Voici du Brrémaud comme je l’apprécie avec des histoires multiples qui se rejoignent pour un résultat bien déjanté et complètement farfelu. Le scénario est plutôt incongru : on est en présence de trois gamins devenus desperados après avoir pendu leur prof, d’un trio de malfrats (dont l’imposant Kanadian) et même du diable en personne qui vient y mettre son grain de sel ! Les planches en couleurs directes sont de belle facture. Je trouve d’ailleurs le dessin assez expressif. Bref, une pure réussite ! A noter un clin d’œil, à la première page, à ce qui allait donner la future série "Sexy Gun".
Un bon premier tome dont j’attends la suite même si je me fais peu d’illusions à ce sujet. "Sexy Gun" des mêmes auteurs, paru chez Soleil, se vend nettement mieux et prend 4 fois moins de temps à faire qu’un Banana qui n’est donc logiquement plus à l’ordre du jour. Wait and see . . .
j'ai ouvert cet album en etant tres mefiant, n'etant pas un admirateur de ce que fait Brrémaud dans l'ensemble.
pourtant, cet album est loin d'etre mauvais. Les idées sont là, assez raffraichissante dans l'ensemble, et parfois drôles. Meme si ce n'est pas d'une originalité à toutes epreuves, c'est un bon moment de lecture.
le dessin est vraiment tres agreable, tres dynamique lui aussi. Les couleurs vives accentuent le coté enfantin de l'histoire, c'est pas mal.
allez, je vais attendre le 2e tome pour voir si l'achat de ce 1er est necessaire...
Que se passe-t-il quand trois petites pestes assassinent leur instituteur avant de prendre la fuite ? Que se passe-t-il quand ils rencontrent sur leur route un bandit recherché par toutes les polices du pays qui s'apprête à monter le coup du siècle ? Que se passe-t-il quand le Prince des Ténèbres décide de se mêler de tout çà ?…
… Il se passe tout simplement que Reynes et Brrémaud nous offre une BD en or !
Un Grand Ouest américain, revisité aux couleurs du fantastique, dans lequel les " Zindians " se déplacent en Chwals – une sorte de croisement entre un lion et un cheval – , les autruches tirent les carioles et les géants sont bleus ! En fait les genres sont si habilement mêlés qu’on aurait bien du mal à classer " Banana fight " dans telle ou telle catégorie.
Et ca fonctionne puisque tout cela se mélange allègrement sans que le lecteur ne se pose la moindre question. De même Brrémaud arrive à nous rendre sympathiques des personnages parfaitement immoraux à commencer par Banana, 8 ans, qui a pendu son instituteur avec l’aide de ses camarades de classe Pamela et Donkey.
La manière dont les auteurs ont réussi à traiter la violence est d’ailleurs étonnante. Les scènes violentes sont nombreuses et très fortes (notamment l’épisode avec les indiens où les prisonniers sont frappés à coups de gourdin ou brûlés vifs) mais leur caractère dramatique fond complètement devant l’humour, l’ironie et la bonne humeur des personnages!
Le dessin de Reynès illustre parfaitement cette aventure car graphiquement, " Banana fight " est une petite merveille. Le trait est fin et détaillé et les couleurs sont extrêmement soignées, autant pour les paysages de désert que de neige. Les planches représentant les Enfers sont également particulièrement réussies.
"Banana Fight", une BD au ton déjanté à découvrir de toute urgence.