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7 Secondes
, Tome
3
: Lambaratidinis
Posté le
11/10/2004
Bon comme tout Morvan qui se respecte, le scénario est haletant. Un chronomêtre omniprésent donne un rythme très stressant au récit. Dans ce tome la pression monte d'un cran, la couverture en est un bon exemple. 7 secondes est un vrai thriller rythmé qui vous tient en halaine, digne de certains bons Hitchcock.
Brrr par contre cette évolution graphique, elle mue de plus en plus mais pas en sa faveur ! Une drôle de mutation, pourquoi ? volonté de changer d’ambiance ? On sait pourquoi l'apocalypse approche à grands pas, mais bon... En tout cas ça surprend et ne passe pas très bien à mon goût. Heureusement et comme par magie, les cadrages - qu'on pourrait qualifier de novateurs - remonte la qualité ainsi que les couleurs froides qui ne sont pas sans évoquer cette sensation de malaise dûe à l’apocalypse annoncée.
Je ne suis pas vraiment un fan de la colorimétrie informatique, bien que certains coloristes et dessinateurs la gérent à merveille, mais là je trouve que cette technique n'est pas en corrélation avec l'histoire, un peu de matière aurait plus mis en avant l'ambiance qui devient de plus en plus froide et sombre au fil des tomes.
Et dire qu'à chaque tome je me fais avoir avoir ! Une première de couverture super bien matièrée, bien gèrée et une ambiance d'enfer ! Et puis j'ouvre, et là surprise - ou plutôt mécontentement - des aplats colorés qui sont fait via informatique sans âmes, quelle déception !!! C'est frustrant !
J'attend quand même le dernier tome et j'éspère que graphiquement les images seront mieux, il y a pas mal de choses à faire graphiquement et plastiquement avec l'apocalypse. Mais bon, il ne faut pas se faire d'illusions, Parel ne va pas bouleverser le graphisme juste pour le dernier tome, dommage!
À l'ombre des tours mortes
, À l'ombre des tours mortes
Posté le
15/10/2004
L'auteur mythique de Maus, unique auteur de bande dessinée à ce jour à recevoir le célèbre Prix Pulitzer, Art Spiegelman fait son "come back" avec une Bd encrée dans l’actualité et plus particulièrement sur les attentats du 11 septembre 2001. C'est tout de même malheureux qu'Art Spiegelman renoue à la Bd à cause ou grâce aux événements du 11 septembre, il l'a dit lui même "J’ai fait ce matin-là le vœu de me remettre à plein temps à la bande dessinée.". Je suis quand même un peu déçu à la lecture de ce livre car aussi épais qu'il soit il ne fait en réalité que dix pages, gigantesques certes, mais ça ne fait que dix. Il y a six pages qui suivent et qui sont en fait des rééditions de planches du début du 20ème siècle appelée “Supplément illustré” dixit Spiegelman… i Moué intéressant. Bon tout ça pour dire que résultat on débourse 27 euros, ça fait cher le prix de la planche inédite ! Cet album dont toutes les pages sont cartonnées (ce qui me fait un peu penser à un livre de première lecture pour les plus jeunes) est splendiose mais on s'attendait à mieux…
Bon coté graphisme c'est pas mal : dans sa dizaine de planches, sans véritable chronologie, Art Spiegelman retranscrit l’effroi d’un New Yorkais depuis la chute du World Trade Center via un graphisme chaotique.
Bref je vous conseil cet album, d'autant plus que c'est le Fahrenheit 9/11 de la Bd...
Encore une foi Spiegelman sait nous faire prendre conscience.
L'anatomiste
, L'anatomiste
Posté le
25/08/2005
Des p'tites vacances, c'est bon pour refaire sa bédéthéque. Surtout avec se genre d'album… que je surnomme album coup de foudre ( c-a-d que je jette un coup d'œil sur la couverture et à l'interieur et visuellement ça me plait, peut importe le scénario) Bon là le scénario est énorme et ma copine l'avait acheté…
C'est pour résumé 80 pages de pur bonheur, vos yeux n'en reviendront pas.
