Résumé de l'album : Larcenet raconte dans cet album son service militaire.
Une année passée sous les drapeaux, base aérienne de Toul, section disciplinaire.
Sans fioritures, sans grand dramatique hollywoodien, l’auteur décrit ce qui a été son enfer quotidien, et constate son impuissance à transcrire l’incommunicable.
Chronique de l'album : Dans la lignée de «L’artiste de la famille», cet album aborde un sujet plus spécifique : le service militaire. Prologue et conclusion sont un aveu d’impuissance. Impuissance à digérer, à haïr, impuissance à réagir envers quelque chose qu’on ne peut que subir.
«Presque» décrit l’indescriptible. Les scènes montrant la mère de Larcenet (que l’on retrouvera plus tard sous une forme approchante dans «Le combat ordinaire») sont une très belle mise en abîme du lecteur et illustrent parfaitement l’impuissance de tous : de celui qui subit, de sa famille qui ne peut rien et qui préfère se voiler les yeux que de faire face à une réalité inacceptable…
A mon grand regret, je dois avouer que Larcenet retranscrit assez bien un certain esprit particulièrement détestable, médiocre et méprisant, qui touche une partie de l’armée. Car dans une moindre mesure j’ai aussi vécu ces choses, cette impuissance, ce dépouillement de presque tout droit, cet avilissement légal, pour le «bien de la nation». Aussi ne puis-je qu’être complètement d’accord avec tout cet album.
Fort heureusement, ce genre d’épreuves permet en général d’en sortir plus fort. Mais «Presque» contient cette conclusion d’autant plus pessimiste qu’elle est vraie : à condition que ça ne recommence pas.
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