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L'aigle sans orteils
, L'Aigle sans orteils
Posté le
16/09/2005
Que l’on soit amateur de vélo ou non, cette histoire a de quoi séduire : c’est en effet une aventure humaine avant d’être un récit sportif.
Amédée, qui rêve de devenir coureur cycliste sur le tour de France, est un personnage à qui l’on s’attache directement. On se range de suite à ses côtés et on croise les doigts (et non les orteils…
) pour qu’il accomplisse son rêve. On partage sa passion, on vit son acharnement, on prend sa roue dans les lacets montagneux, on râle quand la malchance le frappe, on l’encourage, on l’admire…
Autour de lui, ses compagnons apportent tous un petit plus au récit.
A souligner, Lax nous offre une reconstitution d’époque qui paraît tout à fait réaliste (je dis "qui paraît" parce que, malgré ma barbe blanche, je n'étais pas encore né...
).
Niveau dessin, c’est très beau. L'ambiance montagnarde au cours des différentes saisons est très bien rendue, en grande partie grâce aux couleurs.
Un one-shot à ne pas manquer et qui nous plonge dans l’ambiance, exigente et impitoyable du Tour, dès les premières pages.
Alim le tanneur
, Tome
1
: Le secret des eaux
Posté le
18/10/2004
Quelle jolie surprise que cette histoire de Alim le Tanneur, sa fille de 4 ans et son pépé.
Dans un empire régi par un système de castes, cette famille se situe tout en bas de l'échelle sociale. Le pouvoir est aux mains des prêtres, hommes de religion, manipulateurs de foules et adeptes des sacrifices humains, qui fixent les interdits et punissent ceux qui les transgressent.
Alim va prendre connaissance d'un secret lourd de conséquences, qui touche aux fondements mêmes de la religion et des croyances populaires. Un secret trop lourd et trop dangereux à détenir lorsqu'on est méprisé socialement. Ici, pas de guerre à livrer, de monde à sauver, de mal à éradiquer, mais un combat humble pour vivre en paix.
La base du scénario est somme toute classique, puisqu'il s'agit d'une lutte des faibles contre les toutes puissantes autorités (religieuses ici). Mais le récit est en même temps plein de fraîcheur et d'originalité, en plus d'être extrêmement bien conté. Sans temps mort, il est plein d'humour. Le côté oriental de l'histoire apporte en outre une bonne touche d'exotisme.
L'empire de Jésameth est un monde imaginaire et fantastique, peuplé d'étranges créatures. Mais on y retrouve tellement d'ingrédients religieux présents dans l'actualité quotidienne (masses endoctrinées, ignorance synonyme de croyance, ...) que le récit se révèle bien plus profond que la légèreté du dessin ne le laisse suggérer.
Les dessins, parlons-en : ils sont de toute beauté. Tout en rondeur, ils ont un charme indéniable. Les décors sont lumineux. Les visages sont particulièrement expressifs. Les jeux d'ombre et de lumière sont à souligner également. Quant à la colorisation, elle est très réussie.
Une belle surprise, vraiment !
Alim le tanneur
, Tome
2
: Le Vent de l'exil
Posté le
30/03/2006
Après une entrée en matière qui avait fait l’unanimité, j’ai trouvé cette suite un peu plus conventionnelle. Le scénario fait la part belle à l'action et l'aventure (le récit est d'ailleurs plus sanglant) et, comme souvent dans ces cas-là, c’est au détriment de l’intrigue. De ce côté, en effet, on n'a pas avancé énormément. La lecture reste très plaisante et émaillée de bonnes scènes, mais l’ensemble apparaît moins rafraîchissant.
Ce tome 2 s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur au niveau du message religieux : axé sur la mystification, les offenses, sacrilèges, interdits, blasphèmes, châtiments, sacrifices,… c’est le côté le plus sombre des autorités religieuses qui est mis en avant. « Il n’y a pas d’autre foi que la nôtre. » est une phrase qui sonne terriblement juste et qui trouve malheureusement un large écho dans l’actualité de ces dernières années, décennies, siècles…
Graphiquement, Virginie Augustin fait montre d’un grand talent : son dessin et les couleurs sont à nouveau d’une grande beauté.
