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421
, Tome
1
: Guerre froide
Posté le
09/11/2007
421 est un agent secret britannique éminemment sympathique et qui possède un côté assez franchouillard, dragueur impénitent, et qui apprécie bien son petit confort, ce qui ne l’empêche pas de mener ses missions à bien. Il est surprenant de noter que ce personnage ne possède nullement ce qui fait la caractéristique d’un agent britannique dans l’imaginaire collectif : c’est-à-dire une personnalité stylée, tirée à quatre épingles, et qui après maintes péripéties se recoiffe devant la glace.
Rien de « James Bond » dans cette bande dessinée qui est, elle aussi, très sympathique voire un peu trop à mon goût. C’est agréable à lire, on voyage beaucoup et les différentes scènes s’enchaînent sans heurts mais aucune véritable surprise ne vient rompre une histoire un peu monotone. Vers la fin de ma lecture une certaine lassitude s’est emparée de moi mêlée à une impatience teintée d’agacement de connaître le dénouement.
J’ai bien apprécié, en revanche, la collaboration entre plusieurs agents secrets de pays différents. Le titre de cette bande dessinée est d’ailleurs très bien choisi.
Cette histoire baigne dans le milieu de l’espionnage, et le degré de violence est très bien adapté de façon à ne pas prendre les jeunes lecteurs (auxquels cette bande dessinée s’adresse) pour des imbéciles.
Les illustrations sont typiques des éditions Dupuis, avec des personnages au style sympathique et décontracté. Les filles y sont adorables et très sexy.
Si j’ai bien lu cette bande dessinée, je pense qu’il y a une incohérence scénaristique à la page 27, où le héros pose une question dont il connaît déjà la réponse. Mais peut-être d’autres lecteurs auront mieux compris que moi. Malgré ce couac, cet ouvrage se lit sans déplaisir mais est peut-être un peu trop sage.
421
, Tome
2
: Bons baisers du 7ème ciel
Posté le
09/11/2007
Suite des aventures de l’agent secret le plus sympathique de la planète.
Difficile de trouver des arguments pour chroniquer cette bande dessinée tant le manque d’évolution par rapport au premier tome se fait cruellement sentir. Seuls les adversaires de 421 prennent un peu plus de volume psychologique. Autrement tout est identique, on adjoint au personnage principal une coéquipière sexy et intelligente, on voyage beaucoup, les scènes d’action sont pimentées de répliques humoristiques, des personnages mineurs trouvent la mort à la façon Dupuis, c’est-à-dire de manière un peu édulcorée (n’oublions pas quand même que cette bande dessinée s’adresse à un large public) ; on baigne donc dans le consensuel et le politiquement correct ce qui n’est pas forcément synonyme de médiocrité.
Il y a de bonnes trouvailles (comme les chauves-souris téléguidées, qui d’ailleurs étaient vraiment sur les tablettes de l’armée américaine pendant la seconde guerre mondiale) qui permettent d’aller au terme de cette bande dessinée mais qui est quand même assez fade.
D’ailleurs on se demande si le scénariste Desberg n’était pas en manque d’inspiration, car cette aventure ne comporte que 42 pages, les 5 pages restantes étant une histoire courte s’intitulant « le visiteur du crétacé », qui, malheureusement pour son auteur rivalise voire surpasse l’histoire principale. Les histoires courtes sont les meilleures pourrait être l’adage de ce second tome.
Aucune évolution notable à relever du côté des illustrations qui sont dans la droite ligne du précédent tome, avec un style dans la plus pure tradition Dupuis, c’est-à-dire très classique mais que j’aime bien car ce genre de dessins est agréable à l’œil et ne cherche pas à être original à tout prix (cela peut parfois être risqué).
Mon intention de départ était de mettre une note finale de 2,5 dû à l’absence totale d’évolution mais l’histoire courte qui clôt cette bande dessinée m’a convaincu de la relever d’un demi point supplémentaire.
A noter que cette bande dessinée est rigoureusement introuvable.
Captain America
, Tome
1
: Frères ennemis
Posté le
25/05/2006
Recueil regroupant toute la production US de Captain America de septembre 2000 à août 2001, sortie en France en 2003.
Un gros volume de 300 pages consacré au Monsieur Propre de l'univers Marvel. J'ai toujours aimé les aventures de ce personnage car il n'est pas ce qu'il semble être au premier abord : c’est-à-dire un stupide va-t-en guerre. Il obéit aux injonctions de son gouvernement, mais il ne sacrifie jamais ses principes personnels au nom des impératifs gouvernementaux.
