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Agharta
, Tome
1
: Tome 1
Posté le
21/05/2007
Ce qu’on ne peut pas reprocher à Matsumoto, c’est bien son style graphique… Son trait est beau, voir très beau ! L’auteur arrive même à créer une patte bien à lui qui fait qu’on le reconnaît tout de suite… Malheureusement, et ce sera le problème récurant dans Agharta, l’auteur semble vouloir créer quelque chose d’unique et de spécial, il tente de styliser son œuvre un maximum tout en essayant d’y imprégner quelques chose de personnel. Cette forme de « jusqu-en-boutisme» altère son œuvre, dommage : les idées sont bonnes, le background soigné, le scénario pensé et les personnages travaillés… Le dessin en devient parfois irrégulier (non pas dans la qualité mais la manière de dessiner elle-même), le scénario un peux confus sur certains passages et la mise en scène pas toujours claire (c’est d’autant plus vrai lors des dialogues, où ils nous arrivent de se demander qui parle exactement), ce qui chiffonne un peu durant la lecture et casse le rythme du lecteur…
Mais parlons des points positifs car ils sont pourtant nombreux… Premièrement, et comme je vous le disais plus haut, son dessin est magnifique. Certaines planches sont splendide et Matsumoto, sans pour autant sombré dans les détails inutiles, affine son travail de manière judicieuse. Il aime les jolies jeunes femmes, surtout quand elles sont nues, et a le mérite de bien les dessiner ! Dans le genre, on déplorera peut être quelques passages dispensables mais pas nécessairement tout à fait inutiles et sans jamais tomber dans le voyeurisme… Secundo, le personnage de Rael est mystérieux et donne l’envie d’en connaître plus à son sujet (et pas pour la raison précitée, je vous vois venir, petits vicieux), elle semble porter de nombreux secrets et interrogations qui ne demande qu’à être découvertes par la suite. Sa manière d’agir donne froid dans le dos tout en aiguisant la curiosité du lecteur. L’histoire de fond est pensée et diffère de ce qu’on a l’habitude de vivre dans les mangas. De son côté, le scénario est travaillé mais loin d’être clair, laissant parfois des zones d’ombres sans réponses. En ce qui concerne la mise en scène, cela va du bon au moyen, de manière un peux déconcertante, n’étant pas toujours très explicite sur ce qui se passe réellement.
Le découpage a par contre droit à un traitement tout particulier, je m’explique : c’est comme si l’auteur avait pris des cases découpées de manière un peux décousue et qu’il les avait coller et superposé de manière la plus incongrue qu’il soit. Parfois de manière serrée, parfois espacée laissant de grande zone blanche entre elle… L’auteur rectifie le tir au fur et à mesure que l’œuvre avance privilégiant un dessin faisant partie intégrante du déroulement de l’histoire sur lesquels les cases sont collés et superposées… Difficile d’expliquer et bien que Matsumoto n’ait pas inventer la ouate à démaquiller sur ce coup, il surprend agréablement…
Finissons donc cette review : Agharta est loin d’être parfait mais reste plaisant… Quelques défauts de jugement dans la mise en scène sont à déplorer mais les nombreuses qualités de cette œuvre arrive tant bien que mal à compenser ces quelques reproches. Espérons que l’auteur arrête d’écouter Nine Inch Nails (« I wanna do something that matters ») ou qu’il arrive à trouver le juste équilibre. S’il y arrive, Agharta passerait peut être bien d’un manga fort sympathique à un manga excellentissime au vues du matériel que l’auteur à réussi à se procurer avec cette oeuvre… Wait & See…
Angel Sanctuary
, Tome
1
: Tome 1
Posté le
16/05/2007
Voilà un manga qui sonne comme un de ses nombreux autres Shojo où les passions amoureuses sont légions et, pour donner un semblant d'originalité, des anges viennent y mettrent leur nez pour soit-disant pimenter la chose... Premièrement, Angel Sanctuary ne parle pas de n'importe quel genre d'amours : l'inceste, un sujet tabou de notre société, un sujet douloureux et difficile...Cependant, Madame Yuki ne tombe jamais dans l'eau de rose ni dans le malsain de ce genre de situation, elle préfère nous transmettre la douleur de ses personnages. Ensuite, bien que ce premier tome ne le transparait pas, il serait bien dommage de ne considérer Angel Sanctuary que comme une simple histoire d'amour soupoudrée "d'angelisme"; comme nous le révèleront les prochains tomes (à partir principalement du volume 3) les choses sérieuses vont commencer et les gros problèmes vont arriver en même temps que les anges de grosses pointures. Dès lors, ce manga ressemblera plus à une épopée, une sorte de "Divine Comédie" de Dante à la sauce Yuki teintée de conflits politico-célestes... Cependant, pour pouvoir se permettre le luxe de la qualité des prochains tomes, il faut bien passer par celui-ci et, bien qu'il semble tout à fait inutile pour certains, il est tout à fait indispensable à la compréhension de la suite de cette aventure... Un bon point à créditer à l'auteur : elle arrive à nous faire attendre ce moment avec un certain brio et on ne tombe dans le cliché que très rarement, elle laisse filtrer quelques informations permettant même de faire comprendre à son lecteur que le meilleur reste à venir... Soyez donc prévenus, ce premier tome laisse la part belle au romantisme même s'il n'hésite pas à être parfois cruel et violent; entendons-nous bien ! On ne tombe jamais dans le gnan-gnan, ni dans le Danielle Steel...
Le crayon de la dame trace toujours juste et précis, cherchant toujours à mettre le plus de détails possibles dans ce peu d'espace disponible ! Les dessins fouillés sont rarement brouillons (le noir et blanc ne facilitant pas les choses) et on tombe vite sous le charme de toute cette beauté et cette abondance de précision... Le rendu est souvent grandiose et les planches débordantes de toutes parts... Le rendu nous rappelle sans cesse la nature de cette oeuvre : un shojo (oui mais quel shojo !).