Ange-Marie
, Ange-Marie
Posté le
13/12/2005
En ouvrant cet album, c'est le graphisme qui happe immédiatement le regard et plus particulièrement les couleurs directes de Eric Stalner. La végétation luxuriante et ces somptueuses couleurs instaurent une ambiance apaisante, en contraste avec les tourments qui rongent plusieurs personnages.
Les ingrédients principaux sont l'après-guerre, l'amour, l'art et la folie. En fuite permanente, de la réalité et plus encore de ses souvenirs, Ange-Marie erre dans la campagne française. La base du scénario est la rencontre entre cet ex-poilu à la gueule d'ange, une gamine de 10 ans et un artiste. La folie de l'un, déserteur, rencontre la folie de l'autre, sculpteur. Au milieu, l’enfant à la recherche de son père devient une jeune femme en quête d'amour.
Le récit, qui s’étale sur plusieurs années, tarde à démarrer, mais finit par trouver son rythme. Il règne une certaine poésie, un certain romantisme, et pourtant le charme n’opère pas complètement. Les personnages sont suffisamment complexes que pour être crédibles mais il n’émane pas d’eux une aura assez forte. Selon moi, cela vient du fait que les émotions sont transmises par la narration mais peinent à s'exprimer par le dessin ; malgré la beauté du trait, les visages manquent parfois d’expression.
Autre imperfection : la police choisie pour la 'voix off'. L’auteur a adopté une écriture à l'ancienne ; elle est belle mais pénible à lire et hache de ce fait le récit.
Anges
, Tome
1
: Tome 1
Posté le
06/10/2006
Pas plus grands qu'une main d'homme, ces anges sont plutôt attachants ; d'autant plus que leurs comportements ne correspondent pas exactement à l'image qu'on peut s'en faire (baignade matinale dans le bénitier de l'église avec une clope - un pétard ? - à la main...
).
Si les anges sont assez originaux, l'intrigue l'est moins : le scénario est simple et l'histoire se résume aisément en quelques lignes. L'intérêt de ce tome est peut-être plus à chercher du côté humoristique. La lecture est agréable, le récit sympathique.
On retrouve avec plaisir le trait de boiscommun : chaleureux, tout en rondeur et paré de belles couleurs.
L'auberge du bout du monde
, Tome
1
: La Fille sur la falaise
Posté le
17/10/2005
On aime écouter un ‘ancien’ raconter une sombre et vieille histoire, surtout lorsque ce dernier semble prêt à livrer ses secrets avant de mourir.
C’est donc dans une ambiance ‘contes et légendes’ que les auteurs nous plongent. L’intrigue est bien amenée, la mise en scène très réussie. Le récit baigne constamment dans le mystère et le fantastique. L’envie de lire la suite en refermant ce tome est bel et bien présente car les points d’interrogation sont nombreux.
Ce qui m’ennuie, malgré tout, ce sont quelques grosses ficelles scénaristiques. Par ailleurs, il est encore trop tôt pour dire si Oger nous a concocté un scénario inventif. A ce stade, il n’y a pas encore de grande surprise ; plutôt une multitude d’éléments conventionnels très bien utilisés (c’est déjà pas mal
)
Prugne réussit de très beaux dessins et une mise en couleurs pastel fort agréable. Son graphisme contribue à créer une ambiance lugubre dans cette Bretagne froide et pluvieuse, théâtre d’événements maudits.
L'autre monde
, Tome
1
: Le pays roux
Posté le
09/11/2005
Peu importe comment Jan Vern (tiens, tiens, aurait-il un lien de parenté avec Jules Verne ?) a atterri dans cet « autre monde ». Les auteurs nous invitent avant tout à participer à un étrange voyage plein d’étonnement. Alors on se laisse bien volontiers emporter et, comme Jan, on observe, on va de découverte en découverte.
