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Résumé de l'album : Le Joker et Batman.
Entre eux deux, c'est une vieille histoire...
D'un côté, le criminel fou et ricanant, de l'autre, le justicier tourmenté et ombrageux.
Deux vocations nées d'un traumatisme grave, deux personnalités à double face dont les destins semblent irrémédiablement liés.
Mais le Joker s'est évadé, et pour lui, l'heure des comptes a sonné. Il kidnappe le commissaire Gordon et l'emmène dans le champ de foire où il a établi son camp.
Le cauchemar commence...
(texte Delcourt) |
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Chronique de l'album : Déjà paru sous le titre "Souriez" chez Glénat, cette réédition proposée par Delcourt permet de remettre à l'honneur l'une des plus brillantes aventures de Batman.
Brian Bolland est connu des amateurs de comics pour son travail dans les années 1980 sur la série "Judge Dredd". Son trait élégant et précis avait fait les beaux jours de cette série très second degré (on peut d'ailleurs rappeler que Dredd et Batman se croisent dans deux albums ; j'en reparlerai sur le site dans quelques mois !). Au service du scénario d'Alan Moore, Bolland fait merveille et livre des planches détaillées et réalistes.
Alan Moore aux commandes. Si vous êtes un bédéphile, vous savez ce que cela peut impliquer. Apprenons aux néophytes que Moore est l'auteur de "Watchmen", "V pour Vendetta" et "From Hell", c'est-à-dire de chefs d'oeuvre du neuvième art. Et vous savez quoi ? Il faut ajouter "Rire et mourir" à cette déjà longue liste d'oeuvres très marquantes.
Moore livre un superbe scénario. Il fut le premier à établir un parallèle pourtant évident entre la démence du Joker et celle de... Batman. Un type qui se déguise en chauve-souris pour aller chasser les criminels, ça vous paraît normal ? Un dingue, bien sûr.
Avant Moore, à ma connaissance, aucun auteur n'avait autant osé suggérer la folie de Bruce Wayne. "Rire et mourir" a donc ouvert la porte à un renouveau du personnage de Batman, à la même époque que Frank Miller et son impressionnant "Dark Knight".
Pour son récit qui tourne autour de la folie et des situations qui peuvent y mener (diabolique idée du Joker qui mène la danse), Moore construit un remarquable récit qui revient sur les origines du Joker, présenté sous un jour presque sympathique - ou du moins, le lecteur éprouve une certaine compassion. Tout au long du scénario, un jeu de correspondances d'une case à l'autre permet d'osciller entre le passé et le présent. Un exemple : le présent où le Joker se tient devant une affiche présentant une femme énorme. Case suivante : le passé, où un homme (qui deviendra le Joker) se tient exactement dans la même position, devant sa femme enceinte. Observez également la case qui ouvre l'album et celle qui le ferme : c'est la même.
Moore s'est donc amusé à jouer sur la technique de la présentation du récit. Son jeu est brillant. Le scénario est excellent. L'album est une référence pour les amateurs de comics. Il est cependant certain qu'un lecteur ne connaissant pas l'univers de Batman prendra tout de même du plaisir à la lecture de ce remarquable récit. |
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