Résumé de l'album : Une journée ensoleillée au large de la côte grecque, le petit bateau de la jolie Epoxy est malencontreusement harponné par un énorme yacht. Epoxy est sauvée de la noyade et accueillie à bord du yacht appartenant à un mystérieux Koltar, être à l’aspect un peu rebutant et vouant sa vie à la totale perception du langage des sens.
A part Koltar et un vieillard, le bateau est peuplé de superbes femmes, plutôt dénudées ; la tribulation initiatique d’Epoxy commence et va l’emmener bien au delà de l’imaginable.
Chronique de l'album : Epoxy est une bédé un peu à part particulièrement pour son côté historique !
Bédé érotique parue pendant la révolution de Mai 68, elle marque un peu la rupture entre la vieille bédé bien pensante et réaliste qui abondait dans le journal de Tintin et les courants neufs et créatifs qui vont bousculer les codes et emmener la BD vers ses sommets actuels. Signalons que l’érotisme de l’album est assez léger et ne vire jamais dans la vulgarité.
Tout premier scénario du célèbre Jean Van Hamme, cela mérite d’être signalé. Ce récit conte la quête initiatique d’une jeune ingénue à la découverte des plaisirs de l’érotisme dans la Grèce Antique. L’interaction entre cette femme et les dieux, les rivalités entre ces derniers témoignent d’une bonne documentation sur la mythologie mais surtout pré-figurent d’autres situations quelque-peu similaires que le fan de Van Hamme pourra découvrir entre-autres dans le "Le grand pouvoir du Chninkel" et bien sûr "Thorgal". Ceci dit, la comparaison s’arrête là car ici Van Hamme débute et le scénario souffre vraiment d’un manque de liant : les scènes se succèdent sans vraiment de fil conducteur. Le scénario est essentiellement un prétexte pour permettre à Epoxy de croiser une bonne partie des célébrités de l’époque ce qui lui vaut quelques échanges intéressants, charnels ou spirituels, c’est selon…
Paul Cuvelier se fait plaisir et signe un album pour adultes au dessin réaliste, initialement paru en deux couleurs et habilement re-colorié par Bertrand Denoulet, le coloriste de "Pin-Up" et "Niklos Koda" lors de sa réédition aux éditions Le Lombard (collection Signé). Malgré les superbes couleurs, le dessin probablement moderne lors de sa sortie, reste celui d’une époque déjà lointaine et a clairement vieilli.
Epoxy est un peu comme ces vieux films qu’il faut avoir vu car ils ont marqué leur époque et parce qu’on y fait souvent référence mais qui ne répondent plus aux attentes du moment. Empruntez l’album et plongez vous dans cette lecture qui, à défaut d’être passionnante, sera intéressante si elle est replacée dans son contexte historique.
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