Les différents effets sont très bons, créant une ambiance assez unique. Malheureusement, l'action est souvent assez statique bien que la violence de certains gestes soit excellement bien rendue... A noter : le sang (qui est parfois abondant), Yuki semble y voir un organisme bien plus que vivant, un organisme vif qui semble vouloir sortir au plus vite du corps de son hôte, volant, giclant de la même violence que le geste qui l'a fait apparaître... Les expressions et le design des personnages sont très réussis : inquiétant, angoissant, malsain, serein, amical ou passant de l'un à l'autre en une fraction de seconde, l'auteure semble y apporter une attention toute particulière... Parlons maintenant du découpage plus que perturbant mais tout à fait adéquat et maîtrisé : on coupe et découpe dans une logique qui semble inexistante et, pourtant, cela reste tout à fait cohérent... Renforçant le tragique et le spéctaculaire de la mise en scène. L'auteure arrive parfaitement à faire ressortir le plus important d'une scène de part le découpage, certaines cases étant comme rajouté autour de la scène principale; on coupe en biais, à l'horizontale, à la verticale, on prend toute une page ou juste un petit coin inférieur droit; Kaori s'amuse à casser et reconstruire ses planches d'une manière fort interressante...
Pour conclure : un premier tome qui peut sembler laborieux pour certains mais indispensable pour la suite de l'histoire, possédant une technique non négligeable et plus que prometteuse, tout comme son scénario qui ne tend qu'à se bonifier avec le temps...
Angel Sanctuary
, Tome
2
: Tome 2
Posté le
18/05/2007
Les choses avances bien lentement alors qu'elles se précisent de plus en plus. L'auteure emploi toujours la même recette et ne change rien à son style imparrable... Des évènements et personnages importants et plus excitants arrivent ou se mettent en place alors que l'intrigue principale tourne toujours autour de cet amour interdit. De bien bel élèments transparesse et augure du meilleur...
Quelques révélations bien placées suprennent le lecteur et, surtout, lui donne l'envie de continuer cette aventure... Déplorons peut être la petite scène cliché de la tentative de suicide un peux ridicule mais qui permet d'intégrer un personnage, ma foi, fort important et charismatique...
Angel Sanctuary
, Tome
3
: Tome 3
Posté le
23/05/2007
Alors que l’on croit que certaines choses se précisent, on se rend vite compte que l’auteure nous offre des cadeaux empoisonné via ces nouvelles informations lâchées au compte-gouttes, agrandissant le nombre de mystère déjà bien assez nombreux. L’excitation n’en devient que plus grande… Ce qui pourra, par contre, agasser les moins tendre d’entre vous, ce sera cette pseudo fuite hautement romantique et à l’eau de rose que Setsuna et sa sœur entreprennent. Et quand bien même est-elle, fondamentalement, un point angulaire de l’histoire, on aurait facilement put s’en passer et l’auteure aurait put trouver une autre manière d’intégrer l’élément principal et final de ce troisième tome. Qu’importe, après tout, nous sommes devant une œuvre classé comme shojo, il faut bien qu’elle le soit un minimum, nous avions été prévenu…
De nombreux nouveaux personnages apparaissent, tous plus intéressant et mystérieux les un que les autres. De nouvelles informations sur certains protagonistes sont lancée et soulèvera une partie (mais juste un petit peux) du mystère planant autour d’eux. Mlle Yuki arrive à nous tenir en haleine et nous laisse entrevoir de bels augures… Surtout au vu de cet évènement majeur qui arrive en fin de tome et qui changera la face de cette série dans son intégralité…
Vivement la suite, donc…
Les aventures de Chick Bill
, Tome
16
: Le réveil du Patratomac
Posté le
25/05/2007
Personne n’a encore parlé des Aventures de Chick Bill sur coin-coin ? Sacrilège ! Dans la bande dessinée d’aventure/humour classique comme on les faisait chez Dupuis et Lombard (l’éditeur concerné), Chick Bill, c’est une institution ! Un classique qui a bercé ma jeunesse… Sans aucun doute mon préféré, avec Gil Jourdan !
On a droit à tout ce qu’il faut pour faire un bon titre du genre : le héros qui sait tout et qui sauve toutes les situations ; son fidèle compagnon futé et espiègle ; un shérif abruti, rustre, légèrement idiot mais au cœur bon (si si, parfois, ça lui arrive) et son adjoint complètement stupide aux mimiques qui en disent long sur son intelligence (c'est-à-dire le vide intersidéral…) et qui ne manque jamais de mettre son supérieur direct dans les colères les plus noires… C’est bien ça la force de Chick Bill, c’est cet humour bon enfant.
Nous sommes loin (et même très loin) du scénario hautement sur-travaillé qui vous retournera les tripes des jours durant après la lecture de celui-ci… Tibet fait simple et efficace, sans bâclée, mais cherche plutôt la diversité à chaque tome sans chercher la profondeur. Les gags sont légions et les jeux de mots à n’en plus finir… Nous n’en demandons pas plus.
D’un point de vue technique pur et simple, Tibet nous fourni un travail typique du genre : un dessin qui va droit au but sans rentrer dans le détail mais qui montre tout ce qu’il faut, comme il le faut. Un coloriage, somme toute, assez basique aux défauts récurent du genre, surtout pour l’époque (bavures, inexactitudes et tâches). Notons que l’auteur reproduit particulièrement bien les expressions : il sait ou mettre ce simple trait qui suffit à retranscrire parfaitement l’émotion voulue… Le découpage fait dans la logique et la mise en scène ne se prend pas la tête, sans tomber dans le bâclage…
Concluons donc : voici une nouvelle aventure de Chick Bill qui vaut le coup d’œil, l’une des meilleurs selon moi (d’où le choix pour cette première chroniques de la série), à lire pour se détendre dans son hamac en pleine canicule, dans son lit pour s’endormir ou sur ses toilettes… Ne cherchez pas midi à quatorze heures et ne pensez pas tomber sur du génie, juste de l’efficace comme on l’aime.