L'histoire et le trait sont loin d'être conventionnels, surtout la touche talentueuse de Godart.
Vite-fait, l'histoire est basée sur un médecin-chercheur qui engage deux hommes pour qu'ils lui apportent des corps de personnes décédées afin de faire ses recherches ! Mais ce dernier a besoin de corps "plus frais" , c'est ainsi que ces deux sombres amis commettront des meurtres et tomberont dans une sorte de folie meutrière.
Une histoire très bien ornée par le dessinateur qui accentue avec merveille la folie dans les traits très expressionnistes des personnages. La détresse, la peur, la peine, l'angoisse sont ainsi omniprésentes dans les couleur, dans les formes, dans les visages torturés, enlaidis (et pourtant si beau graphiquement !), et font de cet album, un album très sombre tant par son histoire que par le choix des chromies. Des couleurs sombres qui nous entraine dans les entrailles les plus effrayantes et angoissantes de l'âme humaine soif de science et de savoir !
Bref, du pur plaisir même si la noirceur est omnipresente.
Aquablue
, Tome
10
: Le Baiser d'Arakh
Posté le
21/10/2004
Bon bah il n'y a pas à dire, c'est une série culte à mes yeux, d'autant plus que l'édition bonus la rend plus mythique. Très très belle édition dixième anniversaire. Ouai je sais les grands fans vont me dire "la honte il n'a pas attendu de lire dixième tome sur l'anciènne édition (la Collection Conquistador)", mais désolé je trouve aquablue plus attirant et graphique maintenant, même si elle est plus commerciale...
Bon parlons de cet album, qu'il soit anniversaire ou original : À travers le regard d´un jeune homme nous découvrons un univers où l´homme maîtrise la technologie. Le robot prend une place primordiale dans la vie des humains - Cybot par exemple - , à preuve il a la charge du bien le plus précieux de l´homme, à savoir ses enfants ! Cependant le danger ne réside pas dans cet être de métal mais dans son créateur : l´homme. Ce dernier renoue avec ses plus anciennes techniques de colonisation : la destruction et l´asservissement du peuple colonisé. C´est dans ce constat que réside la peur des auteurs, l´homme n´évoluera-t'il pas?
Aquablue se distingue des autres séries de SF non pas par son dessin ou son scénario, somme toute assez classique, mais par le fait que les auteurs amènent le lecteur à réfléchir. Le résultat est largement à la hauteur du reste de cette épopée écologique et humanitaire. L’association des 3 dessinateurs avec la colorisation de Sandrine Saint-Jore, en parfaite harmonie, brille essentiellement sur les cases les plus larges (sublime chromie sur l’attaque de la cité…).
Bref, "Le baiser d’Arakh" est une sorte de premier recueil d’un cycle nouveau.
Plaisir garantit...et plus encore avec de sublimes planches de recherches, de croquis à la fin de l'album "édition anniversaire" !
L'artiste de la famille
, L'artiste de la famille
Posté le
31/08/2005
Timide, fainéant, introverti, voire fou… c'est comme cela que vous considérent ou vous considéraient vos proche ! Alors vous étes L’artiste de le famille. Et vous devez lire cet album de larcenet.
Cet album est en sorte un mémoire… les mémoires de Larcenet.
Il illustre ici son histoire, une histoire d'artiste, des débuts jusqu'à quasiment aujourd'hui !
Cet bd n'en est pas vraiment une…ça n'est pas vraiment construit, mais cependant le tout reste assez structuré…Les textes sont posés dans de grandes illustrations en noi et blanc. En fait nous avons plutôt devant nous un bouquin d'illustration, un recueil de mémoire…
Niveau graphisme, on a de tout… tout dépend de l'état d'esprit de l'artiste. On plonge totalement dans son âme et on y découvre des tonnes mystères et on plonge dans ses réveries et ses craintes pour avoir des réponses…abstraites parfois, comme le sont certaine de ses illustrations où le lecteur laisse libre court à son imagination dans les formes sombres, parfois épurés, parfois plastiques, dans les pleins et les déliés , dans les masses, dans son trait…le tout quelque foi relevé sur le ton de l'humour.
