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| Dépot légal : Janvier 1982 |
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Résumé de l'album : 1939- Ada Frowz est une orpheline pensionnaire su sélect et crasseux établissement de Sbees, en Angleterre.
Sur le point de mourir, son riche oncle Gordon l'appelle à Londres où il l'inscrit sur son héritage à hauteur de 50 000 £; par la même occasion, il lègue tous ses biens à son fils Percy, au grand désarroi de son unique fils présent et connu, Nancy... C'est alors que le vieux bonhomme révèle qu'il a abandonné l'enfant d'un premier mariage en Afrique, où il était fonctionnaire de la Couronne. Il se dédouane donc à bon compte, sur son lit de mort, de ses devoirs envers son premier fils tout en cédant au plaisir de faire un coup tordu de dernière minute à son cadet Nancy (je vous laisse deviner la grande affection que se portent ces deux -là).
Le vieux crève. Ada, notre héroïne, décide de retrouver Percy soutenu par la double ambition de lui faire recouvrir son héritage et d'épouser ce dernier (il est toujours question de l'héritage). Nancy veut tuer son demi-frère et récupérer le magot.
Maintenant que les saines motivations des protagonistes sont établies, le grand cirque africain peut démarrer, sur fond de guerre en Angleterre. |
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Chronique de l'album : Quoi de plus savoureux que de lire «Ada dans la jungle», le chef d'oeuvre d'Altan?
Cette dernière se caractérise par un esprit subversif et des répliques jouissives: Altan joue sur les stéréotypes et les détourne (ne prenez que le titre: «Ada dans la jungle», ça ne fait-il pas un peu trop roman colonial?), les personnages passent leur temps à persifler...
Tout le travail scénaristique de l'auteur tend à rendre chaque case mémorable, d'un humour venimeux; l'utilisation simultanée de trois focalisations (focalisation interne: le point de vue des personnages; focalisation externe: le travail descriptif; focalisation zéro: les commentaires de l'auteur sous chaque case) est remarquable et permet la création de constant décalage. Car, si à l'instar d'un «Idées Noires», les scènes d' «Ada dans la jungle» sont particulièrement décapantes, il faut en remercier l'auteur dont les commentaires ironiques et pertinents créent un décalage permanent (prenez la scène de l'héritage, au début -Ada: 'Cest idiot de se voir dans des circonstances aussi tristes.' Nancy: 'Eh! Ce vieux sac est en train de mourir, si dieu le veut.' l'Auteur: 'Nancy accablé de tristesse.').
D'une certaine façon, le ressort profond d' «Ada dans la jungle» est la question de la mise en scène; mise en scène formelle via l'utilisation que fait Altan du principe du commentaire (sur son propre scénario éculé de clichés!), mise en scène de l'ouvrage même qui se veut parodie du roman d'apprentissage, mais aussi mise en scène de personnages conscients de jouer un rôle (les noirs jouant aux «bons sauvages», Ada à l'héroïne romantique...) et s'en émancipant quand ils le veulent!
Le cocktail explosif de personnages -sardoniques, égoïstes et profiteurs- est doublé d'un noir et blanc les dotant d'un graphisme inoubliable (traits ronds, nez en trompettes, bedaines...) tandis que le monde colonial est décrit comme loqueteux, poussiéreux, à la manière du «Coup de torchon» de Bertrand Tavernier.
Même si le scénario peu devenir un peu lassant sur la fin (jeu répétitif, dialogues et commentaires plus attendus, etc...), l'oeuvre d'Altan reste incontournable.
Un modèle de la bande-dessinée parodique. |
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