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Les avis de
Bidibul
sur la série "Peter Pan"
Moyenne posteur :
( 4.50 /5)
Moyenne site :
( 4.34 /5)
Peter Pan
T.1 : Londres
(4.50/5)
Catégorie :
Conte
Scénario :
Loisel
Dessin :
Loisel
Editions :
Vents d'Ouest
Avis posté par
Bidibul
Le
09/03/2002
« Imagine un fabuleux bonbon qui aurait comme goût celui du rêve, comme parfum celui de l’aventure et comme emballage… l’imaginaire. »
Ce bonbon, Loisel nous le tend. Il est là, dans le creux de ses pages. A nous de l’attraper et de le savourer…
L’auteur a tout réussi dans ce premier tome. De superbes dessins, qui donnent énormément de vie et de caractère aux personnages. Des dialogues qui nous plongent dans ce Londres miséreux et ce monde d’adultes détestables. Un scénario qui nous entraîne irrésistiblement vers un univers fait de magie et de féerie.
C’est fou tout ce que Loisel a pu introduire dans cet album d’ouverture, en termes de psychologie, d’intrigue, d’action, d’humour, de sensibilité, de magie… On appelle ça le talent.
Peter Pan
T.2 : Opikanoba
(4.06/5)
Catégorie :
Conte
Scénario :
Loisel
Dessin :
Loisel
Editions :
Vents d'Ouest
Avis posté par
Bidibul
Le
09/03/2002
On se croirait dans un vrai conte pour enfants avec le Capitaine, Mouche, notre gros crocodile affamé, des pirates aux mines patibulaires, des créatures imaginaires telles que fées, centaures, lutins… et un Peter qui joue au pirate comme il en a toujours rêvé.
Et puis tout à coup on bascule de la féerie à la guerre, la cruauté, l’horreur et on finit même par sombrer dans la folie. La traversée de l’Opikanoba est particulièrement prenante et constitue sans aucun doute le point d’orgue de ce deuxième volet.
Peter continue de nous dévoiler différentes facettes, les belles comme les mauvaises. Le récit progresse bien. La palette des personnages s’enrichit. On en apprend plus sur le fameux trésor et ce qu’il représente.
Le graphisme conserve, quant à lui, toute sa beauté et sa force d’expression.
Peter Pan
T.3 : Tempête
(4.50/5)
Catégorie :
Conte
Scénario :
Loisel
Dessin :
Loisel
Editions :
Vents d'Ouest
Avis posté par
Bidibul
Le
09/03/2002
Loisel continue à nous captiver dans ce troisième tome.
Il enchaîne les moments drôles et légers et les tranches d’action ou d’émotion. Mais surtout, l’intensité dramatique monte clairement d’un cran par rapport aux volumes précédents. Aussi bien au sein du peuple imaginaire que dans le monde réel. Peter fait, effectivement, une incursion à Londres ; il n’en ressortira pas indemne.
Avec ou sans dialogue, Loisel est terriblement efficace pour transmettre les émotions.
La structure narrative est extrêmement fluide.
Son dessin et ses couleurs ont sensiblement évolué et… c’est encore plus beau. Si, si.
Peter Pan
T.4 : Mains rouges
(4.70/5)
Catégorie :
Conte
Scénario :
Loisel
Dessin :
Loisel
Editions :
Vents d'Ouest
Avis posté par
Bidibul
Le
09/03/2002
Ce excellent 4ème tome nous réserve encore beaucoup d’émotions. Loisel n’a pas son pareil pour nous faire partager la tristesse de ses personnages ou leurs moments de folie.
Côté scénario, cela reste exemplaire. Chaque case joue un rôle dans la trame que tisse l’auteur. Le rythme est parfaitement adapté aux événements. Plusieurs éléments se mettent en place pour faire converger le récit vers le conte que nous connaissons tous : Peter gagne un nom, le Capitaine perd une main, le croco avale un réveil…
Loisel confirme aussi sa volonté d’ancrer son histoire dans la réalité : déjà, tout avait démarré dans les quartiers froids de Londres ; à présent, une certaine Mary Ann Nichols, première victime présumée du tristement célèbre Jack l’Eventreur, fait son apparition. Affaire à suivre…
Le graphisme est un vrai régal. Et quelle couverture…
Peter Pan
T.5 : Crochet
(4.44/5)
Catégorie :
Conte
Scénario :
Loisel
Dessin :
Loisel
Editions :
Vents d'Ouest
Avis posté par
Bidibul
Le
09/03/2002
Comme l’indique le titre, le capitaine des pirates occupe cette fois les devants de la scène ; non sans plaisir pour le lecteur que je suis, car s’il apparaît comme le plus cruel, l’homme à la main or/argent est aussi le personnage le plus drôle de la série, de par son côté ‘gros bébé’ et ses dialogues avec son second qui font souvent 'mouche' (mouarf
). De plus, la relation passionnelle entre Crochet et le crocodile atteint ici son apogée.
Quant à Peter Pan et sa petite troupe, le calme est revenu après la tempête. L’heure est plutôt à la construction d’un nid douillet mais aussi aux rêves, grâce à une petite boîte à trésor confiée par Monsieur Kundal.