Gil Jourdan
, Tome
3
: La voiture immergée
Posté le
18/05/2007
Quel plaisir de (re)découvrir une nouvelle aventure du flegmatique (voir prétentieux, bien que malin) Gil Jourdan ! Encore une fois suivi de son hilarant acolyte Libellule -à l'humour gras et lourd- et aidé par le loufoque inspecteur Crouton qui vient leur prêter main forte dans cette nouvelle affaire... Soyez prévenu, Maurice Tillieux ne cherche pas l'ambition dans sa création, juste une simplicité et une efficacité sans faille...
Tout est là pour le démontrer : un scénario, non pas vide, mais simple à comprendre; un coup de crayon presque évident qui en deux-trois traits exprime l'essentiel; un découpage logique et une mise en scène simple qui fait que l'on comprend tout ce qu'il faut comme il le faut…
Ce volume nous propose une petite histoire bien construite avec ses gags et autres jeux de mots bien placés ou intentionnellement ridicules (le "C'est trout oui ?!" reste mythique) qui arriveront à vous faire passer le temps plus qu'agréablement. Un regret pourtant : la mise en couleurs parfois bien hasardeuse qui fait que Jourdan à son noeud papion accroché au téton... Dommage !
Les aventures de Gil Jourdan se veulent facile d'accès et divertissante et ce nouvel opus ne déroge pas à la règle : on s'amuse à le lire ! Et ce malgré son âge (1967) qui pourrait peut être en rebuté plus d'un... Moi, je ne dis jamais non à un Gil Jourdan ! Une bonne bd, dans la veine de ce que Dupuis produisais à cette époque...
John Constantine Hellblazer
, Toutes ses machines
Posté le
29/05/2007
Une nouvelle aventure du très spécial détective John Constantine n’est jamais une mauvaise chose à se prendre sur le coin de la face… Surtout que, dans le cas présent, le résultat est plus que réussi ! Parlons tout d’abord du dessin : beau, je n’irai pas jusqu’à dire orgasmique (sisi, je suis sûre qu’il y en a parmi vous à qui une belle planche à déjà fait cet effet) mais le dessinateur à un talent évident et un trait bon et juste… Certaine planche son magnifique est fourmille de détails. L’ambiance est lourde, à la limite du malsain et le coloriage, excellent, souligne ce côté sombre, étouffant, désespérant… Manoco joue énormément sur les ombres et le fait avec talent, rajoutant une couche de noirceur. Le découpage est réussi sans inventer le fer à repasser pour l’occasion. Cependant, le dessinateur ose un superposage de cases bien placé et fait des choix parfois très stylisé pour soulevé une mise en scène tout aussi remarquables. A noter que l’encadrage des cases est généralement travaillé et ne se contente que rarement d’une simple petite ligne séparatrice. Je disais juste avant que le dessinateur aime faire dans le stylisé et cette œuvre l’est. Non pas à outrance, mais elle reflète une ambiance détective des années 70 tout à fait appréciable sans pour autant être caricaturiste.
Le personnage de Constantine est typique diront certains, moi je pense qu’il faut remettre les choses dans le contexte de l’époque à laquelle le personnage à été créer. Secundo, derrière ses aires éternellement blasé, Constantine se révèle bien plus humain qu’il n’y parait et ses quelques réflexions personnelles nous font comprendre qu’une façade sert parfois à se protéger soi-même avant tout… Le scénario, le point fort de cette œuvre, est des plus intéressants. Cette enquête teintée de science-fiction horrifique et d’une grande dose de mysticisme nous prend aux tripes et éveille notre curiosité. On pourrait lui reprocher de ne pas être toujours très claire et je pense que c’est voulu, accentuant le côté mystérieux et surnaturel. On ne comprend pas tout ce qui se passe et le scénariste mets parfois du temps à bien vouloir nous le dire, s’il le fait ! Mais à tour de demi-mots bien placés, on fini par tout comprendre ou, tout du moins, tout ce qu’il faut savoir… Constantine n’est décidément pas un homme d’action (ce n’est pas mentionné dans cet épisode mais il souffre d’un cancer, normal me direz-vous, vu le nombre de cigarette qu’il s’enfile) et préfère se jouer de ses ennemis par la ruse. On se retrouve devant un grand théâtre de manipulations et de trahisons entre démons et autres créatures démoniaques, agrémenté du flegme et de la délicieuse insolence de père Constantine…
Puisqu’il faut finir : voici une très bonne aventure de John Constantine doté d’une ambiance en bétons et d’un scénario soigné quoique pas toujours très clair. Une bonne mise en scène agrémente le tout et nous plonge tête baissée dans cette histoire mystique comme on les aime… Notons, en fin de volume, une petite biographie des auteurs (le strict minimum) et quelques pages consacrées à l’histoire du personnage de John Constantine lui-même avec références et images à l’appui.
