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Résumé de l'album : Fin 1995, l'avenir de la ville de Gorazde et ses 57 000 habitants était tout sauf clair. C'était une enclave.
Cernée par les forces séparatistes serbes depuis le début de la guerre en Bosnie, plus de trois ans et demi auparavant, et classée Zone de Sécurité par l'ONU. Pendant l'été, les deux autres enclaves de l'Est, Stebrenica et Zepa, également classées Zones de sécurité, avaient été abandonnées par l'ONU. Les Serbes victorieux s'en étaient emparés, et d'horribles récits s'étaient mis à circuler.
Epuisé depuis de longs mois, Rackham réédite enfin en un seul volume l'ouvrage incontournable du chef de file de la bande dessinée de reportage Joe Sacco: "Gorazde". |
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Chronique de l'album : J’étais jeune quand la guerre d’ex-Yougoslavie avait secoué l’Europe, et je n’en gardais que des vagues souvenirs. J’aurais été bien incapable d’expliquer ce qui s’y était passé exactement, ce qui est quand même malheureux quand on considère que le drame s’est déroulé juste à coté de chez nous, il y a une 10aine d’années à peine.
Certes il existe de nombreux livres sur le sujet, mais il ne m’est jamais venu à l’esprit d’en ouvrir un. Est-ce pour cette raison que Joe Sacco a décidé de « vulgariser » l’événement en en faisant une BD, ou tout simplement parce qu’il juge que c’est un support comme un autre, parfaitement capable de faire passer son message, je ne sais pas. Mais le fait est là : grâce à cette BD, je me suis intéressé à cette période de notre histoire, et surtout je l’ai comprise.
Grâce au talent narratif de l’auteur, j’ai compris les engrenages politiques qui ont petit à petit créé ces tensions entre Serbes et Bosniaques. Grâce aux nombreux témoignages récoltés par l’auteur, j’ai pu me rendre compte des épouvantables crimes dont se sont rendus coupables les Serbes. Grâce à cette BD, j’ai compris que quand des associations pour la paix déclarent que « si on oublie le passé, l’histoire se répète », en parlant de l’holocauste, ils n’ont pas vraiment tort.
Alors oui, Joe Sacco ne donne la parole qu’à un seul camp, celui des opprimés. Quand on fait un procès, il est toujours préférable d’entendre les deux « camps ». Mais cette lecture m’a quand même ouvert les yeux sur les horreurs de la guerre en Bosnie, sur l’inactivité incompréhensible des force de l’ONU pourtant présentes sur place, et sur l’importance du journalisme … pas le journalisme à sensation qui pollue trop souvent nos télévisions, mais le journalisme qui témoigne et montre au monde les horreurs que certains malades voudraient bien voir passer sous silence. |
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