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Résumé de l'album : Daniel Quinn a tout perdu. Ancien poète et auteur de théâtre, sa femme et son fils Daniel sont morts, et avec eux ont disparu ses amis. De toute façon, Quinn ne cherche pas d'amis; il vit cloîtré dans sa solitude et son isolement, et c'est peut-être ce qui lui permet d'oublier...
Il vit maintenant en écrivant des romans policiers sous le nom de W. Wilson; et le narrateur de ses romans, le privé Max Work, est devenu une part de plus en plus importante de lui-même.
Il vit au travers de cette trinité: Wilson le prête-nom ventriloque, Quinn l'auteur marionnette et la présence de Work, véritable finalité de son travail d'écriture.
C'est pourquoi, lorqu'il reçoit un appel d'une personne demandant après le détective Paul Auster, il est intrigué. Et il attend de nouveau ce coup de fil -c'est alors que se faisant passer pour Auster, il prend l'affaire en main... |
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Chronique de l'album : Risquer une adaptation de «La cité de verre» de Paul Auster, livre culte (et que je n'ai pas lu, pour être franc), en narration figurative comme on dit pour faire sérieux, semble à première vue une entreprise difficile; et ce, même en considérant l'équipe de choc mise aux commandes: illustrations de David Mazzucchelli (qui pour la petite histoire collabora avec Frank Miller pour les «Batman Year One»), Art Spiegelman au poste de responsable graphique (l'auteur de «Maus», la seule oeuvre dessinée jamais récompensée pour le Pulitzer, mais aussi un ancien du U-Comics au côté de personnes comme Deitch ou Williamson) et Paul Karasik à l'adaptation narrative.
Si je ne peux, n'ayant pas lu le roman de Paul Auster, juger l'adaptation dudit ouvrage en bande dessinée, je peux par contre tenir compte de l'intérêt propre de cette dernière.
Sans vouloir trop en dévoiler, je dirais que le rythme créé par l'écriture est envoûtant, doublé d'un travail scénaristique fin: si il y a une nette prédominance de l'écrit sur le dessin, ce dernier reste toujours porteur de sens et permet d'explorer les deux niveaux de lecture de l'oeuvre (si vous préférez, la traduction graphique de la narration de Paul Auster rend le deuxième niveau de lecture du récit plus évident).
Parmis ceux-ci, je pense en particulier à l'impression de dédoublement que donne le héros, le travail réalisé sur les moyens de contourner le langage pour communiquer, ainsi qu'à l'isolement provoqué par la cité même (New York) qui permet ce dédoublement; la «Grosse Pomme» devient un labyrinthe hiératique, où le héros se perd au sens propre...
Le graphisme développé par Mazzucchelli, s'il est techniquement simple, tente de coller au récit et à ses métamorphoses (la tonalité du graphisme accompagne celle de l'histoire: lorsque cette dernière est réaliste, le dessin l'est aussi, lorqu'elle bascule dans des visions émotives propres à la conscience d'un personnage, ce dernier devient plus surréaliste et se métamorphose à la façon d'un Fabrice Néaud...) et y réussit plutôt bien.
«La Cité de verre de Paul Auster» est donc ce qui s'approche le plus d'un roman graphique au sens littéral du terme, et pour cause, c'est l'adaptation d'un roman. C'est une oeuvre au rythme envoûtant et au thème (que je vous laisse découvrir!) traité de manière particulièrement pertinente. A lire.
*inteview de Mazzucchelli: http://www.pastis.org/jade/aout01/mazzucchelli.htm |
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