JoJo's Bizarre Adventure
, Tome
1
: Dio, l'envahisseur
Posté le
20/05/2007
J’entreprend donc la dur tâche de me lancer dans cette chronique de JoJo’s Bizarre Adventure… Pourquoi dur ? Premièrement, JoJo’s Bizarre Adventure est l’un des mangas les plus longs de l’histoire de la bande dessiné (plus de 80 tomes et ce n’est pas encore fini), deuxièmement parce que ce premier volume est le premier relié de l’auteur et qu’il apporte certaines bases techniques et graphiques typiques à celui-ci sans pour autant les imposer tout à fait…
JoJo’s Bizarre Adventure est l’œuvre presque unique d’un seul est même homme, Hirohiko Araki. Il débute cette immense aventure en 1987 dans le Shonen Jump, une place qui ne lui convient pas tout à fait… JBA (Jojo’s Bizarre Adventure, l’abréviation sera plus simple) n’est pas un shonen à proprement parlé, j’oserai même dire, sans pour autant exprimer une forme de mépris pour ce style d’œuvre, qu’il est bien plus que cela ! La toute grande force de JBA, c’est sa richesse scénaristique : cela déborde de bonnes idées ! Le contexte à lui tout seul diffère de ce que ce genre de production à l’habitude de nous proposer. Le personnage de Dio est des plus intéressant et il influencera probablement sur la création d’autre grand méchant tel qu’Hisoka dans Hunter X Hunter… Un manichéisme évident se manifeste dans cette œuvre : Jonathan, le bien et Dio, le mal incarné. Araki pousse le manichéisme jusqu’à entourer Dio d’une aura sombre à certains moments contrastée avec une même aura claire entourant Jonathan…
Ce qui marque surtout dans JBA, c’est le dessin et la technique de l’auteur. Au premier abord, on sent une claire inspiration auprès d’un certain personnage célèbre de manga qui n’est pas très bavard et qui rétame les méchants pas beaux à grand coup de « Ratatatataaa » (je parle de Ken, le survivant, bien entendu… suivez bon dieu !)… Les personnages sont assez mal proportionnés, certains d’entre eux en sont presque difformes… Les bras et épaules sont épais et les muscles saillants, les protagonistes sont immenses et énormes, ils semblent même étriqués dans leur vêtements, donnant l’impression que des muscles sont près à éclater de partout. Ce qui dénote énormément avec le fait que Dio et Jonathan n'ont que 12 ans au début de l’aventure. La manière de se tenir des personnages est assez atypique, elle aussi. Ils ne se tiennent que rarement tout à fait droit et sont généralement légèrement penchés, leur pose et leur jeu de jambe un peu asymétrique et de travers leur donnent légèrement un air efféminé… Leur chevelure est généralement assez volumineuse et semble lourde mais par la même occasion très souple et mouvante, presque vivante… Le style vestimentaire n’est pas en reste : bien que l’on comprenne parfaitement où et à quelle époque se déroule l’aventure, on doute bien souvent de l’exactitude des détails et des ornements des habits portés par les différents protagoniste historiquement parlant. Tout cela pourrait sonner dans vos oreilles comme des difficultés technique et artistique que l’auteur éprouverait face à ses planches. Il n’y en a une part, oui, JoJo’s Bizarre Adventure est l’un des premiers travaux professionnels d’Araki-san, difficile d’atteindre la perfection dès les premiers jets… Mais (il y a toujours un mais chez moi) il s’avérera que ce qui semble être une faiblesse technique dans se premier tome est en fait un style recherché par Araki, devenant un point fort à part entière de son œuvre… Ce stylisme parfois un peu ridicule sera travaillé et retravaillé jusqu’au résultat final que nous découvrirons dans les futurs tomes… Pour appuyer mon point de vue, je vous propose de vous attarder sur certaines planches panoramiques, sur les couvertures ainsi que sur les illustrations de début de chapitre : elles sont magnifiques… L’auteur semble s’attarder énormément sur les détails, les cases en fourmillant. Les vêtements semblent bourrés de plis et replis, créant de nombreuses ombrettes. Ce qui est vrai, aussi, pour les traits des personnages, assez marqués… Les cases sont remplies jusqu’à la gueule et pourtant on ne montre que l’essentiel. Cela vient, entre autre, du fait que le découpage des planches est tout à fait anarchique pour l’époque, l’auteur préférant les très petites cases lors de dialogues et autres scène à avancée scénaristique et les grandes cases (rarement plus de la moitié d’une planche) en ce qui concerne les moments forts, où l’action est intense… On remarque aussi que l’axe du dessin par rapport à la case est souvent autre que horizontal, mais plus souvent de biais… Tous ces détails ne sont pas vraiment probants dans ce premier tome, pourtant, cela vous sautera aux yeux dans les prochains…
On se rend vite compte de cette tendance à jouer sur les perspectives, à réduire de manière écrasante les espaces et distances entre les personnages entre eux ou par rapport aux décors, créant une forme d’oppression à certains moments… Ce qui est d’autant plus vrai dans les combats, où l’angle de vision part souvent du poing du personnage prêt à se fracasser sur l’adversaire, exagérant la puissance et la masse musculaire des personnages… La sensation de vitesse en est d’ailleurs altérée. Dans la plupart des mangas, la sensation de vitesse provient du fait que le personnage semble « voler » à toute vitesse vers son objectif. Dans le cas de JoJo’s Bizarre Adventure, c’est tout l’inverse : on a l’impression que le personnage ou le membre qu’il agite s’écrase, se fracasse, qu’il est lourd et pesant… Les traits de crayon représentant cette vitesse se font au niveau du corps de personnage et non au niveau du décor et des éléments qui l’entourent, c’est le corps qui bouge par rapport à lui-même, pas par rapport aux éléments extérieurs…
Il est indéniable, cependant, que l’auteur fait preuve de nombreuses maladresses dans son dessin ou encore dans les dialogues qui frôlent parfois le ridicule (les personnages sentent systématiquement le besoin d’expliquer tout ce qu’ils font à chaque instant : « Et donc, là, j’ouvre ma braguette car si j’urine maintenant, je me pisse dans le pantalon.. »). L’œuvre n’a pas forcément bien vieillie malheureusement… Et certains défauts de technique et de goût, parfois un peu gênants, se font sentir par-ci par-là mais JBA se veut une œuvre ambitieuse et plein d’espoir pour la suite qui tend à se faire connaître et montrer sa véritable valeur avec le temps… Les futurs tomes nous le diront…
JoJo's Bizarre Adventure
, Tome
2
: Soif de sang !