Bref, c'est magnifique comment Larcenet peut nous attendrir, même quand il n'est pas dans sa forme optimale…
Auschwitz
, Auschwitz
Posté le
04/01/2005
Il suffit parfois d'un rien suffit pour raviver un souvenir, le plus attroce de l'histoire. Plongée en enfer, retour vers ce lieu maudit où le vieux Kazil et sa femme, anciens prisonniers du camp, ont perdu leur petite fille. L’histoire est courte et se déroule sur quelques jours mais porte en elle toute l’horreur du drame. Un récit bouleversant, inspiré des témoignages des survivants du plus, malheureusement, réputé des camps d'extermination.
Le défi de pascal Croci n’est pas des plus simple. La fiction ne doit pas prendre le dessus sur l’aspect documentaire et a dut faire en sorte de ne pas trahir l'histoire des déportés.
Un défi, qui graphiquement, est merveilleusement relevé grâce au choix du noir et blanc. À la façon de Spielberg dans La liste de Schindler, ce choix esthétique atténue la brutalité de la réalité sur cette période sanguinaire (par exemple, imaginez dans Kill Bill 1, la scène de fin, le combat apocalyptique, sanglant à souhait, de vingt-cinq minutes ; en couleur, tout le monde n'aurait pas supporté ! Et bien là c'est pareil, en N&B, voir des gens se faire sauter la cervelle est - escusez-moi - plus agréable même si on à conscience de la violence des actes…). Le trait est précis. Les visages sont marqués, violentés, émaciés et la peur incrustée se lit dans les regards de ces malheureuses victimes.
Art Spiegelman avait magistralement ouvert la voie en dessinant le premier cette tragique période de l’histoire.
Bref, le neuvième art joue un rôle de plus en plus grand dans le souvenir.
BD Jazz
, Tome
2
: Louis Armstrong
Posté le
07/03/2005
J'ai découvert la serie des BD Jazz grâce à celui-ci. Lezard venait de se l'acheter que je le dévorais déjà… depuis je n'ai cessé de le chercher, en vain (car trop vendu ou manque d'argent ). Mais, à la saint valentin, cette année, le voici chez moi, grâce à ma chérie
…
Ce Bd jazz est exeptionnel tant par le graphisme que par la mise en page…
Chaques planches est une vignette, et je dois dire qu'à chacunes d'entres-elles, on en prend plein les mirettes.
C'est coloré, matièré, graphique, les éléments et les illustrations se superposent…
On ne voit plus des images, on l'entend. On n'entend plus la musique, on la voit ainsi que ses tonalités, la chaleur et l'ambiance des salles de concert… Cette bd nous transporte dans le monde onirique de la musique, du jazz, de la trompette de Louis Armstrong.
Le dessinateur, originaire d'amérique latine, nous offre une Bd expressionniste… Il ne se contente pas de dessiner tel quel - il y a des photocopieuses et des appareils photo pour ça - il met de l'émotion, des ressentis, une ambiance unique ! Il dessine, redessine, donne des coups de pinceaux, colore et repasse sur des photos et des photocopies (à la façon d'un Mac Kean mais en plus saturé au niveau chromatique) de la Nouvelle-Orléans, des vinyls, des jaquettes et des portraits du musiciens…
Bref, un BD Jazz qui mérite son nom car ici la musique et la bd ne font qu'un…
BD Jazz
, Tome
15
: Ray Charles
Posté le
14/10/2004
C'est un concept des plus intéressants : marier deux cultures importants, musique et bande dessinée. Les éditions Nocture proposent sous un format "Long Box" deux CD d’un jazzman réputé et une histoire courte illustrée par un auteur de BD inconnu. Une savoureuse initiative qui permettra de passer de bons moments de lecture, bercés par une musique de qualité.