La galerie des personnages s’étoffe encore un peu, au point de devenir impressionnante. Par contre, même s’il reste dans les cœurs, Pan s’efface petit à petit des mémoires… L’oubli et la notion du "non-temps" est en effet l’une des particularités de l’île.
Au final, je noterai quand-même une petite baisse de régime, bien que ce 5ème tome se termine sur un fameux coup de théâtre. De quoi décupler notre curiosité pour la fin de l’aventure.
Ai-je encore besoin de préciser que le graphisme est sublime ?
Peter Pan
T.6 : Destins
(3.84/5)
Catégorie :
Conte
Scénario :
Loisel
Dessin :
Loisel
Editions :
Vents d'Ouest
Avis posté par
Bidibul
Le
03/11/2004
J’étais carrément tendu au moment d’entamer ce dernier volet d’une série unanimement appréciée pendant les 5 premiers tomes. Tendu au vu des avis très divergents qui se sont abattus sur le tome 6. Je m’étais bien gardé de lire les avis, me contentant de consulter les étoiles attribuées.
Une petite cinquantaine de pages plus tard, le magnifique soufflé concocté par Loisel au cours des épisodes précédents me donnait l’étrange impression d’être retombé. Telles fût ma première réaction en refermant ce livre.
Tout commence pourtant bien : les vingt premières pages sont extrêmement prenantes. Dramatiques. Ce qui se produit dans l’antre du gardien m’a littéralement estomaqué. Quand je revois le regard hébété de Picou, j’en ai la gorge nouée.
La suite est sombre, très sombre. Les orphelins nous effraient lorsqu’ils parlent froidement de leur petit compagnon ; Clochette est machiavélique ; Peter apparaît de plus en plus comme un despote… Pour accentuer cet effet, presque tout va d’ailleurs se dérouler dans la pénombre.
Et la fin est déroutante. Elle laisse un goût bizarre. Loisel a-t-il eu peur d’apporter une réponse aux questions qu’il a lui-même soulevées ? S’est-il découragé ? Lassé ?
Non ! Ce serait trop simple de sous-estimer ainsi ce talentueux auteur. J’ai pris le temps de digérer cette première lecture. Je me suis demandé pourquoi il avait délibérément choisi de clôturer le récit de cette manière. N’est-ce pas moi qui ai du mal à accepter le côté obscur de tous ces personnages auxquels je me suis si fortement attaché… ?
Avec du recul, je me dis que Loisel a réussi quelque chose de très marquant. Il a maintenu le cap qu’il s’était fixé, à savoir entretenir notre imaginaire, laisser planer tant les rêves que les doutes. C’eût été un comble, en effet, pour une œuvre qui incarne le rêve et le mystère, de tout nous dévoiler. A chacun son trésor… à chacun d’imaginer les zones d’ombre et les non-dits. Quel eût été l’intérêt de savoir si oui ou non Crochet est le géniteur de Peter ? Ou de savoir comment les deux ennemis allaient gérer ce lien sanguin ? On risquait de partir dans un imbroglio pedopsychotragicomique du plus mauvais effet… Certains auraient peut-être aimé apprendre ce que renfermait le petit coffret de M. Kundal ou, tout comme Rose, voir sous quelle forme est matérialisé le vrai trésor de l’île. Ou encore être certain de l’identité de Jack l’éventreur…
Loisel a exploité à merveille les éléments clés du mythe de Peter Pan pour en faire une oeuvre créative et un véritable conte pour adultes, bourré d’émotions, à l’esprit bon enfant mais aussi noir et cruel. Tout s’emboîte parfaitement dans son récit.
Et n’oublions pas que Loisel a emprunté à Sir James Matthew Barrie son personnage afin, non pas d’en réadapter l’histoire, mais bien d’en inventer la jeunesse. Il avait donc l’obligation morale de restituer un Peter Pan tel qu’il l’avait pris ; en d’autres termes, de clôturer son récit de manière cohérente et plausible là où commence celui du romancier britannique. Malgré cette contrainte, le moins que l’on puisse dire est que Loisel a pris tout le monde à contre-pied. Combien d’auteurs en sont capables ? Combien auraient osé une fin pareille ?
En fin de compte, Loisel a réussi un véritable tour de force : celui de prendre un personnage qui incarne l’enfance, l’amour, le rêve, l'amusement ; un personnage qui bénéficie d’un capital sympathie énorme auprès de tous les enfants que nous avons été. Et ce Peter Pan, l’auteur l’a poussé à l’extrême ; il nous en montré toutes les facettes, même les plus noires. Rappelons que Clochette n’a pas choisi Peter par hasard. Pour fuir le monde des adultes et faire vivre celui de l’irréel, il lui fallait un enfant qui aie la haine au point de vouloir fuir la réalité. Et qu’y a-t-il de pire qu’être haï par sa propre mère ? Loisel nous montre ainsi l’étendue des dégâts qu’a provoqué cette absence d’amour.
A noter, une petite phrase parmi d’autres qui en dit long sur la complexité de Peter Pan : « Il EST l’île avec toutes ses contradictions. La notion du temps n’existe pas… l’oubli est sa force. ».
Dans une interview, Loisel répète qu’il faut oser. C’est ce qu’il a fait ici…
Chapeau bas, Monsieur Loisel, pour cette fabuleuse aventure. Et merci pour vos dessins...
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