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100 Bullets
, Tome
1
: Tome 1
Posté le
11/01/2004
Evidemment, quand on tombe sur une idée comme ça (voir résumé), on est déjà un peu intéressé.
Evidemment aussi, quand c'est Eduardo Risso (le grand Eduardo Risso, siouplé !) qui dessine le tout, l'intérêt monte encore. Son dessin, très caractéristique, est toujours aussi superbe. Les expressions des visages sont souvent farouches, hargneuses, mauvaises, et très, très bien rendues. Les couleurs, dans l'ensemble très homogènes, confèrent à l'album une atmosphère mi-terne mi-glauque réussie. Et le découpage est dynamique, avec des cadrages variant beaucoup, et utilisant allègrement plongées et contre-plongées.
Quant à l'histoire, elle est bien exploitée dans le sens où le petit résumé ci-dessus n'est qu'un résumé de la base de l'histoire, et non de l'ensemble : en effet, ce premier tome comporte deux histoires comportant la même base, mais vraiment très différentes. En particulier, si la première peut paraître un peu classique, la deuxième (malheureusement plus courte) est vraiment excellente, et noire à souhait. On se retrouve donc un peu dans l'idée de "
Fog
", avec un thème commun, mais une grande variation dans le développement des différents épisodes. Forcément on risque d'être déçu à un moment ou à un autre, mais pour l'instant ce n'est absolument pas le cas.
Outre les qualités précitées, les personnages sont bien développés. Ils sont certes un peu monolithiques (ils jouent leur rôle et ne sont pas là pour évoluer), mais cela fait partie de la force de "
100 Bullets
". En plus les dialogues sont parfois assez géniaux, avec en particulier un passage qui m'a fait hurler de rire :
- C'était délire. Des mecs qui sortent avec des meufs que c'est des mecs.
- Sans déc' ?
- Elles étaient grave bonnes en plus, t'aurais vu ça.
- Ouais, mais quand tu veux leur frotter la chatte, tu te retrouves la main pleine de couilles.
(oui, c'est élégant, je sais, je sais…
)
Bref, un bon album bien noir, assez cynique, et très bien réalisé.
20th Century Boys
, Tome
1
: Tome 1
Posté le
13/02/2003
Ce premier album pose les bases de ce qui va s’avérer être une grande série.
La forme générale n’est pas sans rappeler « It » (« Ça ») de Stephen King. En effet, la narration alterne sans cesse entre le présent (de nos jours), le passé (1969) et même le futur (début du 21ème siècle). De fait, le présent est relativement terne : Kenji possède un magasin et sa vie est aussi tranquille que banale, partagée entre ses amis (d’enfance), Kanna (la fille que sa sœur lui a abandonné) et sa mère (légèrement acariâtre). Le passé quant à lui, nous révèle une bande de copains, d’amis, avec ses joies, ses peines, ses problèmes d’enfants…
L’intrigue se met tout juste en place. Un symbole, un œil où la pupille est une main, est lié à deux morts, l’une d’elles concernant Donkey, un ami de Kenj. C’est presqu’involontairement que Kenji va être impliqué dans quelque chose d’énorme. Déjà le lecteur se sent impliqué, de par la lenteur de la mise en place. Chaque détail est distillé au compte-gouttes, et l’alternance passé / présent permet de dévoiler avec parcimonie, ce qui exacerbe l’envie d’en savoir plus.Les éléments pourront paraître tout d’abord quelque peu décousus, ce qui en soit est tout à fait normal, les liens se faisant au fur et à mesure de la progression dans la lecture.
Côté dessin, on retrouve le style d’Urasawa (cf « Monster ») : bien travaillé, des visages simples, caricaturés mais étudiés et précis, des expressions bien rendues.
La qualité de l’album est très bonne, papier épais, jaquette superbe et plaisante. Une présentation des personnages au début de l’album permet de s’y retrouver facilement et rapidement. Seul défaut : un peu cher pour un manga (9 euros).
Cet album se lit vraiment très bien, même s’il est à mon avis un peu lent. Mais tant mieux, car la suite est très très prometteuse.