Remarquez, cet autre monde n’est pas radicalement différent du nôtre ; un peu hors du temps, certes, mais il nous paraît quand même fort familier ; si ce n’est… si ce n’est quelques petites bizarreries. Notamment des cigognes qui viennent livrer des bébés. Et puis surtout il y a… cette histoire de ciel qui descend… et qui forme des plis par endroit. Et oui, rien que ça.
Le scénariste a puisé dans les contes et légendes, dans les croyances d’enfants et dans les soi-disant certitudes scientifiques d’aujourd’hui et d’autrefois et en a fait un cocktail réussi pour créer cet univers particulier.
Il en ressort une histoire pleine de douceur, de naïveté et de bonnes intentions. Même la mort y est extrêmement sympathique. L’intrigue est bien présente puisque la chute du ciel menace la vie des habitants, qui ne peuvent avancer aucune explication au phénomène.
Le dessin est plein de charme et d’élégance. De plus, le trait peu ordinaire de Magnin se prête à merveille à ce monde qui ne l’est pas moins.
Un petit regret tout de même : je trouve qu’il manque un peu de rythme au récit et, après avoir lu l'excellente préface de Rodolphe, je m’attendais à un peu plus de folie.
L'autre monde
, Tome
2
: De l'Autre Côté du ciel
Posté le
09/11/2005
Le merveilleux voyage de Jan et de ses compagnons continue de fort belle manière. À travers un territoire délimité en 4 saisons, les découvertes et les surprises restent nombreuses.
Comme dans le premier tome, l’histoire dégage beaucoup de sérénité. C’est bien simple, personne ne paraît doté de mauvaises intentions. Même le mot ‘tricherie’ est inconnu des habitants de l’autre monde… En fait, on baigne constamment dans un climat quelque peu enfantin, d’où cette sensation de quiétude (oups, j’en oublierais presque les ‘terribles’ frères Rapacchi et leurs redoutables tromblons…
).
La curiosité est grandissante au fur et à mesure que l’équipe progresse de l’autre côté du ciel. Certains aspects de l’aventure ne sont d’ailleurs pas sans rappeler l’excellente « nef des fous ». J’ai beaucoup aimé le dénouement, qui se veut à la fois simple et original.
Cependant, la palette des émotions que dégage le récit est à l’image de l’univers inventé : tranquille et léger. On sourit, on s’attendrit, on s’étonne, on s’amuse, … mais on n’est jamais pris aux tripes. Ça m’a un peu manqué au cours de la lecture.
Cela dit, les auteurs nous livrent, tant au niveau du scénario que du graphisme (quelles couleurs!), une histoire très agréable au service de l’imaginaire.
La bête
, La bête
Posté le
05/01/2005
Le hasard fait que j’ai lu cet album juste après « Silence » de comès ; le moins que l’on puisse écrire, c’est qu’il y a quelques similitudes. Dans la forme, plutôt que dans le fond.
Niveau graphisme, tous deux excellent dans le noir et blanc, ça saute aux yeux. Personnellement, le trait de Chabouté m'a plu davantage.
L'action se déroule, ici aussi, dans un village reculé qui se prête parfaitement à l'intrigue. Malgré que l'on soit en pleine montagne, on se retrouve vite coincé dans un véritable huis-clos, les fortes chutes de neige bloquant toute issue.
On retrouve également d'autres ingrédients tels que secrets villageois, actes de vengeance, meurtres,... Sauf qu'ici la sorcellerie fait place aux légendes: celles des vilaines bêtes qui rôdent en pleine nuit à la recherche d'un peu de chair fraîche. Brrrr.
Une histoire de loup-garou ? Une de plus ? Oui, d'accord, ce n'est pas très original. Mais c'est efficace ! L'atmosphère est lugubre à souhait ; on a beau être rassasié d’histoires de monstres poilus et sans pitié qui déchiquetent des êtres humains, Chabouté fait mouche avec sa "
La bête
".
