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Cinq Est le Numero Parfait
, Cinq Est le Numero Parfait
Posté le
11/08/2004
Je suis tombée sur cette BD par hasard et avec la curiosité de découvrir une approche italienne de la BD. Je n’ai pas été déçue du voyage, dépaysement total. Une bande dessinée rare qui mêle violemment l’action et les sentiments. On y apprend que même les tueurs ont des états d’âmes et se remettent parfois en question de manière violente. L’auteur manie avec génie l’émotion, le cynisme, l’ironie, l’intrigue, le mysticisme, autant d ‘éléments qui sont rarement assemblés et qui nous offrent une BD surprenante voir parfois déroutante, à mi-chemin entre un roman policier et un film noir.
Cette BD prend une certaine distance avec son sujet, son histoire et soulève des problèmes plus philosophiques voir métaphysiques, elle apporte une réflexion sur la bande dessinée elle-même et sur l’essence des comics américains.
Côté graphisme l’originalité est au rendez vous, les illustrations sont bi colores, le trait est tantôt flou tantôt plus précis en fonction de l’action, de l’avancée dans l’histoire, certaines planches se prêtent à nous rappeler Hugo Pratt.Quand il n’y a plus de texte, les illustrations parlent d’elles même et apportent une autre vision de cette histoire.
Cinq est le numéro parfait, n’est pas seulement un bon moment de lecture, c’est aussi comme aller au cinéma, partir en voyage à Naples, bref, c’est vivre une expérience qu’on est pas prêt d’oublier.
Les formidables aventures de Lapinot
, Tome
8
: La vie comme elle vient
Posté le
12/07/2004
Avant d’avoir lu cet ultime tome des formidables aventures de Lapinot, j’avais lu quelques avis sur coin BD, j’avais lu le quatrième de couverture, et entendus quelques commentaires malgré moi. Et avec tout ça j’ai commencé à m’imaginer pas mal de trucs sur la fin de ce dernier Lapinot, à vrai dire( voir les avis ci-dessus) j’angoissais carrément et m’attendais à quelque chose de plutôt sombre voir glauque. Et bien, il faut dire que Trondheim frappe toujours là où on l’attend pas, et dans ce tome, rien n’est attendu, tout est imprévu.
Tous les ingrédients de Lapinot sont là même la légèreté et la gaieté traditionnelles, mais ces éléments sont assemblés de manière différente afin de nous offrir un Lapinot hors du commun. L’action suit une trame bien définie, ponctuée de réflexions diverses sur la vie, la mort, allégée par de nombreuses anecdotes et passages qui deviendront sans doute des passages de BD culte.
Ce tome est plus qu’une BD c’est une expérience émotionnelle, la fin d’un parcours initiatique (celui du lecteur et celui de Lapinot), c’est tout simplement grand. On dirait que l’action qui suit une mystérieuse destinée, semble guidée par un agent extérieur : un Dieu : Trondheim ?
Pour résumer : La vie est belle.
Inspecteur Moroni
, Tome
3
: Le syndrome de Stockholm
Posté le
17/08/2004
Il faut que j’avoue que j’ai commencé la série par le troisième tome, ce qui est on ne peut plus logique. Je dois dire que je trouve ce tome assez réussit. Une bonne découverte. C’est drôle, décalé et léger. Moroni tombe sur un mec plus barjo et plus anormal que lui et l’aventure s’enchaîne sur une succession de malentendus et de boulettes. Car même si les deux protagonistes sont au même niveau sur le plan de la jugeote, ils ne parviennent pas à se comprendre pour autant.
Mythe du complot capitaliste et délires paranoïaques côtoient sans complexes les nouvelles méthodes de la police américaine, le syndrome de la « mère poule » de la mère Moroni, les utopies anarcho-scientifiques, et les chiens qui parlent et pensent. Tout ça pour le plus grand bonheur du lecteur qui évolue entre action et humour tout au long du tome.
Guy Delisle enrobe le tout dans un dessin sympa avec des trais tantôt épais et grossiers, tantôt plus fin et précis presque Larcenetiens. Les couleurs et les ombres savent parfaitement rappeler le genre policier de la BD, tout en lui gardant une allure de parodie.
