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Résumé de l'album : Blueberry est un drôle d’oiseau. Le jeune lieutenant Graig, qui débarque dans l’ouest pour rejoindre son affectation à Fort Navajo, à la limite des territoires apaches, va très vite le découvrir.
Leur rencontre ne manque pas de sel : Graig s’arrête dans un saloon, participe à une bagarre et se rend compte que le tricheur qu’il a aidé face à trois hommes est lui aussi lieutenant de cavalerie à Fort Navajo !
Graig, idéaliste fraîchement formé, et Blueberry, cynique désabusé ayant l’expérience de la guerre de sécession, vont faire équipe malgré eux : il semble que les Apaches aient décidé de déterrer la hache de guerre.
Il est bien difficile de savoir ce qui s’est vraiment passé, d’autant que certains soldats ont une telle haine des Indiens qu’ils sont aveuglés. Blueberry et Graig sauront-ils mener à bien leur enquête ? |
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Chronique de l'album : C’est le tout premier tome de la série. Nous sommes en 1965 : Charlier, auquel on doit aussi "Tanguy et Laverdure", lance un western avec un jeune dessinateur, Jean Giraud. La couverture est signée par Jijé, dessinateur rompu au genre. C’est le début d’une aventure qui se poursuit encore au troisième millénaire, Giraud étant seul aux commandes depuis la disparition de Charlier.
On comprend très vite que le lieutenant Blueberry n’est pas un de ces héros parfaits qui brave tous les dangers pour sauver la veuve et l’orphelin. C’est ce qui le rend si intéressant et si attachant. Sous ses airs de je-m’en-foutiste permanent, Mike Blueberry mène sa barque avec lucidité, sauvant au passage la vie à quelques-uns ou menant des actions d’éclat qui ne lui vaudront pas de reconnaissance – tout au plus quelques jours d’arrêt. Personnage sympathique brossé par Charlier, qui donne envie au lecteur de suivre ses aventures.
« Fort Navajo » est un tome introductif mais il est déjà sacrément dense. Si vous avez déjà lu du Charlier, vous savez qu’il n’était pas du genre à se contenter de trois cases dans une planche. Il y a pas mal de texte et d’événements à suivre. Bien sûr, on peut trouver l’intrigue assez classique : il faut tout de même avoir à l’esprit que ce premier épisode a quarante ans ! Les rapports entre les personnages restent intéressants, malgré quelques archétypes (Graig dans le rôle de l’homme d’honneur sans expérience, le major dans celui du salopard).
Giraud a un style très réaliste, fort différent de ce qu'il fera sous le pseudo de Moebius et assez éloigné du graphisme actuel de Blueberry. Les couleurs ont vieilli, mais l'ensemble reste plus que regardable et fonctionne sans aucun souci.
On prend plaisir à relire « Fort Navajo » et on a une sacrée envie de lire la suite puisque tout cela reste en plein suspense. Et puis, si vous êtes fan de western ou bédéphile désireux de combler de grosses lacunes, vous ne pouvez faire l’économie de Blueberry ! |
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