En ce qui me concerne, je ne promènerai plus dans mon jardin la nuit...
Blacksad
, Tome
1
: Quelque part entre les ombres
Posté le
26/05/2006
40ème avis sur cette bd et une note supérieur à 4 : voilà qui en dit long ! Je ne vais donc pas m’étendre puisque tout a été dit.
Je me contenterai de souligner : la superbe couverture, l’incroyable graphisme (Dieu, ou quelqu’un d’autre : tu pourrais pas me faire don du même coup de crayon ?
), l’excellent cadrage/découpage/mise en scène, l’ambiance polar comme si on y était et le profil plus nuancé qu’il y paraît du personnage principal. Le scénario, quant à lui, tient bien la route, à défaut d’être génial.
Blacksad
, Tome
2
: Arctic-Nation
Posté le
26/05/2006
Ce deuxième tome a toutes les qualités de son prédécesseur. En soi, cela constitue déjà une fameuse performance ! Mais en plus (eh oui
), il est doté d’un scénario plus développé et d’une émotion plus perceptible.
Je répéterai aussi ce qui a déjà été écrit maintes fois : le choix des races animales est à chaque fois judicieux. Certains ont une de ces ‘gueules’ ! Je pense notamment au trio cheval-taureau-ours noirs… brrrr, je ne voudrais pas me frotter à eux.
Bref, regardez le nombre d’avis et la note moyenne et vous aurez compris.
Blacksad
, Tome
3
: Ame rouge
Posté le
31/05/2006
En deux tomes à peine, Blacksad s’est forgé un nom et une solide réputation dans le monde de la bd.
Qu’en est-il de ce tome 3 ?
Je passerai rapidement sur le graphisme et la mise en scène : c’est somptueux, point à la ligne.
Côté scénario, c’est bien plus poussé que le tome initial, confirmant ainsi la volonté des auteurs à ne pas se reposer totalement sur le superbe dessin. Le duo espagnol fait preuve d’intelligence dans le choix des personnages et leur portrait. La personnalité de Blacksad s’affine et le détective semble plus ballotté que précédemment par les événements.
Je trouve malgré tout que le scénariste s'est montré un peu trop ambitieux. En cause, la pluralité des thèmes conjuguée à un contexte historique délicat à cerner pour le lecteur lambda. Certaines scènes sont traitées précipitamment et le résultat final m’apparaît un peu trop dense.
Cela dit, l’ensemble reste de grande qualité.
Le capitaine écarlate
, Le capitaine écarlate
Posté le
20/12/2004
C'est une aventure fort déroutante qui nous attend dans cette fable fantastique, ayant pour décor le Paris du 19è siècle.
On pense démarrer une enquête policière lugubre, avec dès la première page la découverte d'un corps éventré, brûlé, torturé, puis l'on fait connaissance avec un raconteur d'histoires malade qui rêve d'aventures, une prostituée aux paroles douces, un commissaire cynique et l'on rencontre enfin un capitaine au masque d'or, escorté d'un équipage de pirates parisiens qui ôtent leur tête à l'envi. C'est...surprenant.
Alors on se laisse emporter par les vents et les vagues, et l'on vogue au-dessus de la capitale, comme tous ces hommes ordinaires qui se sont échappés d'une bibliothèque, afin de défoncer les portes de l'imaginaire et se projeter dans les vies de leurs héros. Mais malgré leur force, leur courage ou leur amour, tous ces personnages semblent aussi fragiles que la flamme d'une bougie ou le voile brumeux d'un songe.
Les auteurs rendent hommage à un grand érudit du 19è siècle (apprend-t-on en fin d'album) à travers un récit empreint de poésie qui fait la part belle aux mots et à l'argot.