La psychologie du personnage n'est pas très complexe mais ça fait du bien de temps en temps de suivre les aventures d'un véritable "good guy". C'est parfois un peu niais (quoique le personnage a beaucoup évolué depuis les années 60), mais jamais agaçant en ce qui me concerne.
Né pendant la grande dépression, Steve Rogers grandit à New York. C'est un enfant chétif et maladif. Mais en dépit de ses handicaps, il travaille dur pour s'en sortir. Lors de la seconde guerre mondiale, il est horrifié par les reportages montrant ce que les Nazis font subir à l'Europe et les persécutions qu'endurent ceux qui leur résistent. Il décide alors de s'engager dans l'armée, mais sa candidature est refusée à cause de ses infirmités physiques. Steve Rogers s'insurge et le général Chester Phillips, qui assiste à la scène, lui propose d'intégrer un programme top secret appelé "Opération Renaissance". Bien décidé à jouer un rôle déterminant dans l'effort de guerre, Rogers accepte la proposition avec enthousiasme. Après des semaines d'examens et d'entraînement, on lui injecte un sérum expérimental : la formule du Super-Soldat, et on l'expose à des radiations de faible intensité pour améliorer l'efficacité du sérum. Après le traitement, Rogers se retrouve doté d'un corps parfait. Il suit ensuite un programme d'entraînement intensif au combat et est enfin déclaré apte à servir dans l'armée américaine en tant qu'arme ultime et à devenir le porte-drapeau de l'Amérique. L'armée commence par envoyer Captain America sur le front en Europe. Simple soldat, Rogers est transféré de base en base, se rendant là où on a besoin de Captain America. Il combat Hitler, Crâne Rouge et les forces de l'Axe chaque fois que c'est possible et constitue pour ses compagnons d'arme le symbole vivant de leur pays. Le jeune Bucky Barnes découvre un jour l'identité secrète de Steve Rogers ; ils deviennent dès lors inséparables. A la fin de la guerre, alors qu'ils essayent d'arrêter un drone bourré d'explosifs lancé par le scientifique nazi, le baron Heinrich Zémo, l'avion explose et Bucky est tué. Steve Rogers, lui, est précipité dans l'océan Arctique. L'association du sérum du Super-Soldat et du froid glacial permet à Captain America de survivre des années en état d'animation suspendue. Secouru des décennies plus tard par les Vengeurs, il devient rapidement un des piliers de la toute jeune équipe de super-héros.
Après ce long historique du personnage, c'est Dan Jurgens qui est aux manettes du scénario de cette BD. Nous sommes dans les années 2000 et les idéaux de Cap sont de plus en plus mis à mal. Cap est toujours en train de réévaluer son rôle dans une société de plus en plus violente et individualiste. Mais il affiche toujours tout au long de cet ouvrage une volonté inflexible à faire triompher la justice, et les ennemis qu'il croise sont nombreux et déterminés : Protocide, Cache, Batroc, Crâne Rouge bien sûr, la Dynamo Pourpre (quel nom ridicule !) et Taskmaster.
Comme tout super-héros qui se respecte, Cap a dû mal à concilier ses activités professionnelles et ses relations avec sa petite amie Connie. La dernière page de cet album est d'ailleurs assez poignante.
Deux dessinateurs se partagent l'affiche : Dan Jurgens (également scénariste sur l'intégralité de cet ouvrage) et Greg Scott. Le style de Jurgens est magnifique, surtout sur les planches ne comportant qu'un seul dessin. Le style est dynamique et les couleurs hyper flashantes. Un vrai feu d'artifices. Et c'est lui qui dessine la majorité des épisodes de cet album.
Je n'en dirai pas autant de Greg Scott qui n'est pas très doué pour dessiner les visages et les expressions, par contre ses arrières-plans sont détaillés et il y a matière à regarder.
Daredevil (100% Marvel)
, Tome
1
: Sous l'aile du diable
Posté le
07/06/2006
Premier tome de Daredevil dans la série 100% Marvel regroupant quatre épisodes sortis entre novembre 1998 et février 1999 aux Etats-Unis et en mai 1999 en France. Cet album a été réédité en 2004. Ces épidodes sont également parus en France dans le périodique Marvel Knights.
