va nous dévoiler se qui s’est déroulé après la chute de Wilson Fisk.

Les différentes histoires narrées par les membres de cette réunion vont faire apparaître le nouveau roi de leur quartier sous forme de flash-back et, c’est avec l’habilité que l’on lui connaît que Bendis va regrouper les histoires des différents protagonistes au fil des pages.

Ne se contentant pas seulement d’un procédé narratif original pour nous surprendre, Bendis va également faire virer l’ambiance de son récit vers l’horreur et le fantastique à l’aide d’un bébé/nain démoniaque (d’où le titre de cette nouvelle aventure) et ressusciter un ancien ennemi de Daredevil (le Pitre) afin de doter ce récit reposant principalement sur le dialogue d’un peu d’action.

Si on connaît les capacités de Bendis à tenir le lecteur en haleine avec un récit principalement axé sur le dialogue, Alex Maleev se sort également de manière magistrale de cette impasse qui l’oblige à illustrer une conversation de cinq épisodes dans une pièce restreinte. Il y a seulement au niveau des couvertures que je suis graphiquement un peu déçu par cette nouvelle aventure.

Bref, après plus de 50 épisodes et en attendant le dernier tome du duo Bendis/Maleev, avant la reprise de la série par Brubaker, on peut déjà applaudir le travail de ce duo qui emmena le Diable Rouge (et surtout Matt Murdock) vers des sommets rarement égalés.
 

BD Daredevil (100% Marvel), Tome 13 : Le rapport Murdock (Bendis (Brian Michael) / Maleev (Alex) / Marvel France)
 

Daredevil (100% Marvel)


T.13 : Le rapport Murdock (2.50/5)

   

Catégorie : Super Héros
Scénario : Bendis (Brian Michael)
Dessin : Maleev (Alex)
Editions : Marvel France

Avis posté par yvan Le 20/08/2007

Ce treizième tome de Daredevil dans la collection 100% Marvel regroupe six épisodes publiés aux Etats-Unis entre octobre 2005 et mars 2006 (Daredevil Vol.2 76 à 81 - The Murdock Papers), et vient clôturer le passage remarqué de Brian Michael Bendis et Alex Maleev sur cette série. Une collaboration de quatre années, riche de 56 fascicules, couronnée par deux Eisner Awards et une nomination dans la catégorie "Prix de la série" à Angoulême, qui aura marqué de manière indélébile l’histoire de ce personnage créé par Stan Lee et Bill Everett il y a plus de 40 ans et relancé par le talentueux Frank Miller à la fin des années 70.

Ce nouvel album vient parachever l’intrusion des deux auteurs dans le quotidien pas toujours joyeux de ce personnage acculé au plus profond de son identité secrète et tentant de reconstruire une vie affective après la perte de ses grands amours. Ce chant du cygne du duo prolifique a néanmoins un peu trop les allures d’un tableau de famille. Tous les personnages récurrents de la série sortent de l’ombre et viennent assister au sort final de l’avocat aveugle et de son alter ego Daredevil, tous avec leur propre agenda. D’un autre côté, le retour du Tueur (Bulls Eye) est quasi indispensable afin d’instaurer un climat de peur autour de la nouvelle relation affective qu’entretient Matt Murdock avec Milla. La présence de Ben Urich permet de refermer la boucle médiatique et permet une identification du lecteur avec ce père de famille qui craint pour sa vie. Quant au come-back d’un Caïd, se reposant plus sur son génie intellectuel que sur sa force physique, il est inéluctable dans cette conclusion.

Côté graphisme, le dessin photo-réaliste d’Alex Maleev est surtout efficace sur les scènes dramatiques, comme les discussions entre un Caïd dont la fourberie est à la mesure de l’ombre qui vient l’envelopper et un Ben Urich terrorisé, lui jetant des regards craintifs. Le dessinateur d’origine bulgare est cependant moins à l’aise sur certaines scènes d’action, où il délaisse cet art ombragé, caractéristique à l'ambiance habituelle de la série.

Cette conclusion de Bendis ("Torso", "Powers", "Sam and Twitch", "Goldfish", "Jinx") et Maleev ("Sam and Twitch") méritait donc d’être plus concluante. Elle reflète cependant la dualité qui poursuit ce diable rouge, partagé entre une envie de tout révéler au monde extérieur et le rêve de pouvoir fuir cette réalité et ce quartier pour lequel il se bat sans relâche.

Brian Michael Bendis et Alex Maleev tirent donc leur révérence et, même si le couronnement de l’œuvre n’est pas à la mesure de leur travail remarquable sur celui qu’ils firent roi de cette cité new-yorkaise, ils laissent la porte de Hell’s Kitchen entrouverte pour le relais d’Ed Brubaker et de Michael Lark.