20th Century Boys
, Tome
2
: Tome 2
Posté le
17/02/2003
Là où le premier ne faisait que poser des bases somme toutes succintes, ce second tome les développe avec brio.
L’introduction de nouveaux personnages multiplie les vues du mystère et permet au lecteur d’assembler quelques morceaux épars d’information. Cette multiplication permet également d’approfondir l’impression de mystère ainsi que l’ampleur de « la vérité » qui se cache derrière.
On remarquera en particulier l’introduction – parfaitement maîtrisée et cohérente – de paranormal dans l’histoire. Le côté mystique, jusqu’alors réservé à la secte d’Ami, s’étend quelque peu, donnant l’impression de pouvoir être une réponse au mystère.
Il faut bien dire que Naoki Urasawa prend un malin plaisir à mener le lecteur par le bout du nez, suggérant la culpabilité possible de presque chacun de ses personnages, et des explications possibles qui s’avèreront…
Disons-le clairement : j’ai trouvé ce deuxième tome absolument passionnant ! Le mystère tout en étant quelque peu dévoilé, s’épaissit. Le côté paranormal fait monter le suspens de façon incroyable, et on se sent taquiné par l’auteur, par ses fausses pistes, par les personnages qu’il développe pour ensuite les abandonner (définitivement ?).
Excellent, tout simplement.
Dessin et album toujours très bons, voir le premier tome. La présentation des personnages en début d’album est toujours aussi bien faite, ne dévoilant rien.
20th Century Boys
, Tome
3
: Tome 3
Posté le
20/02/2003
Changement de ton prononcé par rapport au tome 2 : l’histoire se recentre ici autour de Kenji pendant la quasi-totalité du volume. Le scénario me semble quelque peu hésitant, où plus précisément flou.
*** Attention spoiler *** Urasawa confronte Kenji et Ami sans que l’on sache de qui il s’agit, *** Fin spoiler *** puis s’amuse à nous livre de nouvelles fausses pistes, à élargir le champ de ce que l’on connaissait tout en multipliant les possibilités. Tous ces personnages secondaires permettent de donner une ampleur appréciable à l’intrigue, et étoffent et crédibilisent cet univers assez glauque.
Ce tome est malgré tout – à mon avis – plus faible que les précédents : on atteint en effet une certaine saturation en rebondissement et mystère. En particulier, j’ai été moins intrigué que durant la lecture du tome 2.
Le dessin est comme toujours très bon, même si certains visages se ressemblent.
La fin du tome nous montre le shôgun, personnage mystérieux situé à Bangkok, qui n’a pour l’instant rien à voir avec le reste de l’histoire. Manière de tenir encore plus le lecteur en haleine, si besoin était.
20th Century Boys
, Tome
4
: Tome 4
Posté le
20/02/2003
Encore une fois le changement de volume s’accompagne d’un changement de personnage principal. Il s’agit ici, vous l’aurez compris, du shôgun, qui se retrouve presque par hasard impliqué dans une affaire avec la secte d’Ami.
Et oserais-je l’avouer, j’adore ce personnage ! La parfaite gueule du justicier, un caractère taciturne et bourru à souhait, un maître moine qui lui a fait subir un entraînement plus qu’éprouvant, costaud, hargneux et droit.
La caricature du justicier, mais avec une belle envergure, une histoire intéressante, un côté psychologique assez développé… La lecture de ce tome a été tout simplement jouissive. Urasawa montre qu’il sait utiliser un cadre ultra classique pour en faire une réussite.On retrouvera aussi d’autres personnages des tomes précédents, donnant ainsi l’impression que les différents fils commencent à se rassembler (bave, bave !), et on constatera que les personnages ne sont absolument pas figés, mais évoluent de façon intéressante.
Une particularité des mangas en général est un rythme assez lent, des scènes plus fournies en nombre d’images. Si Urasawa maîtrise fort bien cet aspect, on ne pourra qu’admirer les ellipses dont il parsème 20th Century Boys : sauts dans le futur, retours dans le passé, le tout sans perdre le lecteur et en intensifiant l’intérêt, voilà de quoi changer d’une narration plus classique.