Une bonne petite BD à recommander pour passer un bon moment et suivre Moroni dans les délires de son nouvel ami psychopathe. J’ai hâte de lire les tomes précédents !
Largo Winch
, Tome
13
: Le Prix de l'argent
Posté le
03/06/2004
« Les dollars et l’amitié ne font pas toujours bon ménage, mon pote. »
Une citation de plus pour mon carnet de phrases chocs ! Cette entrée en matière résume l’éternel problème de Largo : il est riche et seul ! Seul il l’est plus que jamais dans ce 13ème tome, puisque même Fred et Simon semblent le bouder. Et c’est seul qu’il affronte l’intrigue bien ficelée de cet épisode.
De New York a Deer Point (Montana) on ne s’ennuie pas une seconde, et l’on suit Largo depuis les scènes de lynchage, les réflexions réalistes sur la mondialisation et idéalistes sur l’économie internationale, le conseil d’administration, jusqu’aux courses poursuites voiture/jet. En somme un Largo Winch dans la grande tradition, une intrigue qui s’emmêle et imbrique la vie privée et publique du pauvre Largo qui va devoir se battre pour reconquérir sa dignité et la fidélité de ses amis lui reprochant son côté « Playboy milliardaire ».
Côté continuité de l’histoire on apprend la rencontre de Fred et Nério en Israël, et on découvre Silky Song, la nouvelle pilote de Largo et on replonge une nouvelle fois dans le monde du conseil d’administration du groupe W, dans lequel les cours d’économie et de bourse du professeur Van Hamme semblent plus digestes que d’ordinaire.
Côté graphique, les personnages ont perdu leur côté carré, ils gagnent en humanité, le « jeune milliardaire en blue jean » commence d’ailleurs à prendre ses premières rides sous le crayon de Francq. Les couleurs touchant surtout sur le mauve et le vert apportent un peu plus de fantaisie dans ce monde impitoyable.
Bref on passe un bon moment même si l’histoire se répète une fois de plus pour le pauvre Largo « seul contre tous », et que le dénouement de l’intrigue dans « La Loi du Dollar » se laisse entrevoir avec facilité. La recette de Francq et Van Hamme de faire des histoires en deux tomes à l’air de marcher : on reste sur sa faim et on attend l’eau à la bouche.
La légende de Robin des Bois
, La Légende de Robin des Bois
Posté le
08/06/2004
Bienvenue dans le monde enchanté de Larcenet. La légende de Robin des Bois a cette faculté étonnante de rassembler dans un espace fini la plupart des délires « larcenetiens », pour concentrer d’avantage le plaisir à la lecture. Mélanger un robin des bois qui manque quelque peu d’assurance « voler aux riches pour donner aux pauvres, étrange comme concept ? », alzheimer oblige, avec un Petit Jean homosexuel, ajouter un shériff de Nottingham façon John Wayne, un tarzan zoophile, des touristes avec des bobs Ricard, le tout dans la forêt de Rambouillet, avec un soupçon de larceneteries comme les mésanges, les arbres qui pensent et parlent métaphysique, servi avec quelques réflexions sur les koalas et allusions diverses, et on obtient un bon aperçu de ce voyage gastronomique (où les touristes « façon copains des bois » ne font d’ailleurs pas de vieux os !).
Coté graphisme, comme pour Robin, la forêt demeure l’élément de Larcenet. Admirez les arbres, les feuillages, les couleurs, l’écorce des arbres, ils y a des détails graphiques à profusion. Cette BD est un petit bijou, une ode à la BD : elle est drôle, profonde, légère, surprenante, superbe, ironique, bien ficelée, on aime la lire et la relire… Bref tout ce que l’on attend d’une BD et plus encore s’y trouve. Oh oui, j’aime ça !!!!!!!
Miss
, Tome
3
: Blanc comme le lys
Posté le
27/06/2004
Agréablement surprise par la découverte de la série, et par ses illustrations sortant de l’ordinaire, ce troisième tome m’a quelque peu déçue. L’histoire n’affiche pas une vraie cohérence, Nola et Slim enchaînent différentes enquêtes et actions sans rapport, ils vont manger chez des amis, ils vont dans la famille de Slim, … S’il y a une continuité il faut la trouver dans l’histoire d’amour qui tend à se concrétiser et qui changent les relations entre les personnages. Ce tome nous renvoie l’image d’une Nola qui perd de son arrogance et de sa niaque pour sombrer dans la déception amoureuse. Slim fait un peu n’importe quoi, nos deux héros semblent un peu perdus à moins que se ne soient les auteurs qui ne savent pas où ils vont avec cette série.
