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| Résumé de l'album : Une ex-junkie. Un ancien détenu épileptique. Un pickpocket. Des flics véreux. Le casting est parfait et le casse, du billard. Bien sûr, rien ne se passe comme prévu. Mais s’il est une chose qu’une vie de braquages a apprise à Leo, c’est qu’il existe toujours une porte de sortie pour les lâches. Et il n’y a plus d’honneur lorsqu’il est question de survie. Quoique… |
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Chronique de l'album : Ed Brubaker est nommé pour les Eisner Awards 2007 dans la catégorie “Best Writer” en tant qu’auteur, mais également dans la catégorie “Best New Series” pour "Criminal", dont ce tome regroupe les cinq premiers fascicules.
Ed Brubaker commence tout doucement à faire partie de ces auteurs dont la seule présence du nom sur une couverture déclenche une sorte de reflexe pavlovien de lecture inéluctable. L’auteur qui osa assassiner "Captain America" est un habitué du monde du crime ("Gotham central", "Sleeper", "Catwoman", ...) et du développement du côté sombre de superhéros ("Daredevil"). Avec cette histoire de gangsters bien sombre, il demeure donc dans son domaine de prédilection.
"Criminal" a beau reprendre les classiques du genre (le braquage de trop, la femme fatale, le policier véreux, le barman bonne poire, le baron de la drogue, un passé commun regrettable, un agenda double …), Brubaker parvient tout de même a construire un récit efficace qui ne sent pas le réchauffé. Il parvient ainsi à donner de l’épaisseur à des personnages qui ont certes le profil de l’emploi, mais ne tombent pas pour autant dans le piège des stéréotypes.
"Criminal" est un comics sans superhéros, ni de valise pourvu d’une arme banalisée et de 100 balles intraçables ("100 Bullets") ou autres éléments externes catalyseurs. Dans cet environnement très terre-à-terre, les magouilles et alliances sont omniprésentes, le sens moral ambigu, les protagonistes captivants et l’atmosphère pesante. Le casting puise d’ailleurs dans les bas-fonds d’une grande ville américaine et chaque protagoniste passe son temps du mauvais côté de la loi. Du coup, s’attacher à ce criminel au caractère atypique semble finalement être un moindre mal pour le lecteur. Avec «Lâche», Brubaker met le courage de cet antihéros tourmenté à l’épreuve, le poussant à flirter avec les règles du milieu : celles qui permettent de rester en vie !
"Criminal" est également un comics sans dessin flashy. Le dessin est réaliste, l’encrage solide, le jeu d’ombres approprié et la colorisation (de Val Staples) colle parfaitement au décor et contribue à faire ressortir la noirceur du récit et des personnages. Sean Philips ("7 Psychopathes", "Sleeper", ...) livre du bon boulot, parvenant même à rendre la moindre conversation attrayante et à l’envelopper d’une brume de suspicion et de mystère.
Cet excellent premier volet qui saura ravir les amateurs de polars réalistes a des allures de one-shot et peut donc se lire totalement indépendamment. Le concept apparent de cette série est d’ailleurs de vouloir construire chaque cycle de cette série autour d’un individu différent. Le deuxième cycle venant de débuter aux States, il faudra donc s’armer d’un peu de patience avant de voir le deuxième tome sur les étagères. |
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