30 jours de nuit
, Tome
1
: 30 jours de nuit
Posté le
07/09/2004
Ce qui frappe dans cet album, c'est bien évidemment le dessin. A la fois dépouillé dans ses éléments, et fouillé de par son mélange impressionnant de couleurs, il hésite entre un réalisme photographique pour certains visages et un superbe fouillis de couleurs le reste du temps, créant une ambiance vraiment unique et particulièrement adaptée au sujet.
Steve Niles le dit lui-même :
s'il y a bien une chose qui me terrifie rien qu'à y penser, c'est l'idée d'être prisonnier au milieu de nulle part, encerclé, sans personne qui puisse venir à l'aide, et nulle part où se tourner.
Autant dire que l'ambiance est sombre.
Les visages des vampires sont assez terribles, tout en dents et en méchanceté inhumaine, à faire frissonner... mais pour autant, le traitement réservé à cette histoire est un peu particulier : finalement assez rapide (le tout fait moins de 90 pages), les longueurs sont évitées, et en particulier les auteurs ne s'attardent pas sur le massacre fait par les vampires. C'est bien sûr à double tranchant : on gagne en efficacité et on évite une lassitude et un épuisement du sujet, mais on perd un peu en horreur et en ambiance. Le parfait opposé pourrait d'ailleurs être "
Dragon Head
", où l'action est étirée ad eternam sur 10 interminables volumes.
Cet album est donc assez vite lu, et sans être extraordinaire, se révèle cependant intéressant de par l'ambiance que son scénario original et son graphisme atypique et véritablement fascinant suscitent, et qui risquent de vous envouter le temps de la lecture, et peut-être même un peu au-delà.
300
, 300
Posté le
05/04/2004
Ô_Ô
En lisant "
300
", on ne peut guère qu'ouvrir de grands yeux. Visuellement c'est en effet superbe. Les couleurs, sombres, sont magnifiques et les jeux de lumière sont remplacés ici par d'abondants jeux d'ombre, souvent impressionnants. Pour autant, certaines gueules sont assez typées "américain", comme la femme de Léonidas ou le capitaine par exemple...
"
300
" s'inspire de la bataille de Thermopyles, où une poignée de Spartiates résistèrent à la gigantesque armée Perse. Mais ce n'est pas le côté historique qui fait sa force. Non, sa force c'est sa dureté, l'esprit implacablement obstiné et résolu des Spartiates, cette obsession d'être un guerrier, d'être dur, fort. Cet aspect est rendu de façon si magistrale qu'on en est tout ébloui, même si on se dit (raisonnablement) que tout ça déborde un peu de téstostérone...
Mais justement, ça marche. Miller prend un trait et le pousse à fond, sans hésiter, tout comme la résolution de ces Spartiates, d'ailleurs. Les personnages ne sont pas sympathiques, ils ne sont pas faits pour ça, non, mais ils sont admirables. Il y a aussi beaucoup de fatalisme dans "
300
". Mais du fatalisme positif, si on peut dire; celui qui consiste à assumer ses choix jusqu'au bout.
Miller joue aussi la carte du comics de super-héros. Ca me rappelle ce texte dans la bouche de Warren Ellis, dans "
Powers
" : Quelqu'un qui lit 300 comics de super héros chaque mois est un malade qui a besoin d'un médecin. J'arracherai à son cadavre encore fumant toutes les choses qui ont conduit les super héros à dominer les comics. L'énergie démesurée, les visuels épatants, le fétichisme et tout ça, pour l'appliquer à d'autres genres et d'autres histoires. C'est exactement ce que l'auteur a fait ici, et le résultat fonctionne à merveille.
Voilà, "
300
" n'est certainement pas un album profond, mais c'est par contre un album absolument superbe, et d'une efficacité incroyable.
