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Résumé de l'album : Le Bouncer a hérité de son père, la charge de gardien de la Terre Sacrée. Alors qu’il doit prouver aux Apaches qu’il est digne de cette mission, notre héros manchot va devoir faire face à l’armée du capitaine Gallagher qui projette de s’emparer des territoires indiens !
Pourquoi cette terre est-elle la proie des militaires ? Quel secret serait assez important pour justifier le génocide des Indiens ? La mystérieuse « Veuve noire », qui tire toutes les ficelles, détient peut-être les réponses...
Massacres et bandits pittoresques sont au rendez-vous d’un western où les auteurs dépeignent la face obscure des appétits humains. François Boucq y atteint de nouveaux sommets dans son dessin et sa mise en scène. |
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Chronique de l'album : Le Bouncer est de retour ! Après un triptyque et un diptyque, Alessandro Jodorowsky et François Boucq continuent de nourrir leur western des malheurs qui viennent inlassablement percuter le destin du Bouncer au fil des tomes.
Pour ce nouveau récit en deux tomes, cette une mystérieuse veuve habillée de noir qui va semer la terreur sur Barro-City en voulant s’approprier le territoire apache dont le Bouncer est devenu le gardien. A mille lieues de ses délires sur ses séries fantastiques, le scénariste chilien Alessandro Jodorowsky livre ici une intrigue somme toute relativement classique au sein d’un western pur et dur. Par contre, il se rattrape bien au niveau des personnages.
Il y a d’abord Bouncer Van Dorman, né sous une mauvaise étoile, d’une mère prostituée alcoolique et d’un père indien nommé White Elk. Le corp mutilé du videur manchot du saloon l'Infernio reflète admirablement son âme torturée par les épreuves. Après avoir survécu à une lutte fratricide et encaissé quelques mauvaises histoires d’amour, l’ex bourreau de Barro-City reçoit maintenant un héritage dont il aurait pu se passer.
Il y a ensuite un nouveau protagoniste répondant au nom de Axe-Head : une brute qui vit avec une hache plantée sur le somment de son crâne et dont les cinq jeunes enfants qui l’accompagnent (et qu’il a conçu avec 5 femmes différentes et probablement non-consentantes) incarnent ces ‘belles’ valeurs familiales qui faisaient la fierté d’un Wild West où sauvagerie, terreur et violence régnaient sans merci. Car, afin de pouvoir reléguer "Blueberry" et "Durango" au rang d’enfants de chœur, Jodorowsky ne nous livre pas seulement des hommes d’une cruauté extrême et marqués physiquement par la dureté de leur environnement, mais également des femmes et des enfants qui sombrent dans la barbarie et nous emmènent au plus ‘Wild’ du Far West, aux limites de l’écœurement.
Et puis finalement, afin de compléter le casting de ce western boueux, violent et sans compromis, il y a ce beau salaud de Callagher, officier de l'armée de l'Union, ainsi que cette mystérieuse et richissime veuve, Carolyn Harten, qui orne la couverture et dont on n’aperçoit jamais le visage. Sans oublier la nouvelle institutrice qui, derrière son air de sainte nitouche, réserve quelques belles surprises.
Tant de personnages aux trognes brutales et rugueuses, qui se dirigent de façon inéluctable vers leurs destins au fur et à mesure que la tragédie s’installe. Femmes, enfants, manchots, crapules, traîtres et tueurs se mélangent de façon admirable et sont en parfaite symbiose avec la cruauté et la sauvagerie de leur environnement ; une cruauté quasi poétique qui ne peut laisser indifférent.
Mais, LA cerise sur le gâteau est indéniablement la virtuosité de François Boucq. Dès les premières planches, l’auteur nous plonge à nouveau au sein des somptueux paysages du grand Ouest. Tout y est : les plaines arides, les indiens, l’atmosphère poussiéreuse de la ville, la chaleur des canyons, ... Le dessin fouillé de François Boucq se prête à merveille à l’univers du far west et aux tronches marquées par cette vie ingrate, et les couleurs collent parfaitement au style et à l’ambiance de cette terre sauvage. Les cadrages sont magnifiques et les décors de Boucq invitent au voyage.
J’adore les westerns et "Bouncer" est ce qu’il se fait de mieux dans le genre : un excellent western, bien noir, sans compassion, violent et malsain à souhait. |
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