Posté le
26/05/2007
L’auteur fini le chapitre « Dio, l’envahisseur » par les dernières pages de ce tome… Et il le termine comme il l’a commencé : avec ce style graphique à part, un peux inspiré d’Hokuto No Ken, qu’il peaufine et améliore au fur et à mesure des chapitres ; avec ce goût prononcé pour l’extravagance ; avec cette manière à lui de créer les perspectives ; avec toutes ces bonnes idées typiquement « Arakiènes » (il suffit de voir « l’arme » de Speedwagon et on comprend que l’imagination du gugus n’a pas de limite) ; avec ces dialogues un peux ridicules et cette mise en scène grandiloquente ; avec ces personnages aux manières uniques ; etc.,… L’auteur travail son stylisme toujours plus loin… Notons que le sang devient un organisme de plus en plus vivant, parfois même un peux gluant.
D’un point de vue scénaristique, l’histoire continue son cours et garde tout son souffle apportant réponses aux questions que l’on aurait put se poser dans le premier tome.
L’auteur semble s’améliorer à vue d’œil, au dessin de manière moins flagrante, mais dans son découpage et dans sa mise en scène surtout… Il ose plus et tente du nouveau par rapport à son travail passé… Sans pour autant inventer la ponceuse électrique pour le coup, bien entendu !
Conclusion : un nouveau tome intéressant, apportant son petit lot de nouveauté mais qui ne révolutionne encore rien… Une bonne continuité du scénario dont on se palpite jusqu’à la fin, même si la chute ne suprendra personne…
Moon Knight
, Tome
1
: Le fond
Posté le
02/06/2007
Ce fut décidément une agréable surprise, mercredi passé lorsque, dans ma librairie préférée, je suis tombé sur cet album… Moon Knight, un personnage trop méconnu mais apprécié par de nombreux fans, n’a vraiment pas eu de chance auprès du large public. Ce personnage inventé, en réponse au succès de Batman, par Doug Moench et Don Perlin dans le Werewolf by Night d’août 1975 (le n°32 pour les plus pointilleux d’entre vous) est pourtant bien plus qu’un simple ersatz du copain des chauves-souris. Malheureusement, le succès ayant ses raisons que la raison ne connaît pas, il restera éternellement un personnage secondaire, n’étant le sujet que de quelques séries suivies qui n’ont pas eu grand succès et qui ne dureront que maximum cinq ans pour deux d’entre elles, additionné à quelques apparitions par-ci, par-là. Ce sont Charlie Huston et David Finch qui, en Juin 2006, sont chargés de faire revivre ce personnage là où leurs aïeux l’avaient laissé… Aux oubliettes !
Moon Knight est paraplégique suite à un combat à mort qu’il a livré contre Bushman, il est un héros déchu qui a perdu sa gloire, les gens l’ont oublié. Cependant, bien que Spider-Man souffre de la disparition de son oncle ; que Batman, encore bien pire que cela, a vu ses parents mourir sous ses yeux ; qu’Hellboy ait, certes, perdu son père ; que les X-Men se sont réfugiés dans le centre du professeur Xavier à cause de la persécution ; que Spawn, quant à lui, a tout, mais absolument tout perdu ! Il m’a rarement été donné de lire les aventures d’un super héros aussi torturé que ce Moon Knight ! La souffrance des super héros a toujours été l’une de leur principale motivation… Mais Huston pousse le bouchon bien plus loin. C’est ainsi que commence l’aventure, Mark Spector ressasse et brasse son glorieux passé, s’acharnant à se détester lui-même, à s’enfoncer avec vice dans la dépression…
Il est intéressant de voir à quel point les auteurs soulignent chaque parole, chaque trait, chaque couleur dans une mélancolie malsaine. Le ton est gris, presque bleuté, aux couleurs fades de la pleine lune. On leur a demandé de donner une seconde jeunesse à ce personne, les auteurs l’ont fait mais peut être se sont-ils dit qu’il valait mieux le faire mourir pour mieux le faire revivre. L’ouvrage se divise en deux parties : la première qui met au point la situation avec le lecteur ; la seconde durant laquelle Mark Spector se réveille et redevient soudainement Moon Knight. La première est savamment bien mise en scène. Le « profiler », engagé par les individus convoitant le retour de Mark Spector, fait un topo auprès de ses nouveaux employés sur l’histoire du personnage, ce qui permet au nouveaux venus de pouvoir prendre le train en route et au vétéran de se rafraîchir la mémoire, bien penser. Parallèlement, les auteurs s’attardent sur Spencer et s’acharnent sur le sort du notre héros, nous montrant que cet homme a tout perdu avec un réalisme qui fait froid dans le dos. Il nous montre qu’avant d’être un héros, derrière la cape de Moon Knight se trouve un être humain. Il est bien rare de voir que l’on s’amuse à réduire un super héro à un état aussi déplorable et pitoyable.
Les héros de comics représentent généralement la force, la bravoure, la loyauté et toutes ces belles valeurs parfois un peu gnan-gnans qui sont les cibles faciles des détracteurs. Ici même, le personnage principal est malade, dépressif, alcoolique, coléreux. Les auteurs n’hésitants pas à intégrer des faits sérieux et modernes qui sont le centre de discussion et, même parfois, des problèmes de notre société : violence conjugale ; homosexualité, décadence, alcoolisme… Ce qui rend cet œuvre, tournant pourtant autour d’un personnage (les auteurs le disent eux-mêmes via le personnage du profiler) démodé, résolument moderne ! Une bouffée d’aire fraîche, aussi bien pour le personnage que pour le lecteur. Nous ne nous retrouvons pas, encore une fois oserais-je dire, devant un héros sans peur et sans reproche qui n’est humain que parce que c’est parents l’était tout deux, frôlant le divin, mais bien devant un être humain avant tout, faisant des erreurs.