Miss tome 3 reste réussi notamment sur le plan graphique. Les couleurs sont plus franches, les ombres toujours aussi impressionnantes, Miss est de ces bandes dessinées qui parviennent à plonger le lecteur dans une ambiance donnée, les soirées des années 30 n’ont jamais été aussi bien dessinées, une petite visite dans un asile particulier nous transmet une angoisse presque palpable.
A noter le jeu de narration entre les deux personnages qui raconte l’histoire de leur point de vue à tour de rôle, une manière originale d’avoir l’histoire sous deux angles diffèrent. Il faut attendre le tome 4 pour voir si l’histoire commence vraiment ( déjà ?!) à s’épuiser ou si ce tome 3 ne constitue pas un petit répit dans la série permettant de définir de manière un peu plus sensible les personnages, avant de reprendre le cours de leurs aventures.
Miss
, Tome
4
: Sale blague mon amour
Posté le
27/06/2004
Un quatrième tome qui tend à confirmer que le troisième était un peu en dessous du niveau de la série. La série entame un virage, Slim est malade et est condamné au repos forcé pour guérir et ce repos a un prix. Nola va travailler désormais sans son associé, et pour gagner l’argent nécessaire à la cure de Slim, elle ne recule devant rien. La fin de ce quatrième tome est particulièrement riche en surprises et rebondissements, le scénariste n’hésitant pas a manipuler le lecteur, dans toutes ces péripéties.
Après tant d’action bien ficelée, j’ai trouvé que la dernière page faisait retomber un peut trop vite le suspense et termine un peut trop le tome. Graphiquement, les dessins semblent un peu plus « bâclés » que les tomes précédents. Les fonds sont souvent monochromes et les détails graphiques sont moins nombreux. Les couleurs dominantes sont celles de l’hiver, la luminosité pale de la fin d’année est réussie à merveille. On peut noter que le tome trois était dominé par les couleurs de l’automne, et cette fois ci on est passé à l’hiver…
Cette BD n’a sûrement pas fini de nous surprendre, et l’ambiance de l’Amérique des années 30 semble être une source d’inspiration intarissable. Miss reste sur bien des niveaux une grande série, soignée, riche en action, et rebondissements, série dans laquelle les personnages récurrents semblent avoir été profondément imaginés dans leurs attitudes, leurs sentiments, leurs habitudes, et leurs réactions. C’est bien.
Mon Fiston
, Mon Fiston
Posté le
11/08/2006
En s'approchant du graphisme des pères fondateurs de la bande dessinée, Olivier Schrauwen nous plonge dans un univers coloré, rose et vintage.
Petites anecdotes d'un père qui se met en tête de faire découvrir la Belgique et la vie à "son Fiston", ces petites tranches de vie parfois relevées d'ironie et de trash s'avèrent assez croustillantes.
L'album n'est pas seulement innovant graphiquement et chromatiquement, il est aussi osé dans son approche du racisme, des préjugés, de l'injustice, de la vie et de la mort. Le fiston en question nous interroge, malgré son air bébé et ses grandes oreilles en feuilles de choux, il est loin d'être un enfant, ... l'attitude de son père est troublante également.
Le dessin nous interroge et nous trouble d'autant plus. La dernière page tournée une question reste : Schrauwen est-il la réincarnation de Winsor Mac Cay?
Un petit régal pour les yeux qui permettra à quelques rêveurs de s'évader.
Où le regard ne porte pas...
, Tome
2
: Tome 2
Posté le
16/09/2004
Le tome 1 nous a tous ébloui, le tome deux est encore meilleur et s’avère être incontestablement une BD susceptible de nous hanter durant de nombreux jours, une BD culte qui n’est pas prête de nous laisser la refermer sans réfléchir.
Le tome un nous a présenté les personnages (brièvement), a présent, ils évoluent et mettent en doutes les liens qui les réunissent. Pour essayer de suivre Lisa, et affronter les difficultés que cela implique, ils vont devoir se poser les questions de leur union même et des événements qu’ils ont vécu depuis leur enfance lors de leurs réunions.