J'ai toujours adoré ce personnage car il est plein de contradictions. Il s'habille en diable mais lutte pour la justice. Il se confesse à l'église. Dans cet album il a même du mal à contenir la colère qui bouillonne en lui. Jusque dans le titre on nage dans la confusion : "sous l'aile (protectrice ou menaçante ?) du diable". Nous sommes obligés de lire la BD pour connaître la réponse. Matt Murdock alias Daredevil broie du noir comme jamais et se réfugie dans la religion pour oublier sa condition. Kevin Smith, le scénariste lui fait même péter les plombs à plusieurs reprises ou l'on voit, par exemple, Daredevil jeter un nourrisson dans le vide (va-t-il s'en sortir? hé hé...). Même Wolverine se contrôle mieux.
Cette BD est très noire et cette noirceur est magnifiquement illustrée par Joe Quesada qui utilise beaucoup les jeux d'ombres (comme à l'époque de Frank Miller). Les couleurs utilisées sont parfaites.
Ce Daredevil est le meilleur depuis l'ère Frank Miller (bien que je ne connaisse pas la période des éditions Semic dans les années 90). A lire absolument.
Si vous voulez en savoir plus sur le passé du Diable Rouge, allez lire la chronique du premier volume de Daredevil : l'intégrale.
Daredevil (100% Marvel)
, Tome
2
: Chemin de croix
Posté le
08/06/2006
Second tome de Daredevil dans la série 100% Marvel regroupant quatre épisodes sortis en mars, mai, août et septembre 1999 aux Etats-Unis et sorti en France en novembre 1999. Suite et fin du premier volume. Ces épisodes sont également parus en France dans le périodique Marvel Knights.
Ce second tome est de niveau égal au premier. Le dénouement approche et les personnages secondaires se multiplient tel que le Docteur Strange, le Tireur (une vieille connaissance de DD) ou Méphisto. Mais celui qui tire les ficelles depuis le début est... il va vous falloir lire cette BD pour le savoir, mais pour ma part j'ai été totalement bluffé. Le scénario est vraiment très bien monté et l'intensité dramatique va crescendo jusqu'à la fin sans baisse de régime.
Les dessins sont de toute beauté et c'est certainement dans les deux premiers volumes de cette série que m'a été donné de voir les plus belles couleurs jamais utilisées dans un comics et les dialogues sont de tout premier ordre.
A noter la présence de Spider-Man dans la dernière partie de cet album.
Daredevil (100% Marvel)
, Tome
3
: Jaune
Posté le
09/06/2006
Il s'agit du premier album de Daredevil dans la collection 100% Marvel dont les épisodes ne sont pas parus en France sous forme de périodiques. Il s'agit donc d'épisodes inédits qui sont au nombre de six. Ceux-ci sont parus de août 2001 à janvier 2002 aux Etats-Unis et édités en France en juillet 2002 et réédités en 2004.
Avant de porter son actuelle tunique rouge Daredevil sortait avec un costume jaune et noir. Mais qui s'en souvient encore, c'était il y a tellement longtemps au début des années 60. C'est cette période que le scénariste Jeph Loeb et le dessinateur Tim Sale ont entrepris de revisiter. Le scénario ne nous apprend rien de vraiment neuf sur le passé de Daredevil, c'est surtout dans la manière que cela diffère par rapport aux origines. C'est bien entendu beaucoup plus moderne et dynamique. Les relations entre les personnages sont plus appronfondies et les différentes situations dans lesquelles notre héros se trouve sont une extension de ce qui a déjà été écrit par le passé.
Le style graphique de Tim Sale peut rebuter au premier abord mais après quelques pages de lecture j'ai fini par l'adopter totalement. Ce genre de dessins avec des couleurs ternes et mates vont totalement avec l'univers sombre du Diable Rouge. Il y a beaucoup de pages ou de double-pages où ne figurent qu'une seule illustration ce qui a pour effet d'accélérer la lecture. Cette BD se lit assez vite malgré ses 144 pages. On peut y voir un avantage ou un inconvénient selon la façon dont on apprécie cet ouvrage.
A noter une apparition des Quatre Fantastiques hilarante où l'on voit Red Richards demander une assistance juridique à Matt Murdock sous le regard grincheux de la Chose.
Au final une BD que j'ai trouvé très agréable à lire à défaut d'être vraiment innovante.
