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Résumé de l'album : Yuki Tachibana est un écolier de 9 ans qui a la faculté de ressentir un univers que d'autres ne peuvent ni voir ni entendre. Ses ennuis commencent lorsque cet univers irréel se mélange à notre réalité.
Subtilement, à travers ce conte sensible, Gogo Monster nous renvoie à notre propre enfance et nous fait réfléchir à ce que nous devenons, une fois adultes.
Texte : Delcourt |
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Chronique de l'album : Avant toute chose, chapeau à Guy Delcourt de prendre des risques en publiant, de façon "hors collection", un truc pareil.
Ensuite, j'avoue que je ne connaissais pas du tout Taiyou Matsumoto avant de lire "Gogo Monster". Je le soupçonne d'être un auteur majeur au Japon, tant les quelques traductions que l'on trouve en France semblent bien cotées et appréciées.
C'est donc sans a priori et avec un brin de curiosité que j'ai lu ce pavé (450 pages). Très vite, je me suis retourvé dans une atmosphère étrange, avec des personnages décalés, des créatures invisibles mais pourtant omniprésentes, des décors parfois difficiles à apprécier, au sens premier du terme. J'ai eu, tout au long du livre, un peu de mal avec le graphisme, surtout au niveau des personnages. Matsumoto a soigné ses deux héros principaux, leur donant des bonnes bouilles de pré-ados japonais, mais Gantsu, par exemple, est vraiment laid... J'avais parfois l'impression qu'il bâclait un peu ce qui faisait partie du quotidien, pour se concentrer sur l'indicible, l'invisible, le diaphane, l'insubstantiel. Ce qui donne un cachet graphique vraiment très particulier à ce manga.
L'histoire est une grosse succession d'abstractions, de propos et d'images parfois abscons, ce qui rend la lecture un peu difficile par moment. Je ne dis pas que ce soit une mauvaise chose, les Nippons sont passés maîtres dans l'art de la métaphore sybilline, mais c'est vrai que certaines scènes me sont passés à 30 000 pieds au-dessus de la tête.
Au final, je ne dirais pas que j'ai adoré "Gogo Monster", ni que je l'ai détesté. J'ai plutôt été intrigué par son univers si étrange, mais aussi fasciné par l'inventivité et la virtuosité de Matsumoto, même si son graphisme m'a un peu rebuté. Une curiosité, à bien des points de vue.
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