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Les avis de
Chalybs
sur la série "La trilogie Nikopol"
Moyenne posteur :
( 4.17 /5)
Moyenne site :
( 4.01 /5)
La trilogie Nikopol
T.1 : La foire aux immortels
(4.19/5)
Catégorie :
Science-fiction
Scénario :
Bilal (Enki)
Dessin :
Bilal (Enki)
Editions :
Les humanoïdes associés
Avis posté par
Chalybs
Dans le monde de la BD, il y a certains incontournables. Que cela soit en tant que tome, série, scénariste ou encore en tant que dessinateur.
Bilal fait parti de ces auteurs, scénariste et dessinateur, artiste complet et accompli, pionnier qui a permis à la BD d'acquérir ses lettres de noblesses.
Je me devais donc un jour de lire ces œuvres afin de mieux comprendre en quoi il fut novateur et différent des autres.
Sa trilogie Nikopol est celle qui a inspiré le film 'immortel (Ad Vitam)', je me suis dit que ce serait un bon début que de commencer par là.
Le première chose marquante quand on ouvre un album de Bilal, c'est sans conteste le dessin.
Celui-ci est très personnel. Il n'y a pas deux dessinateurs ayant ce style là. Reconnaissable au premier coup d'œil.
Le trait n'est pas forcément très sûr, pas forcément très précis, mais tous ses légers défauts lui confère la vie qui manque à d'autres albums. Les couleurs, sûrement à la peinture, ne sont pas uniformes et ajoute encore au réalisme de ses dessins. De plus, ce décalage, toutes ces imprécisions, ces imperfections donnent corps avec encore plus de poids au monde futuro-décadent imaginé par Bilal. Personnellement je m'y suis très vite habitué et plus que ça, j'adore.
Coté scénario, ça oscille entre la très traditionnelle science fiction et l'inspiration de l'imaginaire assez puissante.
Il ne faut pas oublier que cette BD est sortie en 1980 ! Une éternité presque dans le monde de la BD. En tout cas, Bilal fait forcément parti des précurseurs. Malgré cela, cette œuvre n'a rien perdu. Contrairement à d'autres BDs qui ont perdu en superbe tant au niveau scénario que Graphismes, ici on dirait une BD récente. Bilal a réussi par son style unique à créer une BD immortelle, bloquée dans son continuum espace-temps.
On rentre rapidement dans l'histoire, les personnages malgré tout restent assez distants, difficile pour ma part de m'attacher réellement à Nikopol. J'ai bien fait me dis-je à la fin de l'histoire.
Ce tome, premier d'une trilogie réussit de se suffire à lui-même tout en ouvrant la porte aux deux tomes suivants. Lui seul, on n'est pas perdu, la fin pourrait très bien clore cette histoire sans plus de questions. Toute l'ingéniosité de Bilal étant dans cette opposition.
Et puis le pessimisme ambiant, la noirceur de cet univers, contrebalancé par les couleurs ridicules imposées par la gente au pouvoir fonctionne, les rebondissements sont bien amenés et nous permette à tout moment de nous raccrocher à tous les indices disséminés de ci de là. Un scénario construit intelligemment.
La trilogie Nikopol
T.2 : La femme piège
(3.58/5)
Catégorie :
Science-fiction
Scénario :
Bilal (Enki)
Dessin :
Bilal (Enki)
Editions :
Les humanoïdes associés
Avis posté par
Chalybs
Le
08/06/2002
Eh ! Quand je disais que le tome 1 pouvait être pris comme un tome à part…
Voilà que le tome 2 (qui est apparu 13 ans après le premier !!!) commence en disant que l'histoire commence dans la continuité de l'univers du 1 mais que globalement, tout ce qui s'est passé, on s'en moque…
Effectivement, même sans avoir lu le premier tome, tous les évènements de ce tome sont compréhensibles. Certes, on aura un peu plus de mal à situer tous les protagonistes, certains auront l'air de sortir de nulle part, mais ça reste logique. Personnellement, je préfère quand même avoir lu le tome 1 car de ce fait ça rajoute de la profondeur au caractère des personnages.
Malgré tout, ce deuxième tome est moins convaincant. Est-ce vraiment les mots que je voulais ? Pas sûr…
Non, ce deuxième tome est plus déroutant.
Non suivons les traces de Jill Bioskop. Une journaliste Londonienne un peu paumée après la mort de son petit ami dans un attentat. La manière de narrer le récit à la première personne, écrit en blanc sur fond noir, nous fait suivre la pensée désabusée de cette journaliste. De ce fait, j'ai eu l'impression que le temps se figeait, le ton employé, le dessin assez figé, les idées confuses et noire de l'héroïne, l'ambiance distillée par Bilal m'a aussi donné l'impression d'être drogué, de voir les choses d'un autre plan, au ralenti. L'ambiance est extrêmement bizarre, réussit, mais décontenançant.
