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Résumé de l'album : « Depuis l’aube des temps, coule le mekbé pur dans les veines du monde.
Depuis l’aube des temps, s’évapore à midi ce qui naît le matin.
Depuis le premier jour, certains ont le savoir
de plonger en esprit entre les grains humides.
Et jusqu’au dernier jour, l’eau tourbillonnera
sous l’effet des secrets de la vie qu’elle contient. »
Roré avait fini par accepter que je devienne son élève. C'est par ces quelques mots qu'elle commença mon apprentissage: "il te faudra apprendre ce qu'est le Mekbe bleu, l'esprit de l'eau, Tsoué, et tu devras réaliser ce que nous appelons les trois petits miracles. Traverser la rivière sans nager. Naître dans le cercle d'eau. Trouver l'anguille mystique. Alors tu seras un Kurran". |
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Chronique de l'album : Album qui détonne apparemment dans la collection Tohu Bohu de par son côté univers fantasy / fantastique prononcé, c'est bien parce que j'aime assez cette collection et que le dessin avait l'air attirant que je l'ai lu.
Et bizarrement, en le refermant j'ai eu le sentiment que j'aimais cet album, sans cependant savoir pourquoi. O_o
Pourtant les éléments très classiques qui pourraient en faire une énième sous-copie d'un genre surexploité ne sont pas absents : jeune garçon dans lequel on devine un potentiel important, magie un peu mystérieuse manipulée par les kurrans (qu'on pourrait croire être une caste de sorciers), incompréhension et rejet des gens "normaux", épreuves assez mystérieuses, etc.
Et pourtant cet album est différent. Il raconte plutôt un parcours initiatique, une vie. Et presque de manière annexe un monde qu'on devine largement travaillé, étudié, bâti et dont ne transparaissent que quelques éléments.
Tout en nuances, les personnages ont tout de même des caractères assez marqués. Entre Roré, presque une ermite, Tsoué, jeune garçon un peu fougueux mais qui veut réussir, Bonga, vieux bonhomme éminemment sympathique, c'est toute une famille qu'on retrouve.
En fait je ne sais toujours pas pourquoi j'aime cet album. On pourrait lui faire certains reproches assez "vrais" (quasiment pas d'action, rythme assez inhabituel, coupure plutôt marquée lorsque Bonga arrive, etc.), mais pourtant il se démarque et charme ! On sent derrière l'univers décrit un gros travail d'élaboration et de réflexion, et possiblement la matière à quelques autres tomes...
De fait, pour en avoir parlé aux auteurs, ils vont peut-être un jour faire un album sur les Kurran rouges, de vrais fous furieux vivants de façon intense et frénétique. Le rythme de la narration serait alors lui aussi beaucoup plus intense, syncopé, alors qu'ici il est au contraire très contemplatif, calme, paisible, s'écoulant comme une rivière... en parfait accord avec ce que sont les Kurrans bleus. Si d'ailleurs vous avez l'occasion de les voir en festival, allez-y ! Ils sont absolument charmants, passionnants, ont plein de choses à dire, et gagnent à être connus.
Non, je ne fais pas de publicité gratuite, c'est complètement sincère. 
En tout cas, jetez un oeil à cet album.
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