La seconde partie se veut moins sombre et, de fait, peut être moins intéressante. Le serviteur du dieu vengeance qu’il est agit en tant que tel. L’action est plus présente. On se rend beaucoup plus compte de l’influence de Batman (la planque ressemblant à peux de choses près à la Bat-cave) avec le côté mystique en plus. Rappelons que Moon Knight agit selon la volonté de son dieu, un dieu de la vengeance qui aime le sang et la destruction, notre héros n’agit pas pure bonté. Il aide les faibles dans un esprit de rédemption par rapport à son passé de mercenaire mais se voit obliger d’agir par pur vice si son dieu le lui impose. Ce dieu profite de son serviteur, il est un esclave pour lui, c’est un manipulateur. Une approche intéressante car les super héros sont généralement la représentation du bien face au mal dans un monde emprunt de manichéisme qui caractérise celui des Comics. Ce même dieu invoque lui-même l’idée Nietchéenne « Dieu est mort ».
Dois-je encore vous énumérer des arguments pour prouver que cet œuvre est bien plus intéressante qu’il n’ parait ? Une dernière chose : le tome, qui se termine par une dernière page tout ce qu’il y a de plus énigmatiques et incongrue qui donne l’envie et l’impatience de connaître la suite, se clôture lui-même par les mêmes phrases (à quelques mots près) par lesquelles il a commencé. La boucle est bouclée, une manière de montrer, par une même situation, la victoire de Moon Knight sur lui-même, le héros est bien de retour.
D’un point de vue technique, cet œuvre n’est pas en reste : le dessin est très beau, fouillé et détaillé, soutenu par des effets informatiques magnifiques et bien choisis. Ce jeune dessinateur possède un don inévitable et aucune case n’est laissée au hasard. Les couleurs sont belles et bien choisies. Le découpage reçoit, pour sa part, un traitement tout spécial : superposages à tout va, parfois un peux anarchique, sur fond noir ou sur dessin faisant partie intégrante de l’histoire ; à l’horizontal, à la vertical ; grandes cases ou petites ; encadrées ou non ; en suivie ou en quinconce ; d’une case à dix sur la même planches… Les auteurs ne semblent pas avoir de style précis, sauf peut être celui de l’éclectisme…
Qu’importe le moyen pour attendre la fin, le découpage est bâtard, hybride, du moment qu’on arrive à retranscrire l’idée, l’effet ou l’émotion voulu. Et, le pire, c’est que c’est fait avec maîtrise et esprit, ce n’est pas de la fantaisie, ni de l’expérimentation douteuse, c’est juste qu’on ne lésine pas sur les moyens et sans perdre en qualité ! Tout cela dans un souci de produire la meilleur mise en scène possible… Un régal !
Au final, un volume plus qu’intéressant ! De part l’approche du personnage dans la première partie différente de se que ce genre de production à l’habitude de nous fournir, suivie par une seconde partie se terminant sur un point final bien pensée. De beaux dessins ; une mise en scène grandiose ; une technique sans-faille ; des personnages intéressants (principalement Spector et le « Profiler ») et, surtout, un grand nombre d’excellentes idée qui, au final, donne toute sa saveur à ce premier tome… Ca change du super-héros parmi tant d’autre… En ce qui concerne l’édition : belle couverture, belle impression et belle pagination… Un petit historique du personnage en début de volume, des petites biographies (le strict minimum comme d’habitude) des auteurs et les couvertures originales compilé en fin de tome… Vivement la suite, pourvue qu’elle soit à la hauteur de ce premier volume…
Sites interessants si vous voulez connaître ce personnage plus en profondeur :
wikipédia (angl.): http://en.wikipedia.org/wiki/Moon_Knight
wikipédia (fr.): http://fr.wikipedia.org/wiki/Moon_Knight (incomplète)
site de fan : http://moonknightfan.tripod.com/
Neon Genesis Evangelion
, Tome
1
: L'ange, l'assaut
Posté le
21/05/2007
Je peux bien comprendre ce pauvre Yoshiyuki Sadamato, porter sur papier ce chef-d’œuvre incontesté de l’animation n’est pas chose facile… Il a un avantage pour lui : il est quand même le character designer de la série d’origine. Il a participé activement au projet et le connaît plus que bien… Son dessin est beau, efficace, unique et tout ce qu’il y a de plus maîtrisé. Quoi de plus normal pour un bonhomme de cette trempe ? La mise en scène est très bonne, inspiré directement de la série mais remaniée comme il se doit pour le support papier. On notera simplement que rien ne pourra égaler le génie du maître Anno. Le découpage est, somme toute, banale et n’attirera même probablement pas votre attention. Les différents effets sont bons et dans la veine d’une production moyenne du genre. D’un point de vue purement technique, l’auteur remplis donc son contrat…
Dois-je vous parler du scénario ? Un peu quand même, Sadamoto se permettant quelques écarts par rapport à l’œuvre original. Pas de beaucoup, je vous rassure, juste de quoi mettre en colère les fans les plus fervents : quelques petits évènements remaniés ou d’autres zappé (ce qui est quand même plus embêtants), des passages intervertis, des dialogues légèrement modifiés… Mais au vue de l’ampleur et du réfléchis de l’œuvre d’origine, il est vrai que le moindre changement semble bouleversé toute la portée d’une simple parole.