Daredevil : L'Intégrale
, Tome
1
: L'Intégrale 1981
Posté le
26/05/2006
Intégrale comprenant toute la production de Daredevil de l'année 1981 parue en France en 2003.
Parce qu'il souffre de son manque d'instruction, le boxeur Battling' Jack Murdock encourage son fils Matt à faire des études plutôt qu'à compter sur ses poings pour se débrouiller dans la vie. Matt, qui idolâtre son père, suit ses conseils à la lettre. Du coup, ses camarades de classe maltraitent cet élève trop studieux et passif qu'ils surnomment sarcastiquement "Daredevil", le casse-cou. Humilié, Matt s'entraîne secrètement au combat pour pouvoir riposter. Comme son père, Matt a un coeur d'or. Il le prouve le jour où il se précipite devant un camion pour sauver un vieillard qui va se faire renverser. Mais son courage est bien mal récompensé : éclaboussé par les déchets radioactifs que transporte le véhicule, Matt perd la vue. D'abord accablé par son handicap, Matt réalise peu à peu que l'accident a accru sa perception du monde qui l'entoure. Certes, il est aveugle, mais l'acuité de ses autres sens a considérablement augmenté. Incapable de s'adapter à sa nouvelle condition et terrifié par ses sens hyper-développés, Matt trouve de l'aide auprès de Stick, un sensei aveugle. Sévère, impitoyable, Stick enseigne à son élève les principes physiques et spirituels des arts martiaux, refusant de le laisser s'apitoyer sur son sort. A l'issue de sa formation, Matt est un gymnaste de niveau olympique et un spécialiste du corps à corps. A l'université de Columbia où il fait des études de droit, Matt tombe amoureux d'Elektra Natchios, la fille d'un diplomate grec. Leur bonheur est de courte durée. Après l'assassinat de son père lors d'une prise d'otages, la jeune femme effondrée quitte Matt et l'Amérique pour se réfugier en Extrême-Orient. La perte d'Elektra n'est pas le seul traumatisme que Matt va subir au cours de ses études. Boxeur sur le retour, Jack Murdock s'est acoquiné avec des malfrats qui n'hésitent pas à le tuer le jour où il refuse de truquer un combat. Mécontents des résultats de l'enquête de police, Matt cache son identité sous un masque et entreprend de retrouver les criminels qui ont piégé et assassiné son père. Sous le pseudonyme de Daredevil, il livre les coupables à la justice.
Ses activités extra-professionnelles lui procurant à la fois satisfaction et réconfort, Matt adopte définitivement son identité costumée. La journée, il travaille comme avocat, épaulé par son associé et camarade d'université Foggy Nelson. La nuit, il pousuit les criminels qui ont profité des failles du système pour échapper à la justice. Matt se sent bien dans la peau de Daredevil, le turbulent justicier qui lui permet de refaire le monde.
Tout fan du défunt mensuel Strange se souvient de ces épisodes mythiques de Daredevil. Est-il vraiment besoin de présenter Frank Miller qui officie ici au scénario et au dessin. Le scénario est exceptionnel d"inventivité et les relations entre les personnages sont d'une finesse rarement égalée dans les comics. Le fameux carré magique, Daredevil, Elektra, le Caïd et le Tireur (le personnage le plus impitoyable de l'univers Marvel selon moi) nous entraîne dans des démélés incroyables et imprévisibles. Les scènes d'action sont superbement dessinées. Les dessins des différents environnements tout en clair-obscur ajoute à la noirceur des situations. Les images fourmillent de détail tout en étant d'une lisibilité parfaite.
Frank Miller a totalement relancé la carrière de Daredevil au début des années 80. Il a tellement imprimé sa patte sur ce personnage qu'on a plus l'impression qu'il s'agit d'une de ses créations alors que la paternalité en revient à Stan Lee au début des années 60.
Au final, il s'agit d'une BD exceptionnelle que tout fan de comics digne de ce nom se doit de posséder, pour ne pas dire tout fan de BD tout court.
Daredevil : L'Intégrale
, Tome
2
: L'Intégrale 1982
Posté le
05/06/2006
Deuxième volume de Daredevil l'intégrale regroupant 7 épisodes de la série régulière plus trois épisodes inédits de l'année 1981.