Le dessin est fait de traits épais ; je ne suis pas fan, de prime abord(age), mais il contribue à faire de cette histoire une sorte de rêve éveillé.
Carême
, Tome
1
: Nuit Blanche
Posté le
04/02/2006
« A mon seul et unique ami pour toujours. » D’emblée, le ton est donné : voici l’histoire d’une amitié naissante entre deux individus singuliers.
Ce premier tome nous offre un road movie sans grande prétention ; il ne faut pas s’attendre à un scénario complexe et des rebondissements en tous genres : non, juste quelques incidents (dont un très gros) pour pimenter le voyage. Mais là où un road movie est l’occasion de nous en apprendre plus sur les personnages, j’ai le sentiment en refermant l’album de très peu connaître ces deux-là.
Mon impression est donc mitigée. Plus encore parce que l’approche de l’auteur par rapport à ce bon gros Aimé Carême est trop premier degré à mon goût : tout le monde le regarde comme une bête sauvage, les vieilles dames s’enfuient en hurlant, … mais ne vous y trompez pas, derrière ce corps énorme se cache un esprit fin et cultivé. Vous voyez, les enfants, il ne faut pas se fier aux apparences… ah bon? quand on est gros on n'est pas forcément grossier et bête ? Cette vision naïve m’empêche de trouver le récit vraiment touchant.
Que reste-t-il alors ? Une historiette tendre et sympathique…
Je lirai néanmoins le tome deux car quelques éléments ont été glissés qui suscitent la curiosité.
Mottura, le dessinateur, est de l’école Disney. Il est vrai que son trait a un côté cartoon. Ce n’est pas mon style de prédilection, mais c’est un dessin plein de charme qui se prête bien à l’histoire.
Le chant des baleines
, Le chant des baleines
Posté le
27/01/2006
Un homme qui cherche sa note dans la cacophonie du monde. Un homme qui marche seul, qui s'interroge, se demande. Un esprit tourmenté par la solitude et l'absurdité de la vie. Des bribes de souvenirs, sans lien direct entre eux, rythment sa progression.
L'oeuvre de Baudoin est existentielle, intimiste et sombre. Il y a de temps en temps un éclair dans la grisaille comme la rencontre avec ce couple de seniors ou avec cette jeune fille qui marche quelques heures à ses côtés.
Le dessin est très particulier. Un trait gras, proche de la peinture. Ce n’est pas un style que j’affectionne mais il a le mérite d’être très personnel.
Malheureusement, cet album ne m'a rien apporté alors même que certains thèmes abordés me sont chers. Mais ils sont à peine évoqués, que l'on passe déjà à autre chose. Le récit est donc totalement décousu. La dernière planche elle-même m'a laissé dubitatif.
Il est bon de rappeler que je ne juge pas la qualité de l'album mais bien l'impression qu'il m'a laissée et le plaisir de lecture qu'il m'a procuré.
Peut-être certains y trouveront-ils matière à méditer ? Peut-être faut-il connaître l'auteur et son parcours pour en retirer davantage ... ?
Chevaliers du pardon (Les)
, Tome
1
: Moriganes
Posté le
20/12/2004
L’action de « Moriganes » se déroule avant le 1er cycle de la complainte des landes perdues.
Si Dufaux est resté aux commandes du scénario, Rosinski a cédé la place à Delaby pour les dessins. Un duo qui se connaît bien puisque les auteurs font déjà équipe sur le peplum « Murena ».
Les dessins et les couleurs de Delaby sont superbes. Son travail est très soigné, jusque dans les moindres détails. L’atmosphère sombre et pluvieuse est très bien rendue.
L’histoire, quant à elle, est de facture plutôt classique : celle d’une chasse aux sorcières. La construction du récit est conventionnelle et le tout se lit relativement vite.
Pour moi, l’intérêt de cet album ne réside donc pas vraiment dans le scénario, mais plutôt dans cette idée qu’a eue Dufaux de remonter le temps et de nous conter une nouvelle épopée basée sur d’anciennes légendes et superstitions ; et cela en choisissant le personnage Seamus comme point de repère et fil conducteur.