Les éditions Nocturne avaient organisé un concours en 2002 : des centaines de dessinateurs avaient fait leurs gammes sur un des vingt synopsis préparés par un spécialiste du Jazz, Christian Bonnet. Un jury présidé par Cabu s’était chargé de sélectionner les meilleurs d’entre eux pour les publier...
Ce BD Jazz est consacré à Ray Charles, il s'agit d'une bd qui est graphiquement intéressante. Le style caricatural et chaleureux de Jörg correspond à l’univers du chanteur, aveugle depuis l’âge de six ans, dont il nous raconte les premières années de galère. Le premier CD reprend un enregistrement live à Paris de 1951, et le second, des morceaux des années 49 à 52. Le chanteur était à ses début mi-bluesman, mi-crooner.
La Bd étant sortie le 25 mars 2004, quelques mois avant sa mort le 10 juin 2004, elle ne prend pas en compte son décé, ainsi par le biais de ce Bd Jazz "Ray Charles is still alive" ; je crois qu'on ne peut pas lui faire un plus belle hommage que de le laisser vivant dans nos cœurs...
BD Jazz
, Tome
17
: Duke Ellington
Posté le
14/10/2004
Les relations entre la BD et la musique ne datent pas d’aujourd’hui mais les éditions Nocturne ont lancé une superbe collection officialisant leurs points communs. BD Jazz propose des albums coffrets comportant une séquence de la vie d’un grand du jazz en 16 planches de BD tout en couleurs, une biographie et deux CD où nous pouvons écouter une subtile compilation des œuvres de l’artiste.
Ce BD Jazz est consacré à Duke Ellington et est illustré sobrement par l’Allemand Tim Bastian, qui raconte sa vie en noir et blanc, calquant sa technique de dessin sur celle de la linogravure. Son graphisme n'est fait que de pleins (les noir) et de vides (blanc) qui forment le motif. Trente-neuf morceaux offrent un aperçu de la musique endiablée du Duke pendant ses très créatives années 40.
Blacksad
, Si c'était un film
Posté le
25/10/2004
Bon c'est très simple si vous avez aimé "Quelque part entre les ombres" et bien vous allez idôlatrer cet hors série... Il contient des tas d'explications sur la realisation, des croquis splendides, un story-board complet et époustouflant et des planches des deux tomes ; c'est une dédicasse émouvante au premier album si bien conçu. Evidemment, il ne s'adresse qu'aux fans de Blacksad et amateurs de planches de recherche.
Comme le dit Arwen, faut avoir de la chance pour le trouver (moi je l'ai vu au festival d'angoulème et c'est tout, domage je n'avais plus assez d'argent pour l'acheter), et c'est ça qui est bien, ça le rend mythique.
Bref, ce hors série est absolument utopique, donc à mes yeux (éblouis par la qualité des esquisses) rigoureusement indispensable ! un véritable chef d'œuvre que tout les fan de blacksad devraient avoir... problème, il coûte très cher (mais ça en vaut bien la peine...)
Blacksad
, Tome
1
: Quelque part entre les ombres
Posté le
07/10/2004
Ça m'a pris à la gorge, aux tripes, j'ai senti des centaines de griffes de chat me lacérer le cerveau... Bon. Après je me suis reposé, et j'ai relu. Et relu. Et... relu, encore et encore.
Non mais regardez-moi ces planches ! Ce sens de la mise en scène ! Cette balade dans le décor de ciné, ce bureau de Blacksad en vue aérienne, ces statues dans le "Wolfmouth cemetary" ... et ces gueules, partout, le chat, le chien, le morse !
Une série qui mériterait de sortir en "long courrier", en albums de 100 pages chacun. Les auteurs ont droit à une place éternelle dans mon modeste panthéon perso. Continuez comme ça, les gars ! Et que cette "Âme Rouge" à venir soit un joyau de plus pour ma collec' !
