Ca m'intéressait de voir ce que pouvait donner l'introspection à la Trondheim, après avoir vu celle de Larcenet.
Bizarrement, Approximativement était au départ une oeuvre de commande, autour du personnage de la mouche. Mais au fil de l'écriture et de l'inspiration, c'est devenu une sorte de journal intime.
C'est vraiment très sympa, souvent drôle (quoique pas forcément authentique), ça se lit très bien, presque d'une traite. Mais curieusement, j'ai l'impression que Trondheim se met encore en scène, qu'il avance caché...
Dans cette œuvre autobiographique, Trondheim nous livre un certain nombre de souvenirs, d’opinions ou de considérations ; ça pourrait paraître prise de tête, mais finalement, ça passe assez bien. Il ne faut pas croire qu’il se dévoile intégralement car on n’apprend rien de très important sur sa vie intime. Par exemple, il ne fait aucune référence à son mariage qui a du avoir lieu dans ces années.
Il y a des scènes sympathiques, comme la fête de l’Association qui m’a beaucoup fait rire. Toujours amusant de retrouver les auteurs de l’association et surtout de voir les portraits que Lewis dresse de ses confrères. A la fin de l’ouvrage, les auteurs cités ont droit à la parole et c’est plutôt intéressant. On voit que Lewis arrange peut-être un peu la réalité !
Alors, sur le fond, ce n’est pas mon livre préféré de Trondheim, mais c’est peut-être celui qui marqua les premières fondations d’une œuvre aujourd’hui incontournable.
Rien que pour cela, ce livre mérite qu’on s’y attarde. Mais attention, ce n’est pas son ouvrage le plus accessible et je pense qu’il faut bien aimer l’auteur pour l’apprécier à sa juste valeur.
Pour quelqu'un qui veut en apprendre plus sur le personnage de Trondheim, cette BD est parfaite. Pour quelqu'un qui se reconnaît dans la façon de vivre et de penser de Trondheim, c'est une BD amusante et où on se retrouve facilement.
Et ça tombe bien, moi je fais partie de ces deux types de lecteurs : j'aime bien Trondheim et en plus, je me reconnais dans quasiment tous ses schémas de pensées, ses petits délires, ses rêves éveillés, ses réactions dans la vie et avec les gens, etc... (bon, je suis largement moins parano et je réfléchis bien moins que lui à tout ce que je fais et dis, mais bon).
Il y a donc beaucoup de choses dans cette BD qui m'ont plu. Et comme j'aime l'humour de Trondheim, j'ai également pas mal rigolé.
L'ennui, c'est qu'autour de ces choses qui me plaisent, il y a plein plein de pages. Et que franchement, tout ne m'a pas toujours intéressé. J'ai même trouvé la lecture de tout ça un peu longuette par moment, même si à chaque fois j'étais curieux de découvrir les petits riens et les grandes anecdotes qui font la vie d'un auteur tel que Trondheim.
En comparaison, je préfère ses "Carnets de Bord" : Trondheim a su y épurer son récit et ne laisser que quasiment le strict nécessaire, le meilleur, le plus intelligent et le plus drôle de sa vie. Ici, tout est un peu livré en vrac, et je pense sincèrement qu'une partie du tout n'est pas franchement intéressant, même si instructif.
Le résultat, c'est que je relirais avec plaisir les "Carnets de Bord" tandis que je ne suis pas sûr d'avoir jamais envie de relire "Approximativement".
C'est à la fois sincère, d'une auto-dérision extrème, et particulièrement drôle : cet album autobiographique de Trondheim est un must pour tout adorateur de l'auteur.
Sa vision du monde, ses craintes, tous ces petits rien : là où un auteur comme Boilet à mes yeux ne ressort que le côté le plus chiant de la vie, Trondheim nous en propose cette parcelle si savoureuse, et ce malgré ce pessimisme omniprésent qui si souvent nous fait sourire.
Les lecteurs d'indé' seront ravis de reconnaitre les têtes pensantes de l'Association : Manu, Sfar, Konture... croqués sous le trait de Trondheim. Le fait de rentrer dans l'intimité de l'auteur sans pour autant assister à une vision ultranombriliste (Autobiographies souvent sans réel recul que je déteste), d'appartenir au petit monde de Lewis, est particulièrement prenant. On apprend à comprendre sa vision de l'univers dans lequel il vit, et on relit ses oeuvres avec un interêt différent.
Le dessin est typiquement "Lapinesque" : "le moins baclé", comme il se plairait à dire. Personnellement adepte de son trait épuré, grossier et chargé d'émotions (qui mieux que Trondheim peut exprimer des sentiments à l'aide d'un rond et de quatre traits, comme dans Mister O ?), j'ai beaucoup apprécié cet album-ci, en noir et blanc.
Bon, le problème de ce genre d'album réside dans l'interet de lecture sucité chez le lecteur, avant tout basé sur son ressenti. Chez moi, cela fonctionne à merveille. Et chez vous ?
Trondheim le prolifique. Lewis l'infatigable. On pourrait multiplier les adjectifs allant dans le même sens tant le rythme de parutions de cet auteur de la nouvelle vague est soutenu. Pourtant, c'est très rarement au détriment de la qualité. Ces 150 pages-là ne font pas honte à cette réputation.
A l'instar de Dupuy et Berbérian ("Journal d'un album"), Trondheim livre un album autobiographique qui fait la part belle aux doutes de l'auteur et aux affres de la création. Ca pourrait être mortel. D'ailleurs, il ne se passe vraiment pas grand chose au fil de ces nombreuses pages.
Oui mais voilà. Lewis Trondheim sait rendre le quotidien passionnant, en saisissant avec une acuité remarquable le sel de la vie et la drôlerie des situations. Par exemple, l'épisode du balai à chiotte avec J.C. Menu m'a fait avoir une crise de rire. Dans un autre registre, les cases de dialogue intérieur retranscrivent tout aussi intelligemment les interrogations de l'auteur, partagées pour certaines par le commun des trentenaires qui posera les yeux sur "Approximativement".
Si vous aimez la BD qui sort des sentiers battus, que vous avez apprécié "Journal d'un album", "Rural !" ou "Pilules Bleues", vous pouvez sans hésiter foncer chez votre libraire. Et si vous êtes tout simplement curieux, n'hésitez pas à découvrir cette BD introspective qui montre les possibilités d'un neuvième art qui se dévoile de plus en plus grâce à des auteurs comme Trondheim.
De l'humour de Trondheim vraiment concentré. Je déconseille donc vivement à tous ceux qui critiquent les dessins de Lapinot ou ne voient pas ce qu'il y a de drôle dans Donjon.
Mais pour les autres, n'hésitez pas une seconde. A lire dans le métro un jour de mauvaise humeur, c'est génial, c'est tellement vrai.