Les personnages en sont donc peut être moins intéressants, moins travaillés. Il faut rendre à Sadamoto qu’il est difficile de recréer l’œuvre d’un génie, difficile de recréer l’œuvre de la vie d’un homme et difficile de la voir et de la comprendre de la même manière que celui-ci…
Il est temps de finir cette review : ce premier tome du portage de la série culte Neon Genesis Evangelion n’est pas mauvais loin de là mais , de par sa définition même, il décevra toujours… Indispensable à tous fans, même s’il le décevra (allez, juste pour le plaisir de s’énerver quoi) et permet au novice de découvrir cette incroyable histoire avant de se lancer dans la dantesque série télévisée…
Neon Genesis Evangelion
, Tome
2
: Le couteau et l'adolescent
Posté le
30/05/2007
Voici donc le second tome de l’adaptation sur papier des aventures des Children, Evangelions et autres Anges… Sadamoto dessine toujours aussi bien (on se demande d’ailleurs pourquoi il dessinerait soudainement moins bien) et possède le goût bon pour la mise en scène. Tout comme le découpage, qu’il choisit judicieusement. Cela reste cependant assez conventionnel…
L’histoire suit toujours l’animé mais se permet de plus en plus d’écart. Je parle ici principalement des dialogues, ce qui enlève énormément à l’œuvre d’origine (c’est depuis quand que Shinji, il a autant de réparti ?)… De plus, cette partie de l’histoire n’est pas très palpitante quoique indispensable. Les épisodes auxquels elle se rattache font la part belle à la psychologie, et les dialogues (ou le silence de certains personnages) y sont pour beaucoup. Dès lors, ce tome devient bien moins intéressant que sont homologue animé…
N’allez pas me faire dit ce que je n’ai pas dit : à lire, se n’est pas mauvais, surtout pour un novice du sujet. Mais pour un fan de la série, ça en devient un peux perturbant et frustrant. Pas mal de ces précieuses subtilités - qui font la force de cette œuvre et qui permet aux fans d’éternellement se quereller quant à l’interprétation de celles-ci - sont absentes…Dommage…
Priest
, Tome
1
: Tome 1
Posté le
20/05/2007
Ce fut un plaisir de relire Priest dans le cadre de cette review ! Et ça m’a même surpris ! L’idée qu’il m’avait laissé était celle d’une œuvre plutôt bien ficelée et bien foutue sentant bon le métissage d’un Hellsing et d’un Spawn à la sauce Manwha… Oui mais quel métissage mes amis !
Commençons par ce scénario : pour ce premier volume des aventures du père Isaak nous ne sommes guerre surpris et l’auteur n’aura pas inventé la poudre à lessiver pour l’occasion… Mais notons tout de même ces quelques flashs par-ci, par-là, créant un mystère suffisant pour éveiller notre curiosité de lecteur. Les informations lâchées au compte goutte nous font réaliser que l’auteur n’a pas tout dit et qu’il a peut-être bien dans sa hotte deux trois choses qui valent la peine d’êtres dites, d’ici quelques volumes… Ivan Isaak est torturé et porte un passé lourd, ce qui était, malheureusement, un peu prévisible… A force de vouloir faire des personnages intéressants psychologiquement parlant de part leur vie antérieure, on finit par les banaliser et à les rendre inintéressants, justement… Dommage ! Aucun des autres personnages présents ne relève le niveau (mis à part, un certain Xavilon et cet autre protagoniste qui l’accompagne et qui alimente la curiosité maladive de tout lecteur qui se respecte) mais ils ont le mérite de ne pas être mauvais non plus… Ils sont d'une banalité qui pourrait, peut-être, être considérée comme crasse dans le cas présent… Ils ne nous frustrent pas non plus ! Ni le scénario qui tend à se révéler prochainement, ni les personnages fondamentalement simples mais finalement efficaces ne nous intéresseront outre mesure dans cette œuvre (bien qu’il soit assez bien fait pour nous donner envie de poursuivre l’aventure). Ce qui nous interpelle (et ce qui est assez inhabituel), c’est le niveau technique ! Généralement, la technique importe peu si le tout est bien ficelé, les exceptions confirment les règles…
En plus de maîtriser parfaitement les techniques universelles de bases de dessin, Hyung Min-Woo n’hésite pas à créer le compromis entre le style japonais et le style américain ! Son goût pour le sur-stylisme à la japonaise est marié parfaitement avec la grandiloquence américaine ! Priest en devient un hymne à la stylisation sans tomber dans l’outrance. Il parvient à atteindre une grande fluidité dans le déroulement de l’action (qui est très intense dans Priest), ce qu’il ponctue par une mise en scène soignée dans laquelle il change aisément l’angle de vision pour à chaque fois mieux soutenir le moment, nous obliger à nous suspendre aux cases comme on se suspendrait au lèvres d’une personne à la rhétorique sans faille … Le dessinateur met tout en œuvre pour arriver à ses fins et change même son outil de travail pour appuyer une sensation, une ambiance ou un moment fort de son histoire, passant du crayon à une mine plus grasse, pour finir à une épaisseur de mine qui ferait penser à un fusain ! On finit par lire cette bd comme on regarderait un film, on verrait presque l’intérieur des cases bouger ! Il a aussi un style bien à lui de faire le trait : il n’hésite pas à repasser dessus pour donner un peu de surcharge au dessin ce qui enfonce cette sensation de lourdeur récurrente qui contraste avec l’action d’une rapidité à toute épreuve. « Trait », un terme qui caractérise bien le dessin de sir Min-Woo… L’auteur n’use pour ainsi dire pas d’ordinateur ou de remplissage monochrome d’espace, il préfère remplir les zones colorées par des traits qu'il augmente selon l’intensité de la couleur ! Idem pour les ombres : des traits ; les marques de vitesse : des traits (bien plus que dans la plupart des mangas ou manwha, ce qui renforce l’effet de vitesse); l’effet de lourdeur dans une situation : des traits ; etc.,… certains de ces procédés sont récurents à ce genre de production mais la quantité utilisée par l’auteur est affolante. Mais pourtant ça ne choque pas ! Ce qui marque aussi, c’est la façon dont il s’attarde sur la manière de se mouvoir des personnages, comment ils se tiennent (toujours dans un esprit de stylisme, rappelons-le)… On reconnaît tout de suite le « marcher » d’une femme, par exemple… Les créatures avancent comme des zombies pour soudainement filer comme des prédateurs féroces, l’auteur nous bluffe sans concession… Il passe d’ailleurs du lent au rapide (et inversement) dans une même scène avec brio, créant un rythme et surprenant le lecteur. Les chorégraphies lors des scènes de combat sont plus que travaillées, renforçant le côté vif de l’action… A noter, et pour finir, son dessin et ses personnages très carrés mais pourtant au trait fin, mariant, encore une fois, les deux pôles japon/amérique… Par contre, rien à noter sur le découpage, l’auteur prend ses aises avec une moyenne de 5 cases par page, ce qui lui laisse la place pour étendre son talent sur chaque case…
Pour finir, Priest divertit indéniablement, crée la surprise graphique et technique en donnant un « punch » à l’ensemble qui donne envie de s’y replonger… Laissons le scénario s’étoffer et les personnages prendre en profondeur (ou, tout du moins, espérons le) et profitons de cette première offrande comme il se doit… Guettons la suite d’un œil plus qu’attentif.