Frank Miller poursuit avec brio les aventures de Daredevil. Cependant cette intégrale est un peu en-deça de la précédente car les épisodes inédits viennent casser le rythme de la série régulière, sont moins bons sur le plan scénaristique et n'offre pas beaucoup d'intérêt. De plus la qualité d'impression n'est pas irréprochable (contrairement au premier volume). Les points de trame sont apparents comme dans les périodiques de l'époque. Ceci dit les épisodes de la série régulière sont au top et du niveau de l'année précédente. On retrouve Elektra, le Caïd et le Tireur (celui-ci livre d'ailleurs une baston contre Elektra digne de figurer dans les annales des comics). Ces épisodes contiennent plus de personnages annexes comme Iron Fist, Power Man ou le Punisher. A noter un épisode avec Spider-Man à la fin de cet ouvrage mais qui n'est pas dessiné par Frank Miller.
Au final l'achat de cette intégrale s'impose pour tout fan de Daredevil qui se respecte, car les épisodes de la série régulière sont en tout point digne du premier volume.
Daredevil : L'Intégrale
, Tome
3
: L'Intégrale 1983
Posté le
06/06/2006
Troisième et dernière intégrale de Daredevil consacrée à Frank Miller.
Toujours au top niveau, Frank Miller allie inventivité scénaristique et graphique avec une maîtrise rarement égalée. Les dessins, toujours aussi contrastés sont un vrai régal pour l'oeil. Il s'agissait vraiment à l'époque de la série la plus mature de la maison Marvel. Les comics ont gagné en crédibilité artistique grâce à ces épisodes.
Avec cet album on retrouve l'esprit du premier volume avec moins de personnages secondaires que dans le deuxième tome ce qui permet d'obtenir des relations plus appronfondies entre les différents protagonistes. A noter la présence de la Veuve Noire qui est la première compagne de Daredevil et non Elektra.
De plus trois épisodes dessinés par Mazzucchelli clôture cet ouvrage.
Il s'agit donc, apparemment, de la dernière intégrale consacrée au Diable Rouge. J'espère que ce choix éditorial n'est pas définitif car les années antérieures à celles de Frank Miller valent le déplacement. Notamment les années où Gene Colan officiait au dessin.
Deadpool
, Tome
1
: Protocole Mithras
Posté le
19/06/2006
Voici réunis dans cet album toute la production de Deadpool sortie aux Etats-Unis d'octobre 1998 à octobre 1999 et éditée en France en 2002.
Un seul qualificatif pourrait résumer cette BD : absurde, voire grotesque.
Et ceci n'est en aucune façon péjoratif.
Deadpool est un mercenaire qui porte en lui toutes les maladies mentales. Il n'y a que dans l'action qu'il est cohérent. Ses propos n'ont ni queue ni tête. Ceci a pour effet de rendre l'intrigue extrêmement compliquée à suivre. Tantôt cela amuse ou agace. Nous passons sans cesse d'une ambivalence à l'autre.
Les dessins, tous plus surchargés les uns que les autres, sont tout aussi absurdes, vu qu'ils sont censés représenter ce que perçoit le personnage principal. Alors, pour ne pas perdre le fil on se raccroche aux personnages "censés" que Deadpool croise tout au long de ses aventures (toutes une ribambelle de personnages très connus qui ne savent quelle attitude adopter devant le comportement du mercenaire).
Deux dessinateurs se partagent la tâche et je pense que Walter McDaniel est largement supérieur à Pete Woods bien que le style de ce dernier a le mérite de simplifier ce qu'on observe.
A ceux qui aiment les histoires construites avec méthode et clarté je déconseille totalement cet ouvrage. Quant aux autres, s'ils comprennent tout du premier coup c'est qu'ils ont peut-être un problème et feraient bien d'aller consulter un psy.
Defenders (the)
, Tome
1
: La Malédiction de Yandroth
Posté le
20/06/2006
Toute la production des Defenders (Défenseurs en français) sortie aux Etats-Unis de mars 2001 à février 2002 et parue en France en 2002.
Cet énorme pavé composé de près de 300 pages est pour le moins décevant. Le scénario n'est vraiment pas à la hauteur des personnages qui sont, individuellement, d'une psychologie assez complexe. Les quatre super-héros qui composent l'équipe des Defenders sont surpuissants mais sont totalement dépareillés. Les personnages comme Docteur Strange ou le Silver Surfeur sont beaucoup mieux exploités dans leurs aventures respectives. Et là, comme ils sont associés en plus de Hulk et de Namor, le scénariste trouve un prétexte parfait : leur opposer le plus de personnages ultra-puissants possible ce qui a pour effet de banaliser des rencontres qui auraient pu être intéressantes. L'histoire part dans tous les sens sans aucun moment de répit pour exploiter la psychologie des personnages.