La suite nous dira s’il a eu raison d’entamer ce second cycle.
Chute de vélo
, Chute de vélo
Posté le
30/05/2004
J'avais apprécié 'Rural', du même auteur, et j'ouvrais donc cet album avec un a priori positif. Une fois celui-ci refermé, je reste pourtant sur ma faim.
Je reconnais que Davodeau raconte cette tranche de vie de manière simple et sensible. Il est vrai aussi que ses personnages sont plus vrais que nature.
Cela dit, tout me paraît tellement 'ordinaire' que j'ai eu du mal à m'évader en lisant cette histoire.
Le dessin ne me convainc pas, lui non plus, mais reste agréable. Les couleurs sont douces et chaleureuses.
Le ciel au dessus de Bruxelles
, Tome
1
: [Avant]...
Posté le
23/09/2006
Quoi de plus normal pour un artiste que d’utiliser son support de travail pour exprimer ses points de vue ou poser des questions sur des sujets qui l'interpellent ? C’est ce qu’Yslaire fait ici en nous livrant un récit qu’on peut qualifier d’engagé.
Cela dit, il est trop tôt et très difficile pour moi, de soupçonner où l’auteur nous mène et surtout quelle sera la portée de son message…
Je me contenterai donc de souligner la beauté du dessin et des couleurs, l’utilisation d’effets graphiques peu courants (crayonnés, effets de flou, l’apport d’images tirées de l’actualité,...), la présence de quelques éléments à connotation fantastique dans un récit ô combien réaliste, la force dégagée par les deux personnages principaux, l’atmosphère pesante de la scène d’ouverture ou encore la fin surprenante.
J’ai apprécié cet album et j’en recommande la lecture, mais plus que n’importe quelle autre série, c’est le tome deux qui donnera, je pense, sa véritable dimension à l’histoire.
Les compagnons du crépuscule
, Tome
1
: Le sortilège du bois des brumes
Posté le
01/11/2005
Trio atypique que celui formé par une pseudo sorcière, un chevalier casqué et un valet moqueur et peureux. Si l’histoire s’engage de manière sanglante, sur fond de guerre de cent ans, où viols et rapines sont légion, l’humour et l’étrange finissent par l’emporter.
Le vocabulaire d’époque nous plonge avec efficacité dans l’ambiance médiévale ; et même s’il subsiste quelques mots dont on ne connaît pas la signification, cela n’entrave en rien la lecture car on devine toujours le sens (enfin presque, soyons honnête
).
Lancés dans une quête dont le but est aussi clair que la traversée du bois des brumes, les 3 compagnons se retrouvent en équilibre sur le fil tendu entre la réalité et le rêve. Le lecteur aussi, par la même occasion...
Chaque personnage a une forte personnalité et les dialogues, en rythme pour les uns, en rimes pour les autres, sont sans doute le point fort de cette aventure.
Sans oublier, bien sûr, le dessin de Bourgeon.
Les compagnons du crépuscule
, Tome
2
: Les yeux d'étain de la ville glauque
Posté le
01/11/2005
J’hésitais entre lire ce tome 2 et me mettre au lit ; j’aurais mieux fait d’aller dormir… Car lire cet album dans un état de fatigue est à déconseiller. En cause ? Le fil de la narration qui est plutôt noueux. Le titre, à lui seul, aurait dû me mettre la puce à l’oreille.
Basé sur un ancien chant breton, transmis oralement par les druides, le récit développe avant tout le caractère poétique et énigmatique de ce texte sacré. C’est peut-être envoûtant, mais c’est au détriment de la lisibilité scénaristique. En outre, certains personnages féminins ont une fâcheuse tendance à se ressembler. Ce qui n’arrange évidemment rien.
À relire, donc, en pleine possession de mes moyens.
Le traitement graphique de Bourgeon est heureusement de grande qualité.
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