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| Résumé de l'album : Instinct de suivie ou instinct de mort? Quels liens unissent un futur père de famille, une femme sadique et un lycéen presque sans histoire? Sinon 3 instincts indomptables, qui vont les amener à se retrouver aux limites de la conscience. |
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Chronique de l'album : Nouveau venu dans le monde de la BD, Julien Parra frappe fort avec un one shot de 128 pages mettant en scène 3 tranches de vie apparemment sans aucun lien.
Indépendamment les unes des autres, chacune des histoires possède sa propre ambiance et une intrigue à chaque fois dans un style différent. Cela se ressent à la fois sur le fond du récit, sur la narration, dans le graphisme et la couleur.
Le premier acte est une enquête policière. Deux flics se retrouvent face à un tueur en série qui mutile ses victimes avant de les exécuter, le tout sur un fond beige orangé. Le deuxième acte retrace la soirée d'un lycéen qui se prostitue pour gagner de l'argent. La narration est exclusivement en voix off et l'ambiance est cette fois au bleu nuit. Le troisième acte met en scène un homme dans une station de métro qui voit défiler une galerie de personnages. L'ambiance est au rêve, il n'y a pas de texte, et le vert est de mise avec quelques pointes de rouge.
Enfin le dernier acte apporte toute la signification à l'intrigue mais je n'en dévoilerai pas plus pour ne pas gâcher la lecture.
L'auteur s'offre en fait un exercice de style dans le récit en jouant sur la chronologie et l'effet cause-conséquences. Les destins des personnages sont effectivement liés mais on n'en prend conscience qu'à la fin. Le tout tient debout car la boucle est bouclée mais cela amène surtout à s'interroger sur les conséquences des actes de chacun.
La violence est clairement présente et très explicite, mais on ne tombe pas non plus dans l'excès. Les scènes les plus dures s'intègrent normalement au récit et justifient complètement l'intrigue donnant ainsi beaucoup de réalisme et de force à cet album.
On ressent fortement l'influence du manga dans le dessin avec un style à la fois fin et épuré, mais la BD dans son ensemble reste dans un schéma franco belge. L'encrage est soigné et les couleurs sont toutes réalisées en aplat. Ce n'est pas dérangeant et cela colle finalement bien avec le tout, le but étant de rendre une ambiance particulière sur chaque histoire. L'auteur n'en utilise globalement que 2 ou 3 majoritaires, à chaque fois dans le même ton.
Finalement, pour un premier album, on sent vraiment un travail de fond sur la construction de l'album. L'intrigue est assez prenante et les trois histoires prennent toutes leur sens à la fin. Rien n'est laissé au hasard, le tout est propre et efficace.
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