Abraxas
, Tome
1
: Le brouet sapide
Posté le
11/10/2002
Ah ouais, tiens, c'est pas mal. On retrouve le dessin caractéristique d'Alfred (que j'aime beaucoup), non seulement au niveau technique mais aussi au niveau archétypes (personnages, façon de dessiner les dents, par exemple).
L'histoire est sympa mais pas transcendante; en revanche, l'ambiance est bien rendue, assez prenante. On ne découvre pour l'instant pas grand-chose, juste quelques mystères qui planent.
Abraxas
, Tome
2
: Le rideau gris
Posté le
14/10/2002
Lecture de ce tome 2 (et dernier) faite, sans être franchement déçu, il me reste un arrière-goût de manque...
En fait on ne s'identifie pas assez au personnage, les choses arrivent un peu trop brusquement sans qu'on soit impliqué.
Cela se traduit par une intrigue finalement peu intéressante, des éléments (comme la mère du héros) qui paraissent mal intégrés, et une légère impression de superficialité.
C'est dommage, car ç'aurait pu être vraiment bien, peut-être en prenant un peu plus de temps
... Conclusion : ce deuxième et dernier tome est décevant, ne développant pas les bases du 1er, et achevant trop rapidement cette histoire.
Adieu Brindavoine
, Adieu Brindavoine (suivi de La fleur au fusil)
Posté le
14/10/2002
Ce livre d'aventure assez pure et dure laisse présager de ce que sera Adèle Blanc-Sec. Malheureusement il est loin, très loin de pouvoir soutenir la comparaison... Ici aventure est synonyme de "il arrive des trucs".
Le scénario est comme le héros : il part sans savoir vers quoi ni pourquoi. De plus le dessin (ici la version BD librio, en noir et blanc) n'est pas vraiment excellent : les personnages sont figés, peu expressifs, et quand ils le sont, leurs expressions sont souvent outrées, maladroites. Quant aux scènes se déroulant dans le désert, j'avouerai trouver le dessin laid.
Sans même parler du découpage, maladroit, voire mauvais, qui ajouté au dessin donne quelques scènes tout simplement illisibles. Saupoudrons le tout d'un humour quelconque, voire pesant, en tout cas qui ne fonctionne pas, et nous avons un album terriblement décevant.
Dans la deuxième partie (" La fleur au fusil "), le narrateur le confesse, le récit était maladroit, et il parle d'erreur de jeunesse. Cette nouvelle aventure (qui ne dure que 10 pages, mais on a l'impression qu'elle est plus longue que la précédente) est assez onirique, mais bien mieux maîtrisée. Ceci dit, elle ne suffit pas à rattraper le tout.
Agadamgorodok
, Agadamgorodok
Posté le
13/01/2004
C'était un 2 ou un 4 mais pas un 3.
"
Agadamgorodok
" laisse un parfum d'inachevé, d'entraperçu, de vision fugitive, brève. Les personnages n'ont pas de réelle profondeur, et pourtant on apprend à les connaître, comme ça, juste en voyant leur quotidien.
L'histoire a quelques senteurs politiques, avec quelques allusions, mais à dire vrai cela m'a passé loin au-dessus de la tête.
Le dessin, très clair, limpide, bénéficie d'une mise en couleur... lumineuse. Son graphisme varie pour les scènes de rêves ou de récit, et reste absolument superbe.
L'histoire, donc, est un morceau de la vie de quelques personnes. Jules, personnage un peu simple, qui n'aspire à rien, sinon la tranquillité, et un peu de bonheur sous la forme d'un joli ange blond. Feodor Feodorovitch, son "tuteur", amoureux des livres. Le gros méchant, qui contrôle la ville et s'amuse à liquider les gens qu'il n'aime pas de façon "ludique" (comme le "brise-glace" : mettez les pieds d'une personne dans une bassine de béton, attendez que ça prenne, lâchez le tout depuis un hélicoptère au milieu d'un lac gelé, et regardez la jolie gerbe d'eau...).
L'histoire que créé la rencontre de ces personnages est sombre. D'une noirceur absolue, de celles qu'aucune lueur d'espoir ne vient adoucir. Et malgré cela, ou peut-être bien à cause de cela, "
Agadamgorodok
" est très beau, et vaut largement la peine d'être lu.