Les seuls faits intéressants sont la seconde équipe composée de personnages mineurs de l'univers Marvel qui vient prêter assistance aux Defenders sans être vraiment efficace et le fonctionnement de la malédiction de Yandroth qui a pour effet de téléporter les Defenders partout où il y a du danger.
Les personnages dessinés par Erik Larsen sont disproportionnés et les décors assez brouillons. Les visages sont mal faits. Heureusement que Ron Frenz dessine quelques épisodes pour sauver cet album du naufrage.
Mais le pire est la traduction. Le traducteur a systématiquement supprimé les négations des dialogues ce qui a pour effet de faire s'exprimer le Docteur Strange ou le Silver Surfer comme des gamins dans une cours de récréation. Ces deux personnages ayant un certain niveau d'éducation cela fait tâche.
Bref un ouvrage vraiment pas indispensable.
Earth X
, Tome
1
: Un monde en sursis
Posté le
21/06/2006
Premier volume d'une gigantesque épopée composée de treize tomes et divisée en trois cycles : 4 tomes pour Earth X, 6 pour Universe X et enfin 3 volumes pour Paradise X.
Le meilleur "What... If?" publié par Marvel.
Qu'est-ce qu'un "What...If?" me direz-vous. Traduit en français cela donne : "Et si...?". Il s'agit, dans la plupart des cas, d'une réécriture du passé d'un personnage. Par exemple, quelle aurait été la vie de Peter Parker s'il n'avait pas été mordu par une araignée radioactive ? L'originalité de ce "What...If?"-ci, c'est qu'il se passe dans le futur et qu'il concerne l'ensemble de tous les personnages principaux de l'univers Marvel.
Et l'idée de départ est géniale. Il n'y a plus de super-héros, ni de mutants. Un accident a transformé tous les habitants de la terre en mutants.
Comment ceux qui étaient des super-héros dans le passé vont-ils s'en sortir ? Le scénario est très complexe et exige une connaissance du monde Marvel très pointue. A ceux qui ne connaissent pas les comics Marvel et qui voudraient s'y mettre il n'est pas question de commencer par ces ouvrages. Cette BD est émaillée de retours en arrière pour comprendre l'évolution actuelle des personnages et de solides connaissances du passé (la fameuse continuité Marvel) sont requises.
Le moins que l'on puisse dire c'est que les scénaristes se sont lâchés. Les deux narrateurs que sont le Gardien et Machine Man ne sont pas évidents à suivre dans leurs propos. A ceux qui détestent les considérations philosophiques ils peuvent passer leur chemin ; quant à moi, j'adore.
Les dessins de John Paul Leon sont très sombres et collent parfaitement à l'ambiance glauque et aux propos très pessimistes des deux narrateurs principaux. Les personnages ne sont pas montrés à leur avantage, leur apparence physique s'est délabrée, ils sont moroses et se demandent quel va être leur avenir dans un monde où tout un chacun leur ressemble.
C'est une façon de voir peu conventionnelle dans le monde des comics.
Une BD très déroutante et difficile à lire, même pour les connaisseurs, mais vraiment très originale et pleine d'émotion.
Earth X
, Tome
2
: Démons et merveilles
Posté le
22/06/2006
Voici donc le deuxième volume de Earth X.
Le scénario est toujours aussi complexe. La lecture de cet ouvrage est vraiment très ardue et je suis souvent obligé de relire en arrière pour bien saisir tous les tenants et aboutissants. Le plaisir de la lecture ne vient qu'après, une fois que l'on a tous compris, ce qui n'est pas évident.
Même sur le plan visuel c'est assez complexe car les dessins sont d'une part très sombres et le visuel des super-héros et leurs pouvoirs sont complètement transformés ou modifiés en profondeur ce qui rend difficile leur identification. Il faut s'accoutumer au nouveau look de personnages qui ont près de quatre décennies d'existence.
Entre chaque chapitre on trouve une double-page d'appendices sous forme de dialogues entre Uatu et X-51 pour approfondir encore plus l'intrigue et nous renseigner sur le devenir de personnages qui ne sont pas apparus au cours de l'histoire.
