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| Résumé de l'album : Arnest Ringard, banlieusard médiocre et grossier, vit dans une petite maison banale et bordure du chemin de fer. Il est en conflit permanent avec Augraphie, une taupe cultivée, qui a élu domicile dans son jardinet pourtant négligé. Arnest cherche à déloger la taupe par tous les moyens possibles. Afin d’avoir la paix, Augraphie passe un marché avec Arnest : s’il la laisse vivre en paix sous son gazon, elle lui paiera un loyer, à savoir une pièce d’or par mois - simple pour une taupe qui a découvert un trésor sous terre... Arnest accepte le marché à contre-coeur, avec l’envie non dissimulée de mettre la main sur le fameux trésor. |
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Chronique de l'album : Arnest Ringard et Augraphie, voilà deux noms qui me rappelaient une annonce sur les 4e de couverture de mes "Gaston Lagaffe", ceux ou il y avait une avalanche de gaffes et où Gaston évoquait ses lectures favorites. Jannin, Delporte et surtout Franquin signent cet album, il n’en fallait pas plus pour éveiller ma curiosité.
N’allons pas par quatre chemins, cet album s’adresse surtout aux fans et nostalgiques d’une époque, celle du Trombone Illustré, éphémère publication alternative au Journal de Spirou, créée en 1977 par Franquin et Delporte. A l’époque Jannin crée la série "Germain et nous" pour le Trombone et reçoit de Franquin un projet jamais réalisé, une série à gags contant les déboires d’un homme un peu vulgaire et d’une taupe. La série a vécu dans le Journal de Spirou et un album au succès mitigé est sorti en 1981. Ensuite la série est tombée dans l’oubli jusqu’en 1993 où elle renait dans le Journal de Spirou. Jannin décide en sus de redessiner tous les gags sur base des précieux conseils de Franquin. C’est cette version qui est rééditée par les éditions Marsu Productions, l’ensemble des gags initiaux revus par Jannin plus les gags des années ‘90 jamais sortis en album.
Au niveau du dessin, c’est du Jannin classique, proche de ses autres séries et on sent ici et là l’influence de Franquin dans les ombres, les décors et les mouvements. Petit bémol, cela manque un peu de précision et le dessin de la taupe est parfois très approximatif. Signalons qu’à la fin de l’album, les éditeurs ont eu la bonne idée de publier les crayonnés de Jannin « corrigés » par Franquin.
Les gags sont plaisant mais ne m’ont pas fait rire. L’univers d’Arnest Ringard ne m’a pas tellement convaincu, difficile d’accrocher à cette histoire de taupe intelligente et le personnage principal est tellement grossier qu’il est difficile d’éprouver la moindre sympathie pour lui. Bref, le lecteur reste distant, un peu comme devant une chronique de faits divers ringards dans un journal.
Je signale au passage que le caractère grossier d’Arnest est retranscrit via des contrepéteries du genre « Mortel de Berthe ». Elle sont parfois assez osées pour ce type de BD (à propos de fleurs : « ces causes de mes rouilles »), cela a pu choquer à l’époque et refroidir la maison d’édition mais c'est, selon moi, un des aspects intéressants de l'album.
Bref, une BD destinée à ceux qui veulent tout lire sur le monde et les amis de Franquin, les autres passeront leur chemin car chacun des trois auteurs a publié de bien meilleures histoires par ailleurs. |
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