Résumé de l'album : Moscou, 1916. Pour fuir la police tsariste, le jeune Alexandre accepte un poste de médecin au fin fond de l'Oural. Là-bas, l'homme qu'il remplace a été sauvagement assassiné. Par des loups ? Ou pire ?
Pourtant, ce n'est pas la première fois que la neige se trouve ensanglantée. A chaque nouvelle tempête, la mort frappe les égarés. Loin de la révolution rouge, la mission d'Alexandre tourne au roman noir. Entre quête initiatique et enquête policière, entre modernité du siècle naissant et obscurantisme moyenâgeux, le moscovite devra trouver sa place parmi les paysans suspicieux et superstitieux.
Au péril de sa vie ou de sa raison. "Il n'y avait rien à faire pour éloigner de moi l'image d'un docteur inexpérimenté et terrorisé."
Chronique de l'album : L'espagnol Jaime Martin semble avoir le sens des histoires menées tambour battant, auréolées de mystères...
"Ce que le vent apporte" a en effet bien plus qu'un titre énigmatique pour intriguer le lecteur. La narration sans faille est très prenante et procure un véritable voyage dans la russie révolutionnaire du début du siècle. Loin de tout, Alexandre va se battre contre lui-même pour se faire accepter dans un village terrorisé par l'extérieur et le vent annonciateur de bien des horreurs...
Le dessin est superbe, à commencer par la couverture, a la fois graphique et simple. Les couleurs utilisées donnent beaucoup d'atmosphère à cet univers étrange et pourtant réaliste, et le trait assez moderne dynamise l'ensemble. Parfois on croirait reconnaître du Peeters ("Koma", "Lupus") dans certaines expressions de visage... Très chouette, vraiment.
Ce One Shot mérite donc amplement le détour, comme la quasi-totalité des albums de la collection Air Libre, qui décidemment continue à nous prouver que la bande dessinée est avant tout un art à part entière.
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