C'est vraiment un comics à part car il montre une société en pleine dégénérescence avec des super-héros très connus en état de délabrement avancé. Ce qui n'est pas courant dans des parutions où le courage et la vaillance sont mis en avant. Ce genre de comics n'aurait eu aucune chance de paraître il y a quelques années chez Marvel.
On sent à la lecture de ce deuxième tome que le niveau de l'intrigue va encore monter en complexité.
Earth X
, Tome
3
: La fin d'un monde
Posté le
23/06/2006
Ce troisième volume est à la hauteur des deux précédents : c'est-à-dire vertigineuse.
Vertigineux de complexité. Je dois avouer que là, par moment, je décroche. Il faut beaucoup de temps et de concentration pour digérer toutes les informations et les relier entre elles. Les appendices entre les chapitres sont toujours présents et essayent d'éclairer notre lanterne.
Cette fois on ne pourra pas accuser les comics de faire dans la simplicité.
Cette BD est très noire. Les différents protagonistes sont résignés mais luttent quand même et font face à des situations qui dépassent leur entendement. De toute façon quand les Célestes interviennent quelque part les événements prennent tout de suite une dimension cosmique. Ce sont des personnages infiniment puissants et mystérieux et qui ne sont employés par les auteurs qu'avec la plus extrême parcimonie et ce depuis les débuts des parutions Marvel, ce qui les rend d'autant plus fascinants.
Les dessins de John Paul Leon sont très contrastés sur le plan de la luminosité. Tout ce qui se situe dans les zones ombrées est invisible à l'oeil. Il n'y a aucune couleur claire. Les illustrations symbolise parfaitement l'état d'esprit dans lequel se trouve les personnages.
Attention de ne pas perdre de vue qu'il s'agit d'un "What...If?" (pour savoir ce que c'est reportez-vous à la chronique du premier volume) et que cette histoire est une des réalités possibles de l'univers Marvel dans le futur.
Earth X
, Tome
4
: La force du destin
Posté le
03/07/2006
Ce dernier volume clôt ce premier cycle en apothéose. Chaque page de cet ouvrage porte l'intensité dramatique à son paroxysme.
Les super-héros de cette aventure sont vraiment amoindris et leurs actions paraissent vaines. Ils sont relégués au statut de simples témoins qui assistent à des scénes dépassant leur compréhension. Seuls les personnages ultra-puissants de l'univers Marvel tirent leur épingle du jeu.
Les multiples illustrations en pleine page mettent en valeur des personnages comme les Célestes. Les dessins de Leon rendent vraiment très bien le gigantisme des situations conflictuelles (où l'on voit notamment un magnifique affrontement entre Galactus et les Célestes et où on apprend que celui-ci n'est pas seulement un dévoreur de mondes). Les appendices sont toujours présents à la fin de chaque chapitre pour apporter encore plus de profondeur à l'histoire.
Ce quatrième volume est de même niveau que les précédents et termine une aventure de près de quatre cents pages d'une intelligence et d'une complexité scénaristique rarement atteinte pour un comics.
A la fin de cet album une histoire de quelques pages dessinées par Bill Reinhold où Nick Fury, le leader de l'agence de contre-espionnage du S.H.I.E.L.D. est le protagoniste principal. Cette aventure est en annexe de Earth X mais le ton est plus conforme aux comics "classiques".
Elektra (100% Marvel)
, Tome
1
: La Clé du Scorpion
Posté le
04/07/2006
Le moins que l'on puisse dire c'est que cet album ne fait pas honneur au personnage crée par Frank Miller : la ninja tueuse Elektra.
Une règle d'or lors de l'achat d'un comics : ne jamais se fier à la couverture. Généralement l'illustrateur de la couverture n'est pas le même que celui qui dessine l'histoire. Mais là, la différence est énorme.
La jaquette est vraiment superbe (dans tous les sens du terme) mais les dessins de Chuck Austen sont limites hideux, à tel point que cela rend difficile la critique du scénario. Seul le découpage est assez intéressant avec des multiples petites images qui entourent de grandes cases centrales.
La lumière est également pas mal utilisée et les illustrations sont moins mauvaises lorsque l'action se déroule en plein jour. Par contre les scènes de nuit avec ces couleurs fadasses sont vraiment nulles, les combats n'ont aucun dynamisme. Mais où est la pulpeuse Elektra de la couverture ?
A ce niveau là il y a carrément tromperie sur la marchandise.