L’histoire répond progressivement à leurs interrogations et à celles que le lecteur continuait de se poser après la lecture du 1er tome. Les deux tomes s’enchaînent à la perfection et les auteurs ont semble-t-il évité les erreurs propres à ce genre d’enchaînement et n’ont pas abandonné le lecteur dans un magma de souvenirs et de flash back incompréhensibles ou incohérents.
Graphiquement parlant, on a affaire à une œuvre majeure du 9e art. Par la beauté et la souplesse du trait, le dynamisme des personnages et la sérénité des plans fixes, Pont signe là un petit bijou dont la plus belle illustration en est les planches centrales qui permettent au lecteur de vivre carrément la transe des héros.
Avec «ou le regard ne porte pas » Abolin et Pont ont créé une BD déjà culte, et semble avoir ouvert le champ à une nouvelle BD. Une BD qui parle et exprime des sentiments et des émotions en s’affranchissant des images et du texte, bref d’une BD qui va ou le regard ne porte pas.
Petit Vampire
, Tome
5
: Petit Vampire et la soupe de caca
Posté le
11/08/2004
HUM, MUM, MIAM. Sfar craque encore. Michel poursuit ses aventures avec petit vampire ; cette fois il est invité chez ses amis les monstres pour la nuit. On suit la vie quotidienne de nos héros au fils de cette « journée nocturne ». Marguerite s’essaye à la cuisine avec la fameuse « soupe de caca », petit vampire doit prendre son bain avec marguerite, pendant que sa maman fait les courses. Un peu moins chargé en action que les autres tomes de la série, Sfar prend le temps de poser ses personnages et de les faire vivre.
C’est toujours drôle, naïf, pipi-caca, parfois plus grave. Côté illustrations, Sfar est en grande forme, il joue avec les couleur, les formes, le monde de la nuit permet beaucoup de chose, finalement. Et il faut l’avouer il dessine le caca à la perfection !!!
Même si ce n’est pas le meilleurs tome de la série, Petit Vampire reste cette parenthèse, qui nous plonge dans un monde qu’on aurait aimé fréquenter étant petit. Michel tu fais des envieux !
Petit Vampire
, Tome
6
: Petit Vampire et les pères Noël verts
Posté le
03/12/2004
Dans la vie il y plein de questions qui nous traversent, en particulier lorsque l’on est jeune. Pourquoi faire la fête à Noël, est ce que le père Noël existe ? Est-ce que les vampires fêtent Noël ? Sfar entend apporter un regard plutôt désenchanté sur la fête de Noël., a travers le personnage de Michel qui ne crois pas au père Noël car il est juif.
En suivant les pères Noël, la « douce nuit » vire au cauchemar le plus complet pour Fantomate Michel et Petit Vampire. Le père Noël qui ressemble absolument pas à l’image que tout le monde s’en fait, est un monstre exploitant la curiosité des enfants pour les réduire en esclavage. Ce tome 6 permet ( enfin ) de tout savoir sur la face cachée du père Noël sur sa vrai identité, sur ce qui le rend magique, sur sa vrai apparence externe et interne, sur son fonctionnement et ses ambitions.
Il est, je pense le plus réussit d’une série superbe. De la première planche à la fin c’est un voyage intégrale dans l’imaginaire, les symboles de Noël, les peurs de tout un chacun. Les formes du dessins et les couleurs en retracent tout le côté magique. Le gaufrier Sfarien s’ouvre s’agrandis, se déstructure pour mieux perdre le lecteur dans cette transe de Noël. Du côté des couleurs on oublie les couleurs traditionnellement sombres de « petit vampire » pour croiser du rouge et du turquoise.
Du côté de l’histoire tout se tient, Sfar approfondit son délire et va jusqu’au bout. Il ponctue l’histoire d’anecdotes drôles sur la vie de ses personnages et dissimule quelque critiques de la religion chrétienne. Ce Tome 6 est vraiment vivant, dynamique, drôle, triste, « organique », …bref un grand succès. A ne pas faire lire au petits enfants ! Même s’ils ne croient plus au père Noël. En revanche en ce qui me concerne, ce tome a clarifié mes pensées sur Noël : le père Noël existe bel et bien : c’est Sfar et il nous fait là en cette approche de fin d’année un beau cadeau.