Blacksad
, Tome
2
: Arctic-Nation
Posté le
07/10/2004
Cette fois-ci, notre chat-détective enquête sur la disparition d'une fillette, originaire d'un quartier sinistré, où sévissent le chômage, la délinquance et surtout le racisme - on est dans les 30's mais ce fait reste actuel.
Ici dominent les bêtes "blanches" , qui revendiquent leur présence sur terre pour gouverner les autres, vu la pureté de leur race, et qui s'imposent dans la violence et la haine.
S'y opposent les "claws", des bandes du ghetto noir, sortes de 3 Black Panters des 60's 70's.
Blacksad, chat noir au menton blanc, ne plaît à aucun des camps, vu son métissage, mais s'acharne à mener son enquête, ce qui l'amène à déterrer de sombres histoires de famille.
A travers les thèmes du racisme,et de la pédophilie, Canales et Guarnido nous entraînent à nouveau dans l'ambiance particulière de l'univers de Blacksad. Les caractères animaliers des personnages leur correspondent toujours parfaitement, les couleurs sont magnifiques, sombres et tristes, avec les flash-backs sépia qui s'y intègrent parfaitement. Un seul petit problème, le changement de gamme colorée et de trait dans les 3 dernières pages (on passe d'un ton sépia très esthétique à des tons saturés - certe esthétiques eux aussi mais choquant. Il y avait peut-être mieux à faire pour exprimer le retour des beaux jours où tout le monde il est beau et gentil !
La trame de l'histoire est simple, mais on a vraiment l'impression de rentrer dans un film noir des années 50, vu la haute maîtrise dans le cadrage des cases, comme des plans cinématographiques (il faut dire que Guarnido dessinait pour Disney à une époque).
Je ne peux que vous recommander, en sus du premier tome, "les dessous de l'enquête", qui traite de la conception même de cette BD, avec les essais de couleur, le crayonné de toutes les planches - ma foi très sympathique et une très longue interview des auteurs, qui analysent leur travail.
Parole d'un très gros fan, limite fanatique de blacksad : je n'ai jamais vu une BD aussi belle autant dans le contenu que dans le contenant...
à quand la suite avec "âme Rouge"...
...vite mais faudrait pas le bâcler, ce serait un gachi !
Blacksad
, Tome
3
: Ame rouge
Posté le
23/11/2005
Et encore une nouvelle aventure de blacksad, tant attendue, pour notre plus grand plaisir.
Après une promesse tenue, Blacksad se retrouve garde du corps d'un riche joueur de poker, quelque peu chanceux, pour gagner un peu d'argents… Ce petit boulot assomant le conduit dans les casinos, les galeries d'art où il trouve un dépliant sur conférence sur l'énergie atomique donnée par un très vieil ami, un ancien professeur de John S. Blacksad, Otto Lieber. Il part à sa rencontre et lie connaissance avec ses amis, des intellectuels de gauche, peintres, romanciers, poétes…Or voilà, nous sommes dans les 50's, en Amérique, et c'est la chasse aux sorcières, la chasse au communisme !
Ce nouvel opus entraîne Blacksad dans un scénario très politique, une embrouille où l'histoire - noire - refait surface…
Bien évidemment, étant fan, je vous dirais que c'est album culte, inévitable…bien sur ! Tout est dirigé avec adresse. Le scénario est subliment maitrisé et agréable. On regrettera juste un découpage des évenements un peu trop brut. Autant, parfois, le changement de scène se fait tout seul et est compréhensible. Autant il y a des moments, la compréhension est plus dure car trop de temps se sont défilés entre les deux saynètes. Mais bon, ça ne nuit en aucun à la qualité de l'album.