Algernon Woodcock
, Tome
1
: L'oeil Fé
Posté le
01/08/2002
J'attendais cet album avec impatience : il paraissait bien prometteur, puisqu'il semble s'agir d'une adaptation de roman
et que la couverture est... superbe.
Le langage est très châtié, très british façon XIXème siècle, ça j'adore. Les dessins ne font pas honte à la couverture : magnifiques !
Ma critique se situe donc au niveau de l'histoire. En effet, le scénario se développe lentement : tant mieux, on a le temps de s'immerger dans l'ambiance un peu glauque. Mais le problème de cet album, c'est qu'il est interrompu en plein milieu de l'intrigue, et qu'on reste sur un sentiment très fort de manque !
Je n'exagère pas : la frustration est réelle ! C'est pourquoi je déconseille l'achat de ce tome jusqu'à parution du second.
(A noter, la série serait prévue en 8 tomes, formant des histoires complètes deux par deux. De quoi largement compenser le manque de ce 1er album)
Algernon Woodcock
, Tome
2
: L'oeil Fé
Posté le
20/06/2003
Le tome 1 nous laissait avec la fuite assez mystérieuse d’Algernon Woodcock, que nous retrouvons au début de ce deuxième tome.
Autant le dire d’emblée : la rupture de ton et de rythme est ici très marquée. Le personnage d’Algernon n’a a priori pas grand-chose à voir avec celui que l’on connaissait : d’abord plus caractériel, puis plus mystérieux, introverti.
Le ton de l’album également est très différent. Là où on découvrait un mystère, une histoire quelque peu étrange, ici le mystère trouve une réponse, mais de manière très mystérieuse et étrange. On comprend à la fois beaucoup et peu, c’est assez étonnant. Étranges également, les interrogations sur le scénario par les personnages… On dirait qu’ils ont lu le début du scénario, et qu’à l’instar du lecteur ils se demandent « mais comment cela va-t-il donc pouvoir finir ? ». Mise en abyme fort déroutante, parfois peut-être un peu alambiquée, mais au final originale et efficace…
Les auto-références abondent dans ce tome 2 (« Mais comment ai-je pu faire pour ne pas voir tous ces indices » dit en somme Algernon à un moment, s’identifiant ainsi au lecteur), et si le fin mot de l’histoire paraît assez clair et son résumé facile à faire, en revanche la forme est très complexe et toutes les réponses ne sont pas données…
J’ai pour ma part beaucoup aimé ce côté mystérieux, et relirai « L’œil Fé » avec intérêt. Ceci dit, faites attention, ce côté bizarre vous rebutera peut-être…
A noter, le coffret est peut-être un peu cher, mais il est beau, et les quatre superbes illustrations vendues avec justifient largement son prix.
Amstergow en 8 jours
, Amstergow en 8 jours
Posté le
21/08/2003
Quand on ne sait pas précisément à quoi s'attendre, cet album est pour le moins bizarre, et paraît un peu fourre-tout...
Il y a au départ ce jeune homme qui part en bateau pour Amstergow, réactualiser un guide touristique de luxe, et que sa mère admoneste sur le quoi (voir le résumé) de façon très humoristique : perdue au milieu de la foule sur le quai, interrompue par un charpentier qui passe, une vache qu'on charge, et que de toute façon son fils n'entend pas...
Il y a ensuite la (courte) croisière, la présence en arrière-plan de ce père mystérieusement disparu, cette île complètement bizarre avec son système de troc (la gars qui paie avec une boîte de magret de canard, l'aubergiste qui rend la monnaie sous forme d'une boîte de cirage, mwarf !), son délabrement avancé, sa bibliothèque écroulée en un immense amas de débris, ces livres qui flottent par dizaines aux alentours.
Le jeune De Latchkey la découvre, et peut comparer avec ce qu'en disait son guide... qui a peut-être légèrement enjolivé les choses. Il découvre aussi au fur et à mesure, presque sans le chercher, le mystère qui se cache derrière tout ça.