J'ai l'impression que les créateurs de 'Matrix' ont piqué le coup des pilules de couleur à Bilal. En tout cas si ce n'est pas le cas, je m'aperçois une fois de plus que Matrix n'a rien inventé. Bilal en vrai précurseur avant-gardiste a posé les bases de la science fiction grand public très tôt.
L'histoire donc, n'a pas beaucoup d'action. Celle-ci se déroulant comme dans un rêve, (avec des idées de mises en pages merveilleusement créatives avec la même scène vu par deux personnes sous le même angle dans le même plan, mais avec une vision différente avec des couleurs différentes) tout l'album nous donne l'impression d'être au ralenti. Et si les personnages commencent désabusés, abattus, l'ambiance se transforme lentement en une nostalgie qui prend aux tripes.
Le dessin est toujours aussi soigné. Les détails aux crayons ne sont pas nombreux, mais les textures réalisées par Bilal sont hors normes avec, elles, une foule de nuance et de précisions qui donne une vie sans pareils à l'univers.
Ah ! Évidemment, on finira par retrouver nos héros du premier tome. Les destins de Jill et Acide finiront par se croiser…Mais seront-ils les seuls à participer au jeu mis en place par Bilal ?
L'histoire conte deux fuites en parallèle. Celle de Jill face à son ennui et sa tristesse et celle d'Alcide, face aux obligations d'un autre…
Certes, on n'apprend pas grand-chose dans ce tome, mais la fin réunit tous les ingrédients pour que ça éclate dans le troisième.
Et ce tome comme j'espère que vous l'avez déjà compris vaut avant tout pour l'ambiance magistralement maîtrisée.
Bref, un excellent album à lire quand on a le moral, mais franchement, Bilal est impressionnant de maîtrise. Le style, le ton, les dessins sont en parfaite adéquation.. Superbe.
La trilogie Nikopol
T.3 : Froid Equateur
(4.25/5)
Catégorie :
Science-fiction
Scénario :
Bilal (Enki)
Dessin :
Bilal (Enki)
Editions :
Les humanoïdes associés
Avis posté par
Chalybs
Le
08/06/2002
Ce 3ème tome est à l'image des deux autres : plutôt décontenançant…
Je ne connaissait pas Bilal avant de lire cette Trilogie. Je dois avouer que je ne suis nullement déçu du voyage.
C'est un sacré dépaysement que nous offre Bilal.
L'histoire, la manière de conter l'histoire, l'ambiance, les personnages…Tout est tellement personnel que je ne peux vraiment pas essayer de comparer cette série ou cet auteur à quoique ce soit d'autre que je connaisse.
Cet troisième album un une sorte de mixe entre les magouilles politico mafieuse dictatoriale du premier tome et la nostalgie et le pessimisme du second.
Tout ça pour un tome qui nous expulse sans précaution de la sphère terrienne classique et des concepts habituels de la BD.
Bilal sur cette BD est une véritable comète hors des chemins battus.
Rien que son style graphique complètement exceptionnel nous libère de tous les usages dont on nous gave chez d'autres éditeurs. Vous cherchez un dessin pas prise de tête, clair, lumineux, joyeux ? Passez votre chemin !
Bilal ne donne pas beaucoup de coups de crayons. Son trait n'est pas le plus chargé et le plus détaillé que je connaisse. En revanche, la mise en couleur est affolante. Non, ce ne sont pas des couleurs pleines ! Au contraire, les nuances, les dégradés, les défauts de la mise en couleur donne une vie terrifiante au plus infime détail.
La mise en page, les plan de vue choisis font preuve d'une recherche et d'une volonté de faire réfléchir.
Seuls ombre au tableau, le dessin n'est pas vraiment dynamique. Bilal a du mal à faire passer le mouvement.
Mais finalement, cela va plutôt bien avec son univers coincé, engoncé dans sa dégénérescence…
Ce dernier tome est encore à prendre avec un grand soucis de l'anticonformisme. Une première lecture directe à la mode 'Soleil prod' (j'ose comparer !!!) vous ferait rejeter cet album comme une sous réalisation infâme et indigne d'être publiée. Mais c'est de l'art et du vrai et comme tel il faut réfléchir, mûrir avant de pouvoir donner son avis.
Les délires de l'auteur sur les joutes du futur, sur la manie discriminatoire et les déviances que Bilal avait déjà repéré à son époque et qu'il amplifie afin de nous alerter, les défauts qu'ils prête même aux Dieux (comment la pyramide est géstabiliser est un chef d'oeuvre d'humour décalé…).
Le destin des différents personnages est boulversifiant, Bilal n'est pas fleur bleue et il nous le fait bien sentir.
Bref, moi de telle BD, j'en lirais bien tous les jours.
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