Canales utilise comme toile de fond plusieurs domaines, plusieurs références très difficiles à traiter sans jugements et préjugés, tels que le nazisme, le communisme et la chasse aux sorcières ! Et je trouve qu'il l'utilise bien, très bien…Il jongle avec les évenements historiques et intellectuels et tout ce qu'on peut trouver comme erreurs et gloires.
Et puis tout cela ne serait pas somptueux sans la griffe de Guarnido. Le maître du dessin animalier, l'épatant dessinateur soucieux des chomies, du moindre détail, l'illustrateur au trait très expressif et richissime. Voilà j'ai tout dit ! Le graphisme est merveilleux, tout simplement. Bon il est vrai que je n'ai pas retrouvé le charisme du personnage de blacksad dans le 1r tome. Je trouve qu'au fil des albums, le personnage a moins de classe. Où plutôt devrai-je dire moins d'expressions classes, allurées. En un mot, il n'a pas la même tête - qui me plaisait tant dans le premier - mais ce n'est pas pour autant que je le trouve laid, bien au contraire, il reste très beau, très expressif !
J'ai beaucoup apprécié certains passages et notamment ceux avec Otto. D'ailleur j'ai aimé ce personnage. On le voit évoluer au fil de l'abum. Au début, on le trouve sympathique, rassurant, condescendant et peut-être même mère poule. Puis on le trouve inquiétant, puisqu'il s'agit du créateur de la bombe H. Ensuite il fait plutôt peur car imprévisible limite névrosé. et enfin quelqu'un d'engagé, humain quoi !
Bref, une nouvelle aventure qui répond fortement, et bien au delà, à mes attentes.
Un chef d'œuvre de plus dans cette série merveilleuse !
Blake et Mortimer (Les aventures de)
, Tome
13
: L'Affaire Francis Blake
Posté le
21/10/2004
C'est le 13e album de Blake et Mortimer. Le chiffre 13, quelle poisse. En effet, cet album n'a pas eu le droit d'être vendu en belgique à la date de sa parution. Ainsi en a décidé un tribunal belge, dans le cadre d’un conflit qui opposait l’éditeur à la Fondation Jacobs. Celle-ci, en effet, considérait que le nom de Jacobs avait été utilisé de telle manière qu’il pouvait induire le lecteur en erreur et lui faire croire que le défunt créateur était le véritable auteur de ce nouvel album... c'est dommage !
Avec cet album "L'affaire Francis Blake", on pouvait s'attendre au meilleur comme au pire et plutôt pour le pire quand on sent que cette reprise pue le "merchandising" avec un scénariste choisis plus en fonction de ses chiffres de ventes que de ses aptitude potentielle à faire de la BD Jacobsienne...
Bon niveau graphisme un trait dit "ligne claire" qui est pas mal du tout, car les décors écossais sont ici très travaillés mais qui jamais ne sont encombrés de détails superflus, les personnages sont vivants, la couleur en est aussi pour beaucoup.
Niveau scénario c'est classique : Blake fait semblant de trahir son pays pour détraquer un réseau d'espionnage géré par Olrik (bien sur !)qui tient en échec les services secrets britanniques, God save the Queen, my Lord (would you like a cup of the ?), hum hum ! Un prétexte un peu léger, mais des dialogues diablement bien fait, passionnant...
Bref, je léve un toast à cet album, ma foi fort sympatique...
Le bordel des muses
, Tome
1
: Au moulin rouge
Posté le
12/10/2004
En effet ce n'est pas un cour d'histoire de l'art mais c'est tout comme, sauf que c'est 100 fois plus loufoque.
Cet hommage à la peinture n'est en fait qu'un véritable prétexte, Smudja mélange fiction et réalité pour obtenir un véritable tourbillon de couleurs et de folie furieuse ! De plus ce sublissime Gradimir Smudja imite d'une façon absolument fabuleuse les maîtres de l'époque.