Le lecteur est comme lui : embarqué dans une histoire sans trop savoir où il va, finalement assez passif, et découvre petit à petit des éléments qui s'assemblent. Cela donne une impression un peu étrange, et ne fait pas une lecture "classique", c'est un peu déroutant. Et le fait que le guide soit un instrument précieux dans cette histoire est assez humoristique, sans cependant être trop utilisé.
Mais ce qui me rebute dans cet album, c'est très clairement le dessin. Pas du tout adapté au genre, très bizarre, parfois maladroit, manquant de dynamisme, et de temps en temps réellement difficile à comprendre, je trouve qu'il gâche un peu une histoire qui déjà n'est pas des plus claires.
Alors, à lire si vous aimez cette collection, sinon à voir, mais pas forcément à acheter.
Anges
, Tome
1
: Tome 1
Posté le
25/05/2003
Mouais.
Le dessin de Boiscommun est comme toujours très beau, un vrai plaisir pour les yeux, mais ça ne fait pas tout. Déjà, les couleurs très uniformes ne me plaisent qu'à moitié, l'église entièrement orange, l'aura entièrement bleue d'Uriel, etc. Ca a un peu tendance à gommer les détails...
Mais c'est au niveau de l'histoire que je n'accroche pas du tout. C'est simple, ça pourrait être un joli conte, mais c'est présenté comme "quelque chose de plus important", et là ça bloque : ça donne l'impression qu'il va se passer des choses intéressantes, que l'histoire va être construite, mais non, en fait c'est très très linéaire, les personnages n'ont aucune profondeur, et la fin est plus que décevante. Ca m'a fait penser à un épisode de (pas bon) dessin animé à la télé...
Bref, c'est très joli, mais c'est franchement pas terrible.
Anita Bomba
, Tome
4
: La vie est trop courte...
Posté le
01/08/2002
La série des "
Anita Bomba
" est excellente, et je rejoins Arzak sur ce qu'il a pu dire. J'ajouterai cependant que j'ai vraiment a-do-ré ce tome 4. Si ce 2ème cycle a malheureusement été interrompu, il promettait d'être vraiment intéressant. On retrouve ici Anita Bomba et son éternel ennemi, le lieutenant Michael Bottle, devenu au 3/4 un super-héros.
Honnêtement, j'ai pris mon pied en lisant cet album; alors si vous avez aimé les trois premiers, et si vous pouvez maîtriser votre frustration à ne pas avoir la suite, il serait dommage de passer à côté de ce petit bijou.
Approximativement
, Approximativement
Posté le
07/10/2002
Cet album, un des tous premiers de Trondheim, nous parle de... Trondheim. Il se veut en effet autobiographique, nous racontant certains de ses sentiments, de ses impressions, quelques parties de son travail, des scènes plus quotidiennes, en passant par quelques souvenirs d'enfance.
Les premiers mots m'ont frappé : "Comme si ce n'était pas suffisant de ne pas savoir bien dessiner, en plus je bâcle. Et même sachant que je bâcle, je continue à bâcler ; ce paradoxe me terrifie.". Pour moi qui adore le dessin de Trondheim - c'est quand même en partie à cause de lui si je suis devenu un gros fou de BD ! - ceci est frappant et donne le ton de l'album : place aux doutes, à l'autocritique dans toute son ampleur et aux états d'âme.
Ce qui est génial avec " Approximativement ", c'est qu'on voit par les yeux de Trondheim, et quand il s'imagine une scène, on la voit.
Cela donne quelques passages véritablement sa-vou-reux ! En plus on voit quelques idées reprises dans ses autres albums (je pense surtout à "
Mildiou
", et un peu aux Lapinots). A la fin de l'album vous aurez droit à un petit commentaire des gens présentés dans le livre, précisions, justifications ou rectifications, c'est bien drôle également.
Indispensable à tout membre du Lewis-fan-club, cet ouvrage présente une autre facette de son créateur.