Slam Dunk
, Tome
1
: Tome 1
Posté le
15/05/2007
La première impression que pourrait donner cet ouvrage, c’est bien celle du manga de sport typique : où le gars fait des trucs irréalisables ; où les rencontres se jouent des heures durant -un semblant de suspens planant jusqu’au dernier moment (bien que nous savons tous qui va gagner) ; où l’intérêt ne vient que du sport en lui-même ainsi qu’à toutes les belles valeurs qui l’entourent (l’amitié, la loyauté, la camaraderie, la détermination, le fair-play, etc.,…) cachant maladroitement et honteusement la carence scénaristique qui est souvent celle de ces bien pauvres mangas… Et bien vous n’avez pas tort ! Slam Dunk, oui, c’est un manga de sport, on parle de basket à tout bout de champ. Les matchs durent des heures ; les mecs sont des surhommes et ne sont pourtant qu’au lycée ; les valeurs sont légions… MAIS (et oui, il y a un mais, vous pensez bien que je n’aurais pas mis une note aussi jolie si ça n’avait pas été le cas) le tout est si bien dosé ! On ne tombe jamais dans le cliché ! Inoué (quel monsieur !) nous montre, avec cette première œuvre, qu’il a du talent à revendre et que, surtout, il sait distiller les effets et autres émotions…
La première chose qui accroche dans ce manga, c’est l’humour : on comprend dès lors d’où doivent venir les inspirations et références de Fujisawa Tôru (GTO). Hanamichi, ce grand dadet immature, enchaîne les pitreries et gags sans jamais débander et fini, à lui tout seul, par dédramatiser les situations les plus désespérées (qui sont pourtant légions dans ce genre de production). Il y a de nombreux matchs dans slam dunk, inévitablement, mais ils sont entrecoupés par la vie et les désidératas des personnages principaux ce qui permet au lecteur de reprendre son souffle sous cette pluie battante de scènes sportives de haut vols… Oui, Jordan pleurerait des larmes de sang s’il voyait ce que Sakuragi a dans le ventre, pourtant, rien n’est jamais exagéré ! Tout reste à l’échelle humaine, rien n’est jamais si loin de la réalité. Sakuragi est un niais, un idiot, un c** quoi ! Il va être désagréable, méchant ou stupide pour arriver à ses fins (toujours avec humour bien entendu) mais avec le temps il va apprendre les valeurs du sport, sans jamais tomber pour autant dans le cliché du parfait petit sportif au cœur sur la main (cf. captain tsubasa). Les grandes lignes scénaristiques ne sont pas les plus impressionantes qu'ait connu le grand monde du manga, certes, ce sont plutôt les situations diverses et délirantes qui sont le noyau de l'histoire...
D’un point de vue technique, Inoué travaille très bien, que ce soit pour souligner l’humour, le stress, la tension du moment, la rapidité sur le terrain ou quelle que soit l’émotion, l’auteur arrive à toucher là où il faut… Son dessin est, dans le fond, assez simple mais d’une efficacité que l’on ne lui reprochera pas ! Petit bémol cependant : la morphologie des personnages : des membres démesurés pour une tête réduite, semblerait-il, par les Jivaros. Inoué semble déjà parfaitement maîtriser les styles et doit connaître par cœur l’encyclopédie du parfait petit mangaka…Le découpage est bon, le choix des cases et de l’espace dans celle-ci ne sont jamais laissé totalement au hasard, l’auteur semble affectionner la mise en scène pour faire ressortir le comique et l’émotion de chaque instant…
Je vais enfin conclure : Slam Dunk n’est pas qu’un simple ouvrage sportif, il ne se contente pas de ça, l’auteur ne veux pas vraiment impressionner... je pense qu'il cherche à s'impressionner lui-même avant tout… On sent l’œuvre d’un passionné, dans chaque trait, mais le tout est maitrisé, dosé, gardant toutes proportions. On ressent que l’auteur n’a pas voulu écraser le lecteur par le basket, il a juste voulu, par sa passion, amuser le lecteur… Slam Dunk n'est pas uniquement destiné au fan de basket (cependant, si le basket a la facheuse tendance de vous donner des plaques d'exémas rien qu'à la locution du mot lui-même, passez votre chemin), Slam Dunk, c’est de l’entertainment pur, un jus de distraction, un gto à la sauce basket…
Slam Dunk
, Tome
2
: New Power Generation
Posté le
16/05/2007