D'ailleur il nous en tire des portraits absolument acides et drôles en caricaturant le personnage principal Henry de Toulouse-Lautrec mais aussi Van Gogh, Gauguin, Monet et ses Nymphéas, Cezanne et ses natures mortes (lui même a une tête de pomme), Renoir atteint d'arthrite, Degas en danseuse étoile, et d'autres personnalités dont les noms ne nous sont pas inconnus comme Gustave Eiffel, Oscar Wilde ou le Dreyfus (il est même dévoillé la cause de son arrestation).
Cet album nous présente divers éléments réels de la vie nocturne de Toulouse-Lautrec passée entre les bordels et les cabarets, et auxquels s'ajoutent des situations oniriques où la poésie prend toute sa mesure chez ce petit personnage.
Bref c'est tout l'esprit de Montmartre au début du XXe siècle qui orne ce fabuleux album.
"
Le bordel des muses
" nous remplit de couleurs, de peinture et d'absurde (d'absynthe aussi !) pour le plaisir... que du plaisir.
C'etait la guerre des tranchées
, C'etait la guerre des tranchées
Posté le
19/10/2004
Aujourd'hui c'est un Monument de la Bande Dessinée française, "C’était la guerre des tranchées" est une série d'histoires courtes qui abordent l’horreur et l’absurdité de la Première Guerre mondiale. L’oeuvre rappelle "Les Sentiers de la gloire" de Kubrick que Tardi prolonge. Cet album explique comment une génération entière fut sacrifiée pour grappiller des bouts de terrains, en une démonstration magistrale et profonde.
En voulant nous faire partager la folie de la Grande Guerre, Tardi a choisi de la traiter de manière documentaire en partageant le destin de personnages normaux dont le seul tort est d'avoir été reconnus "bon pour le service". Donc pas de héros mais des pauvres types paumés qui ne pensent qu'a rentrer chez eux, et qu'importe le prix a payer !
Ici le dessin est en noir et blanc, il y a beaucoup de vignettes sans texte mais des commentaires judicieusement placés, chargés de sens, qui expriment particulièrement bien les sentiments des hommes et la réalité de la guerre.
Il est rare qu'un album me laisse une telle impression : un réel malaise régne devant cette horreur tellement banale... (d'où la banalisation de la mort dans cet album : en moyenne 3 pages pour la vie d'un soldat... c'est peu mais réaliste ! )
Un peu à la manière de Spiegelman avec "Maus", Tardi démontre que la BD peut générer des oeuvres exceptionnelles, véritables témoins de la mémoire et de la bêtise humaine.
La narration est d'une telle intensité, qu'on ne perçoit pas ces soldats comme anonymes, mais comme membre de la famille, un arrière-grand père qui aurait laissé sa peau dans cette boucherie.
Cet album n'en est pas un, mais une lettre qu'on vient de retrouver dans le grenier avec des reliefs de vies entieres enterrées et hachées...
Bref un véritable chef d'œuvre à découvrir, lire et relire
Caboto
, Caboto
Posté le
07/07/2005
Dés les premières pages de l'album, il est cité que Caboto, sebastian de son prénom, est un personnage dur à discerner… j'ai eu l'impression, perso, que cette difficultée s'est ressentie sur le scénario - lui même très dur à discerner ! En bref je n'ai pas tout compris. Mis à part qu'il s'agit d'un commerçant et cartographe vénitien qui, pour son engouement de découverte de nouveau monde, décide de prendre la tête d'une expédition vers l'amérique du sud. Ce long voyage le ménera, lui et son équipage, vers d'autres peuples, les indigènes, d'autres richesses …et beaucoup d'ennuis. En effet les rencontres entres deux peuples aux cultures très distinctes ne se font pas pacifiquement et sont parfois très cruelle et ignoble !
Le scénario parait très simple vu sous cet angle, mais lorsque l'on voit un phylactère toutes les 10 pages, je vous avouerai qu'il est très difficile de suivre. Le mystère et la découverte de l'inconnu remplissent le scénar tout comme ce fut le cas lors de l'expédition de Caboto.