Le retour à la terre
, Tome
3
: Le Vaste Monde
Posté le
23/01/2005
Jean-Yves Ferry et Manu Larcenet, ont le bonheur de vous faire-part de la naissance du Vaste Monde, le petit troisième de la famille du Retour à La Terre. Le Scénariste et L’illustrateur (qui par ailleurs illustre sa biographie), se portent bien et attendent vos avis favorables pour leur petite merveille.
Petite merveille c’est bien le mot, dans ce nouvel avatar des aventures de Mariette et Manu aux Ravenelles, le couple attend la naissance du petit Bébé qui vient conclure leur installation à la campagne, après l’échec de la tentative de jardin potager, et l’échec de la tentative d’aménagement de la maison, on constate que Manu est presque plus préoccupé par la paternité que Mariette. Il redouble d’attention à son égard, fait attention au moindre détaille, et surtout fait tout pour ne pas défaillir au moment critique. La question de sa Paternité le hante plus que jamais, il fait des rêves bizarres, toujours interprété par son ami l’Hermite ( qui, notons le, au passage n’a pas disparu dans les airs). Il écoute à l’aide de mme Mortemont tous les signes de la nature.
On plonge là dans ce tome de manière beaucoup plus vive dans la sensibilité du personnage de Manu. Et dans à partir de cette sensibilité, l’humour semble avoir changé. Ce n’est plus vraiment l’humour des tomes précédents, légers comme le « gag 40 du tome 1 : la Mortemont qui dit vous allez passer l’hiver aux Ravenelles », l’humour évolue avec Manu. Il devient plus responsable, acquiert une maturité nouvelle, et se concentre et dépasse tout ce qui a été fait auparavant.
Bref on rit beaucoup à la lecture de ce tome d’autant plus qu’il agit à la manière d’un miroir, puisqu’on assiste à l’arrivée dans le commerce des premiers albums du « retour à la Terre un » et que dans l’incompréhension générale ils sont lus par les protagonistes eux même.
Si la Joie et le Bonheur sont au rendez-vous côté scénario, ils se retrouvent au niveau des illustrations. Le graphisme Larcenetien nous enchante là encore, notamment au niveau des paysages enneigés, et des scènes de chasses dans le brouillard particulièrement angoissantes. On retrouve certaines cases marquées des crises d’angoisse de Manu, un peu comme on peu les trouver dans le « Combat Ordinaire ». Les couleurs dominantes sont vives, claires et il semble que le soleil brille toujours sur les Ravenelles, d’autant plus qu’un heureux événement va avoir lieu.
Bref Joie, bonheur, soleil, amour et humour seront ce que l’on retiendra naïvement de cette petite merveille qui saura apporter un peu de chaleur en ces mois d’hiver ! Et concernant l’avenir de la famille : « Et Karoutcho vastum mundus ! »
Vaudou dou wap
, Tome
1
: La goutte d'eau qui fait déborder le bayou
Posté le
21/09/2004
Une petite Bd qui a croisé mon regard surpris par le titre et l’originalité du graphisme. Depuis je ne jure que par elle. Les auteurs nous envoient dans une aventure des plus noires et des plus angoissante. Si Trondheim avait écrit la 4éme de couverture il aurait probablement écrit : une histoire qui réjouira les amateurs de trucs vaudous, d’histoire d’adultère, de petits meurtres entre amis, de cynisme, de cuisine mexicaine et de musique américaine.
Vaudou dou wap surprend, remue et prouve que tout peut prêter à rire, il nous dépeint une Amérique à la fois réaliste et fantaisiste que l’on ne retrouve d’ordinaire que dans les films des frères Cohen. On a affaire à une BD inclassable, à la fois drôle, à la fois sociale, à la fois fantastique, à la fois crue…Côté histoire les personnages principaux confondent leurs rôles au cours de l’histoire pour échapper à la conception manichéiste entre les bons et les méchants qui prédomine dans le milieu de la BD, la fin nous laisse haletant d’une suite qui parait aussi prometteuse que surprenante !