Pour en revenir au scénario, toute l'histoire est un flashback. Elektra raconte sa dernière mission au policier qui a tué accidentellement son père. Sa mission était de tuer un dictateur fou, mais Elektra se pose quand même des questions quant au bien fondé de tout ceci.
Au final, l'histoire est pas mal mais loin d'être géniale, le problème c'est que les dessins sont si mauvais (ou si particuliers, car au fond il ne s'agit que de mon avis) qu'il gâchent le plaisir de la lecture. C'est dommage que Brian Michael Bendis qui est vraiment un excellent scénariste se soit associé à un aussi piètre illustrateur.
Fantastic Four (100% Marvel)
, Tome
1
: Vive les Fantastiques !
Posté le
18/07/2006
Je me suis toujours demandé quel pouvait bien être l'intérêt de rééditer des aventures issues des périodiques dans la collection 100% Marvel alors que le format est identique (petit format). Seul le papier est de qualité supérieure.
Effectivement les périodiques sont très vites épuisés mais quitte à les rééditer autant que cela en vaille la peine. Ces épisodes sont pas mal mais ne méritaient pas, à mon sens, une réédition dans un format de luxe. Je pense que c'est dû au fait que la première partie de cet album se déroule en France et que l'éditeur voulait faire plaisir aux lecteurs français.
Les Quatre Fantastiques est la série qui a le plus de mal à évoluer et à coller à son époque. Il y a toujours un côté "vieillot" dans leurs aventures (d'ailleurs la ligne Ultimates a réussi à gommer totalement ce défaut). Cela vient probablement du fait que le leader Red Richards est un personnage au caractère désespérément raisonnable et qui n'a aucun humour. Heureusement que la Chose est là pour contrebalancer un peu la sinistrose.
On retrouve donc, dans cet album, tout ce qui fait une aventure des Quatre Fantastiques, un début avec Red Richards qui utilise des machines étranges avec en toile de fond la vie de famille avec l'éternelle rivalité entre la Torche et la Chose et l'Invisible s'occupant de son fils. Quand survient un événement innattendu qui lance l'aventure. Cela fait des années que les auteurs procèdent ainsi avec cette série, on ne baigne donc pas dans l'originalité. Mais bon, ces épisodes sont parus vers la fin de la décennie 90 après une période où une bonne partie de la production Marvel était nullissime. On sent quand même une volonte de relever la tête et c'est à partir de cette période que la qualité va nettement s'améliorer par la suite jusqu'à aujourd'hui où nous pouvons lire des aventures de tout premier choix dans les périodiques.
Par contre ce qui relève le niveau de cet album ce sont les dessins d'Alan Davis qui sont tout bonnement magnifiques et dont le style est assez similaire à celui de Mark Bagley qui officie sur Ultimate Spider-Man. Les couleurs sont superbes. Vraiment, les illustrations sont très agréables à regarder.
Donc un album assez déséquilibré, avec de superbes dessins mais une histoire assez fade, surtout que cet album se termine avec la mention "à suivre" dont nous ne verrons jamais le jour en 100% Marvel, le deuxième tome n'ayant rien à voir.
A noter une apparition de... Tintin ?!? dans ces pages. Si, si je vous assure.
Fantastic Four (100% Marvel)
, Tome
2
: 1234
Posté le
19/07/2006
Voici Grant Morrison aux manettes de cette aventure. Ce scénariste britannique est un des plus doué de sa génération. Il donne un nouveau souffle à toutes les séries qu'il a touché, et les Quatre Fantastiques ne font pas exception à la règle.
Il reprend l'équipe des Quatre Fantastiques et leurs principaux protagonistes en approfondissant considérablement leurs personnalités. Les relations entre les différents personnages sont beaucoup plus complexes sur le plan psychologique que dans leurs autres aventures. Les lecteurs qui connaissent déjà le passé des Quatre Fantastiques seront encore plus impressionnés par ce renouvellement impulsé par Morrison. Fatalis est absolument fabuleux dans cet album avec des dialogues de tout premier choix.
Les dessins de Jae Lee sont à la hauteur du scénario, et illustrent parfaitement l'état d'esprits des différents acteurs de cette aventure avec des visages très réalistes et l'emploi de couleurs sombres. Une magnifique peinture tout en délicatesse. On est pas habitué à ce genre de dessin dans les comics où le dynamisme est généralement la caractéristique première.
Un superbe ouvrage