Mais à vrai dire, le dessin de Lorenzo Mattotti est si expressif que le scénario passe au second plan !
Je ne suis pas trop fan du graphisme de Mattotti, car je trouve que sa facture s'adapte plus à l'illustration qu'à la bd… mais avec "
Caboto
" j'ai complétement changé d'avis. Déjà, je n'aurais acheté l'album que pour la beauté de la couverture (heureusement balunga se l'était acheté !). Ici sa touche s'adapte bien à l'histoire et son dessin devient une véritable invitation au voyage. Ses choix chromatiques sont judicieux et nous fait dépasser moult frontières. Il est très loin de ce que nous pouvons trouver dans la bd européenne traditionnelle et conventionnelle.
Bref, un très très beau carnet de voyage sur l'expédition de Caboto signé Mattotti.
Café panique
, Café panique
Posté le
12/09/2005
Panique, un bistrot géographiquement privilégiée pour le narrateur, c’est à dire à deux pas de chez lui. Panique, un lieu d'habitués… un lieu de rendez-vous pour les habitants du quartier ! Un lieu d'euphorie où chacun raconte son anecdote… Un lieu rempli de personnage haut en couleur comme Cul-sec, Verre-en-main, Pomme-vapeur…et bien d'autres aux surnoms suggestifs !
Cet album est un petit bijoux, une adaptation réussie faite par un artiste - alfred - qui gére magnifiquement la bd pour illustrer les mots, les ambiances qui rôdent dans le livre de Topor.
Café panique est un lieu sacré où le temps s'arrête pour enfin respirer, coupé du stress, des vies moroses…une vraie bouffée d'oxygène.
Cet album adapté de nouvelles de l'écrivain et dessinateur Roland Topor vous fera voyager aux pays des songes, dans des mondes oniriques et dipsomanes.
Chaque page est subimissime… chaques vignettes reflettent un état d'esprit, un personnage et son histoire, délirant pour la majeure partie du temps. Alfred arrive, avec un graphisme sobre et un choix des chromies spécifique et limité, à nous emmerveiller devant les anecdotes des piliers de comptoir, à nous emmener dans leurs vies d'ivrognes (dans le bon sens du terme) quasi sur-réalistes et cependant interessantes.
Bref, c'est captivant, maîtrisé,... réussi !
Cafés moulus
, Cafés moulus
Posté le
20/10/2004
Verticales se lance dans le livre illustré avec aux pinceaux Nicolas de Crécy - célèbre pour son Bibendum Céleste et Léon la Came entre autres.
Cafés Moulus est un album 100% arabica venu de De Crecy.
La caféine, produit naturel du café est un stimulant dont il faut user raisonnablement, d’où le décaféiné. Néanmoins, contrairement à ce qui est généralement fait avec la méthode traditionnelle, il s’agit d’un procédé de décaféination excluant l’usage de tout solvant chimique afin de respecter les qualités du café.
Ici ce café est agréable à tout moment de la journée, il peut être consommé notamment en soirée, moi même je l'ai pratiquement dévoré dans sa totalité avec ma chérie ci-dessous et je peux vous garantir que c'était agréable. Cafés Moulus peut être lu mainte et mainte foi, on ne s'en lasse pas...
Un Nicolas de Crécy ça se lit et se regarde avec attention. Ici on a du mal à le qualifier. Cafés Moulus est un livre complet : c’est à la fois un livre d’art, un livre d’aventures, un conte philosophique. C'est un ouvrage tellement complet que je pense que les libraires ne sauront pas dans quel rayon le ranger - et ça, ce n’est pas très pratique. C'est donc un très beau livre, vraiment ! Les textes sont très bons, très justes, très abject parfois et les illustrations, bah elles sont sublimes.
Bref, un livre à acheter pour tous ceux qui aiment les beaux livres, les beaux textes (un peu à la Prévert), les belles illustrations noires et blanches ou sépias.
Carême
, Tome
1
: Nuit Blanche