Graphiquement, le dessin se prête bien à l’illustration d’une histoire de sorcellerie vaudoue, les traits sont à la fois courbes et droits, aussi fous parfois que la fumée des bougies, ils donnent une véritable idée de mouvement. Au niveau des couleurs il y a une cohabitation plutôt réussie entre les couleurs fraîches de la nature, les couleurs plus chaudes et animales qui restent, elles plus sombre en se fondant ainsi dans l’ambiance mystique de ce premier tome.
Vaudou dou wap est une découverte plus qu’intéressante, la série s’ouvre par un premier tome très prometteur, particulièrement dynamique et surtout pas descriptif et long dans la présentation des personnages. C’est « vivant », prenant et drôle
Venezia
, Tome
2
: Codex Bellum
Posté le
18/08/2004
Inutile de présenter les héros, le tome 1 s’en est chargé, place à l’intrigue ! Nos deux héros vont de nouveau se retrouver de jour comme de nuit sous des identités différentes.
L’intérêt de cette série c’est l’ambiguïté des liens entre ces personnages qui sert de nerf à la série puisque de cette ambiguïté découlent tous les quiproquos, les malentendus et par-là tout l’humour de Codex Bellum, et dès que l’on s’éloigne des personnages, le scénario perd de sa substance. L’action patauge un peu et Trondheim peut être capable de mieux, les répliques cinglantes sont au rendez vous, même si elles restent peu présentes au cours du tome.
Côté graphique, la faiblesse du scénario est compensée par l’art de Parme. Les illustrations (chose plutôt rare en BD) sont animées, elles bougent. Les expressions des personnages reflètent ce qu’ils pensent, parlent même pour eux, et les rictus de la « si jolie bouche » Cantabella ne sont jamais identiques. Les couleurs à l’image du graphisme sont gaies et vivantes et permettent à Venezia de s’éloigner des illustrations classiques sur la Venise mystérieuse de la Renaissance.
Ce tome est à lire en recherchant la légèreté d’une farce ou de quiproquo très Commedia del Arte, et en savourant le travail de désacralisation et de sabotage de la Venise Mythique en BD, effectué sous les pinceaux de Parme. Un bon petit délire historique, pour les petits n’enfants et les grands fans de Trondheim ( qui peuvent être parfois pires que des pitis n’enfants !)
Vincent & Van Gogh
, Tome
1
: Vincent & Van Gogh
Posté le
14/10/2004
Ma découverte de cette petite merveille remonte seulement au week-end dernier. Jusqu’alors j’avais vécu dans l’ignorance de Gradimir Smudja et de son incroyable capacité à ressusciter des gens morts au siècle dernier. Le XIXe siècle, celui des impressionnistes, des auteurs, et des poètes prend une forme surprenante et merveilleuse, dans ce que l’on pourrait qualifier dès à présent de nouveau monument de la BD. Le réalisme, l’historique, le merveilleux, l’artistique, le magique s’allient ici sans aucune fausse note. Vincent et Van Gogh est une histoire qui s’appréhende comme un rêve ou un fantasme et laisse au lecteur une curieuse impression finale, celle d’avoir partagé l’intimité du ( des ) protagonistes.
Cette impression se retrouve trait pour trait dans l’impressionnant graphisme de Smudja, qui illustre lui-même l’histoire de la peinture française, en y apportant sa touche personnelle. Le dessin, les couleurs et la dynamique des séquences y sont enivrants. Smudja semble jouer avec le dynamisme de ses personnages et l’inertie des tableaux peints et montre à tous ceux qui en doutaient encore que la BD, loin de plagier la peinture, est elle-même une véritable forme d’expression artistique.
C’est un travail fantastique que celui de Smudja, cet auteur yougoslave traite comme jamais personne n’a traité de la vie artistique parisienne du XIXe, un sujet si présent dans la mythologie française. On peut peut être y voir l’âme de Vincent devenu Gradimir qui revient pour inspirer Smudja, et engendrer un nouveau chef d’œuvre.
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Le quartier de l...
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Jonas Fink(T. 1)
Elektra : le retour
Elektra : le retour
Largo Winch(T. 16)
Léonard(T. 2)
Cédric(T. 16)
Cédric(T. 19)
Croisade(T. 2)
Léonard(T. 13)
Hunter X Hunter(T. 5)
Betelgeuse(T. 2)
Betelgeuse(T. 1)
Aldébaran(T. 5)