Se dévoilant un peu, exposant publiquement certains de ses sentiments tout en préservant largement d'autres parties de sa vie, préférant l'anecdotique et le quotidien à des choses plus synthétiques et générales, avec " Approximativement " Trondheim intrigue et donne envie de découvrir, sans oublier de faire rire, bien sûr, même si pour cela je vous recommanderais plutôt d'autres albums.
En tout cas, j'aime, et je conseille !
L'arbre au soleil
, Tome
1
: Tome 1
Posté le
08/04/2005
Attention, pavé ! 320 pages assez denses font de ce volume une looongue lecture. Les ingrédients principaux de cette histoire sont pour l'instant la médecine, le sexe, et l'Histoire.
La médecine avec une rencontre assez brutale des médecines japonaises et occidentales. La première ayant une confiance aveugle en sa pérennité et une méfiance exacerbée envers ce qu'elle perçoit comme une invasion. Se cachent surtout là-dessous nombre de jeux de pouvoir. On assiste à des actes de chirurgie très réalistes, et Tezuka (qui a fait des études de médecine, rappelons-le) est aussi précis et passionné que dans un "Black Jack".
Le sexe -- et c'est tout nouveau pour le lecteur français de Tezuka -- car le jeune médecin (Ioya Tezuka) fréquente assidument les maisons closes. Rien de très chaud là-dedans, mais certaines scènes sont franchement sympas. Voir que le père et le fils ont le même "harem", voir l'apprenti médecin essayer de "guérir" la mutité d'une femme en la faisant hurler de plaisir, ça m'a bien fait rire.
L'Histoire avec un grand "H" enfin, car tout cela se déroule en 1855, sur fond de l'arrivée à grands pas de l'ère Meiji qui verra le Japon connaître un bouleversement sans précédent qui marquera les mentalités pour longtemps.
Pour l'instant tout cela est encore un peu confus. Tezuka (l'auteur) traite ses deux personnages principaux de manière inégale (la plus grande partie du volume est consacrée à Tezuka -- le personnage), et donne plutôt le ton qu'il ne livre une histoire millimétrée.
Ce tome paraît donc encore un peu désordonné, mais est tout de même agréable à lire. Sur huit tomes prévus, on peut ésperer que ça va démarrer assez vite quand même.
Rien à dire sur le découpage, toujours aussi excellent, ni le dessin, si ce n'est qu'il me semble être du ** bon ** Tezuka.
L'arbre vengeur
, L'arbre vengeur
Posté le
18/03/2003
Le dessin de cet album est très particulier, non seulement par sa technique mais aussi par les figures cauchemardesques à la Picasso qu’il met en scène.
Sombre, visages torturés, on ne sait si l’on se trouve dans une histoire, un rêve ou un cauchemar.
L’histoire est tout aussi onirique, qui rapporte des «faits» bien étranges, et s’enchaînant avec une logique absurde.
Par contre, j’ai vraiment un problème avec Vanoli. Je ne parviens pas à sortir du sens des ses albums, et je n’arrive pas à apprécier ses oeuvres.
Après ça, à vous de voir.
Arbreville
, Tome
1
: Les goinfreux
Posté le
26/10/2003
Tombé sur cet album par hasard lors d'une séance de dédicaces en librairie, le dessin très naïf, très enfantin, très coloré et rappelant par certains aspects celui de Trondheim, m'a immédiatement séduit.
Attention, il s'agit d'un album jeunesse ! Public visé : 7-12 ans. Le scénario n'est donc pas un chef d'oeuvre de sophistication et de complexité, mais à l'intérieur du cadre fixé, Yep se débrouille plutôt bien. En particulier, aucun élément n'est laissé au hasard, et le tout est très cohérent. Chaque détail aura son importance, et ça j'apprécie. On peut par ailleurs voir en couverture Boris (le lapin) et Nicodème. Hors, si ceux-ci sont les personnages "centraux" de l'histoire, ils ne sont pas omniprésents, ne s'imposent pas, ne dominent pas. On voit de nombreux autres comparses (le roi, Rob la sauterelle, les goi